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26/05/2010

Alexandre Soljenitsyne et l'humanisme, déviance du terme par la pensée occidentale de gauche

Il y a cinq siècles, l'humanisme s'est laissé entraîner par un projet séduisant : emprunter au christianisme ses lumineuses idées, son sens du bien, sa sympathie à l'égard des opprimés et des miséreux, son affirmation de la libre volonté de chaque être humain, mais... en essayant de se passer du Créateur de l'Univers.


Et le dessein semblait avoir réussi. Un siècle après l'autre, l'humanisme s'est imposé dans le monde comme un mouvement humain et magnanime et, dans certains cas, il a réussi à adoucir le mal et les cruautés de l'histoire.

 

 

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lire bio, cliquez l'image

M. Alexandre Soljenitsyne,cliquez ce lien voir la vidéo faite à Moscou avec B. Pivot


Cependant, au XXe siècle, des chaudières bourrées de cruautés extrêmes ont par deux fois explosé : les Première et Seconde Guerres mondiales. Il ne restait plus alors à l'humanisme que deux possibilités : soit reconnaître son impuissance et baisser les bras, soit s'élever, par de nouveaux efforts, jusqu'à un nouveau palier. Et au milieu du XXe siècle, l'humanisme nous est apparu sous un contour nouveau — le globalisme prometteur : il est temps pour nous, n'est-ce pas, il est grand temps d'établir sur toute la planète un seul ordre relationnel (comme si cela pouvait se faire !). Hisser les autres peuples jusqu'au niveau de l'ensemble de l'humanité. Donner à toute la population de notre planète la possibilité de se sentir des citoyens égaux du monde.


Créer un gouvernement mondial formé de personnes d'une haute intellectualité qui vont mettre toute leur attention et toute leur lucidité à dépister les besoins des hommes jusque dans les coins les plus reculés de la terre, chez le moindre peuple. Il a pu sembler, durant un temps très court, que ce mythe d'un gouvernement mondial allait se réaliser, on en parlait déjà avec certitude. C'est à ce moment-là qu'a été créée l'Organisation des Nations unies.

 

 

 

 

Or, dans les décennies qui ont suivi, durant la seconde moitié du siècle, se sont fait entendre des coups de gong menaçants nous avertissant que notre planète est plus petite, plus exiguë que nous ne le supposions. Et bien moins résignée à accepter le poison que déverse l'activité humaine.
Nous avons tous en mémoire la fameuse conférence écologique de Rio de Janeiro et d'autres conférences analogues dont, ces toutes dernières semaines, celle sur le réchauffement de la planète. Tous les peuples du monde — en chœur, en chœur ! — ont supplié les Etats-Unis et les autres pays avancés : modérez donc le rythme effréné de votre production ! Il devient insupportable pour nous tous sur cette terre. Les Etats-Unis représentent 5 % de la population mondiale, mais consomment jusqu'à 40 % des matières premières et sources d'énergie, et apportent 50 % de toute la pollution du globe. Mais la réponse a été catégorique : NON ! Ou des compromis insignifiants, incapables de résoudre le problème.


La fraction privilégiée de l'humanité s'est tellement adonnée à la consommation, en volume comme en diversité, qu'elle en est devenue l'esclave : se limiter, est-ce possible ? À quoi bon ? L'autolimitation volontaire est de ces qualités qu'il est le plus difficile d'acquérir, que ce soit pour le particulier, les partis, les Etats, les corporations. La vraie signification de la liberté a été perdue : l'exercice suprême de la liberté consiste à se restreindre dans tous les aspects de l'expansion et de l'accumulation. " Le progrès pour tous " : voilà une formule qui est en train de disparaître du langage commun. Si des concessions sont nécessaires ici ou là, pourquoi les exiger de nous qui sommes les peuples les mieux adaptés et les plus efficaces, le milliard d'hommes cousus d'or ? De fait, la statistique montre que le fossé entre les pays avancés et ceux qui accusent du retard non seulement ne diminue pas, mais ne cesse de se creuser. Une loi cruelle s'est imposée : celui qui a pris une fois du retard s'y trouve condamné. S'il faut donc réduire l'industrie sur la terre, ne serait-il pas naturel de commencer par le tiers-monde ? (Ses frontières ne sont pas très nettement délimitées ; des pays isolés sur leur propre lancée arrivent bien à s'en dégager, mais cela n'infirme pas le tableau général.) Le tiers-monde n'a qu'à garder par-devers lui ses matières premières et sa main-d'œuvre. Pour mener à bien ce programme, aucune force politique ou militaire n'est d'ailleurs nécessaire, les puissants leviers financiers et économiques suffisent, les banques, les firmes multinationales.


