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10/11/2010

Résumé de la conférence de W. Schäuble à la Sorbonne sur l' Europe)

Il a la réputation d'être le ministre le plus européen et le plus francophile d'Angela Merkel. Wolfgang Schäuble l'a confirmé, mardi soir, en exposant sa vision de l'Europe dans la langue de Molière dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne. Pendant près de trois quarts d'heure, le ministre allemand des Finances a expliqué devant quelque 550 personnalités et étudiants pourquoi, vingt ans après la réunification allemande, le projet d'intégration européenne conservait toute sa pertinence à l'heure de la mondialisation. Un autre grand Européen, l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, a plaidé à ses côtés pour l'approfondissement de la construction européenne.

 

http://www.zindamagazine.com/html/archives/2008/05.23.08/pix/schaeuble.jpg

cliquez lire bio

 

Les deux hommes avaient préalablement accordé des entretiens au "Fil de Paris", le journal de l'université Panthéon-Sorbonne, qui publie un numéro spécial sur l'Allemagne. La venue du ministre allemand à Paris, organisée par le CIDAL (Centre d'information et de documentation de l'ambassade d'Allemagne à Paris), marquait, en effet, un anniversaire : celui des vingt ans de la réunification allemande. Wolfgang Schäuble en fut l'un des principaux artisans, a rappelé l'ambassadeur d'Allemagne, Reinhard Schäfers. Il est, en outre, un Européen de conviction, qui joue un rôle actif en Europe depuis plus de vingt ans.


L'Union économique conduit à l'union politique
Devant les étudiants parisiens, le ministre allemand s'est référé à la vocation historique de la construction européenne pour en justifier l'approfondissement hier, aujourd'hui et demain. L'Europe est née de la volonté de rendre la guerre matériellement impossible sur le continent. Et elle demeure "avant tout le fruit d'un désir de paix", a-t-il souligné. La création de l'euro, par exemple, n'a "jamais été une 'contrepartie' à la réunification allemande", a-t-il affirmé. Ce fut "une étape délibérée et logique vers un approfondissement de l'intégration européenne". De la chute du mur de Berlin, "triomphe des idéaux européens", à l'euro, incarnation d'une "politique de paix par d'autres moyens", l'aspiration à la paix a ainsi maintes fois fait progresser l'intégration européenne.


"Les peuples sans mémoires n'ont pas d'avenir", a renchéri Jacques Delors. L'ancien président de la Commission a loué la nostalgie de 1989 : on doit à la sagesse des responsables politiques de l'époque d'avoir empêché que le choc de la chute du mur de Berlin ne débouche sur "une espérance" plutôt que sur de violents bouleversements. De même, il faut retrouver et conserver l'esprit des pères fondateurs de la construction européenne, car il est porteur de valeurs fondamentales.

 

 


Réformer l'Europe
Selon M. Schäuble, ce processus d'intégration doit se poursuivre. "Je considère que les défis actuels sont un chance supplémentaire d'approfondir le processus d'intégration. En effet, jusqu'à présent, l'intégration européenne est toujours sortie renforcée des crises", a-t-il dit au regard des difficultés économiques et financières. Car il faut garder à l'esprit que les avancées de la coopération économique ont, pour partie, une fonction politique. "Si nous ne sauvons pas l'euro pendant la crise, nous perdons l'Europe et l'idée européenne. Autrement dit : notre souci de l'euro est notre souci de l'Europe !", a-t-il explicité.


À court terme, la crise de l'euro a ainsi pointé la nécessité de réformer l'Union économique et monétaire. Elle a révélé des faiblesses structurelles graves dans certains États membres de la zone euro et l'incapacité de la surveillance macroéconomique à les enrayer, a exposé M. Schäuble. C'est pourquoi, il convient de réformer le Pacte de stabilité et de compléter la réglementation européenne. C'est ce que vient de décider le Conseil européen, sur la base d'un accord franco-allemand, a souligné le ministre avant d'entrer dans le détail de la réforme. Outre le renforcement du Pacte de stabilité, les 27 États européens souhaitent créer un mécanisme permanent de résolution des crises financières. "Si nous souhaitons un euro durablement fort et stable, nous devons être disposés à prendre de nouvelles mesures allant dans le sens de l'intégration de la zone euro", a plaidé M. Schäuble.


