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04/10/2010

Irlande et crise bancaire!

La facture du plan de sauvetage du système bancaire irlandais pourrait s'élever à 50 milliards d'euros - soit 32% de son PIB. L'ancien Tigre celtique est-il au bord de la banqueroute ?, s'inquiète le Guardian.


De la Grèce au Japon en passant par les Etats-Unis, la crise bancaire a fait des ravages dans les pays du monde entier. Mais aucune économie n’a été victime d’une mise à sac aussi brutale que celle de l’Irlande.

 

http://www.marianne2.fr/photo/924089-1094631.jpg?v=1283267701


L’ancien tigre celtique a vu son revenu national dégringoler de 17 % au cours des trois dernières années - la contraction la plus sévère et la plus rapide en Occident depuis la Grande Dépression. Au plus fort de la longue période de prospérité de 1990 à 2007, l’immobilier avait plus de valeur à Dublin qu’à Londres.


Depuis, les prix ont chuté de près de 40 % - et ils continuent à couler à pic. A ce rythme, le pays aura bientôt l’honneur douteux d’avoir été le théâtre de l’éclatement de la plus monstrueuse bulle immobilière de l’histoire moderne. En 2008, quand les financiers, pour plaisanter, disaient que la seule différence entre l’Islande en faillite et une Irlande fauchée, c’étaient une lettre et quelques jours, ils avaient tort : la catastrophe qui a englouti l’Ile d’Emeraude est infiniment pire.


Et jusqu’au bout, les ministres de Dublin ont promis à leurs électeurs que les choses étaient sur le point de s’améliorer. Ces prêts d’urgence consentis aux banques, c’était la bonne solution. Ces réductions radicales des dépenses, ça, ça allait marcher. Et cette décision qui, en gros, revenait à garantir l’ensemble du système bancaire (presque sans aucun droit de regard), elle, elle règlerait tout. Non, non, et encore non. Comme un corps balancé du toit d’un gratte-ciel, l’économie irlandaise a simplement continué à plonger.


Le gouvernement ne convainc plus
Hier, ils ont remis ça. Brian Lenihan, le ministre irlandais des Finances, a assuré aux électeurs que le “cauchemar” national qu’ils sont contraints de subir depuis à peu près deux ans était sur le point de cesser.


“Nous sommes désormais en train d’en finir avec ça.” Il n’a pas convaincu les financiers, qui l’ont entendu dire la même chose chaque fois qu’il a proposé un nouveau plan mal ficelé. Même à l’aune de ses coups de poker précédents, celui-ci est franchement énorme. Le renflouement d’hier va englober l’Anglo Irish, la banque préférée des promoteurs, ainsi que l’Allied Irish et l’Irish Nationwide - et il devrait accroître le déficit budgétaire, qui passerait de 12 % du revenu national au niveau astronomique de 32 %.


Quand un pays connaît une banqueroute aussi spectaculaire, il est évident que la crise a des causes multiples et profondes. Nous pourrions en tout premier lieu citer une trop grande confiance dans les prix de l’immobilier à la fois en tant que facteur de bien-être illusoire et en tant que source de revenus publics. Dès que la bulle a éclaté, ces derniers se sont effondrés. Sur certains aspects, les décideurs peuvent prétendre qu’ils se sont contentés de respecter les règles du succès économique selon l’orthodoxie internationale - il faut attirer les capitaux étrangers par tous les moyens, mettre l’accent sur les avantages relatifs du pays (lesquels, à Dublin comme à Reykjavik, sont devenus synonymes de secteur de la finance) et rester ouvert.


Mais une des leçons de ce que Gordon Brown a décrit comme la première crise de la mondialisation est que le fait de rester ouvert aux affaires à tout prix ne fonctionne pas vraiment dans les petits pays aux économies homogènes. Et cela ne fonctionne pas du tout avec des décideurs qui roupillent.


Une élite économique fermée comme une huître
Comme le rappelle Pete Lunn, de l’Institut de recherche sociale et économique de Dublin, l’élite à la tête de l’économie irlandaise est plus hermétiquement fermée qu’une huître - si bien que le haut fonctionnaire en charge des finances peut logiquement s’attendre, quand il quitte ses fonctions, à prendre la direction de la banque centrale. Tant qu’elle n’a pas éclaté, les décideurs ont répugné à appeler la bulle immobilière par son nom. Et quand elle a crevé, ils se sont empressés d’accepter les explications des banquiers, lesquels affirmaient qu’ils étaient simplement à court de liquidités, plutôt que carrément en faillite. Ils ont suivi les recommandations du FMI et imposé quelques-unes des réductions budgétaires les plus féroces jamais appliquées - ce qui a eu pour résultat de mettre au chômage près d’un salarié sur six, et d’ouvrir la voie à une nouvelle dégringolade économique.