Telle a été la transformation de l'humanisme prometteur en humanisme directif.

Une telle transformation était-elle insolite pour l'humanisme ? Souvenons-nous que son développement a connu une époque où, après d'Holbach, Helvetius, Diderot, fut proclamée et acceptée par de nombreux adeptes la théorie de " l'égoïsme rationnel ". Si l'on parle sans fioritures, il s'ensuivait que le plus sûr moyen de faire du bien aux autres était d'obéir strictement à ses propres intérêts égoïstes. En Russie, les esprits éclairés du XIXe siècle enseignaient de même. Et, jusque dans la presse russe d'aujourd'hui, je rencontre l'expression " l'intérêt égoïste éclairé ". Comprenez : " Bien qu'égoïste, éclairé ! "
Aussi l'humanisme rationaliste, cet anthropocentrisme opiniâtre et séculier, ne pouvait-il échapper à une crise inéluctable.
Et quel bon air cela nous a-t-il apporté ? Un totalitarisme économique, directif et universel ! Comment est-ce possible ? De surcroît, engendré par les pays les plus démocratiques qui soient !


Faisons un retour sur les années 20-30. Les meilleurs esprits en Europe étaient pleins d'admiration pour le totalitarisme communiste. Ils ne lui ménageaient pas leurs louanges, ils se mettaient avec joie à son service en lui prêtant leurs noms, leurs signatures, en participant à ses conférences. Comment cela a-t-il pu arriver ? Ces sages n'avaient-ils pas la possibilité de voir clair dans l'agressive propagande bolchevique ? À cette époque, je m'en souviens, les bolcheviques annonçaient littéralement : " Nous, les communistes, sommes les seuls vrais humanistes ! "


Non, ces éminentes intelligences n'étaient pas si aveugles, mais elles se pâmaient en entendant résonner les idées communistes, car elles sentaient, elles avaient conscience de leur parenté génétique avec elles. C'est du siècle des Lumières que partent les racines communes du libéralisme, du socialisme et du communisme. C'est pourquoi, dans tous les pays, les socialistes n'ont montré aucune fermeté face aux communistes : à juste titre, ils voyaient en eux des frères idéologiques, ou si ce n'est des cousins germains, du moins au second degré. Pour ces mêmes raisons, les libéraux se sont toujours montrés pusillanimes face au communisme : leurs racines idéologiques séculières étaient communes.


On a beaucoup discuté sur le point de savoir si la politique devait ou non être morale. Généralement, on estime que c'est impossible. On oublie que, dans une perspective à long terme, seule une politique qui tient compte de l'éthique donne de bons fruits. Bien sûr, transposer directement des critères éthiques d'un individu à un grand parti, à des nations, ne peut se faire de façon adéquate, mais on ne doit pas non plus le négliger.


