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12/10/2010

LA SECURITE SOCIALE VUE PAR BASTIAT de J. Garello et G. Lane

Dès 1848, Bastiat avait prédit la faillite du système. D’une actualité saisissante !


Rappelons d’abord quelques phrases de ce texte, souvent évoqué dans cette Nouvelle Lettre et dans les ouvrages de l’ALEPS (y compris les récents livres de Jacques Garello et Georges Lane).


Dans les années 1830 se multipliaient les « sociétés de secours mutuel » créées par les ouvriers pour couvrir les risques de maladie et de chômage. Bastiat s’interroge : que se passe-t-il si le gouvernement intervient ?

 

http://www.observatoiredessubventions.com/wp-content/uploads/2010/09/protection-sociale-depenses-publiques.jpghttp://3.bp.blogspot.com/_nPNhd_8IOsQ/SLx9x3nVgqI/AAAAAAAAAS8/ndZhjlrYXHQ/s320/frederic_bastiat_1.jpg


Il est aisé de deviner le rôle que le gouvernement s’attribuera. Son premier soin sera de s’emparer de toutes ces caisses sous prétexte de les centraliser ; et, pour colorer cette entreprise, il promettra de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable. « Car, dira-t-il, n’est-il pas bien naturel et bien juste que l’Etat contribue à une œuvre si grande, si généreuse, si « philanthropique », si humanitaire ? ». Ensuite, sous prétexte d’unité, de solidarité (que sais-je ?) il s’avisera de fondre toutes les associations en une seule, soumise à un règlement uniforme.


Mais je le demande, que sera devenue la moralité de l’institution quand sa caisse sera alimentée par l’impôt, quand nul, si ce n’est quelque bureaucrate, n’aura intérêt à défendre le fonds commun, quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, se fera un plaisir de les favoriser ; quand aura cessé toute surveillance mutuelle et que feindre une maladie ce ne sera autre chose que jouer un bon tour au gouvernement ?


Bientôt, qu’arrivera-t-il ? Les ouvriers ne verront plus dans la caisse commune une propriété qu’ils administrent, qu’ils alimentent, et dont les limites bornent leurs droits ? Peu à peu, ils s’accoutumeront à regarder le secours en cas de maladie et de chômage, non comme provenant d’un fonds limité préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la société. Ils n’admettront pas pour elle l’impossibilité de payer, et ne seront jamais contents des répartitions. L’Etat se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l’opposition des Commissions de Finances, il se trouvera engagé dans des difficultés inextricables. Les abus iront toujours croissant, et on reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice ?

 

http://www.editions-du-trident.fr/COUV/couvseculane.jpghttp://3.bp.blogspot.com/_olffAo09DtI/TCxUNCqA3VI/AAAAAAAAA5s/4Y5-sxUXmpk/s1600/Ubu.gif


Bastiat avait donc vu l’essentiel, mais aussi les détails :

1° L’Etat veut un système centralisé, un monopole de la protection sociale, un « règlement uniforme » ;

2° Ayant ainsi le monopole du cœur et de la solidarité, l’Etat est amené à alimenter les caisses par l’impôt. La logique mutualiste est abandonnée pour passer à la logique fiscale ;

3° L’irresponsabilité est au rendez-vous puisque le partenaire des assurés est désormais une bureaucratie lointaine : le « hasard moral » (insouciance de l’assuré) joue à plein quand l’assureur est le gouvernement.

4° Les assurés ne voient plus dans le système le résultat de leur « propre prévoyance » ;

5° Ils considèrent la couverture du risque comme un droit social, « une dette de la société » et il faudra honorer cette dette à n’importe quel prix ;

6° L’Etat devra couvrir les déficits, et se tourner vers les parlementaires pour grossir le budget ;

7° Pour autant, malgré des réformes successives, on n’évitera pas l’explosion ;

8° La population aura perdu tout sens moral et toute dignité.


Bastiat « prophète » ? Non Bastiat économiste. Ce texte donne la mesure de ce que la science économique peut apporter à la compréhension de la vie en société, puisque l’objet de cette science n’est pas de s’interroger sur « les causes et la nature de la richesse des nations », mais sur le comportement des êtres humains mis en situation d’échanger dans un contexte institutionnel donné. Changez les institutions, vous changerez les comportements, et vous déboucherez en effet sur la réussite ou la faillite. Chez Adam Smith la richesse des nations s’explique par une « théorie des sentiments moraux ».

Le 6 Octobre 2010

16:26 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frédéric bastiat, chômage, taxes, georges lane, centralisme, etat-providence | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Nobel d'économie: « plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche [d'emploi] est longue ».

