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02/03/2011

Union Européenne pour quel pouvoir!

Le vocable présidentiel est sans doute trop présent dans les traités européens pour que l’identification du Pouvoir dans l’Union européenne soit aisée. Clarifier les missions de chacun, faire état des décisions et de leurs processus régulièrement, sont deux conditions nécessaires même si non exhaustives, de l’identification, la lisibilité et la légitimité d’un pouvoir réel mais mal perçu. LE vocable présidentiel est sans doute trop présent dans les traités européens pour que l’identification du Pouvoir dans l’Union européenne soit aisée.


Jugeons !

 

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« En fait, Lisbonne, ça change quoi ? »
Une des innovations du traité de Lisbonne est l’instauration d’une présidence durable du Conseil européen, pour deux ans et demi renouvelables. Ce président est élu par le Conseil européen à la majorité qualifiée.


Mais cette présidence n’est pas la seule. Les Etats ont décidé de maintenir le principe d’une présidence tournante pour le Conseil de l’Union, organe majeur de décision dans le processus européen. Ainsi, la présidence des formations du Conseil, à l’exception de celle des affaires étrangères, est assurée par les représentants des États membres au Conseil selon un système de rotation égale, dans les conditions fixées conformément à l’article 236 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (art. 16.9 du TUE).

 

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« J’ai mal à mes articulations... »
Comment s’articulent ces deux présidences, qui portent sur les deux organes intergouvernementaux de l’Union : Conseil européen et Conseil ? Selon les textes, le premier ne dispose pas de pouvoir législatif, tandis que le second l’exerce avec le parlement européen. Cependant, la distinction entre les deux est peu aisé, et l’habitude prise de parler de la présidence tournante de l’Union risque de faire perdurer en coutume ce que le texte cherche à gommer sinon à supprimer… à moins que l’exercice de ses fonction par les présidents successifs du Conseil européen n’infléchisse la donne. On peut néanmoins en douter d’emblée, sans même préjuger des capacités dudit président. Car ce dernier à face à lui 27 présidents, lors des Conseils européens. Or, le contexte de crise internationale montre le poids fort des Etats lors des Conseils européens.


« Et votre poids ? »
Le lieu de pouvoir semble alors se trouver davantage dans les Etats que dans les instances européennes stricto sensu. Pour être plus exact, il faudrait même dire que le lieu de pouvoir se trouve dans certains Etats plus que dans d’autres. Le Conseil européen du 4 février 2011 est éloquent à ce titre. Le Conseil s’est illustré par une orientation nette dans le sens des conditions fixées par l’Allemagne pour accompagner les décisions prises en matière d’aide des Etats en difficulté. Présidence européenne, mais présidences européennes de l’Union, ainsi pourrait-on résumer la situation émanant du traité de Lisbonne, à l’heure d’une crise économique et financière majeure D’autres présidents sont européens : le président de la Commission européenne, le président du Parlement européen, le président de la Banque centrale européenne… autant d’acteurs qui participent à la direction des affaires de l’Union européenne.


« Peut-être y a-t-il d’autres facteurs... »
Enfin, il est des acteurs, ne relevant pas du champ lexical présidentiel européen, qui n’en sont pas moins des protagonistes essentiels du Pouvoir européen. Ce sont tous ceux dont la participation au processus de décision est significative : le pouvoir d’initiative de la Commission, le pouvoir de délibération et d’adoption du Parlement européen et du Conseil de l’Union. Dans ce triangle, le Parlement n’a, au fil des traités, cessé de gagner du « pouvoir ». De simples consultations, obligatoires ou facultatives, la notion de codécision du Parlement et du Conseil s’est finalement imposée dans le traité de Maastricht. Ladite procédure de codécision s’est à la fois simplifiée et étendue depuis lors. On l’appelle aujourd’hui, sous l’empire du traité de Lisbonne, par un mimétisme étatique certain, « procédure législative ordinaire ».


« Voilà un paradoxe ! »
On peut dire que le parlement européen s’est battu, dans l’application, comme dans la révision des traités, pour obtenir un véritable « pouvoir législatif ». Le pouvoir des Etats demeure sans aucun doute, par l’absence de possibilité du Parlement d’imposer un texte que le Conseil de l’Union ne voudrait pas.


Cependant, il ne faudrait pas penser que le Conseil n’est qu’un reflet d’un pouvoir étatique pluriel. Il l’est, mais il est aussi, quelque peu paradoxalement, une illustration de mécanismes de « pouvoir supranational ».


Le principe de vote à la majorité qualifiée en est l’exemple par excellence. Par ce système, l’Etat membre perd, son pouvoir de dire « non ». D’ailleurs, les débats longs et houleux sur les réformes successives du vote à la majorité qualifiée en témoignent. Le traité de Lisbonne reprend à son compte un élément de lisibilité du traité constitutionnel : la définition de la majorité qualifiée à partir d’un vote favorable de 55% des Etats représentant 65% de la population.


« Mais, il faudra attendre encore un peu… »
Cependant, bien que le traité entre en vigueur le 1er décembre 2009, le nouveau système de vote entrera en vigueur au mieux en 2014, au pire en 2017.. et encore, si les Etats – maîtres des traités – ne décident pas d’une nouvelle révision. Ce n’est pas une hypothèse d’école lorsqu’on sait comment les Etats se sont mis d’accord pour revenir finalement sur la réduction du nombre de commissaires. Rappelons qu’ils décident ainsi alors que l’on cherche des pistes pour que le peuple irlandais, qui avait initialement rejeté le traité de Lisbonne, vote à nouveau. Il suffira d’utiliser une base juridique que les Etats avaient imaginé d’emblée, permettant de changer le nombre de commissaires. Cette réforme ne devait, en vertu du traité, n’entrer en vigueur qu’en 2014. Les Etats ont donc le temps d’adopter le texte pertinent, et nul doute que l’unanimité requise pour cette disposition sera aisément trouvée. Il s’agit sans conteste d’un enjeu de pouvoir majeur, puisque nonobstant le caractère officiellement supranational du mandat de commissaire européen, les Etats tiennent à avoir « leur commissaire ». C’est, dans le même temps, une formidable reconnaissance de ce que la Commission européenne est devenue un vrai « lieu de pouvoir », sans quoi la bagarre ne serait pas si rude.


