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13/01/2011

Humanité: Bientôt 7 milliards.... et moi, et moi...!

Sept milliards… A en croire les démographes, l’humanité passera dans le courant de l’année le cap des sept milliards de personnes. Pour donner la mesure de ce chiffre, la revue National Geographic affirme sur son site Internet qu’il faut 200 ans pour compter à haute voix jusqu’à sept milliards. Autant dire qu’une vie d’homme, et même deux, n’y suffirait pas.

Questions: - A ce train là, y aura t-il assez pour nourrir tout ce joli monde sur notre planète?

- Certains pays évolués (Allemagne...) ne subiraient-ils pas des chocs                              Eco-démographique?

 

http://www.nationalgeographic.fr/files/2011/01/Image-1.jpghttp://www.nationalgeographic.fr/files/2010/12/136_COUV.jpg


L’événement est d’autant plus marquant que l’humanité a passé de six à sept milliards en un temps record.
Alors que notre espèce, l’Homo sapiens, a attendu de 100000 à 200000 ans pour gagner (autour de 1800) son premier milliard, il ne lui a fallu que douze ans pour obtenir ce septième milliard-là. Autre indice de cette folle accélération: entre le dernier âge glaciaire et la Renaissance, la population mondiale aurait doublé en moyenne tous les seize à dix-sept siècles. Or, elle est passée de 2,3 à 7 milliards de 1941 à 2011. Ce qui signifie que – expérience unique dans l’histoire humaine – un homme âgé aujourd’hui de 70 ans a connu… son triplement. L’essentiel est ailleurs pourtant. Il réside dans la confirmation d’une décélération de la croissance démographique humaine. «Ce septième milliard a été gagné, comme le sixième, en douze ans, explique Gilles Pison, directeur de recherche à l’INED.

 

Les années 1999 à 2011 ont connu par conséquent une augmentation d’un sixième «seulement» de la population mondiale contre une augmentation d’un cinquième pour les années 1987 à 1999.» L’explosion actuelle de la population mondiale comme la stabilisation qui se dessine sur le long terme corroborent la théorie dite de la «transition démographique»
émise en 1929 par l’Américain Warren Thompson. D’abord boudée parce que trop étrangère à l’air du temps, cette thèse a été adoptée par l’Organisation des Nations unies aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale avant d’être confirmée année après année sur le terrain. Selon Warren Thompson, la modernité bouleverse l’équation démographique. Enrichissement, progrès techniques et évolution des moeurs entraînent le passage d’un état de mortalité et de natalité élevées à un état de mortalité et de natalité basses.

 

Ce mouvement n’est pas uniforme cependant: le taux de mortalité fléchit avant le taux de fécondité, d’où une explosion de la population au cours d’une période transitoire. La transition démographique est pratiquement achevée aujourd’hui dans les pays industrialisés. L’espérance de vie y a augmenté de 35 ans au début du XIXe siècle à 77 ans aujourd’hui. Et le taux de fécondité est passé de 5 ou 6 enfants à moins de 2,1 enfants par femme, ce qui représente le nombre nécessaire au renouvellement naturel (sans immigration) d’une population. Si le schéma général est partout semblable, son déroulement diffère dans les détails. Ainsi, rappelle Gilles Pison, la France a vu son taux de fécondité baisser en même temps que son taux de mortalité, ce qui a eu pour effet une faible augmentation de sa population au cours du XIXe siècle. La Grande-Bretagne a connu en revanche une baisse plus tardive du taux de fécondité, d’où un excédent important des naissances sur les décès pendant tout le XIXe siècle et une hausse spectaculaire de sa population depuis le début de la révolution industrielle. Alors qu’elle comptait trois fois moins d’habitants que la France en 1800, elle en possède autant désormais. Les pays en développement connaissent actuellement la même transition démographique que les pays industrialisés mais sur un rythme beaucoup plus rapide. Ayant bénéficié d’un seul coup des progrès médicaux réalisés durant une longue période par le monde développé, ils ont vu leur taux de mortalité chuter à une vitesse sans précédent. En un peu plus d’un demi-siècle, l’espérance de vie est passée de 38 à 64 ans en Inde et de 41 à 73 ans en Chine. De manière plus surprenante, le taux de fécondité des pays en développement se retrouve également en baisse rapide. Les obstacles culturels censés retarder durablement le mouvement ont beaucoup moins bien résisté que prévu aux politiques de dénatalité et aux aspirations nouvelles des individus (désir des femmes de ne plus se limiter au rôle de mère, souhait des couples de donner une instruction solide à chacun de leurs enfants, etc.).

 

Résultat: si le taux de fécondité reste très élevé en Afrique subsaharienne, dans certains pays du Moyen-Orient et dans le nord du souscontinent Indien, il s’est réduit de manière drastique en Extrême-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Parmi les exemples les plus remarquables figurent la Chine, où les femmes ont quatre fois moins d’enfants qu’en 1965, et l’Iran, où elles en ont trois fois moins qu’au début des années 1980. La décélération de la croissance mondiale possède des bases trop solides pour ne pas se poursuivre. Les démographes prévoient ainsi que la population mondiale gagnera son huitième milliard en treize ans (comme le cinquième) et son neuvième milliard en plus de vingt ans, avant de se stabiliser d’ici au milieu du siècle.


Après, différents scénarios redeviennent possibles mais l’explosion démographique qu’aura connue l’humanité de 1800 à 2100 devrait rester à jamais unique: la population mondiale aura de la peine à décupler une deuxième fois…

Par AL de Bx

Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /2011 13:09

10:22 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démographie, économie, émergents, libéralisme, humanisme, asie, afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/01/2011

La formation universitaire au métier d'ingénieur, remise en question dans un rapport de l'AERES

Les formations françaises, "excellentes-et-que-le-monde-entier-nous-envie", sont remises en question dans un rapport.

 

 

Nouvel épisode dans la guéguerre que se livrent universités et grandes écoles : l'agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) a rendu publique une étude sur "la formation universitaire au métier d'ingénieur". Dans son collimateur, la formation "à la française" dont on nous dit régulièrement que le monde entier nous l'envie. Rien de tel ici.