Approfondir l'intégration
À plus large échelle, toutefois, ces réformes ne seront pas suffisantes. "Les réformes économiques doivent aller plus loin", a plaidé Wolfgang Schäuble. Car le problème ne réside pas seulement dans "le manque de solidité des politiques budgétaires". Il tient aussi et surtout dans la divergence des niveaux de compétitivité entre les économies de la zone euro, a diagnostiqué le ministre. "Il s'agit, dès lors, de renforcer la compétitivité des États membres et de l'Union européenne dans son ensemble", a-t-il indiqué.


M. Delors a approuvé cette analyse : selon lui, depuis sa conception, l'Union économique et monétaire a "marché sur une seule jambe" en valorisant trop les aspects monétaires au détriment des aspects économiques. L'ancien président de la Commission a toutefois espéré que les réformes en cours permettent de rétablir un meilleur équilibre.


M. Schäuble, pour sa part, s'est prononcé concrètement en faveur "d'une coordination modérée dans le domaine fiscal afin d'éviter les distorsions de concurrence". Il est aussi revenu sur les excédents de la balance des paiements allemande, objet de vives controverses ces derniers mois. On pose mal la question, a-t-il estimé. La question devrait être la suivante : "l'Union européenne et ses entreprises sont-elles, dans l'ensemble, suffisamment compétitives, non seulement sur le marché mondial, mais aussi pour augmenter leurs parts de marché ?"


Force du modèle européen
Au total, "la fin de la guerre froide n'a pas supprimé la raison d'être de l'intégration européenne. Bien au contraire", a conclu M. Schäuble. Face aux bouleversements de la mondialisation, "l'Occident, et doncégalement l'Europe, doivent rester soudés".


En outre, le modèle européen de société est porteur de valeurs qui le rendent attractif ailleurs dans le monde : la paix durable, la liberté et la prospérité. "Depuis son unification pacifique, l'Union européenne, confiante en elle-même, peut influer sur l'évolution du monde et sur les dimensions sociale, économique et écologique de la mondialisation -et elle seule peut le faire !", a souligné le ministre. "Ainsi, les conditions qui permettraient à l'Europe de peser plus lourd au niveau mondial sont bien davantage réunies que beaucoup ne l'imaginent".


Mais l'Europe ne peut réaliser cette ambition qu'à certaines conditions, a tempéré M. Schäuble. "L'Europe doit comprendre qu'elle ne pourra jouer un rôle dans les conflits mondiaux de demain, qui sont en fait des luttes de répartition entre les grands espaces politiques, qu'à la double condition de s'exprimer d'une seulevoix et d'aborder ses problèmes structurels de manière crédible et visible".


L'Europe, emmenée par la dynamique franco-allemande, pourra alors espérer jouer le rôle d'agent stabilisateur dont l'économie mondiale a besoin, estime M. Schäuble. Berlin soutiendra ainsi Paris durant sa présidence du G20, en 2011. Mais la France et l'Allemagne doivent toutefois se soucier en permanence des intérêts de tous les États membres de l'Union européenne, a prévenu M. Schäuble. Car c'est ainsi que le moteur franco-allemand est utile à l'Europe

 

Wolfgang Schäuble expose sa vision de l'Europe à la Sorbonne
Source journal ou site Internet : cidal.diplo
Date : 5 novembre 2010

08:52 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, merkel, schäuble, ue, réformes, monnaie, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/11/2010

L'Europe, Bruxelles se trucide t-elle?

Chronique d’un suicide
L’Union européenne est en train de se suicider. Ce suicide n’est certes pas commis par un tir à bout portant, mais il est inéluctable et il est engendré par l’idéologie intégriste qui sévit depuis vingt ans à Bruxelles.


Il prend trois formes : le suicide institutionnel, le suicide économique et le suicide monétaire de l’Europe.


