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22/04/2011

Une Egypte avec des libéraux! Est-ce possible?

Égypte La communauté copte est divisée sur la stratégie à adopter dans l'Égypte post-Moubarak : obtenir des gains immédiats ou participer au combat national ? Jouer la carte politique communautaire ou jouer, là aussi, la carte politique libérale et nationale ?

 

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L'église copte Saint-Marc à Alexandrie ne désemplit pas durant le carême. Les messes se succèdent tous les jours de la semaine et durent tout l'après-midi. Une atmosphère pieuse envahit ce lieu de culte, accompagnée d'une suffocante odeur d'encens. À l'intérieur de l'église, les fidèles sont divisés en deux. D'un côté les hommes, de l'autre les femmes et les enfants. Toutes les femmes couvrent leurs cheveux d'un fin voile quand elles rentrent à l'église. Chose singulière, alors qu'en Égypte, les femmes chrétiennes sont stigmatisées par certains parce qu'elles ne portent pas le voile à l'instar des musulmanes. La messe finie, le prêtre, avec sa longue barbe blanche, se met à la porte de l'église pour saluer les fidèles en leur offrant un bout de pain bénit, alors que ces derniers se pressent autour de lui, pour lui embrasser la main. On parle religion. On discute du carême, du dimanche des rameaux, de Pâques, etc. La situation politique en général et les manifestations qui ont lieu à travers le pays ne semblent pas trop intéresser les coptes réunis devant l'église. Si l'on demande à un prêtre son opinion sur la révolution égyptienne, il sourit gentiment et répond qu'il est ici en visite. Face à la même question, père Morcos, le prêtre à la longue barbe blanche, est soudainement très pressé d'aller à son bureau où une famille l'attend depuis deux heures.

 

A-t-il peur de répondre ? « Je n'ai peur que de Dieu. Et c'est en Lui seul que j'ai confiance », déclare-t-il offusqué. « Les prêtres refusent de parler car ils ne veulent pas causer du tort à la communauté. Ils ne veulent rien dire qui puisse compromettre les coptes. Tout le monde ici a toujours à l'esprit l'église copte qui fut la cible d'une attaque meurtrière le 31 décembre dernier », affirme Rojeh, un jeune copte. Un autre fidèle d'un certain âge ajoute que des salafistes ont menacé de kidnapper toutes les filles qui ne sortent pas voilées après 21h. « Et tout le monde sait que cette menace vise directement les coptes, ajoute-t-il, maintenant, nous avons peur pour nos filles. » Finalement père Kyrillos, un jeune prêtre aux longs cheveux et à la barbe toujours noire, accepte de parler. « Même aujourd'hui, on essaie toujours de créer un sentiment de peur chez les chrétiens, surtout lorsqu'on fait un amalgame entre les différents courants islamistes. Il y a un problème essentiel en Égypte.

 

Tout ce qui touche à la religion suscite immédiatement un tollé général, et un repli identitaire aussi bien chez les chrétiens que chez les musulmans.


La société égyptienne est intrinsèquement religieuse », affirme-t-il, ajoutant qu'« après la menace des Frères musulmans, voici celle des salafistes. On véhicule des rumeurs selon lesquelles ces derniers veulent enlever les filles non voilées. Or ces informations se sont avérées fausses. Celui a qui l'on attribuait ses menaces a démenti avoir tenu de tels propos, et le site des salafistes Iamsalafi.com a également nié ces rumeurs ».


Discriminations sous Moubarak
Dans cette Égypte postrévolution, les coptes doivent trouver leur place. Sous Hosni Moubarak, la position officielle de l'Église copte était la loyauté envers le régime en place. Cette politique était fondée, selon le père Kyrillos, sur des informations erronées et biaisées, transmises notamment aux autorités coptes pour les induire en erreur. Afin d'assurer sa pérennité face à la communauté internationale, d'une part, et aux chrétiens égyptiens, d'autre part, le régime de Moubarak a surfé sur la menace islamiste et la peur des Frères musulmans pour semer la zizanie entre les Égyptiens eux-mêmes. Il a ainsi obtenu le soutien de l'Église copte qui a cru la version officielle. « Cet appui était la conséquence du choix qu'on nous vendait à cette époque : le régime corrompu de Moubarak ou un régime islamiste avec les Frères musulmans au pouvoir.


Entre deux maux, il fallait choisir celui qu'on connaissait déjà. Le moins pire », affirme le religieux.


