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23/04/2010

Me Canto-Sperber, le libéralisme initiatique...

 

Monique Canto-Sperber

 

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Déjà un post sur ce blog:

Qui a peur du libéralisme? Par Me M. Canto-Sperber

Le libéralisme et la gauche de Monique CANTO-SPERBER; un livre

22:10 Écrit par HUMANITAS dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libéralisme, liberté, canto-sperber, social-libéralisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/04/2010

Une autre crise, l'Autorité! en amène t-elle la violence?

L’autorité en démocratie, par François Terré

Une communication prononcée à l’Académie des sciences morales et politiques

 

L’autorité semble en chute libre ! Le concept connaît un recul que le juriste François Terré, de l’Académie des sciences morales et politiques, a analysé devant ses confrères réunis en séance. Quelles nuances entre autorité et pouvoir ? Pourquoi ce recul de l’autorité et quels en sont les effets sur notre démocratie ? Finalement, qu’est-ce que l’autorité aujourd’hui dans notre société et qui la détient réellement ?

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Poursuivant ses travaux de réflexion sur le thème de la démocratie, thème choisi pour l’année 2010 par le président Jean Mesnard, l’Académie des sciences morales et politiques réunie en séance, a écouté, le lundi 29 mars 2010, le juriste François Terré dans une communication intitulée « L’autorité en démocratie ». Canal Académie l’a enregistré pour vous, écoutez-le. (le texte ci-dessous n’est qu’un résumé). Pour connaître l’intégralité des propos de F. Terré, il convient de l’écouter ou de lire son texte sur le site de l’Académie http://www.asmp.fr/travaux/communications/2010_03_29_terre.htm

Il s’agit bien de l’autorité "dans" ou "en" démocratie et non de l’autorité "de" la démocratie ! Première précision donnée par François Terré qui ne reprend pas l’origine du mot démocratie mais souligne tout de même qu’entre celle du monde antique et celle du monde moderne, il y a sûrement de fortes différences, de même qu’entre la démocratie réelle et la théorique...

Ensuite, il élimine des acceptions de l’autorité : il ne parle pas des institutions, des commissions et autres "Hautes Autorités" (il n’y en a jamais de basses...).

Enfin, il rappelle les 4 types d’autorités définis par Alexandre Kojève (1902-1968), autorité qui tient à des personnages :
l’autorité du père (parents, gens âgés, défunts par testament, ...)
l’autorité du maître (noble/vilain, militaire/civil, vainqueur/vaincu, ...)
l’autorité du chef (leader, duce, furher...)
l’autorité du juge (arbitre, contrôleur, confesseur...)

François Terré préfère aborder le sujet en examinant trois périodes : l’essor du concept d’autorité, son recul, la nostalgie qu’on en garde.

1 - l’essor

Comme tout concept, l’autorité a un moment de naissance : à Rome. Mais F. Terré la distingue de auctoritas (qui vient non pas d’autoriser mais d’augere, augmenter) et de potestas.

L’autorité comme valeur : elle ne se confond ni avec le pouvoir ni avec la persuasion. Elle requiert toujours l’obéissance (mais sans violence ni persuasion) ou au moins la coopération.

2 - le recul

Puis le concept d’autorité a reculé. François Terré fait remarquer qu’on ne parle plus maintenant "d’autorité paternelle" mais "d’autorité parentale", ce qui, pour le juriste de la famille qu’il est, est loin d’être la même chose...

Pourquoi ce recul ? Il note deux causes (reprenant d’ailleurs les réflexions d’Hanna Arrendt) :
le recul de la tradition, amoindrissement de la puissance du passé,
le recul de la religion, mise en doute de la vérité religieuse.

Les effets de ce recul : ils sont nombreux dans de multiples domaines. Il n’est qu’à considérer l’essor des réflexions (thèses, études, livres) sur "la désobéissance civile" par exemple ("on n’a pas attendu José Bovet", dit F. Terré qui développe assez longuement ce concept de désobéissance dans les faits et dans la loi).

