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08/11/2010

Les carbocentristes par Benoît Rittaud ou le "mythe climatique" (son livre)

Entretien avec Benoît Rittaud


Benoît Rittaud est mathématicien, maître de conférences à l’université Paris-XIII. II est l’auteur du livre Le Mythe climatique, paru en février 2010 aux éditions du Seuil.


Pour désigner les scientifiques qui adhèrent à la thèse du GIEC d’un réchauffement d’ampleur exceptionnelle causé par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, vous utilisez le terme « carbocentristes ». Pourquoi ce néologisme ?


BR : Le choix des mots est important. Les scientifiques favorables aux thèses du GIEC ne sont pas « les » climatologues, mais « des » climatologues. Nombreux en effet sont les climatologues qui contestent les affirmations du GIEC. Comme il n’existait pas de mot pour désigner « la théorie selon laquelle les émissions humaines de gaz carbonique sont la cause majeure de l’évolution climatique actuelle », j’ai forgé ce néologisme de « carbocentrisme », qui se veut aussi neutre que possible.

 

http://blog.rc.free.fr/blog_invites/benoit%20rittaud.jpg

cliquez voir son blog


On lit souvent qu’on a d’un côté les thèses du GIEC qui reposent sur l’avis de milliers d’experts, reflétant l’état actuel des connaissances scientifiques et des incertitudes, de l’autre des individualités qui n’ont pas de compétence dans le domaine, et ne publient pas dans des revues scientifiques à comité de lecture…


BR : C’est tout simplement faux. De nombreux articles mettant en défaut le carbocentrisme paraissent régulièrement. L’un d’eux, paru en mars 2010, concerne une chute de température de 9°C lors du Crétacé dans une région aujourd’hui située en Norvège, refroidissement inexpliqué survenu alors que la teneur atmosphérique en CO2 était plus élevée qu’aujourd’hui. Et ce n’est qu’un exemple entre mille.

 

 

 

 

Vous n’êtes pas spécialiste du climat, mais mathématicien. Quelles compétences possédez-vous qui puissent légitimer votre opinion, assez catégorique ?


BR : En science, ce qui fait la valeur d’une opinion n’est pas les titres et diplômes de celui qui la donne : seul le contenu compte. Quoi qu’il en soit, les mathématiques sont un élément important de la science climatique dans son ensemble, qui utilise beaucoup les statistiques, le traitement du signal et la modélisation.


Vous consacrez un chapitre de votre livre à la fameuse courbe de Mann [1] (en crosse de hockey) publiée en 1998 en relevant des erreurs sur la méthode statistique. Votre critique sur la méthode statistique utilisée paraît fondée, mais Jean Jouzel, vice-président du GIEC, en a minimisé la portée dans une interview dans Le Figaro [2], estimant que l’erreur induite par la méthode de Mann est minime, et que de toute façon, la courbe de Mann n’est pas au coeur de la théorie du réchauffement…


BR : Il faut vraiment ne pas s’être plongé dans la manière dont elle a été construite pour prétendre que la méthode utilisée pour la crosse de hockey ne comporterait qu’une « erreur minime » : les données étaient truffées d’erreurs, et l’outil statistique complètement faux.

 

D’accord pour dire que la courbe de Mann n’est pas si cruciale, mais dans ce cas, qu’attend le GIEC pour reconnaître loyalement qu’il a eu tort de tant la mettre en évidence dans son rapport de 2001, où elle apparaît six fois ? Le fait qu’une courbe complètement fausse, visiblement insuffisamment examinée, ait pu servir d’étendard médiatique au GIEC est la marque d’un grave dysfonctionnement. L’incapacité du GIEC à reconnaître cette erreur en est une autre.

 

http://sauvonsleclimat.typepad.fr/.a/6a00e553d1074e8834013480943932970c-800wi

son livre

 

Les parties techniques de votre livre sur la collecte et le traitement des données sur le climat n’ont pas soulevé de critiques de la part de ceux que vous appelez les « carbocentristes ». Simplement, ils rétorquent que vous n’apportez pas d’argument nouveau. Par exemple, les biais dont vous parlez à propos de la collecte des températures (biais liés à l’urbanisation des zones où se trouvent les stations météos) sont pris en compte dans les leurs calculs.


BR : Je pense que la nouveauté de mes arguments se trouve surtout dans mon analyse épistémologique. Il me semble que c’est vraiment là un angle original, mais auquel n’ont pas toujours accès mes contradicteurs, qui ont l’air d’avoir bien du mal à prendre du recul sur ce qu’ils font. Notez que le GIEC non plus n’apporte rien à la science climatique stricto sensu : tout ce qu’il fait est une synthèse de la littérature existante. Faudrait-il le lui reprocher ?