Sur ce point, on constate des ressemblances avec d’autres pays : il suffit de demander à Gordon Brown. La grande différence avec le Royaume-Uni, c’est que l’Irlande, en tant que membre de la zone euro, ne peut pas dévaluer unilatéralement sa devise. La seule solution pour renouer avec la compétitivité est de raboter le niveau de vie des salariés. Ce qui signifie que, quoi qu’en dise M. Lenihan, l’économie irlandaise est condamnée à poursuivre sa chute.


Vu de la presse
Le "Jeudi Noir" de Dublin
Après l’annonce, le 30 septembre, que le renflouement des banques irlandaises toxiques pourrait atteindre 50 milliards d’euros, la presse se déchaîne, en particulier les journaux à scandales, au sujet de ce que l’on appelle déjà le "Jeudi noir". "Irlande : repose en paix ! ", titre l’Irish Daily Star, qui déclare que le pays va être confronté à des "décennies d’enfer financier" à cause de "la cupidité des banquiers et la stupidité des politiques". Si l’Irish Daily Mirror lance en première page "Salauds de menteurs avides", l’Irish Sun, lui, réclame que les banquiers escrocs du pays soient jugés pour "trahison", calculant que la facture devrait se monter à 10 000 euros pour chaque homme, femme et enfant du pays."Même si ce chiffre n’est pas si différent de ce que l’on attendait, comme un décès dans la famille, il est tout aussi déchirant et accablant", écrit l’Irish Examiner. Le quotidien de Cork prévient d’un ton sinistre que "soit nous acceptons notre situation et y faisons face, soit nous gaspillons notre énergie à nous bagarrer entre nous, finissant ainsi inévitablement de détruire le pays". De même, l’Irish Independent soutient qu’il “vaut bien mieux admettre la dure réalité … Les marchés verraient d’un très mauvais oeil le relâchement d’un plan de reprise clairement défini".


Kevin Myers, éditorialiste de droite de l’Irish Independent connu pour son non-conformisme, considère tout cela d’un point de vue extrêmement personnel. Accusant ses compatriotes de misérabilisme, il clame que "notre dette a de quoi décourager, mais ce n’est rien comparé à la tâche qui attendait la Chine après Mao".


Il cite également l’exemple de l’Allemagne. Précisant que le 29 septembre, l’Allemagne a fini de payer les réparations de la Première Guerre mondiale, il conclut : "Les Allemands ont fait dans les années 20 ce qu’ils allaient faire plus tard, à la fin des années 40 et 50, et une fois encore dans les années 90. Ils ont fait leur boulot ! ".

 

L'Irlande va droit dans le mur
Source journal ou site Internet : The Guardian
Date : 1er octobre 2010

17:43 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : crise(s), irlande, banques, keynésianisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/09/2010

Europe et l'Union Pour la Méditerranée. Rêve ou mirage?

L’enthousiasme qui avait accompagné le lancement de l’Union pour la Méditerranée est retombé. En cause, note l’intellectuel français Sami Naïr, l’absence d’un projet sérieux.

 

http://2.bp.blogspot.com/_ae1IhJbNowc/S-KaI2tmDGI/AAAAAAAAFbc/CnVNW3Vw1HQ/s400/UPM+carte.jpg

 

Deux ans après la fondation de l'Union pour la Méditerranée (UPM), il est évident que la politique méditerranéenne de l'Europe s'enfonce lentement dans la vase. Les grands projets annoncés à grand renfort de tambours et trompettes en juillet 2008 – la dépollution de la Méditerranée, le développement des autoroutes de la mer pour faciliter les échanges commerciaux, le programme commun de protection civile pour prévenir les catastrophes naturelles, le développement de l'énergie solaire, la création d'une université euro-méditerranéenne et l'initiative méditerranéenne de développement des entreprises – semblent de plus en plus lointains.


La présidence espagnole de l'Union européenne (cliquez ce lien dont vidéo) n'est pas parvenue à relancer le processus, ni à empêcher l'échec de la Conférence sur l'eau à Barcelone (qui s'est tenue le 13 avril dernier) ou le report du sommet de l'UPM. La déception vient non seulement de la non-exécution de travaux concrets, vu qu'il y a toujours de bonnes excuses aux difficultés matérielles, mais surtout du fait que tout se passe comme si le projet lui même, l'idée générale, l'horizon teinté d'espoir d'une Méditerranée solidaire, étaient vains. En un mot :
l'enthousiasme est retombé.