Sinon... On a estimé possible de commencer à écarter l'Organisation des Nations unies, considérée comme un obstacle ; dans certaines situations difficiles, de se passer du Conseil de sécurité ; voire d'ignorer complètement l'ONU : à quoi sert-elle quand nous avons une excellente machine de guerre internationale ? Et avec son aide, on se permet — oh ! uniquement dans un but humanitaire — de bombarder trois mois durant un pays européen avec ses millions d'habitants, de priver des grandes villes et des régions entières d'électricité, vitale de nos jours, et de détruire sans aucune hésitation les séculaires ponts européens sur le Danube. Etait-ce pour épargner la déportation à une partie de la population tout en condamnant à cette même déportation l'autre partie ? Etait-ce pour guérir une nation déclarée malade, ou pour lui arracher à jamais une province convoitée ?


C'est sous ces noirs auspices que nous entrons dans le XXIe siècle.


Que dire de la Russie d'aujourd'hui ? Ici, la politique est plus encore qu'ailleurs éloignée de la morale. Le destin de la Russie en ce siècle a été particulièrement tragique. Après soixante-dix ans d'oppression totalitaire, le peuple a été soumis à l'ouragan destructeur d'un pillage qui a détruit sa vie économique et sapé ses forces spirituelles. On n'a pas donné le temps à notre peuple assommé, de part en part blessé, de se relever, en premier lieu parce qu'on a étouffé toutes les tentatives d'auto-administration, toute initiative, toute velléité de faire entendre sa voix et d'avoir les mains libres pour bâtir son propre destin. Tout cela a été remplacé par une foule — plus nombreuse encore qu'à l'époque soviétique — de fonctionnaires qui dansent sur nos têtes. Notre classe politique actuelle n'est pas d'un niveau moral élevé, et son niveau intellectuel ne vaut guère mieux. Elle est dominée de façon monstrueuse par les membres non repentis de la nomenclature qui, toute leur vie, avaient maudit le capitalisme pour subitement le glorifier, par d'anciens chefs rapaces du Komsomol, par des aventuriers de la politique et, dans une certaine mesure, par des personnes peu préparées à ce nouveau métier.


De la Russie actuelle, on pense couramment qu'elle s'enfonce dans le tiers-monde. Des voix sinistres disent que c'est désormais sans retour. Je ne le pense pas. Je crois en la santé de l'esprit en Russie, qui, tout laminé qu'il soit, lui donnera les forces pour se relever de son évanouissement. J'ai du reste toujours cru que les potentialités de l'esprit l'emportent sur les conditions d'existence et qu'elles sont capables de les dominer.


Je pense que cette propriété de l'esprit aidera aussi l'Occident et la France à dominer la crise profonde qui s'annonce.

 

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Alexandre Isaïevitch Soljenitsyne (Александр Исаевич Солженицын)

 

Le stalinisme n'a existé ni en théorie ni en pratique : on ne peut parler ni de phénomène stalinien, ni d'époque stalinienne, ces concepts ont été fabriqués après 1956 par la pensée occidentale de gauche pour garder les idéaux communistes.

L'erreur de l'Occident, Alexandre Soljenitsyne, éd. Grasset, 1980, p. 46-47

08/04/2010

Berlin - Les offensives géantes de l’Armée Rouge (12 janvier – 9 mai 1945)

Un pan majeur de l’histoire militaire soviétique présenté par Jean Lopez, spécialiste du conflit germano-soviétique.


Les stratégies et les tactiques : l’art opératif

 

Dans son ouvrage Berlin, les offensives géantes de l’Armée Rouge (12 janvier – 9 mai 1945), Jean Lopez se livre à l’analyse des grandes offensives de l’Armée Rouge qui aboutirent à la reddition de Berlin, le 2 mai 1945. Longtemps obscurcie par la propagande issue de la guerre froide, la pensée militaire de l’armée russe est ici enfin révélée. On découvre ainsi que les soviétiques furent les inventeurs de l’art opératif, véritable révolution stratégique que l’ouest mettra plus d’un demi-siècle à adopter !