« Et les gens comme vous et moi ? »
Outre ce triangle à l’équilibre fragile, on serait incomplet sur les lieux de pouvoirs dans l’Union européenne en omettant d’évoquer la société civile, dont le traité de Lisbonne consacre l’existence dans son titre entièrement dédié à la notion même de démocratie européenne, mais aussi la Cour de justice de l’Union européenne, dont les premières décisions avaient pu être qualifiées de « putsch » juridique. Sur la société civile, les groupes d’intérêt, ou lobbies ont rapidement eu conscience que des enjeux de « pouvoir » se créaient à Bruxelles. Leur présence très forte est encore une fois le témoin du déplacement du lieu de pouvoir. Il a même fallu légiférer afin de moraliser la présence des groupes d’intérêts en marge du jeu institutionnel. Sur la Cour, on peut dire que ses décisions, d’abord critiquées, sont pourtant de plus en plus et de mieux en mieux respectées par les Etats et par leurs juges, devenus « juges de droit communs » du droit européen. Là encore, le lieu de pouvoir se déplace vers le juge, européen, et national. Ce dernier a pour mission d’écarter la loi, expression de la volonté générale, au profit de la norme européenne, que le traité de Lisbonne appelle enfin acte législatif ».

 

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« Des citoyens ? »
En somme, il semble indéniable qu’une grande partie du pouvoir des Etats s’est déplacé vers l’Union européenne, mais que celle-ci dispose de trop de lieux de pouvoirs pour être suffisamment lisible par ses partenaires et par ses citoyens. Or ce sont ces derniers, les citoyens, qui devraient être les premiers. Qui dit pouvoir, en démocratie, dit pouvoir du peuple. Certes, il n’existe pas encore de « peuple européen ». Pourtant nous soutenons la thèse de la naissance progressive de ce peuple, condition sine qua non de la réussite du projet européen. Si en bonne logique, il est en construction, dans la pratique, le chemin à parcourir apparaît encore long. Prenons la logique : un pouvoir législatif est à l’oeuvre, le Parlement européen est un colégislateur, il est élu par la communauté des citoyens de l’Union qui, où qu’ils résident, peuvent non seulement voter, mais se présenter aux élections européennes. Il est interdit aux partis politiques de siéger par nationalité. Certes, on l’a vu, ce Parlement n’est pas le seul acteur du pouvoir de décision, mais il en est un acteur clé.


« Une affaire de ressenti… »
Prenons la pratique et le ressenti des citoyens : ils votent peu aux élections européennes, ce qui laisse entendre qu’ils n’ont pas conscience du pouvoir de ce Parlement, ils sont souvent critiques à l’égard de l’Union européenne, comme en témoignent les référendums négatifs, la crise les a rendu encore plus méfiants vis-à-vis de l’Union européenne. Pourtant le Pouvoir européen existe, le Peuple européen en puissance le sait sans se l’approprier. A qui revient la responsabilité d’un hiatus persistant entre pouvoir supranational et référence nationale ?*

 

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Comment faire se rencontrer le nouveau lieu de pouvoir à l’échelle européenne et l’ensemble des peuples européens ? On ne saurait donner de recette miracle mais observons combien nos élus européens sont peu présents sur la scène médiatique qui est le relai incontestable de l’information. Si les élus européens s’engageaient à des comptes rendus publics plus réguliers, la connaissance européenne progresserait et sa transparence ne pourrait être mise en doute. Les ministres nationaux sont aussi, ne l’oublions pas, des acteurs du jeu de prise de décision européenne. S’ils faisaient un point régulier en Conseil des ministres avec communiqué de presse à large diffusion, la conscience se ferait progressivement qu’un ministre est un ministre de l’Etat mais aussi un ministre-membre du Conseil. Enfin la Commission, souvent objet de critiques – excessives ou fondées, selon les situations- a un défi à relever, consistant à mettre en évidence son pouvoir d’initiative, à proposer des mesures allant dans le sens de l’intérêt général européen, en mettant les Etats face à leurs responsabilités. Clarifier les missions de chacun, faire état des décisions et de leurs processus régulièrement, sont deux conditions nécessaires même si non exhaustives, de l’identification, la lisibilité et la légitimité d’un pouvoir réel mais mal perçu.

 

Où se trouve le pouvoir dans l’Union européenne à 27 membres ?
Source, journal ou site Internet : diploweb
Date : 27 février 2011
Auteur : Florence Chaltiel (*)

15:47 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, pouvoir | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/03/2011

Libye - Démocratie tribale? Dictature ?

Personne ne regrettera le satrape libyen responsable de multiples attentats, de nombreux crimes et de la déstabilisation de régions frontières de l’Afrique. Ceci étant, laissons l’émotionnel aux amateurs du superficiel et les pamoisons aux journalistes, pour ne nous intéresser qu’au réel.

 

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La fin de Kadhafi qui risque d’avoir des conséquences dont nous sommes loin de mesurer l’ampleur est en effet moins une aspiration démocratique populaire que la manifestation de l’éclatement de l’alchimie tribale sur laquelle reposait son pouvoir. A la différence de la Tunisie ou de l’Egypte, la Libye dont plus de 90% du territoire est désertique, n’est en effet pas un Etat, mais un conglomérat de plus de 150 tribus divisées en sous tribus et en clans.