 

http://www.observatoiredeleurope.com/photo/987535-1233514.jpg?v=1215779634

 

Pour quelles raisons ?

La première, comme toujours, est le conflit palestino-israélien, qui paralyse tout en général et peut faire échouer n'importe quelle action concrète. Il s'agit d'un conflit aux conséquences mondiales dans lequel l'Europe n'a pas beaucoup de poids. Et les relations euro-méditerranéennes vont en être l'otage encore longtemps.


Aucune orientation stratégique de l'Europe
La deuxième raison est l'absence d'un projet sérieux de l'Union européenne en Méditerranée. Il est aujourd'hui évident que le plan de création d'une zone de libre-échange élaboré à Barcelone en 1995 (qui devait se concrétiser en 2010) n'était pas un projet de développement solidaire. De même, on ne peut pas considérer les axes définis par l'UPM comme une véritable réorientation stratégique de l'Europe. Ils donnent plutôt l'impression d'être un mal mineur après l'enlisement du processus de Barcelone.


Il faut désormais ajouter à cela un nouvel élément, lié à la crise économique mondiale et ses conséquences en Europe. L'Europe est en train de changer sous nos yeux. Le projet européen est en crise, l'idée d'une Europe politique semble s'évanouir en fumée, et la crise de l'euro a montré la fragilité de la solidarité entre les nations européennes. Il va maintenant falloir attendre (entre trois et cinq ans) avant que l'avenir économico-financier de l'UE ne soit dégagé.


Mais les dynamiques géopolitiques, qui obéissent plus ou moins au théorème de Napoléon selon lequel "un pays a la politique de sa géographie", viennent déjà à nouveau imposer leur loi. L'Allemagne partage un espace mitteleuropéen de plus en plus restreint avec le reste de l'Europe. Elle tourne même les yeux vers l'Est, vers la Russie, où l'avenir de ses intérêts de puissance continentale est en jeu. La France, qui a secouru la Grèce et l'Espagne surtout pour des motifs bancaires mais dont l'intérêt bien compris serait de renforcer ses liens avec les pays du Sud de l'Europe, semble pour le moment sans voix.

 

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/spip/IMG/jpg_QI_36_Union_pour_la_mediterranee.jpg


Les pays du Sud doivent se prendre en charge eux-mêmes
La dernière raison est due à la situation des pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée. La Turquie a longtemps frappé à la porte de l'Europe, et l'Europe a longtemps fait la sourde oreille. La Turquie semble maintenant changer de stratégie lentement mais sûrement. Elle se consolide de plus en plus comme puissance régionale, capable de jouer un rôle indépendant en Méditerranée et même en Asie de l'Ouest. Elle sait aussi que c'est son meilleur argument pour inviter l'Europe à avoir davantage de considération pour elle.


La crise actuelle de l'UE peut-elle être une occasion de relancer le processus d'adhésion de la Turquie ? Non, si l'Europe décide de se réorganiser en cercles concentriques, avec un noyau dur de pays à l'intérieur de la zone euro et des pays européens en dehors de la zone euro. Oui, si l'Europe, à l'apogée de la crise de l'euro, opte pour constituer une vaste zone de libre-échange intégrée et originale. Une sorte de marché unique sans monnaie unique mais avec une monnaie commune (la différence n'est pas anecdotique, comme le savent les
banquiers), comme celui que nous avions entre 1993 et 1999, avant la création de l'euro. La Turquie y aurait alors une place, importante et solide. Une chose est sûre, et c'est que l'économie méditerranéenne et la stabilité politique de la région bénéficieraient énormément de l'entrée de la Turquie dans l'UE telle qu'elle est. Il faut renforcer cette option.


Mais ce qui soulève les questions les plus difficiles, c'est la situation des pays du Sud de la Méditerranée. Il est clair pour tous que l'Europe ne peut plus être le moteur central du développement des pays du Maghreb et du Machrek. Elle peut aider ces pays à s'intégrer dans la répartition inégale du travail et de la production en Méditerranée, mais ce n'est pas la solution miracle pour leur développement. Ils doivent se prendre en charge eux-mêmes. Et ils ne pourront le faire que s'ils sont capables de former des blocs régionaux viables, cohérents et solidaires.