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Tout commence le 12 janvier 1945. Il s’agit de l’assaut final visant à achever le Reich. Pour arriver à leur but, les soviétiques ne lésinent pas sur les moyens. Le rapport de forces leur est largement favorable. Sur le front est, les Allemands disposent d’environ 500 000 hommes et d’à peine 1000 chars lorsque les deux « fronts » de Joukov et Koniev capitalisent plus de deux millions d’hommes et plus de 6000 chars. L’offensive débute sur la Vistule entre Varsovie et Cracovie, le but étant d’atteindre l’Oder et d’obtenir les conditions favorables pour asséner l’ultime coup sur Berlin. Les russes se sont fixé 45 jours pour prendre Berlin.

En trois jours, la défense allemande sur la Vistule est éventrée. Les "Fronts" de Joukov et de Koniev progressent de 300 à 600 kilomètres en dix-sept jours. L’opération Vistule-Oder est un succès énorme pour l’Armée Rouge, qui fait un sans-faute. La Ostheer est détruite à 75%, les pertes allemandes sont considérables. Les Russes sont à 65 kilomètres de Berlin. Que vont-ils faire ? Foncer sur Berlin ou renforcer leur position en Pologne par la conquête de nouveaux territoires ? Il faut préciser que cette question se pose alors qu’à Yalta, Churchill et Roosevelt remettent en cause la fixation de la frontière orientale de la Pologne. Staline, irrité, choisit alors de s’emparer du maximum de gages territoriaux. Voilà une des raisons qui l’amènent à porter la bataille en Prusse orientale et en Poméranie mais aussi en Silésie. Or, il faudra de longues semaines pour conquérir ces régions.

Pourquoi ces difficultés ? Tout d’abord, les soviétiques s’engagent dans une conquête plus importante avec moins de moyens mais surtout ils se heurtent à deux problèmes. Le premier constitue la faiblesse majeure de l’Armée Rouge : il s’agit de la dissolution morale de la troupe, une fois la frontière allemande franchie. On ne peut pas se battre, violer, piller et saccager en même temps. Le second problème est d’ordre logistique. Les Allemands détruisent ou occupent les principaux carrefours ferroviaires. Les Russes n’ont plus d’obus, de carburant… À ces deux raisons, il faut ajouter une résistance allemande surprenante renforcée par un sursaut exceptionnel de la Luftwaffe. Il ne s’agit là que d’obstacles retardant le succès de l’Armée Rouge, inévitable par les moyens engagés et l’état de décomposition de la Wehrmacht.


L’opération Prusse-Orientale


La conquête de la Prusse-orientale s’avère particulièrement atroce. La bataille de Königsberg, le 5 avril, illustre la violence et l’inhumanité de cette campagne. Les Russes engagent des moyens disproportionnés pour prendre cette ville de 372 000 habitants. Ils prévoient pas moins de deux armées aériennes, deux corps de chasseurs-bombardiers, soit au total près de 2500 appareils. Le 6 avril, les bombardements transforment la ville en mouroir de masse. Malgré une tentative de résistance, la ville est prise le 9 avril. Il s’agit du pire exemple de crémation complète et réfléchie. Le bilan de l’opération Prusse-Orientale est lourd. Les Russes ont réussi à détruire deux armées allemandes mais au prix de 200 000 tués et autant de prisonniers. Les pillages et bombardements laissent une contrée ruinée et vidée à 90% de sa population. Quant aux pertes soviétiques, elles aussi sont lourdes : plus de 126 000 tués, plus de 400 000 blessés, plus de 3500 chars détruits…


La course pour Berlin


Le « nettoyage des ailes » (Poméranie, Silésie, Prusse-Orientale) a quelque peu détourné les soviétiques de leur but initial qu’était Berlin. Alors que leurs forces sont encore éparpillées, les alliés franchissent le Rhin… Staline se sent menacé : les alliés ne vont-ils pas chercher à prendre Berlin les premiers ? Dès lors, Berlin redevient l’objectif suprême. Staline est prêt à tout pour arriver à ses fins. Il met en ligne trois fronts et n’hésite pas à jouer de la concurrence entre ses maréchaux, Koniev et Joukov : c’est à qui arrivera le premier !