 

Enfin, pour ce qui est du biais de température dû à l’urbanisation, il ne suffit pas de bricoler
une correction : il faut que la méthodologie soit validée, en particulier pour tenir compte de manière adéquate de l’évolution de l’environnement immédiat des stations de mesure. De gros problèmes ont été relevés à ce sujet, avec des stations toujours répertoriées comme « rurales » alors que leur environnement s’est progressivement urbanisé.


Les modèles sur lesquels se fondent les prévisions d’une poursuite d’un réchauffement causé par l’homme reconstituent assez fidèlement les températures du passé, et sont convergents. N’est-ce pas la preuve de leur pertinence ?


BR : Les modèles sont, en gros, d’accord entre eux, et donc quand ils se trompent, ils se trompent tous ensemble. Par exemple, tous prévoient un réchauffement important au niveau de la troposphère tropicale (c’est une conséquence incontournable du carbocentrisme), qui n’existe pas dans la réalité. De plus, il ne suffit pas de reconstituer a posteriori ce qui s’est passé, mais de se montrer capable de faire des prévisions.


Or, entre autres, aucun modèle n’avait anticipé la stagnation actuelle de la température globale, qui dure depuis maintenant une décennie. Comment, dans ces conditions, leur faire confiance pour nous dire quel climat nous aurons dans cinquante ans ? Contrairement à ce qui est souvent affirmé, les modèles ne reposent pas sur une physique éprouvée : de nombreuses inconnues subsistent, au premier rang desquelles le rôle des nuages. Croire qu’il suffirait de quelques gros ordinateurs pour pallier nos lacunes théoriques est un mythe
contemporain.

 

Lien: Débat Courtillot & Rittaud - Jouzel & Legras

 


Vous soulignez la stagnation des températures, voire une légère tendance à la baisse depuis 1998, année qui est considérée comme la plus chaude enregistrée depuis 150 ans. Pourtant les partisans de l’origine anthropique du réchauffement ne voient pas là matière à réviser leur théorie et leurs prévisions. Il s’agirait selon eux d’un simple phénomène provisoire qui masquerait la tendance lourde au réchauffement climatique.


BR : Un phénomène provisoire… qui dure tout de même depuis dix ans et n’a pour l’instant reçu aucune explication reconnue. On parle maintenant de « pause dans le réchauffement » : c’est là une formule qui ne fait que masquer notre ignorance. Si dix ans sans réchauffement ne suffisent pas, on se demande un peu ce qu’il faudrait pour que les carbocentristes questionnent pour de bon leur idée d’un réchauffement. Certains ont même dit que des simulations d’évolution de température au XXIe siècle montrent des périodes de
stagnation occasionnelles, et que « donc » tout est sous contrôle. Sauf qu’obtenir des stagnations quelque part sur un siècle de projection pour différents modèles n’est pas une validation, on ne peut même pas dire que cela corrobore la valeur collective des modèles, puisqu’une pièce de monnaie ferait tout aussi bien. Si un modèle donne une stagnation entre 2030 et 2040, un autre entre 2060 et 2070 et un troisième entre 2080 et 2090, peut-on sérieusement soutenir qu’ils sont collectivement cohérents avec la stagnation observée entre 2000 et 2010 ? Le fait d’avoir atteint ce niveau d’argumentation montre qu’il y a vraiment un problème, et qu’il devient urgent que des scientifiques extérieurs au domaine viennent rappeler quelques règles de base de l’argumentation scientifique.


Un des aspects originaux de votre livre est de consacrer une partie à la réflexion épistémologique. Pour vous, il est clair que la théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique ne satisfait pas au critère scientifique minimum de réfutabilité. Pouvez-vous en donner un exemple ?

 

BR : La stagnation des températures dont nous venons de parler, et l’« explication » qui en a été donnée, sont des exemples qui montrent combien l’épistémologie est utile pour détecter que quelque chose ne va pas. Et il y a bien d’autres exemples. Prenons la banquise : en septembre 2007, celle-ci a fondu plus que d’habitude, conduisant à nombre d’alertes et de pronostics catastrophistes (notons tout de même que nous ne disposons de données que depuis 30 ans, ce qui est fort peu). Le fait que, selon tous les organismes effectuant des mesures (notamment le NSIDC américain, et le satellite JAXA japonais), la banquise se soit étendue en septembre 2008, puis encore plus en septembre 2009 n’a eu pour seul effet sur les carbocentristes… que d’attirer l’attention sur le volume de la glace plutôt que son extension, volume dont la valeur n’est pourtant jamais donnée. Comme pour la crosse de hockey ou pour la stagnation des températures, les carbocentristes ont toujours mille raisons pour esquiver toute véritable remise en question.