Un ambassadeur de confession copte, ayant requis l'anonymat, affirme pour sa part que l'ancien régime traitait du dossier copte d'un point de vue purement sécuritaire, au lieu de le traiter d'un point de vue social. Il récuse néanmoins l'idée selon laquelle la communauté copte serait persécutée et parle d'exagérations. Plutôt que de persécutions, la communauté a été victime de discriminations, dit-il. En effet, durant les 30 dernières années, la communauté copte en Égypte a souffert de nombreuses discriminations. Atef Barnaba, un pasteur évangélique, estime que les coptes ne jouaient aucun rôle politique du temps de Moubarak.

 

« La relation entre l'État et les chrétiens étaient strictement réduites aux affaires religieuses. Le dossier copte était entre les mains des officiers de la Sécurité de l'État (Amn el-Dawla), qui avaient le dernier mot sur les problèmes concernant la communauté ».


Ainsi, ils refusaient souvent aux coptes les autorisations de rénovation d'églises au motif que la société islamique ne le permet pas. « Par ailleurs, les fidèles musulmans estiment qu'ils ne doivent pas être gouvernés par un non-musulman. Ici, on l'appelle "wilayat al-copti", c'est-à-dire, qu'un Égyptien musulman ne doit pas recevoir des ordres d'un copte.

 

Cette considération religieuse influence directement les nominations de coptes dans la fonction publique. Ces derniers n'atteindront que rarement un poste supérieur au "middle management". Ce phénomène est très clair dans l'armée et chez les magistrats où l'on a dû nous battre durant des années avant d'avoir la nomination d'un juge copte », explique Atef Barnaba.


Une haut responsable copte au sein du ministère égyptien des Affaires étrangères minimise ces discriminations et estime que la diaspora copte les met en valeur pour aider ses coreligionnaires. Et ce responsable de souligner que les discriminations sont légion partout dans le monde, même dans les pays les plus démocratiques. Elles peuvent concerner les femmes, la race, les minorités religieuses, etc.


« Ce qui est important en Égypte, c'est le fait que la discrimination n'est pas institutionnalisée. Elle est le fait d'individus influencés par leur culture et leur propre opinion.

Il faut dire aussi que la situation des coptes au temps de Moubarak était comparable à celle de 90 % des Égyptiens. Hosni Moubarak donnait l'impression d'aider les chrétiens qui ne dénonçaient pas les discriminations à leur encontre de peur de se trouver dans une situation encore pire »

 

, affirme cette responsable sous le couvert de l'anonymat. Concernant la représentation des coptes au sein de l'État, un autre responsable au ministère des Affaires étrangères affirme

 

« qu'il n'y a aucune contrainte ou aucune discrimination légales qui empêchent les membres de cette communauté d'adhérer à la fonction publique. Les discriminations subies par les coptes sont dues essentiellement aux comportements de certains responsables locaux, qui justifient leurs actions par des tensions dans certaines régions du pays ».

 

Le pasteur évangélique ironise toutefois sur ceux qui affirment que la discrimination est le fait d'individus. « C'est le fait de "tous" les individus au pouvoir », affirme-t-il. Le haut responsable copte explique par ailleurs que la peur et les préjugés sont un vrai handicap pour les chrétiens qui veulent incorporer la fonction publique. Selon elle, beaucoup de personnes renoncent à le faire parce qu'elles croient qu'elles n'y arriveront jamais.

 

« Les coptes n'essayaient même pas. Ils acceptaient leur condition. Les coptes et les Égyptiens en général subissaient les injustices, car ils n'avaient pas de culture de lutte pour leurs droits »

 

, estime le responsable.


Avant et après la révolution
Cela jusqu'à ce qu'ils les demandent, leurs droits. Aujourd'hui, non seulement les manifestants demandent leur droit à la liberté, à la justice, mais ils commencent à demander des comptes à ceux qui les ont gouvernés durant toutes ces années. Le dernier grand rassemblement sur la place Tahrir visait, notamment, à dénoncer l'impunité. « Chez les coptes, aussi, l'équation a changé. Ils ont une meilleure vision qui leur permet de participer pleinement à la vie politique. C'est le moment idéal pour être visible. Pour faire entendre sa voix.


Pour dire : je suis présent, je fais partie intégrante de cette société », affirme le responsable ajoutant que « les coptes doivent demander leurs droits comme citoyens à part entière ». « La chute de l'ancien régime a été, pour les chrétiens, une chance de revendiquer leurs droits », renchérit le pasteur Barnaba.


Les critiques contre les coptes
Pour un diplomate musulman, que certains dirigeants coptes appellent à plus de droits spécifiquement pour leur communauté est déplacé. « Il faut se battre pour son pays, et non pas pour sa communauté », affirme-til.


L'Égypte ne comprend pas seulement plusieurs communautés religieuses (chrétiennes, musulmanes, bahaïe), elle comprend aussi plusieurs groupes ethniques (Bédouins, Nubiens, etc.) Selon lui, les demandes des minorités peuvent entraîner une réaction négative et une susceptibilité de la part de la majorité.