L’opération Berlin se déroule en deux temps : la bataille pour Berlin puis la prise de la ville en elle-même. Les combats débutent le 16 avril, sur les hauteurs de Seelow. Cette bataille manque de tourner au fiasco, faute de préparation et d’information. Joukov a largement sous-estimé la résistance de la 9e armée allemande. Il faut dire que le sursaut allemand est remarquable. Malgré l’état de décomposition avancé du Reich, il arrive à mettre près d’un million d’hommes sur l’Oder et la Neisse. Ces hommes sont peu préparés mais assez bien équipés et permettent ainsi aux Allemands d’organiser une vraie défense. Se sachant perdus, leur but est de forcer les Russes à une coûteuse bataille d’attrition. Ils réussissent. L’avancée russe n’est pas aussi rapide que prévue et les pertes sont énormes (plus de 12000 tués en quatre jours).

Finalement, le 20 avril, les troupes soviétiques sont aux abords de Berlin. Sokolovsky arrive par le nord, et Koniev (qui venait de disperser le groupe d’armées du Centre) par le sud. Le 21 avril, la ville est complètement encerclée. Quant à Hitler, il se réfugie dans son bunker situé dans les jardins de la Chancellerie. Les forces allemandes à Berlin se résument à 300 000 soldats, mal équipés, ne disposant d’aucun engin lourd et de peu de munitions. Les renforts tant attendus n’arriveront jamais, car toutes les armées allemandes sont encerclées en différents points du front. Les combats dans la ville sont difficiles : les soldats allemands se battent pour chaque rue, chaque immeuble, chaque maison, avec acharnement. L’entrée en action de l’artillerie, des blindés et de l’aviation soviétique rend la résistance allemande vaine. Le 26, les russes prennent l’aéroport de Tempelhof, ce qui prive les troupes allemandes du peu de soutient que la Luftwaffe pouvait encore leur apporter. Le 30 avril 1945, Hitler et sa jeune épouse, Eva Braun, se suicident. Cette nouvelle n’ébranle pas les Berlinois qui continuent à défendre leur ville. Le soir même, les soldats de l’Armée rouge s’emparent du Reichstag et y plantent le drapeau soviétique. Le 1er mai 1945, le général Weidling (commandant de la garnison de Berlin) n’a plus d’autre choix que de capituler. Deux jours de combats sont toutefois encore nécessaires pour vaincre les dernières résistances.

L’opération Berlin est une des plus sanglantes de la guerre. On estime à un demi-million le nombre de tués, militaires et civils, pour l’ensemble de l’opération.


Que retenir de ces épisodes sanglants ?


Tout d’abord, l’ensemble de ces dernières opérations était-il vraiment nécessaire ? Oui, dans la mesure où Hitler a imposé l’anéantissement complet d’un des protagonistes pour arrêter la guerre. On peut donc estimer que la volonté d’Hitler est la cause de cette prolongation inutile. Mais Hitler est-il le seul responsable ? Non. Et c’est là un des enseignements majeurs du livre de Jean Lopez : les chefs de la Wehrmacht sont coresponsables. L’auteur de Berlin insiste sur leur faillite morale et professionnelle : « Aveuglés par un complexe de supériorité délirant, les chefs de la Wehrmacht se sont montrés incapables de protéger leur peuple, incapables de mettre fin à la guerre, comme ils se sont montrés incapables de rivaliser avec la pensée stratégico-opérative des soviétiques ». C’est là, le second point majeur mis en exergue par Jean Lopez : inventeurs de l’art opératif, les soviétiques sont de bons militaires. Leur victoire n’est pas le seul résultat de leur supériorité numérique, mais le fruit d’une pensée militaire en avance de cinquante ans sur le reste du monde. En effet, cette offensive géante de l’Armée rouge représente le modèle quasi-parfait de la « bataille en profondeur » théorisée par les soviétiques dès les années 1930 et mise en application pour la première fois.

 

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