 

Ces ensembles ont des alliances traditionnelles et mouvantes au sein des trois régions composant le pays, à savoir la Tripolitaine avec la ville de Tripoli qui regarde vers Tunis, la Cyrénaïque dont la capitale est Benghazi et qui est tournée vers Le Caire et le Fezzan dont la principale ville est Sebba et qui plonge vers le bassin du Tchad et la boucle du Niger. De l’indépendance de la Libye en 1951 jusqu’au coup d’Etat qui porta le colonel Kadhafi au pouvoir en 1969, la Libye fut une monarchie dirigée par les tribus de Cyrénaïque. Membre d’une petite tribu chamelière bédouine, le colonel Kadhafi fut porté au pouvoir par une junte militaire multi tribale mais dans laquelle dominaient les deux principales tribus de Libye, celle des Warfallah de Cyrénaïque et celle des Meghara de Tripolitaine. La plupart des tribus de Cyrénaïque demeurant attachées à la monarchie, le colonel Kadhafi réussit un grand coup politique en épousant une fille du clan des Firkeche membre de la tribu royale des Barasa, ce qui lui assura le ralliement de la Cyrénaïque rebelle. Or, aujourd’hui, c’est tout son système d’alliance avec la Cyrénaïque qui a volé en éclats. La date clé du délitement tribal du système Kadhafi est 1993 quand un coup d’Etat des Warfallah fut noyé dans le sang. Les haines furent ensuite tues tant la terreur imposée par le régime fut forte, mais les tribus de Cyrénaïque n’attendaient qu’une occasion pour se révolter et elle se présenta durant le mois de février 2011. Elles s’emparèrent alors de la région et arborèrent le drapeau de l’ancienne monarchie. Kadhafi avait certes perdu la Cyrénaïque, comme les Turcs et les Italiens avant lui, mais il lui restait la Tripolitaine et le Fezzan. Dans ces deux régions, le régime avait également constitué de subtiles alliances tribales. Au moment où ces lignes sont écrites, à savoir le 27 février 2011, certaines tribus ont ainsi quitté le camp Kadhafi, mais les grandes solidarités demeurent, même si elles sont chancelantes. A court terme, le principal danger qui menace le colonel Kadhafi n’est pas la Cyrénaïque séparée par plus de 1000 km de désert de la ville de Tripoli ; ce n’est pas non plus la surréaliste armée libyenne et encore moins les volontaires que l’on voit parader dans les rues de Benghazi ou de Tobrouk.

 

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Tout est en effet suspendu au choix que vont faire les chefs de la tribu guerrière des Megahra qui domine en Tripolitaine. Longtemps alliée à celle de Kadhafi, les Khadîdja, elle donna un temps le numéro 2 du régime en la personne du commandant Abdeslam Jalloud avant sa disgrâce de 1993 quand il fut suspecté d’avoir noué des liens avec les putschistes warfallah. Si les Megahra demeurent loyaux ou même neutres, Kadhafi se maintiendra un temps encore au pouvoir sur une partie du pays. Dans le cas contraire, il se trouvera alors véritablement en difficulté et contraint de se replier sur sa seule tribu laquelle n’est forte que
de 150 000 membres. Si les Meghara abandonnaient Kadhafi, cela voudrait dire qu’ils ont l’intention de s’emparer du pouvoir et la Libye serait coupée en deux, la Tripolitaine et la Cyrénaïque se trouvant dominées par les alliances tribales constituées autour des Warfallah et des Meghara. La question qui se poserait alors serait celle de la survie de l’Etat libyen. Ces deux ensembles se combattrontils ou bien se partageront-ils le pouvoir dans un cadre fédéral ou confédéral ? Nous l’ignorons, mais le danger est de voir apparaître une situation de guerres tribales et claniques comme en Somalie. Elles pourraient être suivies d’un éclatement en plusieurs régions, ce qui ouvrirait un espace inespéré pour Aqmi qui prospérerait au milieu du chaos avec en plus, dans le sud du pays, une dissidence toubou qui aurait des répercussions au Tchad, et des initiatives touareg auxquelles pourraient s’adosser l’irrédentisme touareg du Mali et du Niger ; sans parler, naturellement des conséquences pétrolières qu’aurait un tel conflit.

 

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Source IHEDN Alain G

 

La crise libyenne, aspiration démocratique ou éclatement des alliances tribales ?
Source, journal ou site Internet : bernard lugan.com
Date : 27 février 2011
Auteur : Bernard Lugan

21:39 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libye, dictature, démocratie, kadhafi, tripolitaine, cyrénaique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/02/2011

Libye: Résolution ONU

(Texte du projet de résolution S/2011/95)

violence et usage de la force contre les civils

 

Le Conseil de sécurité,
Se déclarant gravement préoccupé par la situation en Jamahiriya arabe libyenne, et condamnant la violence
et l’usage de la force contre des civils, Regrettant vivement les violations flagrantes et systématiques des
droits de l’homme, notamment la répression exercée contre des manifestants pacifiques, exprimant la
profonde préoccupation que lui inspire la mort de civils et dénonçant sans équivoque l’incitation à l’hostilité
et à la violence émanant des plus hauts rangs du Gouvernement libyen et dirigée contre la population civile,
Accueillant avec satisfaction la condamnation, par la Ligue arabe, l’Union africaine et le Secrétaire général
de l’Organisation de la Conférence islamique, des violations graves des droits de l’homme et du droit
international humanitaire qui sont commises en Jamahiriya arabe libyenne, Prenant note de la lettre datée du
26 février 2011 adressée à son Président par le Représentant Permanent de la Jamahiriya arabe libyenne
auprès de l’Organisation des Nations Unies, Accueillant avec satisfaction la résolution A/HRC/S-15/2 du
Conseil des droits de l’homme en date du 25 février 2011, notamment la décision de charger d’urgence une
commission internationale indépendante d’enquêter sur toutes les violations présumées du droit international
des droits de l’homme commises en Jamahiriya arabe libyenne d’établir les faits et les circonstances de ces
violations ainsi que des crimes perpétrés et, dans la mesure du possible, d’en identifier les responsables,
Considérant que les attaques systématiques et généralisées qui se commettent en Jamahiriya arabe libyenne
contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l’humanité, Se déclarant préoccupé par le
sort tragique des réfugiés forcés de fuir la violence en Jamahiriya arabe libyenne, Se déclarant préoccupé
également par les informations faisant état de pénuries de fournitures médicales pour soigner les blessés,
Rappelant qu’il incombe aux autorités libyennes de protéger le peuple libyen,
Soulignant la nécessité de respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression, y compris la
liberté de la presse, Soulignant également que les auteurs des attaques perpétrées contre des civils, y compris
les attaques menées par des forces placées sous leur contrôle, doivent être amenés à répondre de leurs actes,
Rappelant l’article 16 du Statut de Rome, selon lequel aucune enquête ni aucune poursuite ne peuvent être
engagées ni menées par la Cour pénale internationale pendant les 12 mois qui suivent la date à laquelle il a
lui-même fait une demande en ce sens,
Se déclarant inquiet pour la sécurité des étrangers et leurs droits en Jamahiriya arabe libyenne,
Réaffirmant sa ferme adhésion à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité
nationale de la Jamahiriya arabe libyenne, Conscient de la responsabilité principale du maintien de la paix et
de la sécurité internationales qui lui est assignée par la Charte des Nations Unies,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies et prenant des mesures au titre de son
article 41,