Le suicide institutionnel, d’abord. Qui peut dire que l’Union européenne fonctionne bien aujourd’hui ?

 

http://www.euroscopeconsultinggroup.eu/_/rsrc/1239725581676/page-2/leurope-dans-le-monde/L%27Europe%20dans%20le%20monde.gifhttp://www.observatoiredeleurope.com/photo/1573389-2107209.jpg?v=1252336423


Personne ! On assiste à une paralysie totale du système. La boulimie législative ne se dément pas. Les textes les plus complexes, les plus tatillons, sont moulinés les uns après les autres. La machine technocratique, sûre d’elle-même et dominatrice, bat son plein : 700 documents sont produits chaque année et transmis à notre Assemblée, dont plus de 300 relèvent de la loi. Mais si la machine mouline sans arrêt des textes, elle est en revanche incapable de prendre rapidement les décisions qui s’imposent. La question des prix agricoles en est un exemple. La France bataille depuis près de deux ans pour obtenir la stabilité des prix agricoles, dont la baisse inacceptable provoque des manifestations légitimes dans l’ensemble de l’Europe. La machine est totalement grippée et le passage à la majorité qualifiée n’y change rien, alors que cette procédure devait être, selon ses thuriféraires, la clé de voûte de l’efficacité du système.


Le deuxième suicide est un suicide économique. La religion économique de Bruxelles est le “toutconcurrence”.
Enfermée dans son idéologie, la direction générale de la concurrence, qui règne en maître,
ignore superbement les réalités économiques du monde, où nos concurrents – États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Corée du Sud et Canada – excellent dans la défense de leurs marchés en mettant en oeuvre de réelles politiques industrielles, alors que la locution “politique industrielle” est toujours un gros mot à Bruxelles !


L’asymétrie des conditions de concurrence devient évidente. L’absence totale de réciprocité dans les échanges, l’incapacité de la direction générale de la concurrence à envisager des champions industriels nationaux et européens sont affligeantes et destructrices. La disparition de Pechiney, fleuron de notre industrie, provoquée par la bêtise d’un commissaire européen – M. Monti, pour ne pas le nommer –, ne peut que susciter la colère et pourrait aisément nous amener à la conclusion : “La Commission, voilà l’ennemi !”
Il est urgent que, sur ces dossiers industriels de fusions-acquisitions, la Commission soit relevée de ses compétences technocratiques au profit du Conseil.


Le troisième suicide est un suicide monétaire. Pendant des années, les champions de l’intégration européenne nous ont présenté l’euro comme le fondement même de l’Europe et de son avenir. Qui peut encore affirmer cela aujourd’hui, sinon ceux qui, avec la morgue qu’on leur connaît, prétendaient tout savoir mieux que les autres, face à ceux qui dénonçaient l’utopie d’une monnaie unique en l’absence de zone économique optimale ? On sait aujourd’hui que les dures réalités ont rattrapé les doux utopistes monétaristes.


Le 13 juillet dernier, Jean-Pierre Jouyet, européen convaincu, déclarait devant la commission des affaires étrangères : « On ne se serait pas interrogé, il y a un an, sur la fin de l’euro, sur la façon dont l’Europe économique doit être gouvernée.» Je lui ai alors répondu, avec une insolence amicale, mais une vraie insolence, que, pour ma part, je me suis toujours interrogé sur la viabilité de cette construction artificielle.

 

http://img262.imageshack.us/img262/4886/h450europeiy6.jpg


Allons à l’essentiel : ce n’est pas en collant à l’idéologie allemande en matière monétaire que nous éviterons la catastrophe annoncée et inéluctable. Ce n’est pas par des sanctions automatiques contre des États en déséquilibre budgétaire que nous pourrons rééquilibrer les comptes. On ne fait pas courir ensemble des pur-sang, des chevaux de labour et des ânes ! La puissance économique de la Ruhr n’est pas dans le Péloponnèse, mais en Rhénanie-du-Nord-West phalie. Les déficits budgétaires grecs sont la conséquence de la perte de compétitivité – moins 40 % – et non sa cause. Relevons d’ailleurs au passage que l’Espagne, qui était en excédent budgétaire, est aujourd’hui en pleine crise : c’est tout dire ! Quand allons-nous comprendre que réduire les dépenses, raboter les niches de manière excessive et trop rapide, c’est raboter la croissance et accroître les déficits ?