 

http://www.lycee-sainte-anne.org/Photos/Photos%20Presse/Robot2.jpghttp://farm4.static.flickr.com/3185/2674483278_9c832b019e.jpg

 

 

Dans le prolongement de son étude sur l’« Evaluation de la recherche en ingénierie» (juin 2009), l’AERES rend public ce jour une nouvelle étude sur la formation universitaire française au métier d’ingénieur.

La formation des ingénieurs repose d’un pays à l’autre sur des stratégies variées notamment en France où les enseignements sont dispensés en écoles d’ingénieurs et en universités.

Dans le contexte actuel de rapprochement entre les écoles et les universités, l’AERES a animé un groupe de travail composé de personnalités des mondes académique et professionnel dans le domaine de l’ingénierie. Celui-ci a :

  • dans un premier temps, examiné le positionnement de ces deux filières face aux divers modèles étrangers ;
  • dans un second temps, réfléchi à la nature d’une formation universitaire en ingénierie, par référence au modèle «international» et aux différents modèles français.

Télécharger le rapport d’étude « Formation universitaire au métier d’ingénieur »

 

Le rapport décrit en effet trois modèles. Le premier, américain, qualifié de "modèle de référence" : on y étudie à l'université pour moitié une discipline de spécialité (la mécanique, l'électronique...), l'autre moitié de la formation étant constituée de sciences humaines, de projets de type industriel, éventuellement sous forme de stages, mais pas nécessairement, et, pour finir, de sciences fondamentales. "Il y a évidemment, tout au long du cursus, beaucoup de mathématiques, d'informatique et de physique, mais spécifiques de la spécialité et enseignées au sein de celle-ci et quand elles sont nécessaires", note l'AERES. Deuxième modèle, les cursus en cinq ans, tels que les pratiquent les universités technologiques ou les INSA : "très proches" du modèle américain, ils se caractériseraient par "l'équilibre des composantes, privilégiant la (discipline de) spécialité et les autres sciences de l'ingénieur, et minimisant les prérequis".


Marché multiforme
Vient enfin le troisième "modèle", qui, on l'aura compris, n'a guère la préférence de l'agence. C'est celui des grandes écoles, constitué de deux, voire trois années de préparation à un concours (basé essentiellement sur les maths et la physique), suivies de trois ans de formation en école. Selon le rapport, il y reste "peu de place pour l'enseignement de la spécialité, quelquefois réduite au statut d'option choisie pour la dernière année du cursus." Et l'AERES d'enfoncer le clou, en termes choisis mais assassins : "Souvent critiqué et pas toujours compris à l'étranger, ce modèle a l'incontestable avantage d'attirer vers la formation d'ingénieur des étudiants d'excellent niveau, et plus particulièrement les forts en maths. On lui attribue également les vertus d'une formation par le stress dans les années de classe préparatoire. Il apparaît donc, à ce titre, particulièrement adapté à la formation de certaines catégories d'ingénieurs de haut niveau. Mais il ne couvre pas tous les besoins d'un marché en ingénieurs très multiforme." Et après avoir déploré que l'université française n'ait pas de formation en ingénierie digne de ce nom, mais une diversité de masters n'obéissant à aucune règle, l'agence appelle de ces voeux un 4e modèle de formation délivrée à l'université qui ressemblerait au 1er modèle. Ingénieurs "à la française", reposez en paix !

http://iutcherbourgmanche.unicaen.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?CODE_FICHIER=1197390642114&ID_FICHE=26187

 

Le critère des maths
Comme on pouvait s'y attendre, les grandes écoles d'ingénieurs n'ont guère goûté cette oraison ! Par l'intermédiaire de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI), elles renvoient l'AERES à sa mission : celle d'auditer les formations universitaires existantes, non de proposer des réformes.


Elles rappellent aussi que seule la CTI (la Commission des titres d'ingénieurs), composée de représentants du monde académique et du monde professionnel, est autorisée par la loi à habiliter les formations d'ingénieurs.


Enfin elles soulignent qu'existent à l'université de très bonnes formations d'ingénieurs : celles qui sont délivrées dans des écoles universitaires et qui ressemblent comme deux gouttes d'eau au modèle 2 (les écoles en cinq ans), lequel n'est pas si éloigné... du modèle 3 ! Il est exact, quoi qu'en dise l'AERES, que les écoles d'ingénieurs en cinq ans ont pour l'immense majorité d'entre elles un cycle préparatoire intégré, dont le programme est calqué sur celui des classes préparatoires. En effet, elles tiennent à pouvoir accueillir dans leur 3e année des élèves issus de ces classes prépa. Mais le vrai débat est ailleurs : pourquoi tant de maths et de sciences fondamentales dans des formations dont la vocation professionnalisante est évidente ? La réponse est connue : en France, les maths servent à sélectionner les meilleurs élèves. Elles ne permettent donc pas forcément de former les meilleurs ingénieurs, mais de s'assurer que les meilleurs deviendront ingénieurs. Ce n'est pas la même chose ! Sont-ils pour autant de mauvais ingénieurs ? Les partisans du modèle "à la française" souligneront que nos ponts ne s'écroulent pas plus qu'ailleurs. Les autres déploreront que nos formations "excellentes-et-que-le-monde-entier-nous-envie", n'ont pas su enrayer le déclin de l'industrie française.

 

Nos écoles d’ingénieurs sont-elles nulles?
Source, journal ou site Internet : Le Point
Date : 8 janvier 2011

13:21 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : université, ingénieurs, formation, aeres | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/11/2010

Fractures françaises ....de Guilluy

Pour information:

 

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture
sociale » où en sont les inégalités? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l'incapacité de nos dirigeants à palier les inégalités territoriales. Marianne2 publie, en exclusivité, des extraits de son livre à paraitre « Fractures françaises ».

 

http://mickaelmarie.blogspirit.com/images/medium_crs_petit.jpg


Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ». Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase. Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits cidessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques. Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce « vieux pays ». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations. Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’oeuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.