Il faut oeuvrer tout simplement pour l'instauration d'un État de droit, où les lois seraient appliquées équitablement à tous.

 

« En demandant la liberté pour tous, on obtient par ricochet la liberté pour les chrétiens aussi »

 

, ajoute ce diplomate. Le pasteur Atef Barnaba critique lui aussi le comportement officiel de l'Église copte durant la révolution. En effet, le pape copte, Chenouda III, avait qualifié, au tout début de la révolte, les manifestations comme l'oeuvre de voyous. Deux jours avant la chute de Moubarak, l'Église affirmait encore son attachement à l'ancien régime. Cette position a nui à l'Église copte, selon le pasteur Barnaba.


Ensuite, après la chute de Moubarak, l'Église copte a immédiatement demandé des droits communautaires alors que l'ambiance générale tournait autour des valeurs nationales, même chez les Frères musulmans. Cette attitude a été vivement critiquée par les révolutionnaires qui ont dénoncé, selon le pasteur Barnaba, un discours obtus, alors que les mentalités dans le pays étaient en plein changement. Ce changement est tel, affirme le pasteur, qu'on voit aujourd'hui des dirigeants musulmans appelant à plus de droits pour les chrétiens, une première selon lui. Après la révolution, l'Église copte s'est divisée en deux courants, explique pour sa part père Kyrillos. « Un courant qui cherche à obtenir des gains immédiats pour la communauté, en d'autres termes, sa part du gâteau. L'autre courant pense au contraire qu'il faut mener un combat national.


Ainsi, tout ce qui est positif pour l'Égypte, sera positif pour les coptes. En construisant un pays fondé sur la justice, les reformes et la démocratie, l'Église copte sera la première bénéficiaire de ces changements », ajoute-t-il.


La menace salafiste
Les jeunes coptes restent toutefois sceptiques, après l'euphorie de la révolution. Mohammad et Michael vivent au Caire. Ils sont amis depuis des années. Ils discutent ensemble de la prochaine manifestation.


Mohammad taquine Michael : « Si tu ne viens pas demain, je dirai aux révolutionnaires que tu es contre eux. » Comme beaucoup de coptes, Michael est hésitant. « Hier, sur la place Tahrir, j'ai été arrêté par un salafiste qui m'a demandé mes papiers », dit-il. La révolution égyptienne a mis en évidence l'émergence de plusieurs courants islamistes dont les Frères musulmans, les salafistes et les soufis. Ces derniers semblent toutefois soutenir aujourd'hui le courant modéré des musulmans. Par contre, il y a une vraie crainte des salafistes. « Ces derniers ont une forte base dans la population, surtout dans le rif où leurs discours visent les
classes pauvres et non éduquées. Leur pensée est en outre bien loin des débats intellectuels profonds, et consiste essentiellement en des interdits religieux. Leurs actions mettent aussi mal à l'aise les musulmans modérés qui ont peur d'eux », explique Atef Barnaba.

 

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Le nouveau visage des Frères musulmans
Les Frères musulmans ne suscitent pas la même peur, loin de là. Selon Barnaba, « la révolution a montré un autre visage des Frères musulmans. Le régime de Moubarak utilisait la confrérie comme épouvantail. La révolution a montré de nouveaux visages. Des musulmans pour les coptes, des coptes pour les musulmans.


En se côtoyant lors des manifestations, les protestataires ont appris à mieux se connaître, à découvrir que les coptes sont des Égyptiens à part entière. Dans certaines régions du pays, dans le rif, par exemple, on apprenait aux Égyptiens musulmans que les coptes sont des intrus, qu'ils sont venus avec les croisades, qu'ils sont différents, etc. Or, historiquement, la communauté copte est enracinée en Égypte bien avant la conquête arabo-musulmane, et bien avant les croisades ». Père Kyrillos estime lui aussi qu'aujourd'hui, les Frères musulmans sont beaucoup plus modérés qu'auparavant. « Ils ne sont pas des gens candides. Au contraire, ils sont éduqués », dit-il. Mohammad, un jeune Égyptien ayant fait des études de médecine, et qui est proche des Frères musulmans, estime pour sa part que ces derniers ne seront en aucun cas une menace pour les chrétiens. Au contraire, selon lui, la confrérie protégera les coptes, puisque la charia impose la protection des gens du Livre.

 

S'ils arrivent au pouvoir, ils savent que la communauté internationale les surveille, et ils ne feront aucun geste qui pourrait menacer les coptes et donner une mauvaise image de leur régime à l'extérieur pouvant entraîner des sanctions contre l'Égypte, estime Mohammad.