La politique de déflation de tous les États européens équivaut à un suicide en direct, à une macabre téléréalité sur fond de pacte de stabilité jouant le rôle néfaste du choeur des Euménides.

 

Bruxelles et l’intégrisme idéologique.
Source journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 4 novembre 2010
Auteur : Jacques Myard, député UMP des Yvelines

09:32 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, bruxelles, économie, monnaie, euro, allemagne, j.myard, ump, intégrisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/11/2010

L’Europe fédérale ? Elle vient de naître...euh!!!

Felix Clouzot

Plus que la révision des traités réclamée par Angela Merkel ou les exigences budgétaires de David Cameron, le véritable événement du récent sommet de Bruxelles est le pas décisif de l'Europe vers l'avènement d'un super-Etat.


Pendant que la presse britannique se concentrait sur des enjeux nationaux, de véritables évènements historiques se produisaient en Europe. Le Royaume-Uni est peut-être dirigé par son premier gouvernement de coalition depuis 70 ans, mais l’Europe fait encore mieux.

 

L’Union européenne vient d'accomplir un pas décisif sur la voie de l’Etat unique en transférant les politiques budgétaires et fiscales du niveau national au niveau fédéral.

 

http://moutons.rebelles.free.fr/europe_federale/quilles_europe.jpg


Une décision prise en catimini
Le fait qu’une des décisions les plus controversées de l’histoire européenne moderne ait été prise dans une telle discrétion et presque sans débat n’est que la marque du style hiérarchique adopté par les élites politiques européennes. En dépit de tous ses défauts, la version européenne et élitiste de la démocratie représentative pourrait rester dans l’histoire comme une méthode bien plus efficace que les modèles américain et britannique, plus populistes, lorsqu’il s’agit de gérer les délicats compromis exigés par la nouvelle donne géopolitique mondiale.


L’histoire commence – comme la plupart des évènements récents – par la crise financière. Après la faillite de Lehman Brothers en 2008, il était presque inévitable que l’Europe soit gagnée par la panique et voit sa monnaie unique fortement menacée.


La théorie des dominos
La crise a frappé l’Europe à l’automne 2009 et a atteint son apogée durant le week-end du 8-9 mai 2010, lorsque le gouvernement grec s’est trouvé dans l’impossibilité de rembourser des crédits arrivant à échéance le lendemain. Les dirigeants européens ont compris que la faillite de l’Etat grec entraînerait dans sa chute toutes les banques du pays mais également celles d’Irlande, du Portugal, d’Espagne et d’Europe centrale. En l’espace de quelques jours, si ce n’est de quelques heures, les euros des banques grecques, espagnoles et italiennes ne vaudraient plus qu’une fraction de ceux des banques allemandes et néerlandaises. L’euro aurait de fait cessé d’exister.


Dans la nuit du 9 mai, l’Europe était au bord de l’abîme. Ses dirigeants ont toutefois mis au point un mécanisme financier d’un montant de 750 milliards d’euros afin d’aider les pays ne pouvant plus se refinancer auprès d’investisseurs privés. Plus important encore, Angela Merkel a fini par s’asseoir sur ses principes pour accepter la suspension de la "clause de non-renflouement", ajoutée in extremis dans le traité de Lisbonne afin de garantir aux Allemands qu’ils ne seraient pas financièrement responsables des largesses des gouvernements du "Club Med". Tout aussi incroyable, le Trésor britannique a accepté de participer au programme de crédit européen afin de contrôler les projets budgétaires depuis Bruxelles, créant de fait un budget fédéral européen. "Ça a vraiment été une nuit de miracles", reconnaît Emma Bonino, ancienne commissaire européenne italienne

 

http://www.gaucheliberale.org/public/ppf-europe-fed.jpg

 

Un renforcement du contrôle central
Le plan de sauvetage de l’euro n’avait aucune chance de survivre si les gouvernements ne s’étaient pas engagés un minimum à pérenniser les garanties collectives sur la dette des pays de la zone euro. Ces garanties n’auraient jamais pu fonctionner sans mécanisme de transfert budgétaire dans la zone euro, et ces transferts n’auraient jamais été acceptés par l’Allemagne et les autres Etats créanciers sans un renforcement du contrôle central sur les budgets nationaux, ce que personne n’avait encore suggéré.