1. Exige qu’il soit immédiatement mis fin à la violence et demande que des mesures soient prises pour
satisfaire les revendications légitimes de la population;
2. Exhorte les autorités libyennes:
a) À faire preuve de la plus grande retenue, à respecter les droits de l’homme et le droit international
humanitaire, et à donner aux observateurs internationaux des droits de l’homme un accès immédiat au pays;
b) À garantir la sécurité de tous les étrangers et de leurs biens et à faciliter le départ de ceux qui souhaitent
quitter le pays;
c) À veiller à ce que les fournitures médicales et humanitaires et les organismes et travailleurs humanitaires
puissent entrer dans le pays en toute sécurité; et
d) À lever immédiatement les restrictions imposées aux médias de tous types;
3. Prie tous les États Membres, dans la mesure du possible, de coopérer à l’évacuation des étrangers qui
souhaitent quitter le pays;
Saisine de la Cour pénale internationale
4. Décide de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale de la situation dont la Jamahiriya arabe
libyenne est le théâtre depuis le 15 février 2011;
5. Décide que les autorités libyennes doivent coopérer pleinement avec la Cour et le Procureur et leur
apporter toute l’assistance voulue, en application de la présente résolution et, tout en reconnaissant que le
Statut de Rome n’impose aucune obligation aux États qui n’y sont pas parties, demande instamment à tous
les États et à toutes les organisations régionales et internationales concernées de coopérer pleinement avec la
Cour et le Procureur;
6. Décide que les ressortissants, responsables ou personnels en activité ou anciens responsables ou
personnels, d’un État autre que la Jamahiriya arabe libyenne qui n’est pas partie au Statut de Rome de la
Cour pénale internationale sont soumis à la compétence exclusive dudit État pour toute allégation d’actes ou
d’omissions découlant des opérations en Libye établies ou autorisées par le Conseil ou s’y rattachant, à
moins d’une dérogation formelle de l’État
7. Invite le Procureur à l’informer, dans les deux mois suivant la date de l’adoption de la présente
résolution, puis tous les six mois, de la suite donnée à celle-ci;
8. Convient qu’aucun des coûts afférents à la saisine de la Cour, y compris ceux occasionnés par les
enquêtes et poursuites menées comme suite à cette saisine, ne sera pris en charge par l’Organisation des
Nations Unies et que ces coûts seront supportés par les Parties au Statut de Rome et les États qui voudraient
contribuer à leur financement à titre facultatif;
Embargo sur les armes
9. Décide que tous les États Membres doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires pour
empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la Jamahiriya arabe libyenne, à partir de
leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant
leur pavillon, d’armements et de matériel connexe de tous types – armes et munitions, véhicules et matériels
militaires, équipements paramilitaires et pièces détachées correspondantes –, ainsi que toute assistance
technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la
fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériel connexe, y compris la mise à disposition
de mercenaires armés venant ou non de leur territoire, et décide également que cette mesure ne s’appliquera
pas:
a) Aux fournitures de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou de
protection et à l’assistance technique ou la formation connexes qui auront été approuvées à l’avance par le
Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après;
b) Aux vêtements de protection, dont les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement
exportés en Jamahiriya arabe libyenne, pour leur usage personnel uniquement, par des personnels des
Nations Unies, des représentants des médias et des agents humanitaires et du développement ou des
personnels connexes;
c) Aux autres ventes ou fournitures d’armements et de matériel connexe, ou à la fourniture d’une assistance
ou de personnel, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité;
10. Décide que la Jamahiriya arabe libyenne doit cesser d’exporter tous armements et matériel connexe et
que tous les États Membres devront interdire l’acquisition de ces articles auprès de la Jamahiriya arabe
libyenne par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, que ces articles
aient ou non leur origine dans le territoire libyen;
11. Demande à tous les États, en particulier aux États voisins de la Jamahiriya arabe libyenne, en accord
avec leurs autorités nationales et conformément à leur législation nationale, dans le respect du droit
international, en particulier le droit de la mer et les accords pertinents sur l’aviation civile internationale, de
faire inspecter sur leur territoire, y compris dans leurs ports maritimes et aéroports, tous les chargements à
destination et en provenance de la Jamahiriya arabe libyenne, si l’État concerné dispose d’informations
donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la
vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution afin de
garantir une stricte application de ces dispositions;
12. Décide d’autoriser tous les États Membres qui découvrent des articles dont la fourniture, la vente, le
transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution, à les saisir et à
les neutraliser (en les détruisant, en les mettant hors d’usage, en les entreposant ou en les transférant à un
État autre que le pays d’origine ou de destination aux fins d’élimination), et décide également que tous les
États sont tenus de coopérer à cet égard;
13. Demande à tout État Membre effectuant une inspection en application du paragraphe 11 ci-dessus de
présenter au Comité, par écrit et sans délai, un rapport initial exposant en particulier les motifs de
l’inspection et les résultats de celle-ci et faisant savoir s’il y a eu coopération ou non, et, si des articles dont
le transfert est interdit ont été découverts, demande également audit État Membre de présenter par écrit au
Comité, à une étape ultérieure, un rapport écrit donnant des précisions sur l’inspection, la saisie et la
neutralisation, ainsi que des précisions sur le transfert, notamment une description des articles en question,
leur origine et leur destination prévue, si ces informations ne figurent pas dans le rapport initial;
14. Engage les États Membres à prendre des mesures en vue de dissuader fermement leurs nationaux de se
rendre en Jamahiriya arabe libyenne pour participer, pour le compte des autorités libyennes, à des activités
susceptibles de contribuer à la violation des droits de l’homme;
Interdiction de voyager
15. Décide que tous les États Membres doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou
le passage en transit sur leur territoire des individus désignés dans l’annexe I à la présente résolution ou
désignés par le Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après, étant entendu qu’aucune des
dispositions du présent paragraphe n’oblige un État à refuser à ses propres nationaux l’entrée sur son
territoire;
16. Décide que les mesures imposées en vertu du paragraphe 15 ci-dessus ne s’appliquent pas dans les cas
suivants:
a) Lorsque le Comité établit, au cas par cas, que le voyage se justifie par des raisons humanitaires, y
compris un devoir religieux;
b) Lorsque l’entrée ou le passage en transit sont nécessaires aux fins d’une procédure judiciaire;
c) Lorsque le Comité établit, au cas par cas, qu’une dérogation favoriserait la réalisation des objectifs de
paix et de réconciliation nationale en Jamahiriya arabe libyenne et de stabilité dans la région;
d) Lorsqu’un État détermine au cas par cas que l’entrée ou le passage en transit sont indispensables à la
promotion de la paix et de la stabilité en Jamahiriya arabe libyenne et qu’il en avise en conséquence le
Comité dans un délai de quarante-huit heures après avoir établi un tel constat;