 

http://maisondemarie.free.fr/wordpress/collage3.jpg


Méditerranée
Le fossé Nord-Sud ne cesse de s’élargir
"Au sein de l’Union pour la Méditerranée, le fossé culturel entre le nord et le sud s’élargit", raconte le quotidien El País , en citant le sondage " Tendances interculturelles euromediterranéennes 2010 " (en pdf) mené par la Fondation Anna Lindh auprès de 13 000 personnes dans 13 des 42 pays qui font partie de l´UPM. Le rapport conclut que "les valeurs entre les deux rivages diffèrent drastiquement" : les pays musulmans – le Maroc en tête - mettent l’accent sur "la religion et sur le caractère non négociable de la vérité", alors que dans les pays européens – notamment en Espagne et en Suède -, "la famille est plus importante que la religion" et "la vérité doit être analysée à la lumière des circonstances".

 

Union pour la Méditerranée La fin du rêve
Source journal ou site Internet : El Païs
Date : 23 septembre 2010
Auteur : Sami Naïr

19/09/2010

Révolution cubaine: Les fonctionnaires poussés vers le privé...

Vous m'en direz tant...

 

Acculé par une crise économique sans précédents, le gouvernement cubain a décidé de permettre à 500 000 fonctionnaires de se lancer dans le privé. Une vraie révolution bien reçue par la population. Elle risque cependant de faire exploser les chiffres du marché noir.


La décision des autorités castristes de renvoyer 500 000 fonctionnaires [et salariés de sociétés publiques] et de distribuer autant de licences de travailleurs indépendants est perçue par de nombreux Cubains comme un débouché économique intéressant. La majorité d'entre eux est en effet convaincue que ces mesures leur permettront d'accroître leurs revenus, actuellement limités aux très bas salaires que leur versent les entreprises d'Etat.

 

Toutefois, de nombreuses inconnues subsistent quant à la mise en place de cette ouverture
économique. Il se pose notamment la question de l'accès aux matières premières ou aux outils dont les travailleurs indépendants vont avoir besoin pour développer leur activité.

 

http://piter.freeblog.hu/files/0901/cuba_libre.pnghttp://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2008/02/19/photo_1203443905621-1-0_zoom.jpg

cliquez image gauche, lire bio wiki


Une liste de métiers possibles [autorisés] circule dans la presse étrangère, où l'on évoque la création
éventuelle de nouvelles entreprises privées, ainsi que la formation de coopératives pour des activités qui
jusqu'à présent étaient totalement interdites. “C'est une option de plus pour les gens, c'est une bonne chose”,
souligne l'informaticien Andrés Fundora. “Moi, si on me licencie, ce n'est pas un problème car je peux
trouver du travail n'importe où. Mais aujourd'hui, je suis payé 16 dollars [12,2 euros] par mois. En
travaillant à mon compte, je gagnerais beaucoup plus”, assure-t-il.


Dunia García, une habitante de La Havane, raconte que son mari est peintre carossier et qu'il était jusqu'à
maintenant, obligé de travailler pour l'Etat parce qu'on ne lui accordait pas de licence. “ce qu'il touche par
mois dans l'entreprise, il le gagne en un jour ou deux s'il travaille comme particulier” assure-t-elle. Même
son de cloche pour Juan Luis Gonzalez : “Si c'était assez bien payé, je retournerais travailler pour l'Etat,
mais aujourd'hui je gagne bien mieux ma vie comme chauffeur de taxi”, explique l'ingénieur en mécanique,
au volant de sa voiture américaine des années 50.


Conchi Pérez, une journaliste de la télévision cubaine, juge excellente cette nouvelle mesure. Notamment
parce que les gens qui actuellement travaillent à leur propre compte dans l'économie souterraine vont
pouvoir exercer leur activité légalement. “Nous allons avoir plus de plombiers et de serruriers, par
exemple”, note-t-elle. Elle pense que nombre de métiers qui manquaient jusqu'ici vont ainsi pouvoir se
développer. Du côté des employés publics, les choses ne sont pas si simples. Gisabel Sanson, fonctionnaire
au ministère du sucre, se pose des questions. “Je suis jeune, j'ai des enfants,je suis obligée de travailler”
déclare-t-elle. Elle reconnaît avec une certaine tristesse qu'elle ne sait pas encore ce qu'elle fera de sa vie si
on la licencie.