3 - Nostalgie

nostalgie de l’autorité de la loi (septicisme),"mais il faut cesser de dire "il y a trop de lois", car on dit cela depuis la nuit des temps !". Ce qui est mauvais, ce n’est pas le pullulement des lois mais leur instabilité...


Qu’est-ce qui fait autorité dans notre société aujourd’hui ? Les médias, ou du moins, la potentia de l’opinion...les sondages, les palmarès, les listes des premiers... etc. C’était déjà le cas à Rome : l’influence de l’opinion devient vite abusive. Mais l’influence n’est pas l’autorité, bien qu’il soit difficile de les distinguer.


Revenir à l’essentiel : l’éducation


En conclusion, François Terra a choisi de revenir à l’essentiel : l"’éducation où l’autorité repose sur une relation nécessairement inégalitaire. Or, nous vivons dans une démocratie où le modèle est égalitaire et libérale, a-t-il encore soulign, Un mauvais usage de la liberté s’ajoute un mauvais usage de l’égalité, disons plutôt un ravage de l’égalitarisme qui se recommande d’un esprit démocratique dévoyé...

Alors faut-il désespérer ?


Non, continuons à espérer dans notre recherche de l’autorité perdue ! Et revenons à la philosophie antique : Un retour à la leçon de la philosophie antique porte à penser que l’éducation, alors au coeur de la pensée grecque, s’impose aujourd’hui, quand on s’interroge sur l’autorité en démocratie. La réflexion affecte tout le devenir de la pensée contemporaine...


Des conséquences, la violence??

 

Violence : la situation peut basculer à tout moment !

J’ai assisté aux États généraux de la violence à l’école qui se sont tenus cette semaine. Il y a avait un décalage considérable entre la salle et la tribune. Malgré les interventions très éclairées de professeurs et chefs d’établissements, aucune réflexion n’a pu s’engager autour des sources de cette violence. Il n’a en effet été question que des mesures à prendre pour aider les enseignants à faire face à la violence. À mes yeux, ces états généraux sont une véritable imposture. Ils laissent en effet à penser que le sujet est traité, alors qu’il ne l’est pas.

 

http://img.youtube.com/vi/CA4aarH5A-Y/0.jpg

cliquez lire le blog de Malika Sorel

 

La sécurité est le premier des besoins primaires. Lorsque le peuple finit par se forger la conviction que l’État n’est plus capable d’assurer la sécurité des individus, alors il est à craindre que le chaos ne survienne, suivi d’une période de sévère reprise en main qui finira par être attendue et espérée par le peuple lui-même. La France s’achemine-t-elle de nouveau vers un régime très autoritaire ? C’est une hypothèse qui ne peut plus être écartée.

Le Parisien : « Martin, un jeune cartographe de 24 ans, a été lynché sans raison, vendredi soir, place Grenette, en plein centre-ville de Grenoble, par un groupe d’une quinzaine de jeunes. Inconscient et saignant abondamment, il a été transporté au CHU de Grenoble où il se trouvait toujours dans un état critique dimanche. »

France24 : « Âgés d’une vingtaine d’années, les agresseurs, qui venaient d’être expulsés du tramway dans lequel la victime et ses amis avaient pris place, ont alors attaqué verbalement puis physiquement ces derniers, arrivés à leur destination et qui tentaient de les ignorer, a-t-on ajouté de même source. La quinzaine d’agresseurs, montés dans le tramway à une station située dans les quartiers sensibles de Grenoble, étaient toujours activement recherchés dimanche. »

Libération : « Comme à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), la semaine dernière, un groupe d’une vingtaine de jeunes armés de bâtons et de pierres ont bloqué le bus, fait descendre le chauffeur et les deux passagers, avant d’y mettre le feu. Puis, ils ont décampé avant l’arrivée de la police. La scène s’est déroulée mercredi soir, vers minuit, dans le quartier de la Grande-Borne, à Viry-Châtillon (Essonne). »