Gel des avoirs
17. Décide que tous les États Membres doivent geler immédiatement tous les fonds, autres avoirs financiers
et ressources économiques se trouvant sur leur territoire qui sont en la possession ou sous le contrôle direct
ou indirect des individus ou entités désignés dans l’annexe II à la présente résolution ou désignés par le
Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après, ou de tout individu ou entité agissant pour le compte
ou sur les ordres de ceux-ci, ou de toute entité en leur possession ou sous leur contrôle, et décide en outre
que tous les États Membres doivent veiller à empêcher que leurs nationaux ou aucune personne ou entité se
trouvant sur leur territoire ne mettent à la disposition des individus ou entités désignés dans l’annexe II à la
présente résolution ou aux individus désignés par le Comité aucuns fonds, avoirs financiers ou ressources
économiques;
18. Fait part de son intention de veiller à ce que les avoirs gelés en application du paragraphe 17 soient à un
stade ultérieur mis à disposition pour le peuple libyen et dans son intérêt;
19. Décide que les mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus ne s’appliquent pas aux fonds, autres avoirs
financiers ou ressources économiques dont les États Membres concernés auront déterminé:
a) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses ordinaires, notamment pour payer des vivres, loyers ou
mensualités de prêts hypothécaires, médicaments et soins médicaux, impôts, primes d’assurance, factures de
services collectifs de distribution, ou exclusivement pour le règlement d’honoraires d’un montant
raisonnable et le remboursement de dépenses engagées dans le cadre de services juridiques, conformément à
la législation nationale, ou des frais ou commissions liés, conformément à la législation nationale, au
maintien en dépôt de fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques gelés, après que lesdits États
Membres ont informé le Comité de leur intention d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès
auxdits fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques, et en l’absence de décision contraire du
Comité dans les cinq jours ouvrables suivant cette notification;
b) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, à condition que l’État ou les États
Membres concernés en aient avisé le Comité et que celui-ci ait donné son accord;
c) Qu’ils font l’objet d’un privilège ou d’une décision judiciaire, administrative ou arbitrale, auquel cas les
fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques peuvent être utilisés à cette fin, à condition que le
privilège ou la décision soient antérieurs à la date de la présente résolution, que le créancier privilégié ou le
bénéficiaire de la décision judiciaire, administrative ou arbitrale ne soit pas un individu ou une entité désigné
par le Comité conformément au paragraphe 17 ci-dessus et que le privilège ou la décision judiciaire,
administrative ou arbitrale aient été portés à la connaissance du Comité par l’État ou les États Membres
concernés;
20. Décide que les États Membres pourront autoriser le versement aux comptes gelés en vertu des
dispositions du paragraphe 17 ci-dessus des intérêts et autres rémunérations acquis par ces comptes ou des
paiements effectués au titre de marchés, d’accords ou d’obligations souscrits avant la date à laquelle ces
comptes ont été assujettis aux dispositions de la présente résolution, étant entendu que ces intérêts,
rémunérations et paiements resteront assujettis auxdites dispositions et resteront gelés;
21. Décide que les mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus n’interdisent pas à toute personne ou entité
désignée d’effectuer des paiements au titre d’un contrat passé avant l’inscription de cette personne ou entité
sur la liste, dès lors que les États concernés se sont assurés que le paiement n’est pas reçu directement ou
indirectement par une personne ou entité visée au paragraphe 17 ci-dessus, et que ces États ont signifié au
Comité leur intention d’effectuer ou de recevoir de tels paiements ou d’autoriser, selon qu’il conviendrait, le
déblocage à cette fin de fonds, avoirs financiers et ressources économiques, dix jours ouvrables avant cette
autorisation;
Critères de désignation
22. Décide que les mesures prévues aux paragraphes 15 et 17 s’appliquent aux individus et entités désignés
par le Comité, conformément aux alinéas b) et c) du paragraphe 24, respectivement:
a) Qui ordonnent, contrôlent ou dirigent de toute autre manière la commission de violations graves des
droits de l’homme contre des personnes se trouvant en Jamahiriya arabe libyenne ou sont complices en la
matière, y compris en préparant, commandant, ordonnant ou conduisant des attaques, en violation du droit
international, notamment des bombardements aériens, contre des populations ou des installations civiles, ou
en étant complices en la matière;
b) Qui agissent pour des individus ou entités identifiés à l’alinéa a) ou en leur nom ou sur leurs
instructions;
23. Encourage vivement les États Membres à communiquer au Comité les noms des individus qui
répondent aux critères énoncés au paragraphe 22 ci-dessus;
Nouveau comité des sanctions
24. Décide de créer, conformément à l’article 28 de son règlement intérieur provisoire, un comité du
Conseil de sécurité composé de tous ses membres (ci-après « le Comité »), qui s’acquittera des tâches ciaprès:
a) Suivre l’application des mesures prévues aux paragraphes 9, 10, 15 et 17 ci-dessus;
b) Désigner les personnes passibles des mesures prévues au paragraphe 15 et examiner les demandes de
dérogation prévues au paragraphe 16 ci-dessus;
c) Désigner les personnes passibles des mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus et examiner les
demandes de dérogation prévues aux paragraphes 19 et 20 ci-dessus;
d) Arrêter les directives qui pourraient être nécessaires pour faciliter la mise en oeuvre des mesures
imposées ci-dessus;
e) Lui adresser dans un délai de trente jours un premier rapport sur ses travaux et faire ensuite rapport au
Comité lorsque celui l’estimera nécessaire;
f) Entretenir un dialogue avec les États Membres intéressés, en particulier ceux de la région, notamment en
invitant leurs représentants à le rencontrer afin d’examiner la question de l’application des mesures;
g) Solliciter de tous les États toutes informations qu’il jugerait utiles concernant les actions que ceux-ci ont
engagées pour appliquer les mesures de façon effective;
h) Examiner les informations faisant état de violations ou du non-respect des mesures imposées par la
présente résolution et y donner la suite qui convient;
25. Demande à tous les États Membres de faire rapport au Comité dans les cent vingt jours suivant
l’adoption de la présente résolution sur les mesures qu’ils auront prises pour donner effet aux paragraphes 9,
10, 15 et 17 ci-dessus;
Assistance humanitaire
26. Demande à tous les États Membres, agissant de concert et en coopération avec le Secrétaire général, de
faciliter et d’appuyer le retour des organismes humanitaires et de rendre accessible en Jamahiriya arabe
libyenne une aide humanitaire et une aide connexe, prie les États concernés de le tenir régulièrement informé
des progrès accomplis quant aux mesures prises en application du présent paragraphe et se déclare prêt à
envisager de prendre d’autres mesures pertinentes, si nécessaire, pour y parvenir;
Volonté d’examiner la situation
27. Affirme qu’il suivra en permanence la conduite des autorités libyennes et se tiendra prêt à examiner
l’opportunité des mesures énoncées dans la présente résolution, y compris de leur renforcement, de leur
modification, de leur suspension ou de leur levée, selon ce que dicterait la manière dont les autorités
libyennes se conforment aux dispositions pertinentes de la présente résolution;
28. Décide de rester activement saisi de la question.