 

N’allez-vous pas trop loin lorsque vous parlez de « climatomancie » ? Les scientifiques sur lesquels s’appuie le GIEC sont formés aux méthodes et à la rigueur des sciences dites dures, et même s’ils peuvent se tromper, ils ne ressemblent pas à l’image qu’on se fait de madame Irma.


BR : Je distingue très clairement la climatomancie du carbocentrisme. Ce que j’appelle climatomancie est une déviance pseudo-scientifique du carbocentrisme, qui est, lui, une théorie scientifique comme une autre.


Des déviances très comparables ont pu être observées par le passé dans toutes les disciplines. En effet, non seulement chaque science possède invariablement son (ou ses) reflets pseudo-scientifiques (astronomie/astrologie, chimie/alchimie, mathématiques/numérologie, etc.), mais l’histoire des sciences montre qu’il y a toujours un moment de l’histoire où science et pseudoscience vont main dans la main : avant Galilée, les astronomes sont aussi des astrologues, Kepler en est l’exemple le plus illustre. Pour moi, les carbocentristes-climatomanciens sont comparables à Kepler, qui publie sa troisième loi dans un livre… d’astrologie.


On entend parfois dire que, même si les prévisions du GIEC devaient se révéler fausses, mieux vaut, dans le doute, suivre ses préconisations de réduction de gaz à effet de serre.


BR : Ce discours me semble antiscientifique car il conduit à nier l’importance de la validation des théories scientifiques. Il est, par ailleurs, curieux que tant de monde semble avoir oublié que le gaz carbonique n’est en rien un polluant, et qu’il est même l’aliment premier des plantes !


Le débat sur le climat est parasité par des positionnements idéologiques dans les deux « camps », et il est marqué par une violence extrême : ne peut-il pas y avoir sur le sujet de débat serein qui débouche progressivement sur un consensus raisonnable ?


BR : Ces dernières années, ce sont surtout les climato-sceptiques qui ont subi l’agressivité que vous évoquez.
Avant une date fort récente, exprimer des doutes sur le carbocentrisme était à peu près impossible. Cette violence silencieuse m’a beaucoup frappé. À présent que les choses ont évolué, un vrai débat peut enfin avoir lieu, avec aussi ses excès, bien sûr, qui sont les excès classiques de tout débat passionné et qu’il faudrait effectivement tâcher de mieux canaliser. Quant au « consensus », je ne crois guère qu’il constitue une fin en soi en science : je crois davantage aux vertus du doute.

 

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Le GIEC est régulièrement la cible des climato-sceptiques. Quel est votre avis personnel sur cet organisme international ?


BR : Fondé conjointement par l’Organisation Météorologique Mondiale et par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, le GIEC est intrinsèquement un mélange entre science et politique. À chaque fois qu’un tel mélange a lieu, la science en sort affaiblie. Le GIEC a de graves carences, ne produit pas des rapports équilibrés, jette le discrédit sur la climatologie, et par ricochet sur la science et l’expertise en général : je pense donc qu’il vaudrait mieux clore l’expérience. J’ajoute que cela n’implique nullement de ma part un jugement négatif sur les scientifiques qui y travaillent et qui sont aussi honnêtes que compétents – même s’ils sont à l’évidence dépassés par les conditions du débat. Celles-ci mêlent angoisses millénaristes aussi bien que politique internationale, des sujets face auxquels les qualités scientifiques sont souvent bien dérisoires…


[1] La « courbe de Mann » retraçait les températures terrestres moyennes sur un millénaire et présentait une
forme de crosse de hockey, avec une hausse spectaculaire des températures au cours des dernières décennies.
Le rapprochement de cette courbe avec celle de la concentration en CO2 dans l’atmosphère depuis l’âge
industriel confirmait l’hypothèse de l’origine anthropique du réchauffement actuel.
[2] http://blog.lefigaro.fr/climat/2010....