La banlieue occulte tous les autres territoires
Cet aveuglement, les politiques l’ont en partage avec nombre d’acteurs de la sphère publique. Et d’abord les médias, comme on l’a encore vu récemment avec ces journalistes du Point abusés par leur « fixeur » de Montfermeil dans leur « enquête » sur la polygamie en banlieue. S'il est vrai que se posent dans ces espaces des questions aussi sensibles que le « vivre ensemble », comme viennent le confirmer les travaux du sociologue Hugues Lagrange sur la sur-délinquance, cette banlieue est, selon l’auteur, désignée à tort comme une terra incognita. Guilluy rappelle l’importance des travaux académiques qui lui sont consacrés comme des milliards d’argent publics qui y sont dispensés. Le problème est que la banlieue finit par occulter tous les autres territoires. Et par ricochet, la question sociale, pour le plus grand profit d’une droite sarkozyste qui a fait de l’insécurité son fond de commerce, avec les (non-) résultats que mesurent parfaitement les statistiques. Pour lui un consensus « caricatural » s’est imposé : les banlieues concentrent tous les problèmes, sous entendu il n’y en a pas ailleurs. Dit autrement : « l’idée d’une société française divisée entre les exclus, essentiellement les minorités qui vivent en banlieue, et la classe moyenne ».


A la faveur de ce discours, qualifié de dominant, disparaît donc la question de la relégation culturelle et spatiale (les grands espaces périurbains, au delà des banlieues) des classes moyennes et populaires. A cette montée des inégalités monétaires, et surtout d’opportunité d’ascension, tant pour les français dits de souches que pour les immigrés, répond une politique centrée sur une analyse essentiellement communautariste. La promotion de la diversité qui en découle aboutit aux rustines de la discrimination positive, déjà en place à l’ENA ou à Sciences-Po. Pourtant comme le note l’auteur « Si les élites sont prêtes à s’ouvrir à la diversité ethnique, peu considèrent la diversité sociale, que remettrait en cause un système dont elles bénéficient, comme une priorité ». Ces fractures françaises dessinent un territoire en recomposition, où seuls s’imposent les problèmes de la banlieue, que résoudraient à bon compte l’émergence d’une société dite multiculturelle.


De leur déni nait le mythe d’une société apaisée au sein de laquelle s’épanouirait une classe moyenne majoritaire et bénéficiaire de la mondialisation. En fait, le chômage de masse qui s’incruste depuis 30 ans, l'abstention massive, les inégalités de revenus qui s'accroissent, ou encore e fait que les masses populaires disparaissent des écrans radar des médias, invalident totalement cette analyse. L’ouverture massive des frontières aux biens et aux personnes, qui élargissent ces « fractures françaises » demeure un invariant, dont l’élite profite indéniablement, quitte à faire voler en éclats le modèle républicain.


Extrait du livre « Fractures Françaises », du géographe Christophe Guilluy, chez Bourin Editeur, 19 €.


Certaines thématiques structurent plus que d’autres le discours dominant. Depuis 1990, la banlieue, les minorités et la classe moyenne occupent ainsi l’essentiel du discours des prescripteurs d’opinions et, singulièrement, de la classe politique. À aucun moment, la question de la pertinence de ces représentations sociales et territoriales n’a été posée; celles-ci traduisent pourtant une interprétation très idéologique des oppositions sociales. La remise en cause des représentations sociales de la société française n’est pas un exercice «technique», ni même un débat sociologique. Cette critique des représentations courantes permet d’interroger la pertinence des discours politiques, médiatiques et culturels, et d’identifier ainsi l’une des causes majeures de la fracture entre le peuple et ses élites. La montée de l’abstention et du «populisme» est présentée comme un rejet du politique ou des partis. Elle est en réalité l’illustration d’un décalage croissant entre la réalité et les représentations qui influencent le discours des partis politiques. On comprend dans ce contexte que 67% des Français ne fassent plus confiance ni à la gauche ni à la droite et que seulement une minorité d’entre eux arrivent encore à se situer sur l’échelle gauche/droite.


Comment se sentir impliqué par un débat politique essentiellement centré sur des représentations erronées de la société française?

 

La crise démocratique est d’abord celle d’une grille de lecture dépassée. La question des banlieues occupe une place de choix dans cette grille. Il s’agit certainement de la thématique la plus médiatisée et certainement la plus erronée. Elle s’articule avec celle des classes moyennes. Ces deux thèmes ne sont pourtant jamais mis en relation. La littérature consacrée aux deux sujets est abondante, mais ne montre pas comment ces questions se nourrissent l’une de l’autre. Pourtant, l’une n’existe pas sans l’autre. Les quartiers sensibles se définissent ainsi comme des territoires désertés par les classes moyennes. L’image de ces « no-middle-class-land » s’est construite en creux, en comparaison d’une classe moyenne majoritaire et intégrée vivant sur d’autres territoires, notamment périurbains. Cette analyse caricaturale d’une société divisée entre les «exclus» et les «petits bourgeois», entre les cités et les pavillons, a été confortée par l’émergence de la thématique des minorités. Les exclus, ceux qui se concentrent dans les quartiers sensibles, font partie des minorités visibles, les classes moyennes appartenant mécaniquement à la majorité invisible. L’opposition d’une France des ghettos ethnicisés à une France des pavillons permet de valider l’idée d’une société structurée par un apartheid urbain et ethnique. Peu importe que les banlieues ne soient pas les ghettos américains, que la France pavillonnaire ne soit plus celle de l’ascension sociale des classes moyennes, et que, au final, cette géographie sociale n’existe pas. Cette construction sociologique et urbaine est désormais gravée dans le marbre politique et médiatique: des territoires et des populations qui ne seront jamais des classes moyennes face à des territoires qui, au contraire, y sont fermement arrimés. Cette doxa «sociospatiale» n’est pas seulement une posture médiatique, elle a des conséquences idéologiques profondes. Elle permet, nous le verrons, d’accompagner en douceur l’intégration à la mondialisation libérale en rendant obsolète la question sociale et ainsi de remplacer peu à peu l’égalitarisme républicain par un «égalitarisme multiculturel», beaucoup moins exigeant socialement. La déconstruction du discours sur la banlieue, les minorités et les classes moyennes vise à remettre en cause une représentation idéologique de la société française afin de discerner les véritables dynamiques à l’oeuvre dans la société et sur les territoires. En effet, «la banlieue» n’existe pas. Il ne s’agit évidemment pas là de remettre en cause l’existence de territoires urbains où vivent les trois quarts de la population urbaine. Il ne s’agit pas non plus de nier l’évidence d’une concentration des difficultés sur certains territoires où les taux de chômage et de pauvreté sont effectivement très élevés. Il s’agit, en revanche, de nous interroger sur la signification du surgissement dans le discours politique du «ghetto à la française». Stigmatisée et victimisée, la «banlieue-ghetto» participe à la construction d’une représentation erronée de la société française. Hormis le fait qu’elle empêche de poser le véritable diagnostic des quartiers sensibles, elle masque l’importance des nouvelles dynamiques urbaines et sociales. La situation des banlieues est d’abord la conséquence de l’émergence d’une nouvelle géographie sociale insuffisamment prise en compte.