Annexe I


Interdiction de voyager
1. AL-BAGHDADI, Abdulqader Mohammed
Numéro de passeport: B010574. Date de naissance: 1er juillet 1950.ıChef du Bureau de liaison des comités
révolutionnaires. Les Comités révolutionnaires sont impliqués dans la violence contre les manifestants.
2. DIBRI, Abdulqader Yusef
Date de naissance: 1946. Lieu de naissance: Houn (Libye).ıChef de la sécurité personnelle de Muammar
QADHAFI. Responsable de la sécurité du régime. A, par le passé, orchestré la violence contre les dissidents.
3. DORDA, Abu Zayd Umar
Directeur de l’Organisation de la sécurité extérieure. Fidèle du régime. Chef de l’organisme de
renseignement extérieur.
4. JABIR, général de division Abu Bakr Yunis
Date de naissance: 1952. Lieu de naissance: Jalo (Libye).ıMinistre de la défense. Responsable de
l’ensemble des actions des forces armées.
5. MATUQ, Matuq Mohammed
Date de naissance: 1956. Lieu de naissance: Khoms.ıSecrétaire chargé des services publics. Membre
influent du régime. Impliqué dans les Comités révolutionnaires. A, par le passé, été chargé de mettre fin à la
dissidence et à la violence.
6. QADHAF AL-DAM, Sayyid Mohammed
Date de naissance: 1948. Lieu de naissance: Syrte (Libye).ıCousin de Muammar QADHAFI. Dans les
années 80, Sayyid a été impliqué dans une campagne d’assassinats de dissidents et aurait été responsable de
plusieurs morts en Europe. On pense qu’il aurait été impliqué aussi dans l’achat d’armements.
7. QADHAFI, Aisha Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFille de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
8. QADHAFI, Hannibal Muammar
Numéro de passeport:B/002210. Date de naissance: 20 septembre 1975. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
9. QADHAFI, Khamis Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.
10. QADHAFI, Mohammed Muammar
Date de naissance: 1970. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
11. QADHAFI, Muammar Mohammed Abu Minyar
Date de naissance: 1942. Lieu de naissance: Syrte (Libye).ıGuide de la Révolution, Commandant suprême
des forces armées. Responsable d’avoir ordonné la répression des manifestations, violations des droits de
l’homme.
12. QADHAFI, Mutassim
Date de naissance: 1976. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıConseiller pour la sécurité nationale. Fils de
Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
13. QADHAFI, Saadi
Numéro de passeport: 014797. Date de naissance: 25 mai 1973. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıCommandant des Forces spéciales. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le
régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.
14. QADHAFI, Saif al-Arab
Date de naissance: 1982. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
15. QADHAFI, Saif al-Islam
Numéro de passeport: B014995. Date de naissance: 25 juin 1972. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıDirecteur de la Fondation Qadhafi. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le
régime. Déclarations publiques incendiaires incitant à la violence envers les manifestants.
16. AL-SENUSSI, Colonel Abdullah
Date de naissance: 1949. Lieu de naissance: Soudan.ıDirecteur du renseignement militaire. Participation du
renseignement militaire à la répression des manifestations. Soupçonné d’avoir, dans le passé, participé au
massacre de la prison d’Abou Salim. Condamné par contumace pour le bombardement du vol UTA. Beaufrère
de Muammar QADHAFI.