 

http://art-photo.ca/images/Cuba_Santiago_photo_m.jpghttp://static.blogstorage.hi-pi.com/photos/tanit.magicrpm.com/images/gd/1241906913/Cuba.jpg

 

Mais pour l'ingénieur Antonio Rodríguez, employé du gouvernement cubain, “cette mesure est très
raisonnable et je crois qu'elle est dans l'intérêt de beaucoup de gens, estime-t-il. "Je viens d'une famille
pauvre et je dois tout à la Révolution, précise-t-il.


Si mon poste est supprimé, j'irais là où on aura besoin de moi”. Certains d'entre eux ne choisirait d'ailleurs
pas forcément cette possibilité. Juan Pérez Sosa, actuellement fonctionnaire dans un ministère, pense que
“l'Etat aura toujours des solutions pour les travailleurs”.


S'il devait quitter l'administration, ce ne serait pas pour travailler à son compte. “Je redeviendrais professeur,
explique-t-il, j'ai un diplôme d'éducation physique.


Alex Cuspinela, technicien du son, estime que “cette ouverture aurait dû être faite depuis longtemps. Il
faudrait pouvoir travailler comme on en a envie et personne ne devrait être obligé de travailler pour un
salaire de misère. Mais pour moi, c'est trop tard, ce que je veux, c'est quitter l'île” conclue-t-il. La mise en
oeuvre de tels changements posera également d'autres problèmes. L'informaticien Andrés Fundora nous
explique une limite réelle pour le moment à son application : “Il y a des travailleurs indépendants qui
savent où trouver ce dont ils ont besoin pour leur activité, mais ce n'est pas la cas pour tous les métiers. Il
faudra remédier à ce problème, sinon les gens finiront par recourir au marché noir.

 

http://www.polemicacubana.fr/wp-content/uploads/1262653875065_f.jpg


Une chose est sûre, le nouveau projet du gouvernement ne prévoit pas de centrale d'achats pour les
indépendants. Jusqu'à présent, la plupart d'entre eux se fournissent sur le “marché noir”, lequel est alimenté
par des produits volés dans les entreprises d'Etat. Les autorités s'apprêtent à autoriser plus de 100 nouvelles
activités indépendantes, mais elles n'expliquent pas d'où les charpentiers tireront leur bois, par exemple alors
qu'il n'existe pas à Cuba une seule entreprise qui en vende légalement aux particuliers. Certains spécialistes
estiment que multiplier par quatre le nombre de travailleurs indépendants sans créer l'infrastructure
nécessaire pour les aprovisionner en produits dont ils auront besoin, pourrait revenir à quadrupler le
périmètre du marché noir et donc à encourager les vols dans les entreprises d'Etat.

 

CUBA • Vive les petites entreprises !
Source journal ou site Internet : AFreporte
Date : 17 septembre 2010

10:18 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cuba, fonctionnaires, castro, crise(s), liberté, entreprise, pmepmi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/09/2010

Algerie: Après les égarements "Kouchnérien", la France par l'intermédiaire de Raffarin, sera t-elle capable de rétablir une diplomatie efficiente?

La France souhaite mettre un terme définitif à la période de tension qui caractérise, depuis deux années, ses relations avec l’Algérie. C’est le message essentiel qu’a souhaité faire passer, hier, l’ambassadeur français à Alger à l’occasion d’une rencontre avec la presse. La participation de Bouteflika au sommet de Nice, la rencontre Ouyahia- Guéan, le non-lieu dans l’affaire Hasseni et la nomination de Jean-Pierre Raffarin sont, selon Xavier Driencourt, autant «d’éléments positifs» qui plaident pour une redynamisation des relations entre les deux pays. Néanmoins, il reste encore de nombreux dossiers sensibles en suspens.


En choisissant de passer par le canal des médias, l’ambassadeur de France à Alger semble vouloir prendre à
témoin les opinions publiques des deux pays. Pour Xavier Driencourt, il est aujourd’hui temps d’en finir
avec la période de «crispation» entre Paris et Alger. Ainsi, le premier semestre 2010 aurait été marqué par
quatre «éléments positifs». «Il est temps d’insuffler un nouveau rythme, un nouveau cours aux relations
algéro-françaises. Nous devons sortir de cette période de crispation. L’échange entre Ahmed Ouyahia, le
Premier ministre algérien, et Claude Guéan, le secrétaire général de l’Elysée, la participation du président
Abdelaziz Bouteflika au Sommet de Nice ont été les premières étapes. Elles ont été suivies du non-lieu dont
a bénéficié Mohamed-Ziane Hasseni et de la désignation récente de Jean-Pierre Raffarin. Ce sont autant
d’éléments positifs qu’il faut exploiter. Nous devons donc aller de l’avant après cette période difficile», a
souligné, hier, l’ambassadeur de France à Alger à l’occasion d’une rencontre avec les représentants de six
journaux.