 

Un point de vue sceptique sur la thèse « carbocentriste »
Source journal ou site Internet : SPS
Date : 6 novembre 2010
Auteur : Stéphane Adrover

08/10/2010

Le GIEC plus que jamais constesté! Aux US les libéraux via l'ONU, vilipendent les dits "experts"

Une organisation au fonctionnement contesté.


L’Onu épingle les responsables de cet organisme dont l’alarmisme ne fait pas l’unanimité. Ses opposants se sont regroupés au sein du Heartland Institute. Nous avons rencontré ces experts qui parlent franc.
Rangez vos sahariennes. Sortez vos canadiennes. Nous entrons dans une période froide ! C’est le cri d’alarme du géologue Don Easterbrook, professeur émérite à la WesternWashington University. Il fait partie de ces milliers de scientifiques qui contestent les bilans alarmistes et catastrophistes du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), dont l’organisation et les méthodes de fonctionnement viennent d’être tancées sévèrement par l’Onu.

 

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-environnement/les-mots-verts/r.-k.-pachauri-climatologue.-geneve/488110-1-fre-FR/r.-k.-pachauri-climatologue.-geneve_940x705.jpg


Dans un rapport remis le 30 août par le Conseil interacadémique, organisme consultatif composé de quinze académies des sciences, l’Onu recommande au Giec de « réformer fondamentalement sa structure de direction », aujourd’hui présidée par le très controversé chercheur indien Rajendra Kumar Pachauri, fragilisé par la critique, et de « renforcer ses procédures pour faire face à des évaluations climatiques de plus en plus complexes ».


Sans remettre en cause les conclusions climatologiques du Giec dont la présidence avait demandé ce rapport d’audit, conjointement avec l’Onu, le président du Conseil interacadémique, Harold Shapiro, professeur d’économie à Princeton, a été d’une grande franchise : « Je pense que les erreurs faites [par le Giec] ont entamé la crédibilité du processus. »
Le manque de transparence et de rigueur du Giec, créé en 1998 et récompensé par le prix Nobel de la paix en 2007 (partagé avec Al Gore), avait été mis en cause en 2009, après les révélations sur des erreurs et des manipulations de données de sa part, renforçant son alarmisme sur le réchauffement de la planète.


Du coup, le courant des “climatosceptiques”, opposé au Giec, a repris de la vigueur après avoir lancé une sorte de contre-offensive scientifique organisée autour du Heartland Institute, la principale organisation scientifique américaine regroupant tous ceux qui doutent de la thèse du réchauffement des températures. En mai dernier, ses principaux représentants étaient réunis à Chicago pour leur quatrième conférence internationale sur le changement climatique.


Fondé en 1984 à Chicago, le Heartland Institute s’est installé dans la ville symbole de l’école libérale américaine, dont Milton Friedman fut l’une des figures de proue. L’institut défend avec passion la liberté de marché, s’oppose à toute régulation fédérale tendant à limiter l’esprit d’entreprise et à tout oukase ou à toute idéologie sur la recherche scientifique. Fort d’un budget de 5,2 millions de dollars (en 2007), il soutient ainsi les fabricants de tabac, les marchands d’alcool mais aussi les producteurs d’énergie.


Ses détracteurs sont nombreux. L’institut est accusé d’être à la solde des grands lobbies industriels. Il répond qu’il ne reçoit que 16 % de ses revenus de tels grands groupes – 84 % provenant de particuliers et de fondations. Il souligne qu’il n’accepte aucun fonds gouvernemental et qu’il n’effectue aucune recherche spéciale au profit de lobbies industriels. Le site Exxon-Secrets.org l’accuse pourtant d’avoir touché près de 800 000 dollars depuis 1998 de la société pétrolière Exxon-Mobil : « Le Heartland Institute n’est pas une organisation scientifique mais un moulin à propagande. » L’institut se défend : « Ces attaques viennent essentiellement de gauchistes qui s’opposent à notre position en faveur de la liberté individuelle et d’un État faible. »


Tous les chercheurs du Heartland Institute ne partagent pas les vues exprimées par Don Easterbrook pour qui le réchauffement de la planète s’est achevé pour plusieurs décennies et reprendra vers 2030, dans le cadre d’un cycle faisant alterner le chaud et le froid tous les trente ans. Le refroidissement à venir, affirme-t-il, sera encore plus néfaste que le réchauffement : il tuera deux fois plus de gens qu’une chaleur extrême, la production alimentaire diminuera, la consommation d’énergie augmentera ainsi que son prix, ce qui pourra entraîner une instabilité politique et sociale mondiale.