 

http://www.lexpress.fr/medias/35/la-situation-sociale_182.jpg

 

Une géographie médiatique
Ainsi, pour y voir plus clair, une petite leçon de géographie sociale s’impose. La transformation des villes, les évolutions économiques, la démographie modèlent insensiblement le paysage social. La géographie sociale est aussi le fruit d’un héritage. Les représentations des territoires sont pour partie héritées de deux périodes: celle de la révolution industrielle et celle plus récente des Trente Glorieuses. La vision dixneuvièmiste des territoires oppose les quartiers ouvriers et les régions industrielles aux quartiers bourgeois et aux régions tertiairisées. Née de la révolution industrielle, cette géographie structure encore socialement le territoire. Une autre est venue compléter ce dispositif, celle forgée durant les Trente Glorieuses (1945-1975).


Cette géographie de la «moyennisation» est celle de la France pavillonnaire. Cette France périurbaine se confond avec la France des classes moyennes en voie d’ascension sociale.
Ces géographies sociales «héritées» s’effacent peu à peu dans les années 1980 pour laisser la place à une autre représentation sociale des territoires, celle des banlieues.


Contrairement aux autres, cette géographie-là est d’abord une «géographie médiatique»: «vu à la télé», modelé au fil des ans par la puissance médiatique des images, le paysage des quartiers sensibles s’est imposé à l’ensemble des prescripteurs d’opinions avant même d’avoir fait l’objet d’une analyse sociale et scientifique sérieuse. L’étude des dynamiques sociales pèse en effet peu face aux images d’émeutiers armés de Villiers-le-Bel ou du quartier de la Villeneuve à Grenoble. Ainsi, et pour la première fois, ce ne sont plus les seuls acteurs sociaux qui modèlent et écrivent l’histoire sociale, mais les médias et plus largement les prescripteurs d’opinions. Le traitement médiatique de la question des banlieues n’aura pas seulement contribué à créer de nouvelles représentations sociologiques, il est aussi à l’origine d’une géographie sociale qui structure désormais les discours politiques.


Il est ainsi frappant de constater la rapidité avec laquelle la géographie sociale traditionnelle s’est effacée.
Les territoires de la France ouvrière, industrielle, l’histoire bicentenaire des quartiers populaires des grandes villes, sans parler de la France rurale... tout cela s’est évanoui peu à peu dans les années 1980-1990 au fur et à mesure qu’émergeait l’obsession des banlieues. Cette disparition n’est pas seulement la conséquence du passage de la société industrielle à la société postindustrielle, mais participe à un mouvement idéologique qui vise notamment à substituer la question sociale à des questions sociétales. Ce qui est vraiment en cause ici n’est pas le traitement de la crise des banlieues par les médias, mais l’utilisation politique de ce traitement.


Le « paysage médiatique» est devenu le «paysage social de référence» et le reflet de l’idéologie des élites.
L’analyse de la genèse de cette représentation permet d’éclairer cette dimension idéologique.
Les urbanistes et sociologues ont l’habitude de faire démarrer la crise des banlieues et la politique de la ville en 1973. Les pouvoirs publics créent alors le premier groupe de réflexion sur les quartiers de grands ensembles de logements sociaux. Cette année de naissance est techniquement pertinente puisque l’attention portée aux grands ensembles va précéder les émeutes urbaines. Cet acte de naissance marque une volonté, dès les années 1980, de «techniciser» et d’«urbaniser» une question qui est d’abord démographique, culturelle et idéologique. La banlieue comme «objet politique et médiatique» est née en septembre 1979, précisément dans la banlieue lyonnaise, à Vaulx-en-Velin. Pour la première fois, des émeutes urbaines, que l’on croyait réservées aux pays anglosaxons ou à ceux du tiers-monde, venaient frapper le territoire français.


Pendant plusieurs jours, les jeunes du quartier de la Grappinière multiplient les «rodéos», affrontent la police et incendient des voitures. Pire, ces échauffourées sporadiques se multiplient et touchent d’autres communes et quartiers de la banlieue lyonnaise. Villeurbanne, notamment la cité Olivierde-Serres, est touchée en 1980.


Un an plus tard, c’est au tour de Vénissieux et du quartier des Minguettes de subir des violences urbaines d’une rare intensité. Les politiques sont sous le choc, comme paralysés par des violences qui concernent une France qu’on ne connaît pas, celle des jeunes Français issus de l’immigration maghrébine. La banlieue, c’est d’abord une image, celle de ces jeunes Français qui défient la police. Le choc est d’abord culturel, et non pas urbain. Ces événements seront d’ailleurs le point de départ en 1983 de la «Marche civique pour l’égalité et contre le racisme », baptisée « Marche des Beurs » par les médias, dont les revendications sont sociales et culturelles; la question urbaine et celle des violences n’apparaissent qu’en second plan. Le traitement médiatique et politique de ces événements modèle assez rapidement l’image-type d’un paysage angoissant, celui de grands ensembles de logements sociaux, souvent dégradés et où les violences sont récurrentes. Le discours sur l’«urbanisme criminogène» prend le pas sur la question sociale et culturelle. La loi d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire définira en 1995 ces quartiers difficiles comme des «zones sensibles se caractérisant par la présence de grands ensembles ou de quartiers d’habitat dégradés».