Incroyable ces prix nobels, presque déroutant pour des socialistes

 

Les lauréats du prix Nobel d'économie 2010 Peter Diamond, Dale Mortensen et Christopher Pissarides

Photo: AFP/nobelprize.org

Les lauréats du prix Nobel d'économie 2010 Peter Diamond, Dale Mortensen et Christopher Pissarides

 

Le prix Nobel d'économie 2010 a été attribué lundi à deux Américains, Peter Diamond et Dale Mortensen, ainsi qu'à un chercheur anglo-chypriote, Christopher Pissarides, pour leurs travaux sur la manière dont le chômage, l'emploi et les salaires peuvent être affectés par la politique économique.


Les chercheurs se sont affairés à déterminer notamment ce qui fait en sorte que dans une économie, il est possible de retrouver un nombre important de chômeurs alors qu'existent de de nombreuses offres d'emploi.

Leurs travaux démontrent notamment, selon le comité, que

 

« plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche [d'emploi] est longue ».


La théorie élaborée par le trio peut aussi s'appliquer à l'étude du marché immobilier et aux finances publiques.


Peter Diamond, 70 ans, économiste à l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT), est un expert sur les questions de sécurité sociale, de pensions et d'imposition.


Le président Barack Obama l'avait d'ailleurs nommé pour occuper un poste au sein de la Réserve fédérale américaine. Toutefois, le Sénat n'a pas pu entériner cette décision avant les élections de mi-mandat.


Dale Mortensen, âgé de 71 ans, enseigne l'économie à l'Université Northwestern, en Illinois. Pissarides, âgé de 62 ans, est professeur à la London School of Economics, au Royaume-Uni.


Officiellement dénommé « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel », le Nobel d'économie est le seul non prévu dans le testament du philanthrope suédois Alfred Nobel.


Décerné depuis 1969 et financé par la banque centrale suédoise, il fonctionne néanmoins comme les autres prix avec un comité et une dotation de 10 millions de couronnes (1,5 million de dollars).

 

La polémique, biensûr. A qui gêne ces prix?

Un vrai prix Nobel?

Le prix Nobel d'économie est le seul qui n'a pas été créé par l'inventeur et industriel suédois Alfred Nobel dans son testament de 1895.

 

Il a été lancé en 1968 par la Banque centrale de Suède pour lui rendre hommage. La Fondation Nobel en fait mention, aux côtés des prix Nobel « conventionnels » (chimie, physique, médecine, littérature et paix).

Des voix s'élèvent contre le prix de la Banque royale de Suède en sciences économiques. En 2004, le quotidien suédois Dagens Nyheter publiait une lettre ouverte du mathématicien suédois Peter Jager, membre de l'Académie royale des sciences, de l'ancien ministre de l'Environnement Mans Lonnroth, et de l'économiste Johan Lonnroth, qui démontraient que plusieurs récipiendaires du prix de la Banque de Suède avaient créé des modèles de dynamiques sociales irréalistes, en faisant un mauvais usage des mathématiques.

En février 2005, Le Monde diplomatique publiait un article dans lequel Peter Nobel, un des héritiers d'Alfred Nobel, soulignait que « Jamais, dans la correspondance d'Alfred Nobel, on ne trouve la moindre mention concernant un prix en économie ». Il ajoutait que la « Banque royale de Suède a déposé son oeuf dans le nid d'un autre oiseau, très respectable, et enfreint ainsi la marque déposée Nobel. Les deux tiers des prix de la Banque de Suède ont été remis aux économistes américains de l'école de Chicago, dont les modèles mathématiques servent à spéculer sur les marchés d'actions, à l'opposé des intentions d'Alfred Nobel, qui entendait améliorer la condition humaine. »

04/10/2010

Allemagne/France: Une monnaie pour une réunification!

L'abandon du mark a-t-il été le prix à payer pour la réunification, dont on fête les 20 le 3 octobre ? Selon des documents confidentiels auxquels le Spiegel a eu accès, la France avait tout intérêt à ce que l'union monétaire se fasse au plus vite.


Le père de l’unité allemande est en colère. Wolfgang Schäuble, ministre de l’Intérieur sous Helmut Kohl et négociateur en chef du traité d’unification [de 1990], n’a pas de mots assez durs pour exprimer son mécontentement. Il tient à la main un livre de Peer Steinbrück, ancien chef du SPD [le Parti social démocrate].
Ce qui énerve Schäuble ? Une petite phrase du deuxième chapitre, bien cachée dans une longue étude consacrée au "taureau boiteux" européen. "L’abandon du deutsche mark en échange d’un euro stable fut l’une des concessions qui contribuèrent à ouvrir la voie de la réunification allemande".
"Nous n'avons jamais conclu un tel marché", s’insurge Schäuble. Steinbrück est pourtant sûr du contraire.