Richard Lindzen, du Massachusetts Institute of Technology, lui aussi venu à Chicago, est plus nuancé : « Dire que le réchauffement est dû aux activités humaines est trivialement vrai mais essentiellement dépourvu de sens. » À ses yeux, les alarmistes du Giec tentent d’appuyer les données qu’ils ont créées, au lieu de tester les hypothèses. Les chercheurs proches du Heartland Institute doutent aussi de l’impact des nouvelles lois antiréchauffement.


De son côté, l’économiste espagnol Gabriel Calzada a calculé que les emplois verts, en raison de la taxe imposée pour développer les énergies renouvelables, ont fait grimper le prix de l’électricité de 77 % entre 1998 et 2009. Son collègue italien Carlo Stagnaro estime que, pour un emploi vert créé, près de sept pourraient l’être ailleurs dans le secteur industriel, à investissement égal. L’ancien gouverneur de Virginie, George Allen, recommande de son côté de développer l’énergie nucléaire. Son argument : «Si les Français peuvent le faire, les Américains le peuvent aussi. »
« Tout ce que la gauche a réussi à faire, c’est de relégitimer le nucléaire », sourit Joseph Bast, le président du Heartland Institute. La polémique dite du Climategate, mettant en cause les méthodes du Giec, ne l’a pas étonné : « C’est un grand moment pour être sceptique. C’est un grand moment pour être libertaire. » La révélation par des courriels que le Centre de recherches sur le climat de l’université d’East Anglia (Royaume-Uni) aurait tenté d’étouffer les voix des climato-sceptiques en refusant de publier leurs articles a troublé les scientifiques.


Le climatologue Fred Singer, l’un des chefs de file du mouvement climatosceptique américain, estime lui aussi que cette affaire a changé le ton et l’atmosphère de la discussion entre scientifiques : « Le débat dure depuis près de vingt ans mais la publication des courriels concernés a confirmé ce que nous soupçonnions depuis longtemps. Un petit groupe d’individus a essayé de limiter le débat, ou, plus exactement, a tenté d’éviter qu’il ne devienne public. »
Enseignant les sciences environnementales à l’université de Virginie, fondée par Thomas Jefferson, Fred Singer connaît bien le milieu scientifique, autant que l’administration dans laquelle il a occupé de nombreuses fonctions, y compris à la Nasa. Expert mondialement reconnu pour ses travaux sur les questions d’énergie et d’environnement, Singer est l’un des fondateurs du Groupe international non gouvernemental sur le changement climatique (NIPCC, dans son sigle anglais), véritable machine de guerre contre le Giec dont il a disséqué les méthodes assez peu scientifiques : « Ils ont agi en écartant les dissidents, en exerçant des pressions sur les éditeurs pour qu’ils ne publient pas leurs travaux. L’aspect le plus important est qu’ils ont caché des données ou les ont manipulées, ce qui est pire. Ils ont, pour les citer, “dissimuler” le déclin de la température au public. »
Fred Singer poursuit : « Il est toujours dangereux de dire qu’une période est chaude ou froide, sauf si vous spécifiez de quelle période vous parlez, poursuit-il. De toute évidence, le climat s’est réchauffé depuis l’ère glaciaire, il y a 20 000 ans. Il s’est aussi réchauffé au cours des 200 dernières années. Mais il s’est refroidi depuis 1998. On ne peut pas dire qu’il fait plus froid ou plus chaud si on ne précise pas la période dont on parle. Cela n’a pas de sens. »


Le chercheur n’est pas avare en explications et en clarifications. Pour lui, une température peut baisser au cours des 10 ou 15 dernières années, tout en étant la plus élevée des 100 dernières années : « Cela n’est pas contradictoire. Dans un cas, on parle d’une tendance, mesurée en degrés centigrades par an ; dans l’autre cas, on parle d’une température en degrés centigrades. L’un est un taux de changement de température, l’autre un niveau de température. Ce sont deux concepts différents, comme la vitesse et l’accélération pour parler de la vélocité. »


Fred Singer ne nie pas que la température a été plus élevée au cours des 10 dernières années qu’au cours des 100 dernières. Avec ses amis du NIPCC, il montre que la température a en fait baissé durant les 10 dernières années. C’est la tendance : « On peut avoir une température en hausse et une “tendance” à la baisse. Ce qui compte, c’est la “tendance”, car elle prend en compte les gaz à effet de serre qui n’ont cessé d’être émis depuis la révolution industrielle. »