Le principe de ces mécanismes a été approuvé la semaine dernière à Bruxelles. La plupart des journaux ont titré sur des questions secondaires comme la défense du rabais britannique par David Cameron ou l’insistance d’Angela Merkel à réviser les traités européens. Pourtant, la vérité est que l’Allemagne a cédé, une fois encore. Les gouvernements européens ont tous accepté l’idée qu’aucun pays ne pouvait être contraint de sortir de la zone euro pour défaut de paiement.


Tôt ou tard, l'union politique
Même si personne, pas même les dirigeants européens, ne peut préciser les termes de cet accord, il en résulte que l’UE devrait créer des mécanismes de soutien financier mutuels et permanents pour toute la zone euro et qu’ils figureront dans les prochains traités européens. Loin de protéger les contribuables allemands des déboires financiers de leurs partenaires, les demandes répétées d’Angela Merkel pour une révision des traités renforce l’engagement des pays européens sur de futurs renflouements. En modifiant explicitement la clause de non-renflouement, les révisions demandées par Angela Merkel permettront de doter le budget fédéral européen d’un statut légal irrévocable.


Pourquoi les Allemands accepteraient-ils de nouvelles obligations si coûteuses ?

 

Il y a deux raisons. La première est que les milieux industriels et financiers allemands dépendent fondamentalement de la stabilité et de la prospérité de la zone euro. La seconde est que l’union politique est un objectif que les élites politiques et économiques allemandes se croient destinées à accomplir depuis longtemps.


Les Allemands ne sont pas stupides. Ils n’accepteront pas de jouer les garants permanents des pays les plus imprudents sans un net renforcement du contrôle des finances. La création d’un budget fédéral nécessite un certain de degré de centralisation politique qui paraît peut-être encore difficile à imaginer mais semble de plus en plus inévitable.


Comment concevoir, par exemple, que des pays puissent présenter une telle disparité sur l’âge de leur retraite, leur niveau de pensions et leur système de sécurité sociale si les coûts de ces différentes politiques sont garantis conjointement ? D’un point de vue strictement économique, la convergence de l’âge de la retraite à 67 ans en Europe est donc l’une des conséquences les plus bienvenues de la crise financière.


L’intégration européenne a toujours progressé par à-coup et une grande avancée vers le fédéralisme politique et budgétaire est devenue irréversible après cette année de crise. C’est exactement ce que les artisans de l’euro avaient en tête.

 

L’Europe fédérale ? Elle vient de naître
Source journal ou site Internet : The Times
Date : 3 novembre 2010
Auteur : Anatole Kaletsky

16:37 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cameron, merkel, europe, fédéralisme, ue, euro, retraite, intégration | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/11/2010

« Le Yémen ne doit pas devenir un nouvel Afghanistan »

Quand le général David Richards affirme, catégorique :

 

« Le Yémen ne doit pas devenir un nouvel Afghanistan »,

 

http://www.manumilitari.org/wp-content/uploads/2010/06/y%C3%A9men2.jpg

 