 

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Toute personne qui a en été contact avec le gouvernement français pourra le confirmer avec certitude, explique-t-il. Hubert Védrine, par exemple, alors conseiller du président Mitterrand, est convaincu que le celui-ci n’aurait probablement pas approuvé l’agrandissement de la RFA si les Allemands n’avaient pas cédé sur l’union monétaire."Mitterrand ne voulait pas d’une réunification allemande sans une avancée dans l’intégration européenne, explique Védrine. Et le seul domaine où il était possible de progresser était la monnaie".


Si la version française des faits est avérée, l’information ne jetterait pas seulement une ombre sur les célébrations nationales allemandes [du 3 octobre, jour de la réunification en 1990]. L’euro pourrait également en être affecté, la monnaie européenne n’étant déjà guère en odeur de sainteté depuis le plan de sauvetage dela Grèce. Certains critiques, comme l’ancien chancelier Gerhard Schröder, avaient déjà qualifié l’euro "d’enfant prématuré à la santé fragile". Pire, dorénavant, ils pourraient dire que la monnaie européenne a été quasiment imposée aux Allemands.


La menace de l'isolement
Les documents jusqu’alors confidentiels des archives du ministère des Affaires étrangères auxquels le Spiegel a pu accéder, montrent que la situation était bien plus compliquée que ce que l'on pensait jusqu’à présent. Une vaste alliance menaçait de se former en Europe occidentale contre la réunification allemande, et le couple franco-allemand a frôlé la rupture. A l'époque, Mitterrand signifia clairement au gouvernement de Bonn qu’il pourrait rapidement se retrouver très isolé sur le continent, "comme en 1913". Jusqu’à l'accélération des évènements à la fin de l’année 1989, le débat sur la monnaie unique suivait le rythme habituel de Bruxelles, lent et laborieux.Toute tentative en ce sens ce soldait par un échec, se heurtant aux intérêts contradictoires entre les pays inflationnistes du sud de l'Europe et leurs partenaires rigoristes allemand et néerlandais. Les Français souffraient tout particulièrement du dispositif monétaire en vigueur qu’ils percevaient comme un système à deux vitesses jouant en leur défaveur. "Ce que la bombe atomique est à la France, le deutsche mark l’est à l’Allemagne", disait-on dans les couloirs de l’Elysée.


Mais voilà, du jour au lendemain, une question ressurgit au premier plan des préoccupations internationales, une idée que même les négociateurs de l’époque jugeaient encore plus utopique que la monnaie unique européenne : la réunification allemande. A la fin du mois de novembre 1989, Helmut Kohl présente son projet en dix points pour une confédération allemande afin que "le peuple allemand puisse choisir librement de retrouver son unité". Les partenaires occidentaux n'avaient été mis dans la confidence. Kohl se prépare-til pas secrètement à faire cavalier seul avec l’Allemagne réunifiée ? Lorsque Mitterrand entend Kohl, il a "un léger accès de colère de quelques heures", observe son conseiller d’un air suffisant.


Silence glacial
La suite des évènements montre combien le président français s’était senti trahi. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Hans-Dietrich Genscher, est convoqué à l’Elysée. La rencontre est mémorable et montre mieux que n’importe quel document classé confidentiel combien le soutien de Mitterrand à l’unité allemande était lié à une concession allemande sur l’union monétaire. Mitterrand menace d’opposer son veto à la réunification de l’Allemagne. S’il le fait, Bonn n’aura pas seulement le Premier ministre britannique, Margaret Thatcher, contre lui.


Le ministre allemand des Affaires étrangères décide alors de se montrer raisonnable et prend auprès du président français un engagement non négligeable. "Il est nécessaire de prendre une décision à Strasbourg sur la conférence intergouvernementale pour préparer l’union monétaire et économique", répondt Genscher.


Le 8 décembre 1989, lorsque Kohl et Genscher entrent dans la salle de conférence de Strasbourg, ils sont accueillis par un silence glacial. Ce n’est qu’à grand-peine qu’ils parviendront à arracher un soutien à la réunification allemande de la part de leurs partenaires européens. En échange, le principe du calendrier français pour l’union monétaire est approuvé. Il n’est pas question d’union politique.