Libération : « Une école des Clayes-sous-Bois (Yvelines) a été en partie détruite par un incendie d’origine criminelle dans la nuit de vendredi à samedi, suscitant la colère des parents d’élèves et la condamnation du ministre de l’Éducation Luc Chatel pour “cet acte inqualifiable”. […] La déléguée des parents d’élèves s’est dite “sonnée, choquée et en colère par cet acte inadmissible”. “Comment peut-on s’en prendre à une école comme celle-ci où le projet pédagogique était important ? C’est incompréhensible”, a-t-elle déclaré à l’AFP. Plus loin Dalila Bragier, la maman de la petite Inès porte une caisse de livres. Elle réagit : “C’est l’état de choc. Depuis un an on signale des incendies dans le quartier. On était attaché à cette école”. Le maire des Clayes-sous-Bois, Véronique Coté-Millard, a exprimé sa vive émotion : “On reste sans voix. L’an dernier un incendie avait détruit un bâtiment qui devait servir de centre de loisirs. S’attaquer à une école, c’est inqualifiable. Tout le monde est en émoi ici. Lundi, nous allons accueillir les parents et les élèves. Une cellule psychologique sera mise en place. Il nous faut accompagner les familles. Les 194 élèves de l’école doivent être répartis dès lundi dans les autres établissements de la commune…” »

S’il fallait une mesure pour commencer, ce serait de couper les subventions à toutes les associations qui ont largement participé à nourrir haine et ressentiment envers la France et les Français, et qui continuent d’ailleurs à le faire. Bien sûr, il faudrait alors bien en expliquer les raisons, afin qu’il n’y ait pas d’incompréhension. Nous le voyons, il est dramatique de les avoir ainsi laissé scinder le corps social entre « victimes » et « bourreaux ».

Je l’ai déjà écrit : « Notre société récolte à présent la haine que cette approche a instillée dans le cœur des populations issues de l’immigration ». J’avais également évoqué la stupéfaction et l’incompréhension de Thione Niang, Américain d’origine sénégalaise et Président des affaires internationales des jeunes démocrates américains, devant la haine envers la France que des jeunes de l’immigration avaient exprimée devant lui lorsqu’il était allé à leur rencontre.

Il ne sert jamais à rien de nier la réalité des problèmes. Il faut, bien au contraire, les traiter dès leur apparition, surtout lorsqu’ils touchent à la cohésion nationale. Est-il encore temps d’éviter le pire ? Je n’en sais rien, car n’importe quel évènement peut désormais tout faire basculer et aboutir à ce que la situation échappe au contrôle des pouvoirs publics.

Chaque jour me renforce dans ma conviction que ce sont bien toutes les propositions politiques du Puzzle de l’intégration qui doivent être mises en œuvre et ce, de manière urgente. Il faut tourner le dos à l’imbécillité des plans banlieues et autres politiques d’intégration qui se succèdent depuis déjà longtemps, sans fournir les résultats que les Français sont en droit d’attendre au vu des budgets engagés. (Imbécile : « qui est peu capable de raisonner, de comprendre et d’agir judicieusement »)

J’ai écrit tout un ouvrage pour vous permettre d’approcher la complexité du problème de l’immigration-insertion-intégration. Les jeunes de l’immigration et leurs parents sont, comme le peuple français, victimes de l’aveuglement de nos élites. Mais, bien entendu, le statut de victime n’excuse rien à mes yeux. J’ai récemment participé à un débat. L’accueil de la salle a été des plus chaleureux. Parmi ceux qui sont venus discuter avec moi à la fin, et surtout me faire part de leur complète adhésion, des personnes d’origine maghrébine et africaine. Toutes ressentent la gravité de la situation à laquelle l’absence de bons sens a conduit notre société.