Plus tard, sur un même registre, on évoquera la question de la «concentration des difficultés», l’idée étant toujours d’aborder le sujet à travers un prisme urbanistique, qui suggère qu’il existe une volonté politique de concentrer les populations issues de l’immigration maghrébine dans des ghettos. La sur-représentation depuis trente ans des banlieues difficiles, non seulement dans les médias mais aussi dans le monde de la recherche, impose alors le ghetto comme le paysage emblématique de la crise de la société française. La thématique banlieusarde est désormais omniprésente. Sur le sujet, la littérature, notamment sociologique, est prolifique. Il n’y a désormais plus un seul quartier sensible qui n’ait échappé à sa thèse, à sa recherche urbaine, plus un seul îlot qui ne vive en permanence sous l’oeil d’un observatoire local ou national. On connaît tout, absolument tout de ces territoires les plus étudiés de France; de l’immeuble à l’îlot, rien n’échappe à l’analyse. Paradoxalement, cette attention extrême ne semble pas remettre en cause l’idée selon laquelle la banlieue resterait une «terra incognita»; une idée très répandue qui permet au passage de faire perdurer la production de reportages sous prétexte d’investigations inédites ou de nouvelles recherches. Cette attention générale impose de fait les quartiers difficiles dans l’agenda des politiques. Pour l’année 2008, le journal Le Monde avait relevé que le seul département difficile de la Seine-Saint-Denis avait ainsi enregistré 174 déplacements ministériels.

 

http://www.lagedefaire.org/agir/local/cache-vignettes/L350xH261/lien_social-3756c.jpg


Il n'y a pas que des jeunes en banlieue, et il y a aussi des jeunes ailleurs !
On pourrait expliquer cette exploration en continu des quartiers difficiles par l’intérêt pernicieux de médias pour des territoires qui font vendre. L’explication est un peu courte. En réalité, cette attention médiatique est provoquée par le fantasme d’une classe dirigeante persuadée d’être face à l’apparition en France du «ghetto black américain» et d’une jeunesse rebelle issue des minorités ethniques: la France est désormais face aux jeunes du ghetto. Problème, la banlieue française n’est pas le «ghetto black». La jeunesse agitée et en
décrochage des quartiers ne représente qu’une faible minorité des habitants. La question de la médiatisation de cette jeunesse des banlieues pose plusieurs questions. La première tient à la réduction de la population des quartiers sensibles aux seuls jeunes, alors que la majorité de la population est composée d’adultes et de personnes âgées. Bref, les banlieues vieillissent aussi. Les quartiers classés «sensibles» ne sont pas en effet des «fontaines de jouvence». Sur ces territoires, le vieillissement des populations n’est jamais évoqué. Si les adultes sont invisibles, les retraités n’existent pas. La part des plus de 60 ans progresse en fait rapidement dans la plupart des quartiers sensibles avec une «tendance à un rapprochement de la pyramide des âges des ZUS à celle de la France entière8». En banlieue, il semble malgré tout que les jeunes restent toujours jeunes.


On peut pourtant raisonnablement imaginer que biologiquement les jeunes qui ont pris part aux émeutes de 1979 à Vaulx-en-Velin ont désormais près de 50 ans. Traînent-ils encore en bas de leurs immeubles?
Brûlent-ils encore des voitures? Plus certainement, ils ont, a priori, fondé des familles, travaillent, et, pour beaucoup, ont quitté le quartier de la Grappinière. L’association mentale «jeunes de banlieues» est si forte qu’il convient de rappeler une vérité qui s’applique y compris sur ces territoires : on vieillit aussi en banlieue! Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier et ne seront pas ceux de demain. Rappeler cette évidence n’est pas inutile à un moment où le jeunisme est devenu une valeur dominante et que la fascination (entre attraction et répulsion) du monde médiatique et politique pour la «jeunesse des banlieues» semble truster toute réflexion sur les autres tranches d’âge. Le vieillissement dans le parc social est pourtant devenu un sujet de préoccupation pour l’ensemble des bailleurs sociaux. Le «papy-boom» des banlieues est en marche et le nombre de retraités pauvres, déjà en augmentation, risque de progresser très rapidement dans les prochaines années. La réduction de la banlieue à la jeunesse tend également à imposer l’idée d’une réduction de la jeunesse à celle des banlieues. En 2006, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, déclarait qu’il fallait «bien que les Français aient en tête une chose, c’est que l’avenir du pays se joue là». Cette affirmation pose deux problèmes. Le premier est de considérer que 8 % de la population résume l’avenir d’un pays. Par ailleurs, si la part des moins de 20 ans est effectivement plus élevée en ZUS (30% contre 25% en moyenne en France), elle ne cesse de diminuer depuis 1990 au profit des plus de 60 ans dont le nombre a fortement augmenté dans ces quartiers depuis vingt ans. Le deuxième est de se persuader que la jeunesse relative des banlieues, et au-delà des populations issues de l’immigration, pourra infléchir un processus de vieillissement, qui rappelons-le, est un processus inéluctable et quasiment mondial. Ce discours est caractéristique de l’amnésie française qui, après avoir oublié la classe ouvrière et plus généralement les catégories populaires, est dans l’impossibilité désormais de concevoir une autre jeunesse, par exemple celle des espaces périurbains et ruraux, que celle, «vue à la télé», des quartiers sensibles.


L’affirmation selon laquelle la jeunesse des quartiers sensibles serait l’avenir de la France est évidemment généreuse, mais elle pose quelques questions de fond. La première est qu’affirmer que les quartiers sensibles, c’est-à-dire les territoires où les violences urbaines et aux personnes sont plus fréquentes, constituent l’avenir de la France est particulièrement anxiogène pour l’ensemble de la société. De la même manière, considérer que les jeunes des quartiers sensibles sont emblématiques de la jeunesse issue de l’immigration, alors même qu’une minorité d’entre eux vivent dans ces quartiers, participe à la construction d’une représentation négative de l’ensemble des jeunes issus des minorités. On le voit, la démagogie sur la «jeunesse des quartiers» se révèle contre-productive, notamment au regard de l’objectif recherché, celui de favoriser l’intégration et de promouvoir une image positive des minorités. Cette représentation négative est renforcée par une utilisation sans modération du concept de ghetto pour décrire la réalité des banlieues françaises.