 

Selon lui, les Frères musulmans donneront plus de liberté aux coptes. Mais il n'exclut toutefois pas une islamisation de la société : ils imposeront peut-être aux femmes musulmanes le voile, et il leur sera interdit de travailler.


Plus de droits pour les chrétiens sous la charia ? Le pasteur Barnaba n'y croit pas et critique ceux qui professent une telle idée.

 

« Nous voulons nos droits en tant que citoyens, non pas en tant que chrétiens ou dhimmis, affirme-t-il. Les droits selon la charia sont bien moindres que les droits civiques. ».

 

http://www.rmo.nl/beeld/educatie/Piramide_kameel_Egypte.jpg

 

Appuyer les libéraux
Aujourd'hui, la communauté copte est également divisée quant à son rôle éventuel sur la scène politique. « Il y a, d'une part, ceux qui veulent prendre une position politique et orienter les fidèles vers une position commune. Alors que la seconde position estime que le rôle de l'Église n'est pas de faire de la politique. Le rôle de l'Église est moral, et elle ne doit pas interférer dans le jeu des partis politiques », explique père Kyrillos. Bishay, un jeune commerçant copte d'Alexandrie, est très enthousiaste et très optimiste pour l'avenir de son pays. Il raconte que le milliardaire copte Naguib Sawaris a entamé la création d'un parti politique, comprenant chrétiens et musulmans, ayant pour fondement des valeurs démocratiques. Toutefois, le prêtre copte est opposé à un parti à caractère copte comme celui qu'organise Naguib Sawaris. « Le seul fait qu'il soit labellisé copte risque de lui faire perdre les voix des musulmans modérés. Il vaut mieux appuyer un parti "national" libéral déjà existant », estime père Kyrillos. Un haut responsable au ministère des Affaires étrangères préconise pour sa part une loi électorale fondée sur un système proportionnel et non plus majoritaire. « Dans ce cas, les coptes seront représentés plus équitablement politiquement dans le Parlement », estime-t-il. Selon lui, les espoirs reposent actuellement sur les résultats des prochaines élections législatives qui auront lieu dans quelques mois. Il espère en outre l'émergence d'un parti politique non religieux, libéral, sans nécessairement être laïc.

 

Les coptes après la révolution, entre peur des salafistes et espoir d’un changement libéral
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 18 avril 2011
Auteur : Antoine Ajoury

10:21 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : egypte, libéraux, coptes, musulman, islamisme, moubarak, salafiste | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

31/03/2011

Europe de l'Est - Euro - Pacte économique?

A Bruxelles, les Vingt-Sept ont adopté le Pacte pour l’Euro censé agir comme une garantie collective pour la monnaie unique. Plusieurs pays qui ne sont pas membres de la zone euro ont adhéré à ce pacte. Reste donc à Bruxelles de trouver le courage et les moyens de le mettre en oeuvre, estime un ancien diplomate roumain.

 

http://europa.eu/newsletter/images/new/photo_stability-pact.jpg


Le "Pacte pour l'euro, la garantie collective pour la stabilité de la zone euro approuvé lors du Conseil européen des 24-25 mars, est la concrétisation longuement attendue des discussions commencées en 2008 et menées tout au long de la crise financière et économique mondiale. La Commission, le Parlement et les Etats membres doivent encore élaborer un plan pluriannuel de réduction des déficits nationaux, et il est nécessaire de l’accompagner par des réformes structurelles qui favorisent la croissance économique. Le Pacte et le Fonds européen de stabilisation financière, qui ont été au centre des discussions, sont interdépendants. C’est peut-être pour cette raison que neuf Etats membres (non-euro pour la plupart) ont envoyé une lettre conjointe aux présidents [du Conseil] Herman Van Rompuy et [de la Commission européenne], José manuel Barroso appelant l'UE à explorer et à indiquer des nouvelles directions de développement durable pour l’après-crise.


Ils affirment qu’à l’ère de la mondialisation, leur intérêt reste concentré sur les questions de compétitivité, mais demandent aussi que les institutions européennes tiennent compte des spécificités des Vingt-Sept. Le paquet de mesures économiques discuté à Bruxelles a fait l’objet d’un intense débat également au sein des Etats membres d’Europe centrale et orientale. Les dirigeants roumains et bulgares ont justifié l’association au pacte de l'euro par leur volonté d’adhérer à la zone euro. De son côté, le Premier ministre hongrois, Viktor
Orbán, en plaidant pour le maintien de la Hongrie à l'écart du pacte, a expliqué qu'il devait avant tout consulter l'opposition. En République tchèque, le choix du gouvernement de ne pas adhérer à ce pacte, par crainte d'éventuelles conséquences financières et économiques, a quant à lui été critiqué par l'opposition. Cette dernière estime que Prague s’exclut ainsi du processus relatif à l’avenir de l’Union Les conclusions du Conseil montrent que l’accent mis sur la compétitivité et la convergence devraient revitaliser l'"économie sociale de marché" de l'UE. Un engagement qui va de pair avec la promesse d’impliquer tous les partenaires sociaux dans l’élaboration et le soutien aux réformes structurelles qui permettront d’atteindre cet objectif.