L’effet de serre ne l’effraie pas et le NIPCC estime qu’un réchauffement est dû à l’augmentation du CO2 : «
L’effet de serre existe, mais les données ne le montrent pas. Nous croyons aux données, pas à la théorie. »
C’est ce qui diviserait aujourd’hui la communauté scientifique : « Il y a ceux qui croient en la théorie : que la température doit augmenter car c’est ce que disent les modèles ; et ceux qui, comme nous, croient en l’observation de l’atmosphère. »
Le dialogue entre sceptiques et “réchauffistes” n’est pas rompu. « Il y a quelques très bons scientifiques dans l’autre camp », sourit Singer. Pour redorer son blason, le Giec a compris qu’il fallait inclure dans ses rapports des opinions dissidentes de scientifiques qui ont travaillé sur les mêmes informations, mais sans arriver aux mêmes conclusions.


Il a aussi subi des pressions. « Un scientifique chinois a suggéré que le groupe s’ouvre aux contestataires, poursuit Singer, mais je ne crois pas que cela arrive. Nous continuerons à écrire nos opinions séparément, avec le NIPCC pour les diffuser. Notre objectif est de publier des mises à jour annuelles et un rapport complet en 2013. »


Les débats scientifiques ont toujours existé. Ils continueront : « Il y a toujours une majorité qui s’accroche à une certaine position jusqu’à ce qu’on lui prouve qu’elle a eu tort. Le débat est sincère, il va dans la direction des sceptiques, car un vrai scientifique doit toujours être sceptique. » Ses adversaires “réchauffistes” ne lui semblent pas malveillants : « Ils ne sont pas mauvais. Ils ont simplement tort. C’est tout. Mon espoir est qu’après ce qui s’est passé à Paris et à Londres, les choses vont changer, très bientôt. »


Fred Singer et ses amis du NIPCC perçoivent un grand mouvement en France. « L’Académie des sciences a enfin reconnu le sérieux du débat et il doit y avoir une discussion publique en octobre à Paris. Plus important encore, la Royal Society de Londres, la plus ancienne société scientifique du monde, extrêmement alarmiste, vient de reconnaître que les opinions dissidentes sont importantes. »


Elle a créé une commission chargée d’examiner les modèles. Ses conclusions auront un effet sur les autres académies, « notamment sur l’américaine, qui a publié un horrible rapport ne faisant que répéter toutes les fictions, toutes les hypothèses, ignorant les opinions divergentes et produisant un ramassis d’arguments éculés. Tout cela après avoir dépensé 6 millions de dollars »

 

ENERGIE - ENVIRONNEMENT -CLIMAT
Douche froide pour le Giec
Source journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 7 octobre 2010
Auteur : Claude Porsella

01/10/2010

Les scientifiques "géographe" et le climat, une affaire politico-médiatique?

Il n’y a pas de nature sans humanité. Sans doute est-ce la principale leçon du colloque organisé le 16 septembre à la Société de géographie, dont les actes viennent d’être publiés sous le titre Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête (JC Lattès). http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgArticle//LATTES/2010/9782709635615-V.jpgcliquez l'image

 

À tous ceux qui considèrent qu’il faudrait laisser à la Planète (avec une majuscule, comme on en met aux divinités) le soin de s’autoréguler, Jean-Robert Pitte, Sylvie Brunel et quinze géographes français répondent que « le pire n’est jamais sûr et [qu’]il ne tient qu’à l’intelligence de l’éviter». L’homme n’a jamais cessé de travailler la terre, et nous serions surpris de découvrir que certains paysages que nous tenons pour des créations naturelles sont en réalité des productions culturelles.

 

«Nos ancêtres ont vécu les glaciations du Quaternaire, les avancées et reculs des forêts, du désert, des littoraux. Ils ont sans cesse migré, évolué, inventé, essuyé des défaites, mais remporté davantage de victoires puisqu’ils sont finalement parvenus à croître et multiplier.»

 

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Ni catastrophisme, ni angélisme : la géographie nous enseigne que l’on peut faire confiance à l’homme pour s’adapter par la technique aux évolutions du climat, qu’il n’est pas question de nier même si leur mesure mérite d’être affinée et discutée. Abordant des sujets comme le réchauffement, la montée du niveau des mers, la gestion de l’eau ou l’alimentation des hommes, ces experts et géographes réfutent quelques idées dont la répétition par les médias ne fait pas des vérités.

 



LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE EST-IL CATASTROPHIQUE ?