 

http://www.france24.com/fr/files_fr/imagecache/aef_ct_article_image/story/boutef-sarko-m.jpg


Raffarin en facilitateur
Le diplomate est longuement revenu sur la mission dont a été récemment chargé l’ancien Premier ministre
français, Jean-Pierre Raffarin. «Il faut être très précis, j’ai lu dans la presse que M. Raffarin a été nommé
«Monsieur Algérie» et qu’il aurait beaucoup de sujets à traiter : question de visas, émigration, questions
relatives à la mémoire, etc. Ce n’est pas la réalité. La réalité, c’est que lors de la réunion entre le secrétaire
général de l’Elysée et le Premier ministre algérien, M. Guéan a eu l’idée de proposer de nommer deux
personnalités, une algérienne et une française, afin de coordonner les différents projets économiques de part
et d’autre. On s’aperçoit que les entreprises françaises sont ici depuis longtemps et qu’en termes
d’interlocuteurs il y a plusieurs ministères. Elles ont tendance à avancer en ordre dispersé, et l’idée était de
nommer quelqu’un pour essayer de coordonner et de fédérer les différents projets français. Donc, c’est une
mission à caractère économique. La lettre de mission de M. Raffarin, signée par le président Sarkozy, est
précise. Elle consiste à ordonner la coopération économique franco-algérienne ainsi que le développement
des investissements français en Algérie et algériens en France. Il a le rôle de facilitateur», a précisé
l’ambassadeur. Une mission, donc, plus axée vers l’économie que la politique. Sauf que Xavier Driencourt
reconnaît que les relations économiques entre les deux pays sont fortement marquées par le contexte
politique. «La relation entre la France et l’Algérie est un contexte très politique. Quand le contexte va mieux,
l’économie va mieux.» Raffarin devrait entreprendre sa première visite à Alger, en qualité de «facilitateur»,
au cours des prochains mois. Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État française chargée du commerce extérieur,
est attendue dimanche prochain pour déblayer le terrain.


Investissements français et LFC 2010
Xavier Driencourt n’hésite pas à évoquer l’existence de «difficultés et de blocages» qui tendent à freiner les
activités des entreprises françaises en Algérie. «Il y a un nombre de projets français en Algérie qui datent
déjà d’un certain temps et s’ils ne se sont pas réalisés, c’est qu’il y a des difficultés. Des obstacles qui
peuvent être de natures différentes. Les chefs d’entreprise n’ont pas toujours accès aux ministres algériens et
vous connaissez les procédures du côté algérien avec la commission nationale des investissements ». Le
diplomate laisse également entendre que les mesures introduites dans les deux lois de finances
complémentaires 2009 et 2010 laissent peu de champ d’action aux entreprises étrangères. «J’ai lu les articles
qui se rapportent à la loi de finances complémentaire 2010. Je dois dire que cette LFC est compliquée. J’ai
constaté qu’il y a un certain nombre d’aménagements sur le crédit documentaire. En fait, tout ceci se situe
dans le prolongement de la LFC 2009. Il n’y a pas de bouleversement complet. Les entreprises, qu’elles
soient françaises, allemandes, américaines canadiennes ou autres, préféreraient, je suppose, travailler dans un
cadre juridique entièrement libéral. Pour ce qui est des entreprises françaises, elles sont conscientes qu’elles
travaillent dans ce cadre et qu’il faut s’y adapter (…) Les entreprises françaises sont là sur le long terme
sinon elles seraient découragées depuis longtemps. Le marché algérien est un marché important et les
entreprises françaises s’inscrivent en Algérie dans le long terme quelles que soient les étapes», dira-til. Pour
ce qui est de l’obligation d’investissement en partenariat avec un opérateur algérien pour toute entreprise
étrangère ayant obtenu un marché, l’ambassadeur a estimé que cette mesure devrait être difficilement
applicable. La cause ? Le manque de partenaires algériens. «Cette disposition générale devrait concerner tous
les secteurs d’activité. J’ai eu l’occasion d’en discuter avec le ministre de l’Energie. C’est une disposition
qui, pour être mise en oeuvre, nécessite la présence de partenaires algériens. C’est là la principale source de
gage. Mais ce n’est pas évident. Il n’y a pas une multiplicité d’entreprises algériennes prêtes à investir. Le
tissu industriel n’est pas très développé en Algérie».