Conseil européen Berlin dicte sa loi
"Rien de nouveau sous le soleil" : ainsi l’éditorialiste Joaquín Estefanía synthétise dans El País le résultat du Conseil européen des 24 et 25 mars, à Bruxelles. En matière économique, il se résume à l’attendu pacte pour l'euro, qui remplace le pacte pour la compétitivité et vient s’ajouter au pacte de stabilité et de croissance.


L’Europe économique et ses "avancées timides, fondées plûtot sur le contrôle des dépenses que sur l’harmonisation des recettes publiques, obéissent à la logique allemande", écrit Estefanía. Ce dernier explique que les 17 pays de l´euro pour lesquels "l’architecture du gouvernement économique est obligatoire" ont été rejoints volontairement par six autres pays : la Pologne, le Danemark, la Bulgarie, la Roumanie et la Lettonie. "Berlin a ouvert à nouveau une sorte de 'Checkpoint Charlie' pour que circulent dans une seule direction, d’une zone à l’autre, ceux qui pretendent travailler avec la monnaie unique et les régles du marché du travail et financières imposées par le pays le plus puissant (et le plus dynamique) du Vieux continent". Les mesures sur la gouvernance économique "sont largement élaborées pour fournir à la chancelière allemande Angela Merkel une couverture politique afin d’augmenter le soutien financier de son pays au Fonds européen de stabilisation financière", analyse pour sa part The Irish Times.

 

Pacte pour l’Euro : inutile pour l’Europe de l’Est ?
Source, journal ou site Internet : Adevarul
Date : 28 mars 2011
Auteur : Vasile Puscas

10:04 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe centrale, europe, euro, économie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/03/2011

Les libéraux, la Suisse, les élections fédérales du 23 octobre 2011

En baisse depuis plus de 20 ans, le Parti libéral-radical (PLR) et le Parti démocrate-chrétien (PDC) cherchent à reprendre pied. Mais, au centre de l’échiquier politique justement, la concurrence s’est renforcée et la bataille des élections fédérales de 2011 s’annonce dure.

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L’affrontement entre le PLR et le PDC avait marqué les premières décennies de la politique suisse, depuis la création de l’Etat fédéral en 1848. A l’époque, tout tournait autour de ces deux formations avec, d’un côté, des radicaux libéraux, progressistes et au pouvoir et, de l’autre, des démocrates-chrétiens conservateurs, catholiques et dans l’opposition.

Puis, dès que les deux partis ont commencé à gouverner ensemble (1891), les différences se sont peu à peu estompées. Certes, de vieilles rivalités ont survécu, surtout au niveau cantonal. Mais les deux partis ont fini par déteindre l’un sur l’autre à force de faire pencher ensemble la balance lors de chaque décision au Parlement et de remporter ensemble pratiquement chaque scrutin fédéral.

Deux partis si unis qu’ils ont connu simultanément le même déclin au cours des dernières décennies. Le PLR est passé de 24,1% des voix en1979 à 15,7% en 2007, alors que le PDC est descendu, sur la même période, de 21,5% à 14,4%. L’affaiblissement des deux partis du centre a commencé à faire croire à beaucoup que la politique suisse était désormais entrée, comme dans de nombreux autres pays, dans l’ère de la polarisation.

 

Usure du pouvoir

«Les deux partis historique du gouvernement ont subi un processus d’usure qui s’est accéléré récemment dans toute l’Europe: il existe une perte de confiance de plus en plus forte et rapide par rapport aux partis qui assument des responsabilités gouvernementales. Ce sont des forces qui se disent contre le pouvoir et la classe dominante, comme l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) dans le cas de la Suisse, qui en profitent», explique le politologue Michael Hermann, de l’Université de Zurich.

Le PDC a par ailleurs souffert au cours des dernières décennies d’une baisse importante sur son étiquette catholique, qui lui avait assuré pendant longtemps une base électorale fidèle. De son côté, le PLR s’est de plus en plus rapproché du monde économique, perdant ainsi son caractère de parti qui touche différentes classes. Aujourd’hui, les libéraux-radicaux sont surtout soutenus dans les périphéries et les centres urbains plus aisés, alors que l’électorat du PDC est resté prioritairement dans les cantons catholiques et ruraux.