 

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A Villiers-le-Bel, 12 000 € par habitant, près de Verdun ... 11 €
En l’espace de quelques décennies, l’histoire urbaine et sociale de ces territoires a laissé la place à une représentation «à l’américaine», celle qui oppose le ghetto ethnicisé au reste de la société. La grille de lecture de la réalité banlieusarde est fondamentalement anglo-saxonne et américaine. Le modèle du ghetto américain a été d’autant plus rapidement adopté qu’il permet d’évoquer la crise des sociétés urbaines et multiculturelles. On peut s’étonner de la rapidité avec laquelle l’intelligentsia française, pourtant critique à l’égard du modèle anglo-saxon, a adopté une telle grille de lecture pour décrire une réalité sociale. S’il existe une Amérique racialiste qui rejette la communauté noire, la France ferait émerger une «société d’apartheid11» affirme la bien-pensance. Ce discours apparaît comme une critique à peine voilée du modèle républicain et égalitaire que nous connaissons. L’idée de la ghettoïsation «à l’américaine» suggère en effet que l’État républicain a déserté ces territoires. Stigmatisées, reléguées, les banlieues seraient ainsi souséquipées et l’État y serait moins présent qu’ailleurs. Cette affirmation ne correspond pas à la réalité. Si la permanence des difficultés sociales révèle une forme d’impuissance des pouvoirs publics, elle ne signifie pas pour autant que l’État s’est désengagé. D’ailleurs, ces territoires bénéficient le plus souvent d’une densité d’équipements publics supérieure à celle des territoires périurbains et ruraux. C’est dans cette optique que le sociologue Dominique Lorrain a réalisé une étude comparative sur les investissements publics entre le quartier des Hautes-Noues à Villiers-sur-Marne et un quartier de la périphérie de Verdun. Dans les deux cas, les populations concernées sont modestes et/ou précaires et les taux de chômage sont élevés. La cité des Hautes-Noues est classée «sensible», tandis que le quartier de la périphérie de Verdun n’a jamais fait parler de lui. Première surprise, le revenu moyen par habitant du quartier sensible de Villiers-sur-Marne est de 20% supérieur à celui de Verdun. L’auteur précise par ailleurs que les équipements culturels, les services publics et les facilités de transports sont moins fournis à Verdun : il faut compter trois heures pour rejoindre la métropole nancéenne contre vingt minutes pour rallier Paris depuis le quartier des Hautes-Noues. Enfin, et pour faire litière de l’idée d’un abandon des quartiers sensibles, le chercheur calcule le total des investissements publics par habitant. Le programme de réhabilitation dont bénéficie le quartier des Hautes-Noues prévoit une dotation de 12 450 euros par habitant tandis que le contrat de ville mis en place dans les quartiers de Verdun n’alloue que 11,80 euros par habitant. Les investissements publics étaient donc mille fois plus élevés dans le quartier sensible que dans les quartiers de Verdun pourtant socialement défavorisés!


Cet exemple, extrême, n’est certainement pas représentatif de la situation qui prévaut sur l’ensemble du territoire, mais vise, a minima, à démontrer, qu’à situation sociale égale, les pouvoirs n’ont pas choisi d’abandonner les ghettos. Au contraire, ces territoires jouissent pleinement d’une forme de discrimination positive. L’accentuation des opérations de démolitions-reconstructions initiées depuis 2004 confirme la poursuite de ces investissements massifs: environ 40 milliards d’euros seront investis d’ici à 2013 pour la rénovation urbaine de ces quartiers.

 

http://1.bp.blogspot.com/_Uus1x3Dxql4/SQGHfWUE6BI/AAAAAAAAAYA/-WhYtrSecww/s400/L%27%C3%A9clatement+communautaire,+social+et+politique.bmp


La banalisation de l’«émeute urbaine»
Concernant les banlieues, la réalité des faits pèse peu face au bruit médiatique. Les relances en matière de politique de la ville ne sont pas l’aboutissement d’une pression syndicale ou d’un mouvement social, mais sont toutes consécutives à des périodes de tension ou d’émeutes urbaines médiatisées. Sans diagnostic, sans interlocuteurs représentatifs et face à des émeutes toujours plus spectaculaires, les pouvoirs publics initient des politiques qui ne sont pas des réponses à une «demande sociale», mais d’abord une réaction à une «demande médiatique». Les émeutes de 2005 ont, par exemple, contribué à accélérer la mise en place d’une politique de discrimination positive. Depuis les années 1980, les pouvoirs publics réagissent aux émeutes comme s’ils étaient face à un mouvement social structuré. Cette confusion entre délinquance et revendication sociale tend à légitimer la violence. Tout se passe comme si le système considérait l’«émeute urbaine» comme un mode d’expression sociale acceptable destiné à remplacer une médiation traditionnelle, quasi inexistante sur ces territoires. Cette légitimation des violences participe fortement à la construction du stéréotype du jeune de banlieue. La violence d’une minorité de délinquants est ainsi associée au mode de revendication de prédilection des jeunes banlieusards et même d’une majorité des habitants. Pire, l’association violence et jeunes issus de l’immigration maghrébine et subsaharienne est pour partie indirectement validée par les pouvoirs publics. Parce qu’elles se déploient comme une réponse aux violences médiatisées, les politiques publiques sont aussi des opérations de com. Les opérations de démolitions-reconstructions entrent pour partie dans cette logique. La question sociale, pourtant déterminante comme on l’a vu, est le plus souvent délaissée pour donner la priorité à ce qui se voit. La manne de l’argent public investi dans les banlieues bénéficie ainsi plus aux entreprises de BTP et aux agences d’architecture qu’aux habitants. Les opérations de démolitions-reconstructions, qui entretiennent l’illusion de faire disparaître les difficultés, n’ont qu’un impact social limité. Elles donnent parfois l’opportunité à certains maires de disperser quelques familles immigrées, souvent africaines, dans des communes ou quartiers mitoyens, mais ne traitent aucune question de fond. Le comité d’évaluation et de suivi de l’Anru a confirmé que les opérations de démolitions-reconstructions n’ont fait évoluer la population qu’à la marge puisque, dans les faits, 68% des nouvelles habitations sont construites en zone urbaine sensible (ZUS) et près de la moitié dans la même commune. Ces opérations, souvent contestées par les habitants, représentent une forme d’apogée de la réponse politico-médiatique. Il s’agit de démontrer à l’opinion (surtout celle qui vit à l’extérieur des quartiers) que «les choses bougent» par la volonté politique. Quoi de
plus médiatique qu’une démolition d’immeuble qui, de plus, permet à l’État de réaffirmer une forme d’autorité largement perdue sur ces territoires? Les opérations policières sont à ce titre exemplaires d’une politique «sous influence médiatique». Les services de police sont ainsi régulièrement mis à contribution dans le montage d’opérations «coup de poing», dont tous les criminologues expliquent qu’elles ne servent strictement à rien sur le plan sécuritaire. L’absence de structures représentatives des habitants, et donc de contre-pouvoirs, laisse ainsi la place à des opérations médiatiques, peu en phase avec la réalité sociale. Ce déficit n’est malheureusement pas compensé par une représentation municipale qui, le plus souvent, n’est élue que par une fraction très minoritaire d’une population qui ne prend plus guère part aux élections. Aux municipales de 2008, le maire de La Courneuve a été élu avec 3665 voix, ce qui représente 49% des suffrages exprimés, mais 26% des inscrits et 9,6% de l’ensemble de la population totale. Ce vide démocratique favorise au final le développement de politiques dont l’influence sur le réel sera faible. Le piège de la médiatisation s’est peu à peu refermé sur la banlieue et ses habitants. Un point d’orgue a été atteint en 2005, où les «experts» invités à commenter la situation étaient le plus souvent issus du monde médiatique. Le seul fait de vivre ou d’avoir vécu en banlieue suffisait alors à rendre crédible l’«analyse».