Tout le monde est gagnant
Ensuite, tout va très vite. Pendant l’été 1990, la RFA et la RDA signent l’accord de réunification et le 3 octobre l’Europe accueille la nouvelle République fédérale d’Allemagne. En décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens se réunissent à Rome pour lancer la conférence intergouvernementale sur l’union monétaire. Alors que les Etats membres signent, en février 1992, le traité de Maastricht prévoyant l’introduction de l’euro, Genscher ressent une profonde satisfaction. "Pour moi, cette décision représentait la concrétisation de ma promesse faite lors des négociations sur la réunification", explique-t-il.
L’abandon du mark était-il donc le prix à payer pour la réunification ? Il ne fait aucun doute que l’effondrement du pouvoir en RDA a précipité l’entrée du projet européen dans une étape décisive de son histoire. "Il est probable que l’union monétaire européenne n’aurait jamais pu être réalisée sans la réunification allemande", déclare l’ancien chef de la Bundesbank, Karl Otto Pöhl. Cette concession a finalement profité aux deux chefs d’Etat. En laissant l’Allemagne retrouver sa partie orientale, Mitterrand a aidé Kohl à devenir le chancelier de la réunification. En échange, Kohl promit d’abandonner le deutsche Mark, ce qui fut l’une des plus grandes victoires de la présidence de Mitterrand.

 

La réunification contre l'euro
Source journal ou site Internet : der Spiegel
Date : 1er octobre 2010
Auteur : Michael Sauga - Stefan Simons - Klaus Wiegrefe

10:17 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, euro, monnaie, france, mitterrand, réunification rfarda, kohl, maastricht | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/09/2010

Pascal SALIN, fiscalement son point de vue.

L es niches fiscales sont l'expression de la volonté de la puissance publique de modifier les structures de production et de consommation de manière à obtenir certains objectifs considérés comme prioritaires. Il est donc évident que les niches fiscales créent des distorsions par rapport aux structures qui existeraient naturellement en leur absence. Ceux qui sont favorables à l'interventionnisme étatique et plus particulièrement à des politiques ciblées considèrent évidemment que ces distorsions ne sont pas nocives.

 

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Un libéral au contraire sera naturellement critique à leur égard, car il considère qu'il convient de laisser le système des prix refléter les désirs et les capacités relatives de tous les individus et qu'on obtient ainsi les structures productives qui correspondent à leurs préférences. Mais en dehors de cette critique générale, on peut adresser toutes sortes de reproches aux niches fiscales.


Si elles existent, en effet, c'est parce qu'elles sont le produit du fonctionnement du processus politique et plus précisément du clientélisme. Comme cela a été souvent souligné, il est de l'intérêt des hommes politiques de donner des avantages visibles et bien ciblés et d'en faire supporter le coût de manière diffuse. Ainsi, lorsqu'on adopte un taux plus bas pour la TVA, par exemple pour la restauration, tous ceux qui en profitent sont favorables au gouvernement qui leur donne ce privilège relatif, mais cela se traduit très probablement par un prélèvement fiscal plus élevé pour les autres.

 

 


En outre, il est impossible de déterminer exactement quels sont les vrais bénéficiaires et les vrais perdants dans ce jeu de privilèges relatifs. Ainsi, une niche fiscale concernant les acheteurs d'un logement va permettre aux vendeurs d'appartements d'augmenter les prix qu'ils proposent et de récupérer ainsi une partie de l'avantage fiscal. Les niches fiscales sont donc à l'origine d'un manque de transparence accru dans le système fiscal.


Elles accroissent, par ailleurs, le caractère arbitraire de la fiscalité et sa complexité, non seulement parce qu'elles ne concernent que certaines catégories d'activités, mais aussi parce qu'elles sont souvent soumises à des conditions d'application, telles que des plafonds d'exonération. Elles demandent donc un effort d'information aux contribuables et un coût de contrôle à l'administration fiscale.


Il existe bien des raisons de critiquer les niches fiscales et de souhaiter leur diminution ou leur disparition. Mais en sens inverse, il faut reconnaître qu'elles offrent aux contribuables, dans un des pays les plus imposés au monde, un moyen d'échapper partiellement au poids excessif des prélèvements obligatoires. De ce point de vue, elles portent bien leur nom car elles évoquent la protection qu'obtient ainsi le citoyen par rapport à l'Etat-Leviathan. Leur existence est au fond la reconnaissance implicite du caractère excessif du fardeau fiscal : elles n'existeraient pas s'il n'y avait qu'un très petit nombre d'impôts avec des taux très faibles.