« La planète n’a pas qu’un climat, et une température ne définit pas à elle seule un climat »

 

: c’est ce qu’a rappelé dans son intervention sur le réchauffement Martine Tabeaud, professeur de géographie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Ignorer la pluralité des climats serait se condamner à n’apporter que des réponses simplistes et vouées à l’échec.

 


nullMartine Tabeaud est professeur de géographie à la Sorbonne
Intervention intéressante, notamment à propos de la mousson en Asie.

Plus d'infos à propos de Martine Tabeaud ici :
http://www.electron-economy.org/article-rechauffement-cli...

 

Raisonner à l’échelle de la planète pour en tirer des conclusions catastrophiques, comme on l’a fait au sommet de Copenhague, n’a guère de sens.


« Tous les pays, toutes les régions ne seront pas perdantes avec le réchauffement. Certains pays trouveront avantage à quelques degrés de plus pour leurs activités : la viticulture et l’arboriculture de l’Ontario, l’élevage en plein air finnois, la polyculture russe, etc. Tout comme l’exploitation du gaz et du pétrole par les firmes multinationales qui lorgnent sur l’Arctique désenglacé. »


La géographe insiste également sur le fait qu’une société n’est pas seulement déterminée par son climat : il faut tenir compte du développement économique, des progrès scientifiques, des facteurs culturels et des décisions politiques. Un exemple ?

 

«Avec la révolution des transports, nous nous sommes libérés des effets calamiteux des mauvaises récoltes. Une mauvaise année agricole ne crée plus famine ou disette générale »

 

, en tout cas pas dans les pays industrialisés. « Le réchauffement de l’atmosphère de moins de 1 °C a surtout provoqué un échauffement des esprits », remarque avec facétie Martine Tabeaud.

 

Climat L’optimisme des géographes
Source journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 30 septembre 2010
Auteur : Fabrice Madouas

 

 

13/08/2010

La culture du "Jatropha", une aide pour les plus pauvres!

La culture du jatropha pour la production de biodiesel pourrait constituer une nouvelle source de revenu pour les agriculteurs les plus pauvres, tout particulièrement dans les zones semi-arides et reculées des pays en développement, selon un rapport publié par la FAO et le Fonds international pour le développement agricole (FIDA).

 Mais un travail important doit être encore réalisé pour atteindre cet objectif. Le rapport souligne que le jatropha est encore essentiellement une plante sauvage qui doit faire l’objet d’améliorations. « S’attendre à ce qu’il puisse réduire la dépendance des pays en développement à l’égard du pétrole n’est guère réaliste », précise les experts.

 

http://www.bombayharbor.com/productImage/0991395001271924515/Jatropha_Products.jpg

cliquez l'image voir source FAO


Reste que ses atouts sont nombreux. Le jatropha curcas L. pousse relativement bien dans les zones arides et sur les sols dégradés qui sont marginalement adaptés à l’agriculture. Les racines de l’arbuste pénètrent profondément dans le sol pour y chercher l’eau. Quant aux racines superficielles, elles contribuent à lier le sol et à réduire l’érosion. Les graines peuvent être transformées en biodiesel, carburant moins polluant que le diesel fossile, pour alimenter les familles rurales pauvres en électricité et en combustible de cuisson. Le tourteau de jatropha peut également servir d’engrais et d’aliment pour animaux après avoir subi un processus de désintoxication. Enfin, contrairement à d’autres agrocarburants tels que le maïs, le jatropha n’est pas utilisé pour l’alimentation et peut être cultivé sur des terres marginales non adaptées aux cultures vivrières.

 

http://www.bio-cosme.com/documents/jatropha.jpg

cliquez l'image lire bio

Des améliorations nécessaires

En 2008, les plantations de jatropha s’étendaient sur 900 000 hectares dans le monde (760 000 en Asie, 120 000 ha en Afrique et 20 000 ha en Amérique latine). D’ici 2015, elles pourraient atteindre les 12,8 millions d’hectares. Les plus gros pays producteurs devraient alors être l’Indonésie en Asie, le Ghana et Madagascar en Afrique, et le Brésil en Amérique latine. Selon le rapport, ce sont les petits exploitants, les petites plantations satellites et les membres des systèmes de plantations communautaires qui peuvent tirer le maximum de revenus de son exploitation. Cependant, l’étude FAO/FIDA souligne que, vu les améliorations pour l’instant limitées dont a fait objet le jatropha, les rendements de ses graines, sa teneur en huile et sa qualité sont encore extrêmement variables. La plupart des plantes cultivées à l’heure actuelle sont toxiques : elles ne sont donc pas adaptées à l’alimentation animale et peuvent même présenter un risque pour la santé de l’homme.
 Le rapport conclue qu’il faut soutenir la recherche pour obtenir de meilleures variétés de jatropha non toxiques, pour améliorer la qualité des graines et les pratiques agronomiques, y compris l’agriculture de conservation et la gestion intégrée des ravageurs et des nutriments.