il faut comprendre ce que parler veut dire. La dernière chose que voudrait le chef d'état-major britannique, c'est de voir les montagnes de l'Arabia Felix des Romains prendre la relève de l'Hindu Kuch où iraient se fourvoyer demain les Tommies et les GI. Voilà pourquoi, tient-il à préciser, « je ne pense pas qu'on veuille ouvrir un nouveau front là-bas. » On vous croit, mon général, on vous croit ; d'autant plus volontiers que, pas plus que vous, le grand frère yankee ne cherche à s'enliser dans cette lointaine contrée devenue le nouveau berceau d'el-Qaëda. Dans sa conférence de presse de samedi, le président Ali Abdallah Saleh a été on ne peut plus clair : « Nous ne permettrons pas à des troupes étrangères, a-t-il souligné, de lancer des opérations contre-terroristes sur le sol national. Nous mènerons notre propre guerre suivant nos potentialités. » Le beau mouvement de menton que celui-là ! Malheureusement, ils ne sont pas nombreux ceux qui jugent possible, en tout cas gagnable, un tel combat et il faudra bien se résoudre, nolens volens, à faire appel à une aide, d'où qu'elle puisse venir, en supposant que d'ici là, le pouvoir aura réussi - hypothèse plutôt improblable - à se maintenir en place. Sanaa avait fort à faire jusque-là avec une insurrection dans ses régions nord et un mouvement sécessionniste au sud. Si, en plus, il lui faut mener une guerre en bonne et due forme contre l'organisation islamiste numéro un, il y a fort à parier qu'il sera bien vite débordé, quelle que soit la position qu'adopteront les tribus encore fidèles. Les experts sont formels sur un point : oubliez Oussama Ben Laden,et même que sa famille est originaire du pays. L'étoile qui monte dans le firmament terroriste a pour nom Anouar el-Awlaki, « l'idéologue le plus dangereux du monde », selon des sources concordantes. L'homme serait lié à trois des auteurs des attentats du 11 septembre, à la tuerie de Ford Hood, au ratage à bord du vol Amsterdam-Detroit des Northwest Airlines, et à la découverte in extremis d'une bombe à Times Square, au soir du réveillon de Noël passé. C'est encore lui qui aurait monté les deux tentatives du week-end dernier, quand deux colis piégés ont été saisis à l'intérieur d'envois via l'un UPS, l'autre FedEx, visant des lieux de culte juifs à Chicago. Le plus inquiétant aux yeux des enquêteurs et des spécialistes de la Central Intelligence Agency, c'est que les deux dispositifs n'étaient nullement de fabrication artisanale. Les systèmes utilisés étaient hautement sophistiqués et l'une des bombes avait été cachée dans une imprimante d'ordinateur, la commande devant être déclenchée à partir d'un téléphone portable. Plus grave : leur découverte n'est pas due à un contrôle de sécurité, mais à des renseignements obtenus auprès des services compétents d'Arabie saoudite, des Émirats arabe unis et de Grande-Bretagne.

 

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Depuis deux ans, les mises en garde se sont multipliées partout dans le monde contre le risque de voir le Yémen devenir un sanctuaire d'el-Qaëda, la plus notable venant du directeur de la CIA, Leon Panetta. C'est chose faite désormais. D'exportateur de terrorisme, la fragile république est devenue la destination privilégiée des apprentis émules de Omar Farouk Abdel Mouttaleb. En janvier 2009, un ex-lieutenant de Ben Laden, Nasser Abdel Karim el-Wouhaychi, proclamait la naissance d'une nouvelle formation, la Qaëda de l'organisation du jihad dans la péninsule Arabique. Ses principaux faits d'armes, depuis : la tentative d'assassinat, en août 2009, de l'émir Nayef Ben Abdel Aziz, ministre saoudien de l'Intérieur, le détournement manqué du vol 253, les attentats (manqués, eux aussi ) contre l'ambassadeur britannique à Sanaa, Tim Torlot, puis contre Fiona Gibb, numéro 2 de la chancellerie. Ces temps-ci, indiquent divers rapports diplomatiques concordants, on se bouscule dans les camps d'entraînement yéménites. Les recrues viennent d'Europe, des USA mais aussi d'Afrique et de divers États membres de la Ligue arabe. Si au soir de la journée d'aujourd'hui mardi les républicains remportaient la bataille des midterms puis dans deux ans celle de la présidentielle, il leur faudrait élargir leur notion de l'« Axis of Evil » pour y inclure le Yémen. À moins qu'entre-temps, sécessionnistes nordistes et tribus chiites sudistes ne réussissent à éclipser leurs concurrents terroristes.