Annexe II


Gel des avoirs
1. QADHAFI, Aisha Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFille de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
2. QADHAFI, Hannibal Muammar
Numéro de passeport: B/002210. Date de naissance: 20 septembre 1975. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
3. QADHAFI, Khamis Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.
4. QADHAFI, Muammar Mohammed Abu Minyar
Date de naissance: 1942. Lieu de naissance: Syrte (Libye).ıGuide de la Révolution, Commandant suprême
des forces armées. Responsable d’avoir ordonné la répression des manifestations, violations des droits de
l’homme.
5. QADHAFI, Mutassim
Date de naissance: 1976. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıConseiller pour la sécurité nationale. Fils de
Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
6. QADHAFI, Saif al-Islam
Numéro de passeport: B014995. Date de naissance: 25 juin 1972. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıDirecteur de la Fondation Qadhafi. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le
régime. Déclarations publiques incendiaires incitant à la violence envers les manifestants.

Par AL de Bx Dimanche 27 février 2011

19:28 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : onu, libye, résolution | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Bravo! Quelle diplomatie européenne ?

Dans les situations importantes, toutes les grandes puissances ont une doctrine diplomatique claire, qu'elles appliquent selon leurs intérêts. Face aux révolutions arabes, il serait temps que l'Europe en trouve une, estime l'éditorialiste José Ignacio Torreblanca.

 

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Alors que les peuples des rives sud de la Méditerranée luttent pour leur dignité, nous jetons la nôtre par les fenêtres. En politique étrangère, une doctrine manifeste la volonté d’appliquer un même principe d’action à une série d’événements représentant des défis semblables. En 1947, la doctrine du président américain Harry Truman annonçait que son gouvernement soutiendrait

 

“les peuples libres qui résistent à des tentatives d’asservissement, qu’elles soient le fait de minorités armées ou de pressions extérieures”.

 

En 1968, la doctrine Brejnev autorisa l’Union soviétique à intervenir militairement pour restaurer l’ordre socialiste dans les pays d’Europe centrale et orientale. Enfin, le certificat de décès de la guerre froide fut émis en 1989, quand le porte-parole de Gorbatchev, interrogé sur la permanence de la doctrine Brejnev à l’égard des réformes démocratiques en Hongrie et en Pologne, surprit ses interlocuteurs en répondant que c’était désormais la “doctrine Sinatra” qui avait cours, en référence à la chanson “My Way” ["Je l'ai fait à ma manière] – ce qui eut l’effet domino démocratique qu’on sait dans la région.

 

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Condamner sans sanctionner, participer sans payer
Aujourd’hui, au lieu de se chercher une doctrine pour réagir aux révolutions arabes, l’Union européenne marche sur des oeufs. Sa doctrine n’a ni nom ni contenu. Si elle n’a pas de nom, c’est que l’autorité brille par son absence à tous les niveaux : dans les capitales, où les dirigeants s’observent du coin de l’oeil pour ne pas être le premier à faire l’erreur de miser sur le changement, comme à Bruxelles, où Catherine Ashton n’est pas moins frileuse. Pour la haute représentante pour les Affaires étrangères, cette crise aurait pourtant pu être l’occasion d’inventer sa fonction. Mais la baronne a accepté dans la plus parfaite soumission de n’être que la porte-parole de ce que les Vingt-Sept décident à l’unanimité – quand ils y parviennent. Il n’y aura donc pas de doctrine Ashton. De toute façon, cette doctrine n’aurait pas davantage de contenu, car nos dirigeants veulent le beurre et l’argent du beurre : protester sans déranger, influencer sans s’ingérer, condamner sans sanctionner, aider sans prendre de risque, participer sans payer. Et par-dessus le marché, dans le droit fil de cette hypocrisie qui gouverne à leurs actions jusqu’ici, ils ne prennent pas même la peine de dissimuler que ce qui les inquiète vraiment, ce sont les réfugiés et le cours des hydrocarbures. A l’image du miraculeux coca-cola sans sucre ni caféine, l’Europe vient de lancer la doctrine zéro : le changement, sans rien en échange.

 

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"Il ne faut pas laisser les Etats proscrits perdurer impunément"
Qui plancherait sur une doctrine pourrait s’inspirer des principes exposés par Saïf el-Islam, sinistre rejeton de Kadhafi, dans sa thèse de doctorat présentée en 2007 à la London School of Economics sous un titre stupéfiant : "Le rôle de la société civile dans la démocratisation des institutions de gouvernance mondiale".


Dans son travail, Saïf reprend la distinction faite par le théoricien de la justice John Rawls entre d’un côté, des sociétés "bien ordonnées" qui, même si elles ne sont pas intégralement démocratiques, sont pacifiques et ont des dirigeants qui jouissent d’une certaine légitimité auprès de leurs citoyens et respectent les droits de l’homme, et de l’autre, les régimes "proscrits" ou sociétés "injustes" qui violent systématiquement les droits de l’homme, doivent de ce fait faire l’objet de pressions et de sanctions, à qui il faut refuser toute aide, notamment militaire, et avec qui il faut geler toute relation économique. A la page 236 de sa thèse, Saïf el-Islam conclut (pensant à l’islamisme radical) : "Cette thèse est en accord avec l’idée de Rawls selon laquelle il ne faut pas laisser les Etats proscrits perdurer impunément." Et, page 237, il ajoute que "l’isolement et, à terme, la transformation des Etats proscrits est primordial pour la stabilité mondiale". Appliquons donc les principes de Rawls (déjà repris par les Nations unies dans le concept de "responsabilité de protéger") et distinguons clairement ceux qui, ces jours-ci, recourent à la violence contre le peuple et ceux qui dialoguent avec l’opposition. Les Vingt-Sept ne l’ont visiblement pas compris, mais les événements en Libye sont un pas de plus franchi dans la violence, auquel le Conseil de sécurité de l’ONU doit répondre par un régime de sanctions drastiques, une zone d’exclusion aérienne, l’ouverture immédiate d’une procédure devant la Cour pénale internationale et le gel de tous les actifs de la famille Kadhafi à l’étranger. La Libye est un Etat proscrit : traitons-la comme telle.