«Il ne faut cependant pas oublier que, aujourd’hui encore, ces deux partis imposent très souvent leurs vues au Parlement – surtout à la Chambre haute, où ils disposent ensemble de la majorité des sièges – ainsi que dans la plupart des gouvernements cantonaux. «Le PLR occupe en moyenne deux sièges sur sept dans les gouvernements cantonaux, contre seulement un sur sept pour l’UDC», relève Michael Hermann.

 

A la recherche d’un profil

Face à l’hémorragie constante d’électeurs et de sièges au Parlement, le PLR a finalement concrétisé en 2009 la fusion avec le Parti libéral suisse, qui était en discussion depuis des dizaines d’années. Le PDC a quant à lui accueilli le Parti évangélique et les Verts libéraux dans son groupe parlementaire. Mais une fusion entre le PLR et le PDC, présentée comme la solution ultime pour enrayer l’hémorragie, apparaît en revanche encore très lointaine, compte tenu des rivalités qui subsistent entre les deux partis.

«Nous avons entamé avec le PDC une collaboration au niveau parlementaire sur quelques thèmes spécifiques. Mais pour les prochaines élections, chacun sera adversaire de tous les autres», souligne le président du PLR Fulvio Pelli. Le président du PDC Christophe Darbellay n’entrevoit également rien de plus qu’une «entente sur deux ou trois thèmes pour les sessions des Chambres fédérales».

Pour les élections fédérales 2011, Christoph Darbellay indique que son parti veut mettre l’accent sur une politique en faveur de la famille, de l’emploi, de la sécurité et de l’environnement. Pour Fulvio Pelli, les priorités du PLR seront l’emploi, l’assainissement des assurances sociales et un Etat moins pesant.

Mais même en mettant depuis des années en valeur des thèmes importants, les deux partis n’ont jusqu’à présent pas réussi à se refaire un profil en mesure d’impressionner l’électorat.

 

Travail pas récompensé

«Dans une société fortement médiatisée, il est devenu plus facile d’être dans l’opposition: on thématise les problèmes plutôt que de chercher des solutions, observe Fulvio Pelli. En tant que partis gouvernementaux, nous travaillons en revanche pour assurer la prospérité de la Suisse. Et avec un certain succès, je crois, si nous comparons notre situation économique et financière avec celle de bon nombre d’autres pays européens. Mais nous ne sommes pas toujours récompensés pour ce travail.»

Les sondages des dernières années voient le PLR et le PDC reprendre un peu du poil de la bête. Mais les deux partis sont confrontés à une configuration tout sauf favorable pour remporter les prochaines élections. La lutte pour survivre au centre de l’échiquier politique est devenue encore plus ardue depuis trois ans avec la naissance des Verts libéraux et du Parti bourgeois démocratique.

«Le centre se présente malheureusement trop divisé: il y a désormais cinq partis qui défendent des positions très proches», constate Christophe Darbellay. Et les résultats des élections cantonales des trois dernières années ne prêtent guère à l’optimisme: tant le PLR que le PDC ont perdu des électeurs dans 13 des 17 cantons où ils se sont présentés.

 

Source: 

Par Armando Mombelli, swissinfo.ch
Traduction de l’italien: Olivier Pauchard

 

Parti libéral-radical

Première force politique du pays de 1848 à 1931, le Parti libéral-radical figure aujourd’hui en 3e position.
Lors des élections fédérales de 2007, il a obtenu 15,7% des voix (- 1,6%)

Le PLR compte 47 sièges au Parlement – 35 à la Chambre basse et 12 à la Chambre haute. Il est représenté par deux ministres au sein du gouvernement.

Le parti a perdu des voix dans 13 des 17 élections cantonales auxquelles il a pris part au cours des trois dernières années.

L’augmentation enregistrée dans 4 cantons est surtout due à la fusion avec le Parti libéral suisse.


Parti démocrate-chrétien

Entré au gouvernement en 1891, le Parti démocrate-chrétien représente actuellement la 4e force politique suisse.

Lors des élections fédérales de 2007, il a obtenu 14,4% des suffrages, un résultat identique à celui de 2003.

Le PDC dispose de 52 sièges au Parlement – 36 à la Chambre basse et 16 à la Chambre haute. Il compte un représentant au sein du gouvernement.

Lors des élections cantonales des 3 dernières années, le PDC n’a réussi à renforcer sa base électorale que dans 4 des 17 élections auxquelles il a pris part.


Liens


10:47 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse, élections, législatives, libéraux, démocratie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/03/2011

La Géorgie enclin à la révolution ?