Problématique rançon
L’ambassadeur de France s’est montré quelque peu embarrassé en évoquant la libération de Pierre Camatte,
l’otage français au Mali, par les terroristes d’Al Qaïda Maghreb. «La France n’a pas payé de rançon», a
répété à plusieurs reprises le diplomate. Comment expliquer la libération de Camatte? «C’est le Mali qui a
décidé…», dira vaguement Xavier Driencourt. Il reconnaîtra les préoccupations du gouvernement algérien à
propos du phénomène dangereux que représente le paiement de rançons aux groupes terroristes. «L’Algérie
est préoccupée par les rançons. Elle a déposé à l’ONU un projet visant à criminaliser ces actes». A ce titre, le
représentant de la France a soulevé quelques réserves sur cette initiative et, surtout, sur son application.
«C’est une initiative politique de la part de l’Algérie. Mais ce n’est parce qu’on vote un texte qu’il est
systématiquement appliqué. Ce n’est qu’une résolution de l’ONU. Mais c’est une initiative politique
intéressante à suivre. L’Algérie a choisi un certain nombre de pays avec qui elle souhaite travailler,
notamment la Grande-Bretagne. Nous sommes pour le principe mais nous ne sommes pas d’accord sur toutes
les modalités.» Il reviendra brièvement sur la récente opération franco-mauritanienne dont l’objectif était de
libérer un second otage, Michel Germaneau. «Cette opération mauritanienne aidée par la France a été
présentée par la presse comme un échec. C’est un échec dans la mesure où M. Germaneau a été exécuté,
mais cette opération militaire a démontré que la France est très préoccupée par la prolifération de zones de
non-droit dans la région du Sahel. D’un autre côté, nous reconnaissons les efforts que fait l’Algérie dans la
lutte contre le terrorisme, notamment dans cette région. Nous connaissons parfaitement le rôle actif et le
leadership que doit avoir l’Algérie. Le président Sarkozy a pris note des efforts et des initiatives visant à
regrouper les Etats de la région. Nous sommes conscients qu’il faut conjuguer les efforts pour parvenir à une
meilleure situation dans cette zone.»

 

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/jpg/ALGERIE-I.jpg

 

Gare à l’escalade
Dans le registre des sujets qui fâchent, l’ambassadeur a fait part de ses craintes quant aux effets que
provoquerait l’adoption de la proposition de loi visant à criminaliser les faits commis durant la colonisation
de l’Algérie. «Nous ne sommes pas franchement pour cette proposition de loi criminalisant la colonisation
française. Nous suivons la procédure législative algérienne. Pour l’instant, d’après ce que je comprends, ce
projet est bloqué. C’est une procédure algérienne et nous respectons le Parlement algérien qui est libre de
voter ou de ne pas voter ce texte. Il est vrai que si ce texte venait à être voté, cela ne faciliterait pas les choses
dans les relations bilatérales. Comme vous le savez, il y a un certain nombre de personnes en France qui sont
très attentives à cela. Souvenez-vous quand le Parlement français avait adopté la loi du 23 février. Il y a eu
un certain nombre de conséquences en chaîne. Il est donc vraisemblable qu’une loi de ce type aurait des
conséquences en chaîne. Des réactions individuelles ou de groupes divers qui sont actifs dans le sud de la
France. Ce n’est pas le meilleur moyen de mettre de l’huile dans les rouages.»


No comment
Au cours de cette rencontre avec la presse, l’ambassadeur de France a évité d’aborder certains sujets. Le plus
souvent pour ne pas commenter des affaires actuellement pendantes devant la justice. C’est le cas notamment
des sanctions infligées par la Banque d’Algérie à certaines banques françaises, de l’affaire des moines de
Tibhirine et même du cas du chanteur Cheb Mami (Xavier Driencourt avouera ne rien savoir sur ce sujet).
Par contre, il mettra en avant le principe d’obligation de réserve pour éviter de commenter les propos tenus
par son ministre, Bernard Kouchner, qui avait évoqué, en février dernier, la présence de la «génération de
Novembre» aux plus hauts postes de l’Etat algérien. Les journalistes n’en sauront pas plus également à
propos de la vente de frégates françaises à la marine algérienne. «C’est un dossier de très long terme, j’en
entends parler depuis plusieurs années.» Idem pour la visite d’Etat en France de Abdelaziz Bouteflika. «On
n’en a plus jamais reparlé. Elle aura lieu quand le président de la République algérienne décidera de se
rendre en France.»