On entend souvent dire que les niches fiscales "coûtent" 75 milliards à l'Etat et qu'il conviendrait donc de diminuer l'énorme cadeau ainsi fait aux contribuables. En fait, il conviendrait d'inverser le raisonnement et de dire que les niches fiscales, loin de constituer un cadeau de l'Etat, ne constituent qu'une atténuation de la spoliation fiscale. Elles permettent à certains contribuables de conserver une petite partie de ce qui leur appartient légitimement et qu'ils ont obtenu par leurs propres efforts.

 

 

 


C'est pourquoi, raboter les niches fiscales c'est évidemment accroître le poids, déjà trop important en France, de la fiscalité. C'est pourquoi aussi, dans la plupart des pays où l'on a diminué ou supprimé les niches fiscales, on a simultanément diminué le taux des impôts les plus spoliateurs et on a ainsi réalisé la seule politique de relance efficace.


La réforme fiscale qu'il conviendrait de faire de manière urgente en France consisterait donc à supprimer ou à raboter les niches fiscales, mais en donnant par ailleurs un énorme coup de rabot à la fiscalité, plus particulièrement en diminuant considérablement ou même en supprimant la progressivité de l'impôt sur le revenu et en supprimant des impôts aussi absurdes et destructeurs que l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Malheureusement, en se contentant de la moitié de ce programme - raboter les niches fiscales - la droite française, une fois de plus, fait exactement le contraire de ce qu'elle devrait faire, le contraire de ce pour quoi elle a été élue.

 

Pascal Salin,
professeur émérite à l'université Paris-Dauphine
Source:

C'est toute la fiscalité qu'il faut raboter

LEMONDE | 24.09.10

27/09/2010

Il ne manquait plus qu'un nobel, voici la théorie sortie de crise de J. STIGLITZ. Pro-Sarkozy!

Le Prix Nobel d'économie vient de rédiger pour l'ONU un rapport sur les réformes nécessaires pour changer en profondeur les institutions économiques internationales. De passage éclair à Paris, l'intellectuel aux airs de gros matou revient longuement sur ses propositions, sur l'Amérique d'Obama et sur cette crise qui finit, parfois, par ébranler sa placidité légendaire.

(N'oubliez pas de cliquez les nombreux liens en gris clair, dossier plus complet)

 

Mike Segar / Reuters
Reuters/ Mike Segar


Interview de l'Express
Il y a deux ans, la chute de Lehman Brothers entraînait le monde dans la crise la plus grave depuis la Grande Dépression. Rassurez-nous : un tel scénario ne pourrait plus se reproduire aujourd'hui ?
Il agace autant qu'il fascine. Brillant théoricien, Prix Nobel d'économie pour ses travaux sur la concurrence imparfaite, Joseph Stiglitz est aussi une star internationale, une bête de scène qui ne craint pas la lumière des projecteurs.


Contempteur des excès du libéralisme, il avait accepté l'invitation de Nicolas Sarkozy à réfléchir aux nouvelles manières de mesurer la croissance. Car, pour critique qu'il soit, l'ex-conseiller de Bill Clinton n'hésite jamais à mettre la main à la pâte. Il vient de rédiger pour l'ONU, avec d'autres experts de renom, un rapport sur les réformes nécessaires pour changer en profondeur les institutions économiques internationales (Le Rapport Stiglitz, éd. Les liens qui libèrent, parution ce 22 septembre).


Les régulateurs ont fait des efforts, mais ils sont clairement insuffisants. Prenons l'exemple des Etats-Unis. Le Congrès a adopté la loi Dodd-Frank, afin de mieux réguler la sphère financière, mais cette réforme est comme du gruyère : pleine de trous ! Les principes sont bien là, mais les banques ont déployé un tel lobbying qu'elles ont imposé de très nombreuses exceptions. Par exemple, une des mesures phares est la création d'une agence de protection du consommateur, censée lutter contre les pratiques prédatrices des établissements financiers. Sauf qu'elle ne s'appliquera pas au prêt automobile, qui, pour la plupart des Américains, constitue le prêt le plus important, après le crédit immobilier. Même chose pour les produits dérivés : il y a eu des avancées, mais une grande partie de ces produits sont finalement exemptés de régulation. La réforme ne va pas non plus empêcher les abus liés aux prêts sur cartes de crédit, dont les taux d'intérêt peuvent tourner autour de 30 %, alors que les banques, elles, empruntent quasiment à 0 % ! Quant au problème crucial des banques "trop grosses pour faire faillite", il n'a pas été traité du tout : elles ont juste été renflouées, et on les a laissées distribuer des bonus avec l'argent du contribuable.