 

Diplomatie : l’Europe invente la doctrine zéro
Source, journal ou site Internet : El Païs (Presseurop)
Date : 25 février 2011
Auteur : José Ignacio Torreblanca

12:00 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diplomatie, europe, arabe, libye | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/02/2011

Europe: Ou en sommes nous avec "Le triangle de Weimar"

Réunis à Varsovie le 7 février, les dirigeants polonais, allemands et français ont convenus de renforcer leur coopération trilatérale. Il était temps, écrit Gazeta Wyborcza, pour contrer les craintes d'une UE à deux vitesses. Les vingt années de l'existence du triangle de Weimar sont avant tout une histoire de déceptions.

 

http://www.france-allemagne.fr/local/cache-vignettes/L450xH277/HP014276-53135.jpg


Jusqu'ici, Varsovie, Paris et Berlin n'ont pas réussi à forger une alliance durable, susceptible de devenir le moteur d'une Europe élargie. Il n'est toutefois pas exclu qu'elles y parviennent à l'avenir. Les échecs essuyés par le passé tiennent d'une part aux ambitions politiques excessives de la Pologne, et d'autre part à la vision à court terme et au manque d'intérêt de la part des dirigeants allemands et français, qui nous ont longtemps considérés comme des parents pauvres. Berlin et Paris gardent bien en mémoire qu'en 2003, ils ont essayé en vain de convaincre Varsovie de refuser de soutenir l'invasion américaine en Irak. Le triangle n'a pas non plus fonctionné quand l'Europe occidentale et la Russie se sont entendues sur la construction du gazoduc Nord Stream contournant la Pologne [en 2005]. Il n'a pas eu non plus d'effet fédérateur pendant le conflit entre la Géorgie et la Russie [en 2008], lorsque les présidents polonais et français ont chacun essayé d'arriver à Tbilissi avant l'autre.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2b/Weimar_Triangle.png/250px-Weimar_Triangle.png


Des discussions désormais régulières
Le Triangle était uniquement un cadre informel de rencontres et de prises de paroles, dont la mise en oeuvre dépendait de la bonne volonté des politiques. Cette dernière a manqué de manière évidente en 2006, quand Lech Kaczynski, offusqué d'avoir fait l'objet d'une caricature publiée par un journal allemand, a tout simplement annulé le sommet de Weimar.

 

En réunissant à Varsovie Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, le président polonais Bronisław Komorowski a montré que la plate-forme de discussion polono-germanofrançaise doit gagner en importance, surtout dans le contexte actuel difficile pour l'UE, où l'Europe craint une division entre les pays de la zone euro et les autres. Selon les souhaits des trois dirigeants, les rencontres dans le cadre du Triangle devraient désormais être régulières. Il est également prévu d'organiser une réunion conjointe avec le président russe Dmitri Medvedev. Ce qui laisse présager que la réanimation du triangle peut être couronnée de succès. Cette coopération dans ce cadre ne devrait surtout pas être réduite à un rendez-vous annuel dans un joli palais, restreint au cercle des plus importants hommes politiques polonais, allemands et français. L'action du triangle devrait s'étendre à l'ensemble de la classe politique des trois pays, et à la coopération entre les scientifiques, les élus locaux, ainsi qu'à des échanges de jeunes.

 

http://www.lagazettedeberlin.de/typo3temp/pics/bebaee9fff.jpg


Une coopération qui résiste aux changements politiques
Osons imaginer la situation où, pendant que les hommes politiques des trois pays négocient les termes d'une stratégie commune pour la politique énergétique de l'UE, les directeurs des instituts de recherche et les maires signent des accords de coopération trilatérale. Ou un autre scénario: l'UE adopte des sanctions contre le régime d'Alexandre Loukachenko, tandis que les universités polonaises, allemandes et françaises ouvrent leurs portes aux étudiants biélorusses. Comme le montre si bien l'exemple de la coopération francoallemande de ces 50 dernières années, une fois mise en place et ancrée, une coopération perdure et résiste aux changements politiques. Dans cette hypothèse, une réanimation du triangle ne serait plus que jamais nécessaire.


Vu d'Allemagne
Ne pas tomber dans la facilité


Le bilan du triangle de Weimar depuis sa création en 1991 est proche de zéro, estiment les politologues Daniela Schwarzer et Kai Olaf-Lang dans Die Zeit. La France a fait preuve d'anémie, d'incompréhension et parfois d'arrogance, tandis que l'Allemagne se concentrait sur le partenariat franco-allemand et que la Pologne était prise dans "l'effet Kaczynski“. Mais "pour l'Allemagne, confrontée a des attentes accrues de la part de ses vingt-six partenaires européens“, le triangle offre "un complément propice au partenariat intense avec la France“, estime les chercheurs. Mais si "Paris, Berlin et Varsovie continuent à sauter de sommet en sommet sans traverser les vallées ensemble“, le triangle restera sans importance politique. "Cela ne serait pas grave. Mais dans ce cas, il faudrait dire adieu à cette nouvelle d'un trio à l'importance européenne.“

 

Le triangle de Weimar sort de l’oubli
Source, journal ou site Internet : Gazeta Wyborcza
Date : 8 février 2011
Auteur : Bartosz T. Wielinski

23:39 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, europe centrale, pologne, allemagne, france, triangle de weimar, russie, coopération | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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