Cette «illusion biographique» permet de crédibiliser le spectacle. Après les rappeurs, un degré supplémentaire dans le ridicule fut atteint par la presse qui sollicita sans retenue l’expertise du comique Jamel Debbouze. On allait enfin comprendre. Cette «pipolisation» de l’expertise de la question des banlieues parachève un processus de substitution de la question sociale et démographique au profit de l’analyse médiatique. Un phénomène qui touche moins d’autres territoires ou populations. Malgré leurs origines populaires, on n’a jamais demandé à Gérard Depardieu ou à Jean-Marie Bigard de commenter les délocalisations industrielles ou la dégradation des conditions de travail de la classe ouvrière.

 

SECURITE INTERIEURE
Exclusif: les banlieues masquent les vraies fractures françaises
Source journal ou site Internet : Marianne
Date : 21 octobre 2010
Auteur : Emmanuel lévy

14/10/2010

Le revenu de vie, un leurre ou une nécessité, voire les deux à la fois!

Au delà des clivages sociaux, des corporations, des écoles de pensée, nous, signataires du présent appel, voulons contribuer à provoquer dès maintenant une transformation réaliste et constructive de la société: celle du revenu de vie.


Chez les libéraux le débat est largement ouvert, et très conflictuel. L'approche philosophique du libéralisme est conforme à cette possibilité, tel Locke(voir le lien de Stéphane Laborde), Smith, Walras....Manent, etc. Elle est difficilement acceptable dans sa conception économique, louable si l'économie de marché hors étatisme est réelle, mais voilà en ces jours ou népotisme et privilèges sont dans tous les étages encore pyramidal de notre gouvernance, faudrait-il trouver un juste milieu, tant humaniste et social qu'individuelle et responsable.

Humanisons les talents de chacun alliés à la richesse quelle occasionne, tout le monde aura a y gagner. Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste.

AL'ain

 

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Alternative libérale propose quelquechose de semblable, Pour un revenu de liberté

Au cœur de la réforme du système social, nous proposons que chaque Français majeur reçoive 500 euros de l’Etat, chaque mois, les parents ou tuteurs recevant 100 euros par mois par enfant à charge. Ce montant est déduit du montant de l’impôt proportionnel sur le revenu. En deçà d’un certain niveau de revenu, cette différence, négative, se transforme en chèque fiscal mensuellement versé par la trésorerie des impôts.

En échange de ce revenu garanti pour tous, nous proposons la suppression de toutes les allocations et autres mécanismes divers de redistribution tels que les aides au logement, le revenu minimum d’insertion, les allocations familiales, etc. Ce revenu d’existence est aussi inclus dans les rentes issues de la retraite par répartition, auxquelles il ne s'ajoute pas.

Nous proposons aussi de substituer au SMIC national des taux minimums horaires librement négociés par les branches ou par les entreprises. Ici, les partenaires sociaux ont un vrai rôle à jouer. Lire la suite...

cliquez le lien ici en recliquant sur donne sociale

 

Le tout nouveau ML-G (Mouvement des libéraux de gauche) ex groupe GL d'AL, propose une similitude à ce projet, cliquez ce lien ici.


Qu’est-ce que le revenu de vie?

L’idée est soutenue de longue date par de nombreuses personnalités, de tous horizons politiques, de toutes confessions et de toutes nationalités. Elle est connue sous des appellations diverses: allocation universelle, revenu d’existence, revenu citoyen, revenu universel, revenu social garanti, dividende universel, revenu de base, etc. (cf. Wikipedia)

Le revenu de vie ne doit pas être confondu avec le RMI, le RSA et autres allocations attribuées de manière conditionnelle. Le revenu de vie, lui, est automatique, inconditionnel et inaliénable. Il concerne tout le monde, riches ou pauvres. Il est attribué à chaque individu, de la naissance à la mort. Son montant est suffisant pour garantir à chacun une existence décente - quoi qu’il arrive -. Il est cumulable avec les autres revenus (salariés ou non). Il ne peut être saisi aux plus modestes, mais il entre dans l’assiette d’imposition des plus aisés.

 

Le film “Revenu de base” traduit en français, cliquez le lien pour voir la vidéo


Le revenu de vie ne rémunère pas l’emploi, mais le travail au sens large

Ni l’emploi salarié, ni les revenus du capital, ni les aides sociales classiques ne peuvent prétendre désormais garantir le droit à l’existence de chacun tel que défini à l’article III de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. C’est un fait: en raison de l’informatisation et de l’automatisation de la production, le plein-emploi ne peut plus être atteint. Par contre le travail est toujours d’actualité, et sa tâche est immense.


Il est plus que jamais nécessaire que chacun puisse travailler, d’abord à prendre soin de lui-même, de ses parents, de ses enfants et de ses proches, travailler ensuite pour contribuer aux biens communs accessibles à tous (connaissances, arts, culture, logiciels, etc.), travailler enfin à inventer et à mettre en oeuvre à toutes les échelles les moyens qui permettront de léguer une planète vivable aux générations futures.


Loin d’être un encouragement à la paresse, nous affirmons que le revenu de vie permettra à chacun, dans la mesure de ses capacités et de son désir, de s’engager de manière sereine, libre et responsable, dans des travaux essentiels pour l’intérêt général que les emplois traditionnels n’ont pas vocation à assumer.


Comment financer le revenu de vie?