L'Europe n'a-t-elle pas fait mieux ?
C'est un peu le même scénario qui s'y est déroulé : il y a eu des avancées dans certains domaines, comme les bonus ou les fonds spéculatifs, mais il reste encore de nombreuses failles. Des deux côtés de l'Atlantique, la question se pose surtout de la confiance que l'on peut accorder aux régulateurs. Ce sont les mêmes qui se sont montrés incapables de prévenir la crise précédente ! Pourquoi devrais-je faire confiance à Ben Bernanke, patron de la Réserve fédérale [NDLR : la banque centrale américaine], qui n'a absolument pas vu venir la crise et n'a cessé, une fois que celle-ci a éclaté, d'en minimiser les conséquences ?


Déçu par Barack Obama...?
Il est clair qu'il aurait pu aller beaucoup plus loin dans les réformes. Il y avait une fenêtre de tir lorsque l'on était au coeur de la crise, mais il l'a laissée passer. Aujourd'hui, il se retrouve coincé : comme tous les Américains, il juge scandaleux que les banquiers recommencent à toucher des primes mirobolantes alors que le taux de chômage atteint près de 10 %. Mais, dès qu'il essaie de s'attaquer à ce problème, le milieu des affaires et ses relais le traitent de "socialiste" et d'"antibusiness".

Obama voulait être un président de réconciliation, après huit années de clivage gauche-droite très fort sous George W. Bush. Mais, pour se réconcilier, il faut être deux. Or ni les républicains ni les banquiers de Wall Street ne sont disposés à jouer ce jeu-là.


Beaucoup évoquent le spectre d'un retour de la récession aux Etats-Unis. Faites-vous partie de ces pessimistes ?
Une récession implique une croissance négative. Est-ce que ce sera le cas ? Je ne sais pas et, à la limite, peu importe. Ce qui est sûr, c'est que la croissance va ralentir, alors qu'aujourd'hui même elle n'est pas assez forte pour faire reculer le chômage. Pour cela, il faudrait une progression annuelle du PIB d'au moins 3 %. Or on ne retrouvera pas ce niveau avant 2012, au mieux. Certains parlent d'une "nouvelle normalité", à laquelle il va falloir s'habituer. Mais moi, je suis désolé, 10 % de chômage, je n'arrive pas à trouver cela normal. C'est, à mes yeux, inacceptable.


Vous avez évoqué il y a quelques mois la possibilité que l'euro disparaisse à brève échéance. Ce scénario vous semble-t-il toujours envisageable ?
Non, je ne dirais plus cela aujourd'hui. L'Union européenne a fini par adopter un certain nombre de réformes institutionnelles, comme la création d'un fonds de stabilisation, qui est une très bonne chose. Reste à savoir si cela suffira. Les marchés semblent toujours très inquiets. Le cas irlandais, en particulier, est très préoccupant : la dette a grimpé de 19 points en pourcentage du PIB, le sauvetage des banques a été très mal géré et les mesures d'austérité pèsent tellement sur la croissance qu'il n'est pas évident qu'elles permettent de
réduire véritablement le déficit.


Beaucoup d'autres pays européens ont adopté des plans d'austérité. N'était-ce pas inévitable, compte tenu de la situation très dégradée de leurs finances publiques ?
Certains petits pays n'ont effectivement pas le choix, s'ils veulent pouvoir continuer à emprunter sur les marchés. Pour d'autres, comme le Royaume-Uni, l'Allemagne ou la France, plutôt que de couper indistinctement dans les dépenses, il serait plus efficace de les rediriger vers des investissements productifs susceptibles de rapporter assez d'argent pour faire baisser leur endettement. Si les marchés étaient vraiment rationnels, ils valideraient ce type de stratégie. Mais ce n'est pas le cas, car ils se concentrent sur les données chiffrées brutes. Au final, les mesures d'austérité adoptées par les grands pays vont inévitablement entraîner un ralentissement de la croissance dans toute l'Europe.


A qui la faute ?
Je ne veux pas blâmer tel ou tel, mais l'Allemagne, dans cette affaire, a commis deux erreurs. D'abord, elle s'est montrée réticente à aider la Grèce, ce qui a aggravé la crise. Ensuite, elle a appliqué des mesures d'austérité nocives. Les Etats-Unis accusent la Chine d'avoir un surplus commercial excessif, de ne pas consommer assez et, ainsi de créer un déséquilibre. Mais, de ce point de vue, l'Allemagne crée un déséquilibre encore plus important que la Chine ! Les deux pays répondent que le fait d'épargner est une vertu. Cela n'est pas valable en temps de crise : quand il n'y a pas assez de demande dans le monde, la principale conséquence, c'est que le chômage augmente.