 

http://www.islamenfrance.fr/site/wp-content/uploads/2010/08/yemen-deux-musulmans-francais-en-prison.jpg

 

Il restera que, dans une société, l'une des plus pauvres du globe, où 40 pour cent de la population vit avec moins de deux dollars par jour, où le chômage est le plus élevé du Proche-Orient et le taux d'alphabétisation le plus faible, où le qât tient lieu de principal coupe-faim, il sera toujours difficile de résister à la tentation de recourir à la violence. Avec la désolante perspective d'une Amérique incapable de se lancer dans une nouvelle aventure guerrière qu'elle serait certaine, là encore, de perdre.

12:05 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yémen, afghanistan, guerre, usa, al qaeda | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/11/2010

Nucléaire: Le Vietnam choisi la Russie, voire le Japon. la France encore out!!!

Le Vietnam et la Russie ont signé dimanche à Hanoï un accord pour la construction de la première centrale nucléaire du Vietnam, tandis que le Japon semble bien parti pour construire deux réacteurs dans ce pays.

 

http://fr.beta.rian.ru/images/18567/67/185676762.jpg


La signature s’est déroulée en présence du président russe Dmitri Medvedev, qui souhaite renforcer les liens de son pays avec son ancien allié communiste. Le Premier ministre japonais Naoto Kan, également présent à Hanoï où vient de se dérouler le sommet d’Asie de l’Est, a par ailleurs annoncé dimanche avec son homologue vietnamien que les deux pays allaient construire deux réacteurs nucléaires. « Le gouvernement vietnamien a choisi le Japon comme partenaire pour construire deux réacteurs nucléaires », ont déclaré les Premier ministres vietnamien Nguyen Tan Dung et japonais Naoto Kan dans un communiqué. Ils espèrent signer l’accord définitif « aussi tôt que possible ». Selon un responsable japonais, cette déclaration signifie que le Japon est quasi-certain de remporter le contrat pour ces deux réacteurs. Concernant l’accord russovietnamien, Sergueï Kirienko, le chef de l’agence russe de l’énergie atomique Rosatom, sur place à Hanoï, n’a pas souhaité évaluer la valeur du contrat. Un représentant de Rosatom avait déclaré la semaine dernière que la construction de cette centrale composée de deux réacteurs était estimée à plus de quatre milliards d’euros. Le président russe a aussi rencontré les responsables vietnamiens, pour discuter du secteur de l’énergie au Vietnam, qui selon lui se développe « dans de nombreux domaines ». « Dans toutes ces directions, la Russie aidera le Vietnam, qui est notre ami proche », a déclaré M. Medvedev, qui s’est également rendu au mausolée du héros de la révolution vietnamienne Ho Chi Minh.

 

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Le développement du nucléaire au Vietnam répond au boom économique qui s’accompagne d’une envolée de la demande en énergie. En 2009, la croissance s’est établie à plus de 5,30 % au Vietnam, qui chiffre à 10 % la hausse annuelle de ses besoins énergétiques. Hanoï entend construire deux centrales de deux réacteurs de 1.000 mégawatts chacune et espère mettre en service dès 2020 au moins un des réacteurs. D’ici 20 ans, le pays souhaite avoir huit centrales nucléaires sur son sol. De son côté, la Russie cherche à développer son marché de l’énergie nucléaire. En mars, le premier ministre russe Vladimir Poutine, avait chargé son gouvernement d’augmenter la participation russe dans ce secteur sur le marché international jusqu’à 25 %, contre 16 % actuellement. Mi-octobre, la Russie et le Venezuela ont signé un accord pour la construction de la première centrale nucléaire dans ce pays d’Amérique latine, lors d’un déplacement à Moscou du président Hugo Chavez.

 

ENJEUX DE LA DEFENSE - DOCTRINE - CONCEPTS - MISSIONS
Le Vietnam signe un accord avec la Russie pour sa première
centrale nucléaire
Source journal ou site Internet : Le Soir
Date : 31 octobre 2010
Auteur : AFP/

17:26 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, vietnam, russie, japon, nucléaire, armes de destruction massive, énergie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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