Il s’agit précisément d’engager pour le financement du revenu de vie tous les moyens alloués à l’entretien de la chimère du plein emploi. L’institution du revenu de vie implique pour les pays qui le mettront en place de revoir leur système fiscal et social, et probablement de reprendre un certain niveau de contrôle sur la création monétaire qu’ils avaient abandonné aux banques. Les calculs des économistes qui ont réfléchi en profondeur à cette question montrent que cela est parfaitement possible (cf. simulations).


Il n’est nul besoin d’attendre quelque cataclysme pour envisager cette profonde transformation. Cela peut se faire progressivement et sans dommage, à condition qu’il existe une prise de conscience et un engagement suffisamment massif. C’est à cet engagement que nous, signataires de cet appel, voulons amener.


Qu’avons-nous à perdre ?

L’illusion d’un emploi salarié et dûment rémunéré pour tous s’est volatilisé avec la crise. Avec cette disparition, va s’évanouir aussi pour beaucoup le réflexe de se définir en fonction de son activité professionnelle. Il ne faut pas le cacher, l’institution du revenu de vie amènera probablement à s’interroger plus encore, sur notre identité, notre rôle dans la société, notre aspiration à procréer en regard des problèmes de démographie, et sur la nature de ce que nous voulons transmettre à nos enfants.


L’institution du revenu de vie ne va pas sans mises en cause profondes de nombreuses habitudes. Nous pensons néanmoins que cette mutation des consciences et des comportements peut s’effectuer sans violence, et dans un esprit d’entr’aide mutuelle afin que se développe une nouvelle culture de la responsabilité.


Qu’avons-nous à gagner?

L’institution du revenu de vie remet en cause le “travail” tel qu’il est compris usuellement, à savoir comme base du capital et des rapports sociaux. On le sait, la réduction du “travail” au seul “emploi” provoque automatiquement l’exclusion de ceux qui en sont privés, la peur du chômage chez les salariés, et le contrôle social des assistés. Cette confusion entre “travail” et “emploi” a un coût énorme pour la société aussi bien financièrement que socialement. Les pathologies sociales et psychiques qu’elle entraîne ne sont tout simplement plus soutenables.


Nous n’attendons pas du revenu de vie qu’il règle tous les maux, mais nous affirmons qu’il est absolument nécessaire pour surmonter la crise de confiance actuelle en réduisant le niveau intolérable, de pauvreté, d’exclusion et de peur.


Action

Au moment où les médias annoncent quotidiennement l’imminence de catastrophes provoquées par l’effondrement des économies, le réchauffement climatique ou les pandémies, nous affirmons qu’il existe un moyen efficace pour faire face collectivement et pour mobiliser les forces vives: c’est la voie du revenu de vie.

 

Source:

 

Appel pour le revenu de vie lancé en mai 2009

20/08/2010

IMPORTANT - Pour information: Santé (MST)

Les infections à gonocoques ont augmenté de moitié en France en 2009


Les infections gonococciques, une maladie sexuellement transmissible (MST), progressent sur l'ensemble du
territoire français avec une augmentation de 52% entre 2008 et 2009, selon les derniers chiffres communiqués
par l'Institut de veille sanitaire (InVS) jeudi 19 août. Selon les experts de l'InVS, l'évolution globale du nombre
d'infections s'était stabilisée entre 2007 et 2008 après un pic en 2006.

 

http://knol.google.com/k/-/-/1yexqll01wr4o/1vxq7j/bleu-de-mthylne-du-gonocoque.png

cliquez lire bio gonocoque


Si cette progression est signalée sur une majeure partie de l'Hexagone, la région Ile-de-France se démarque
avec une augmentation légèrement moins importante (+38%). Néanmoins les hommes restent plus touchés par
ces infections (+44%) que leurs homologues féminins (-5%).


Le nombre d'infections gonococciques est en forte hausse dans les autres régions (+54% en moyenne), que ce
soit pour les hommes (+51%) ou pour les femmes (+75%).
Les infections à gonocoques sont des infections sexuellement transmissibles (IST) causées par la bactérie
"Neisseria gonorrhoeae". Ces infections touchent principalement les jeunes, notamment les hommes, et
entraînent des urétrites (inflammation de l'urètre) qui peuvent être très douloureuses. Si les infections
gonococciques se soignent facilement à l'aide d'antibiotique, une absence de traitement peut provoquer des
complications importantes.


En cas de rapport non protégé avec un partenaire occasionnel ou en cas de symptômes tels que des brûlures ou
un écoulement d'urine jaune verdâtre, les personnes concernées sont invités à consulter un médecin.

 

source IHEDN

Sécurité intérieure :
Source journal ou site Internet : La parisienne
Date : 19 août 2010

 

http://40.img.v4.skyrock.net/408/sexualite/pics/36361897_1.gif

 

L’augmentation de l’incidence des urétrites masculines observée par les médecins généralistes du réseau Sentinelles en 2009 corrobore les constats des réseaux de surveillance spécialisée.

Ces affections, symptomatiques chez l’homme, sont un bon indicateur de l’évolution des comportements sexuels à risque. En présence de signes cliniques ou en cas de prise de risque (rapport non protégé avec un partenaire occasionnel ou avec des partenaires multiples), l’Institut de veille sanitaire recommande de consulter un médecin.

Les signes loco-régionaux évocateurs, qui doivent conduire au dépistage :

· Chez l’Homme : urétrites aiguës, subaiguës ou chroniques : gonocoque, mais aussi infections à chlamydia, Mycoplasma genitalium, Trichomonas vaginalis ;

· Chez la Femme : cervico-vaginites chez la femme : gonocoque, mais aussi chlamydia, Trichomonas vaginalis, vaginose et candidose ;

Certaines gonococcies deviennent résistantes à certains antibiotiques : ainsi, suite à l’augmentation continue et inquiétante des infections à gonocoque résistant à la ciprofloxacine (43% de souches résistantes en 2006), les recommandations pour la prise en charge thérapeutique ont changé (Voir la mise au point de l’Afssaps*)

Comme pour toutes les IST, l’usage du préservatif est le meilleur moyen d’éviter une éventuelle contamination par le gonocoque.

Sources : InVS, Afssaps* « Traitement antibiotique probabiliste des urétrites et cervicites non compliquées »

17:57 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : santé, virus, infections, gonocoque, mst, contamination, pandémie, sexe, relations sexuelles, hygiène | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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