En ce qui me concerne, je continuerai d’écrire et de dialoguer pour faire en sorte que ce sujet soit traité dans sa globalité, tout en veillant à ce que la France ne soit jamais brutalisée. Pour cela, il ne faut pas hésiter à recourir à de vraies sanctions contre ceux qui sèment la terreur et le chaos, mus par leur haine de la France et leur inaptitude à respecter les normes collectives de la société française. Une sanction est réputée efficace lorsqu’elle dissuade de passer à l’acte. Dans le cas contraire, elle ne l’est pas. Nous pouvons donc en déduire que celles qui sont actuellement appliquées sont totalement inefficaces.

 

Malika Sorel est sociologue

17/10/2009

Hommage à un sociologue et Philosophe : Raymond ARON

17 octobre 1983 , décès d'un libéral de gauche, d'un libéral classique.

L'auteur de `L'Homme contre les tyrans´ pourrait, lui, éclairer une juste conception du libéralisme, dont il fut un des penseurs dans la lignée de Tocqueville. Le libéralisme n'est pas le capitalisme déchaîné d'une mondialisation anarchique. Le libéralisme n'est pas la négation de l'État, ni de l'autorité qui lui revient pour défendre les faibles contre les forts, et les honnêtes gens contre les voleurs. Raymond Aron : `La liberté est l'essence de la culture occidentale, le fondement de sa réussite, le secret de son étendue et de son influence´ (`L'Opium des Intellectuels´).

Raymond ARON - Qu’est-ce que le libéralisme ?


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« Ce qui caractérise en profondeur le libéral authentique d’aujourd’hui et le distingue du pseudo-libéral caricatural ou anachronique qu’imaginent ses adversaires, c’est une représentation du monde, une philosophie. Un régime économique est toujours une création humaine : à cet égard, les mécanismes du marché ne diffèrent nullement de la planification centralisée. Que l’on ait jadis jugé le marché conforme à la nature, qu’on y ait vu le résultat de lois dites naturelles, il ne s’agit là que de péripéties de l’histoire des idées. Le contenu proprement scientifique de l’enseignement des économistes se présente le plus souvent enveloppé, parfois dissimulé, dans des représentations idéologiques, des jugements de valeur, des métaphysiques, caractéristiques d’une époque et promises à un inéluctable vieillissement. Ainsi, le libéralisme a été souvent travesti en loi de la nature alors qu’il ne s’épanouit qu’avec l’aide de l’art politique, et de l’art le plus haut. [...]
Le libéralisme, tel que nous l’entendons, ne se réduit pas à la défense et à l’illustration de la libre entreprise et des mécanismes du marché. La pluralité des centres de décision, la fonction jusqu’à présent irremplaçable du mécanisme des prix représentent des modalités institutionnelles, dont l’expérience a confirmé la valeur, d’une conception de la vie collective, de l’existence humaine. Conception que les uns taxent de pessimiste et que je juge optimiste ; conception pessimiste aux yeux des utopistes qui, prêts à donner leur cœur et leur vie à un parti, à un chef, à une révolution, nous reprochent de leur rappeler la retombée fatale de la mystique en politique et le risque de tyrannie totale au nom de la libération intégrale. Mais notre pseudo-pessimisme s’accompagne en vérité d’un acte de foi : nous acceptons le risque des libertés et de la démocratie, nous faisons le pari qu’en dépit de tout, la discussion permanente n’interdira pas la paix civile, que la contradiction des intérêts particuliers laissera se dégager des décisions compatibles avec le bien de la nation. Nous préférons le désordre et le tumulte des sociétés libres au calme apparent des régimes où les détenteurs du pouvoir suprême prétendent détenir la vérité et imposent à leurs citoyens-sujets une discipline de pensée et de parole en même temps que d’action. Nous choisissons les sociétés dans lesquelles l’opposition passe pour un service public et non pour un crime. Préférence et choix qui me paraissent témoigner d’un optimisme fondamental, ou, en tout cas, d’un courage raisonné. »

Raymond ARON, « Qu’est-ce que le libéralisme ? 18 novembre 1969 », publié dans la revue Commentaire, n° 84, hiver 1998-99

19:43 Écrit par HUMANITAS dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : raymond aron, tocqueville, libéralisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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