Sous l'impact des révolutions arabes, de plus en plus de partis d'opposition se rallient à l'idée que seule une révolution chassera Mikheïl Saakachvili du pouvoir.

 

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La vague de protestation qui déferle sur le monde arabe a réveillé la scène politique géorgienne. Tout le monde parle de d'"égyptisation" et de "moubarakisation". Le Parti géorgien [dans l'opposition] a développé une rhétorique particulièrement vive en parallèle à ce qui se passe en Egypte et en Lybie. Selon son dirigeant, Levan Gatchétchiladzé, candidat à la présidentielle de 2008, la Géorgie doit se préparer au "scénario cairote", et le gouvernement s'employer à remédier de toute urgence à une série de problèmes clé [économiques et politiques], faute de quoi le Parti géorgien lui-même sonnera le début de la révolution.


Autre dirigeant de ce parti, Erossi Kitsmarichvili, ancien ambassadeur de Géorgie en Russie, pose la question. "Allons-nous renverser ce régime par des élections anticipées ou par la révolution ? C'est à Mikheïl Saakachvili de trouver la réponse, c'est-à-dire de créer les conditions favorables au développement de l'initiative économique privée, favoriser l'indépendance de la Justice, dépolitiser la police, lever les pressions sur les médias. Si ce n'est pas fait, les actions de protestation deviendront l'unique voie du changement". Au fur et à mesure que la vague de révolutions arabes progresse, la parole de l'ex-présidente du parlement, dirigeante du parti Mouvement démocratique [et ancien bras droit de Saakachvili] Nino Bourdjanadzé est de plus en plus directe. "L'essentiel est d'obtenir le départ de Saakachvili par la révolution et d'organiser les élections véritablement démocratiques", a-t-elle déclaré en février dans une interview au média ukrainien korespondent.net. Elle a été encore plus franche le 2 mars, dans une interview à un site géorgien, où elle a critiqué vertement cette partie de l'opposition qui milite pour le dialogue avec le pouvoir.

 

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"En Géorgie, la bonne voie est la voie de la révolution pacifique. Lorsque nous affirmions qu'il n'y aurait pas de changement de pouvoir sans manifestations, de nombreux opposants nous traitaient de 'radicaux' et nous accusaient d'aspirer au pouvoir au prix de la destruction du pays. Aujourd'hui, ils nous ont tous emboîté le pas. Hélas, dans notre pays, les événements évolueront selon un scénario révolutionnaire, puisque Saakachvili a éliminé la possibilité de tout autre scénario". Le 1er mars, dans une interview au journal géorgien Resonansi, le dirigeant du parti d'opposition Démocrates libres Irakli Alassania [ancien ambassadeur de Géorgie à l'ONU] a estimé qu'organiser des manifestations sur des problèmes sociaux [hausse considérable du prix des denrées de première nécessité, chômage endémique, paupérisation galopante] était un "devoir". "La situation sociale se dégrade de jour en jour, a-t-il souligné. Il faut protester massivement sur des sujets concrets, pour obliger le pouvoir à changer sa politique économique abherrante". Le dirigeant du parti Géorgie libre, Kakha Koukava, note un autre aspect important de la situation délétère : la méfiance et le nihilisme [des électeurs] à l'égard du système électoral géorgien. Pour lui, "une révolution populaire" aura lieu en Géorgie. De nombreux experts indépendants ne croient pas non plus en la possibilité de changement par les élections et évoquent la nécessité de la révolution. Irakli Sessiachvili n'y va pas par quatre chemins : "Pour se débarraser de ce régime, la seule voie est la révolution, ce qui sous-entend prendre des risques". Pour les autorités, la Géorgie a déjà fait sa révolution [des Roses] en 2003. Néanmoins, des appels au dialogue avec l'opposition se multiplient depuis plusieurs jours. "Nous sommes prêts à dialoguer sur les problèmes qui inquiètent notre population", a annoncé le président du Parlement David Bakradzé. Quant au principal intéressé, Mikheïl Saakachvili, il a fait ce commentaire : "Au Moyen-Orient, les gens sont civilisés, ils sauront trouver la bonne voie. La liberté est toujours porteuse de risques, mais l'absence de liberté engendre un risque de déflagration. Ces révolutions portent des noms de plantes : jasmin, cèdre... C'est la Géorgie qui a créé cette sorte de label, en 2003. La révolution ne signifie pas agiter des drapeaux. La principale révolution, nous l'avons entamée après la révolution des Roses. Notre programme de modernisation stabilisera nos succès et je dirai alors que notre révolution a définitivement gagné".