Vous avez rédigé un rapport sur la croissance durable à la demande de Nicolas Sarkozy. Que pensez-vous de lui ?
Son initiative était très bonne. Et le rapport a eu beaucoup d'écho partout dans le monde. Il est rare qu'un homme politique puisse exercer une influence sur les idées, sur la manière de juger la croissance, par exemple. Il sera intéressant de voir comment il présidera le G 20 en France, alors que celui de Toronto, en juin dernier, a été très décevant. Les questions qu'il a évoquées, notamment la création d'une monnaie de réserve internationale ou encore celle d'un cadre institutionnel de décision économique plus représentatif, rejoignent les conclusions de notre rapport.


Venons-en justement à ce rapport rédigé pour l'ONU, dans lequel vous proposez des changements profonds de l'organisation de l'économie mondiale. L'un des enjeux est de parvenir à réguler des marchés, par définition mondiaux, avec des régulateurs qui, eux, oeuvrent au niveau national. N'est-ce pas insoluble ?
Je pense en tout cas que les institutions internationales telles qu'elles existent aujourd'hui ne répondent pas convenablement à ce dilemme. Mais il y a pire : le recours systématique au concept de régulation internationale est souvent utilisé par ceux qui ne veulent rien changer. Ils disent : "Il faut régler cela au niveau global." Et, là, on se rend compte que tout est compliqué, qu'il faut faire des compromis et des concessions : au final, on avance extrêmement lentement. Et rien ne change vraiment. Du coup, beaucoup d'économistes sont arrivés à la conclusion que la première responsabilité de chaque gouvernement, c'est de protéger ses citoyens, et donc, de prendre les mesures qui s'imposent au niveau national. Et, dans un second temps, d'essayer d'harmoniser tout cela. Alors, bien sûr, cela signifie qu'il faudra franchir de nombreux obstacles et que les marchés seront un peu moins coordonnés que par le passé. Mais on a vu le risque que présentent des marchés excessivement intégrés : les virus se transmettent d'autant plus rapidement. Les maladies qui ont touché les marchés financiers américains ont bien failli faire s'écrouler l'économie mondiale tout entière. Donc, oui, on a besoin de pare-feu ou de systèmes permettant de placer tel établissement ou tel marché en quarantaine. Distiller quelques grains de sable dans les rouages des marchés, c'est sans doute en réalité une bonne chose.


Vous préconisez la création d'un conseil de coordination économique mondial (CCEM). Quel serait son rôle ?
Nous nous sommes rendu compte qu'il n'existait pas de cadre global pour coordonner les politiques économiques et les questions de régulation financière. Il y a bien le G 20, mais il ne représente que les pays les plus riches. Dans le cadre du dispositif que nous avons imaginé, il y aurait un représentant par continent.


L'Afrique, par exemple, aurait un émissaire défendant les intérêts du continent dans son entier, et pas seulement la voix de l'Afrique du Sud, par exemple. La légitimité politique d'une telle enceinte serait plus forte que celle du G 20. Dans un premier temps, le CCEM aurait surtout un rôle d'influence et d'orientation, et non pas explicitement de décision ou de sanction.


Vous évoquez aussi la nécessité de mettre en place une nouvelle monnaie de réserve internationale. Avec quel objectif ?
Je crois qu'il y a quelque chose de vraiment paradoxal, au xxie siècle, dans le fait d'avoir une monnaie nationale, le dollar, qui joue un rôle de réserve au niveau international. Avec la crise, et la perte de confiance dans le leadership politique et économique des Etats-Unis, la situation est d'autant plus problématique.


Surtout, le système actuel ne fonctionne pas : il est inéquitable, et alimente les déséquilibres de l'économie mondiale, entre la Chine et les Etats-Unis en particulier. Une monnaie de réserve globale permettrait aussi de répondre au plus grave problème que nous rencontrons aujourd'hui, à savoir l'insuffisance de la consommation au niveau mondial. On pourrait recourir à cette monnaie internationale pour relancer la demande. De manière générale, on pourrait employer les mécanismes monétaires à des fins de stabilisation :
créer davantage de monnaie quand l'économie ralentit, moins quand elle va mieux. Enfin, cette monnaie pourrait être utilisée - et cela est en discussion avec le Fonds monétaire international - pour développer des projets d'intérêt public : lutter contre le changement climatique ou encore aider les pays les moins avancés.