Source IHEDN

RELATIONS INTERNATIONALES - EUROPE DE LA DEFENSE - OTAN :
FRANCE-ALGÉRIE Paris veut tourner la page
Source journal ou site Internet : Le Soir d’Algérie
Date : 16 septembre 2010
Auteur : TH

16:34 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kouchner, algérie, diplomatie, raffarin, al qaeda, terrorisme, investissements | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/09/2010

La question des Roms, vue par un écrivain Roumain

Certes, la France a tort d’expulser de son territoire une population fragile. Mais la communauté rome doit elle-même sortir du misérabilisme qui la rend vulnérable en Roumanie comme dans le reste de l’UE, avance un écrivain roumain.

 

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Le président Nicolas Sarkozy a décidé de frapper les plus faibles et les plus visibles. Mais n'y a-t-il vraiment
rien à faire pour résoudre le problème de l'intégration des Roms ? Essayons de regarder les choses en face.
Les Roms passent par un processus de transformation, qui ne date ni d'hier ni d'aujourd'hui. Nous avons
connu le policier rom, le médecin rom, le pope rom, l'activiste de parti (aujourd'hui: politicien) rom, le poète
rom.


Et nous devons envisager avec sérieux l'affirmation du député actuel du Parti des Roms, Nicolae Păun, qui
prétend qu'environ 25% des membres actuels du Parlement sont (totalement ou partiellement) d'ethnie rome.
Mais, aussitôt qu'ils pénètrent la société "normale", les Roms, à quelques exceptions près, renient leurs
origines. "Assimilés", ils sont la preuve que tous les Roms peuvent vivre autrement.

 

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Demeurent donc "tziganes" nos musiciens bien-aimés mais aussi les lumpenprolétaires qui font trembler
l'Ouest, les enfants mendiants, et également les "bulibaşi", ces roitelets locaux propriétaires des châtelets
"tziganes" aux robinets dorés. Il y a autour de Bucarest les tziganes prospères avec leurs Audi et des
serviteurs roumains. Ceux-là sont en grande partie des chefs de réseaux, des faiseurs de justice dans un
système parallèle à l'Etat roumain, qui appliquent leur propre code civil (mariage d'enfants, etc.).
Les Roms victimes de leur système féodal


En Roumanie (mais aussi en Europe) coexistent deux systèmes sociaux différents, qui ne devraient pas
occuper la même période historique: un premier, tribal-féodal romani et celui de l'Etat roumain, basé sur une
autre organisation. Et après ? L'Etat roumain (comme le gouvernement Atatürk, qui dans les années 1920, a
arraché les fez que portaient lesTurcs) pourrait interdire les tribunaux tziganes; la police roumaine pourrait
montrer sa volonté de démanteler les mafias qui envoient les enfants mendier. Le nomadisme pourrait être
interdit par la loi. Mais y-a-t-il une réelle volonté, de la part du gouvernement ?
Nous nous heurtons aussi à un principe sacro-saint de l'Europe et de l'Amérique : le multiculturalisme. Les
Roms appliquent une conception différente de la vie sociale, où le nomadisme, la mendicité et la petite
délinquance ne sont pas considérées comme des activités contestables. Mais qui a le courage de combattre ce
multiculturalisme ?

 

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Des chefs de tribus honorés par les autorités roumaines
En Roumanie, il existe aujourd'hui non pas une persécution des tziganes, mais plutôt une guerre civile larvée
et inefficace entre Roumains et Roms. Personne ne gagne, personne ne perd. Les subventions de l'Etat
roumain et de l'Union européenne aident maigrement à transformer la vie tzigane. Le changement décisif
(celui du respect pour le multiculturalisme) ne peut venir que de la communauté rome elle-même, de sa
classe moyenne, qui commence à se former.


Un jour, une masse critique de Roms se rendra compte qu'elle est exploitée, et ce principalement par sa propre féodalité profiteuse. Cette caste d'empereurs et de "bulibaşi" - honorée par les autorités roumaines, invitée aux réceptions d'Etat, qui achète leurs bijoux à Paris - propose une justice parallèle et une répartition arbitraire des richesses. Elle bloque l'accès des Roms à une vie meilleure. Le jour de leur véritable éveil ethnique, les Roms, abandonnant leur condition misérable ressentie comme une fatalité, résoudront leur problème, un problème européen.

 

Les Roms aussi doivent se prendre en main
Source journal ou site Internet : Revista 22
Date : 10 septembre 2010
Auteur : Ion Vianu

19:41 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roms, tsiganes, roumanie, expulsion, sarkozy, france, histoire, nomadisme, itinérants | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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