 

Géorgie : en route vers la révolution
Source, journal ou site Internet : Sakartvelos Respoublika
Date : 8 mars 2011
Auteur : Manama Abachidzé

12:01 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géorgie, arabe, révolution, saakachvili, gatchétchiladzé, russie, démocratie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/03/2011

Arabie saoudite pour quelle révolution?

Analyse

La pression s'accentue sur les structures vieillissantes du pouvoir pour accorder plus de droits aux jeunes générations. Après avoir débloqué 37 milliards de dollars pour financer des mesures en matière de logements, d'emplois et d'éducation, les autorités ont annoncé samedi qu'elles ne toléreraient aucune manifestation et prévenu que les forces de sécurité étoufferaient toutes formes de troubles à l'ordre public.

 

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Cette mise en garde fait suite aux rassemblements limités qui se sont produits ces derniers jours dans le royaume. Des membres de la minorité chiite ont défilé dans l'est de la péninsule et, selon des opposants, une petite manifestation - fait rare - s'est déroulée vendredi dans une mosquée de Riyad. Premier exportateur mondial de brut, le royaume wahhabite n'affronte pas un mécontentent comparable à celui qui a balayé depuis le début de l'année Zine el-Abidine Ben Ali puis Hosni Moubarak. Mais le principal allié des États- Unis au Moyen-Orient n'est pas épargné par l'agitation qui secoue le monde arabe. Et la pression s'accentue sur les structures vieillissantes du pouvoir pour accorder plus de droits et d'influence aux jeunes générations qui vivent à l'heure d'Internet. Comme dans d'autres pays arabes touchés par le mouvement de contestation, des revendications se font jour par le biais de messages relayés sur les sites sociaux. Ils émanent d'une coalition hétéroclite de progressistes, de militants des droits de l'homme, d'islamistes et d'intellectuels. « Lessubventions annoncées par le roi ont été bien reçues mais elles sont insuffisantes », commentait, avant la mise en garde des autorités, Khalid al-Dakhil, politologue saoudien signataire d'une pétition réclamant des élections et une transparence accrue dans les décisions du gouvernement. « Je pense que le pouvoir va entreprendre des changements et ouvrir un dialogue informel. Il pourrait y avoir un remaniement ministériel et des élections sont dans les tuyaux », ajoutait-il L'Arabie saoudite et ses 18 millions de sujets sont gouvernés depuis 1932 par la maison des Saoud en alliance avec les religieux sunnites. Il n'y a pas de Parlement élu et les partis politiques sont inexistants. Les analystes ne voient pas à ce stade de signes précurseurs d'une protestation d'une ampleur similaire à ce qui s'est produit en Tunisie et en Égypte avant de se propager au Yémen, à Bahreïn ou à Oman. « Un message ou deux postés sur Twitter par une jeune Saoudienne éduquée à l'étranger et pleine de ressentiment devant son absence de droits ne font pas un printemps de Riyad », estime l'essayiste américain Simon Henderson. Certains observateurs notent cependant que le débat fait rage sur les médias sociaux où de plus en plus de Saoudiens n'hésitent plus à décliner leur identité complète. La guerre du Golfe de 1991 avait provoqué une vague de contestation contre la présence de forces américaines sur le sol saoudien.

 

Mais, note Madawi al-Rasheed, analyste saoudienne basée à Londres, « la situation est très différente aujourd'hui ». « En 1991, explique-t-elle, il y avait deux camps, les islamistes et les progressistes, avec des traditions totalement différentes. Aujourd'hui, ils viennent de différentes couches de la société mais partagent un thème commun : ils font campagne pour une monarchie constitutionnelle, même si je ne pense pas que cela se produira. »

 

Depuis son accession au trône, en 2005, le roi Abdallah a introduit quelques réformes mais n'a pratiquement pas touché aux bases de la monarchie absolue ni réformé le code social qui impose une stricte séparation des sexes issu du wahhabisme, la version rigoriste de l'islam sunnite en vigueur dans le pays. « Nous sommes toujours dans le train qui se dirige vers la "ville de Révolution". L'opinion n'est pas satisfaite des concessions obtenues jusque-là et l'avenir est toujours très trouble », écrit de son côté la bloggeuse saoudienne Eman al-Nafjan. L'état de santé du roi et de son frère, le prince héritier Sultan, qui multiplient les séjours médicaux à l'étranger, ne facilite pas les choses. En l'état, seuls les fils du fondateur du royaume, Abdelaziz ben Séoud, peuvent prétendre monter sur le trône.

 

Des 37 descendants du roi, 20 sont encore en vie.

 

l’Arabie saoudite alterne le chaud et le froid
Source, journal ou site Internet : L’Orient le jour
Date : 7 mars 2011

 
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