 

11:08 Écrit par HUMANITAS dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jatropha, écologie, économie, pauvreté, fao, agriculture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/04/2010

2010 année de la biodiversité

Un accès possible par un partage réglementé

Source: Site de la C.D.B


« Pour sa première réunion des Nations Unies, Cali a rempli son mandat et est entrée dans l’histoire comme le lieu de naissance du projet de Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages ». Colorés d’un brin d’emphase, les propos d’Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique n’en consacrent pas moins une avancée largement considérée comme décisive. Les 500 représentants des gouvernements, des communautés autochtones et locales, de la société civile, des centres de recherche et du secteur privé, venus à Cali, pour la neuvième réunion du Groupe de travail spécial se sont mis d’accord sur un projet de protocole mais aussi sur un plan de route jusqu’au Sommet de Nagoya. Conçu, sous l’égide de la Convention sur la diversité biologique, ce protocole sera proposé pour adoption par les gouvernements du monde lors du Sommet sur la diversité biologique de Nagoya, au Japon, en octobre prochain.

 

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Partage juste et équitable des ressources, mais encore ?

Le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques est le troisième objectif de la Convention sur la diversité biologique (CDB), traité international entré en vigueur en décembre 1993, et dont les deux premiers objectifs sont l’utilisation durable de la biodiversité et sa conservation. Pour mener à bien sa mission, la Convention procède par évaluations scientifiques, élabore des outils, engage des processus, favorise le transfert de technologies et de bonnes pratiques. Ses décisions associent largement et de manière active toutes les parties concernées, notamment les communautés autochtones et locales, les ONG, les femmes et les jeunes, le secteur privé. Les Parties à la Convention ont l’autorité pour déterminer les modalités d’accès aux ressources génétiques dans les territoires soumis à leur juridiction et ont aussi l’obligation de prendre des mesures appropriées afin de partager les avantages découlant de leur utilisation. Les ressources génétiques peuvent-être utilisées à différentes fins. Les utilisateurs des ressources génétiques peuvent être des centres de recherches, des universités, des sociétés privées de la recherche pharmaceutique, de cosmétiques, de l’agriculture, l’horticulture et la biotechnologie. Les avantages tirés des ressources génétiques peuvent concerner les résultats de la recherche, le transfert de technologies qui utilisent ces ressources, la participation aux activités de recherche biotechnologique, ou des avantages pécuniaires issus de la commercialisation des produits basés sur les ressources génétiques.

Une opportunité

« Le protocole sur l’accès et le partage des avantages (APA) représente une opportunité pour que la communauté internationale préserve nos ressources génétiques et les connaissances traditionnelles tirées de la biodiversité dans le cadre d’un développement durable qui peut avoir un impact positif sur le développement entrepreneurial de nos régions et répondre aux attentes de développement économique et social de nos pays » a estimé Madame Yadir Salazar, Directrice du ministère des affaires étrangères du gouvernement de Colombie. Pour Tim Hodges du Canada et Fernando Casas de Colombie, les coprésidents du processus de négociation, « il est crédible et, ce qui est peut-être le plus important, il est direct et intelligible par les acteurs qui sont en-dehors du processus et qui doivent maintenant comprendre la chance que représente l’adoption du régime de l’APA. » Il donnera en effet des procédures claires et transparentes aux utilisateurs et aux fournisseurs de ressources génétiques, qui mobilisent comme matière première ce qu’on trouve dans les microbes et les plantes pour une utilisation commerciale ou non. L’APA régule donc l’accès aux ressources et la manière dont les bénéfices tirés de leur utilisation sont partagées entre les pays qui les exploitent et ceux qui les fournissent. « Cali marque une étape importante dans l’application pleine et entière de la Convention sur la diversité biologique. Dix-huit ans après le Sommet de la terre, nous avons ouvert la voie pour un partage juste et équitable des avantages tirés de la biodiversité de notre seule et unique planète » a déclaré Jochen Flasbarth, Président de l’Office allemand de l’environnement et actuel Président de la Conférence des Parties à la CDB.

 

12:11 Écrit par HUMANITAS dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nagoya, biodiversité, génétique, ressources | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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