Nous sommes conscients que c'est un projet ambitieux, et que les contraintes politiques sont très fortes. Il faudra procéder par étapes.


Vous demandez également la création de banques publiques. Pour quoi faire exactement ?
> On ne se poserait pas cette question si les banques privées faisaient leur travail ! Mais on a constaté que ce n'était pas le cas. Aux Etats-Unis, les grosses banques génèrent de l'argent en spéculant, en pariant sur la faillite de tel ou tel pays... Mais prêter aux petites et moyennes entreprises, par exemple, n'est pas au coeur de leur activité. Le paradoxe, c'est que nous avons dépensé des centaines de milliards de dollars pour qu'elles recommencent à soutenir l'économie, mais cela n'a pas fonctionné. Sans doute parce que nous avons renfloué celles qui jouaient à la roulette, et pas celles qui prêtaient, qui sont de plus petite taille.

L'année dernière, 140 établissements financiers ont fait faillite aux Etats-Unis, et, parmi ceux-là, beaucoup étaient des banques de prêt. Cette année, il y en aura encore davantage. Le secteur privé a clairement échoué : il faut trouver une autre solution.


Le développement des inégalités, dites-vous, est une des causes de la crise. Comment faire pour les réduire durablement ?
Il est très frappant de constater que peu de leaders mondiaux ont porté attention aux causes profondes de la crise. On s'est beaucoup focalisé sur les dysfonctionnements du système bancaire : c'est une cause importante, mais pas la cause profonde de la crise. Depuis trente ans, les inégalités ont explosé dans les pays développés, et particulièrement aux Etats-Unis. Pour éviter que les gens ne soient complètement déclassés, on leur a accordé des crédits sans compter, on leur a dit d'acheter des maisons qu'ils ne pouvaient pas se payer. C'était juste une mascarade, mais qui correspondait en fait à une manière un peu perverse de tenter de résoudre cette hausse des inégalités. Avec la crise, la richesse fictive liée à l'endettement s'est évaporée, mais personne - ni Obama ni les autres - n'a songé à s'attaquer au fond du problème. Ironie de l'histoire, la manière dont on a traité cette crise n'a fait que renforcer ces inégalités. Il suffit de regarder la question des bonus, qui n'est sans doute pas fondamentale, mais se revèle tout de même très symbolique. On n'a pas fait grand-chose pour empêcher leur réapparition. Idem avec les plans d'austérité : ce sont les pauvres, ceux qui bénéficient le plus des systèmes de redistribution, qui vont en pâtir les premiers.

 

 

 

 

Que proposez-vous donc ?
Le premier levier, à court terme, c'est la politique fiscale. Concernant les impôts, le débat s'est engagé aux Etats-Unis : il y a une discussion pour savoir s'il faut perpétuer les exemptions de taxes pour les plus riches décidées par l'administration Bush en 2001 et 2003. Je pense que nous ne pouvions pas nous le permettre à l'époque, et que nous le pouvons d'autant moins aujourd'hui. Il est tout de même curieux que quelqu'un qui gagne de l'argent en pariant sur la faillite de la Grèce soit moins taxé que quelqu'un qui travaille dur pour gagner son salaire.

 

Les exemptions sur les revenus du capital devraient être supprimées. Par ailleurs, si vous
vous voulez diminuer les taxes pesant sur les entreprises, il faut le faire de manière plus ciblée, par exemple en encourageant les entreprises qui investissent. Ce serait une manière intelligente d'utiliser la politique fiscale, pour encourager une économie plus productive, et donc une plus forte croissance à long terme.


Joseph Stiglitz
1943 Naissance à Gary, Indiana (Etats-Unis).
1967 Docteur au MIT, à Boston.
1966-1988 Enseigne successivement aux universités de Yale, de Stanford, d'Oxford et de Princeton.
1995 Premier conseiller pour l'économie du président Bill Clinton.
1997-1999 Vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale.
2001 Prix Nobel pour ses travaux en économie de l'information.
2008 Préside,à la demande de Nicolas Sarkozy, la Commission chargée d'élaborer de nouveaux instruments
de mesure de la croissance.
2009 Prépare, à la demande de l'ONU, un rapport sur les réformes à mettre en oeuvre pour éviter une
nouvelle crise.

 

Joseph Stiglitz : "Les réformes financières sont insuffisantes"
Source journal ou site Internet : L’Express
Date : 25 septembre 2010
Auteur : Benjamin Masse-Stamberger et Laura Raim

18:19 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : keynésianisme, onu, obama, usa, lehman brothers, crise(s), joseph stiglitz, sarkozy, loi dodd-frank, clinton | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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