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09/05/2011

L'Europe et sa dette, ou en sommes nous?

Si l'Europe ne réorganise pas de fonds en comble l'union monétaire, le Portugal aura été le dernier pays européen à pouvoir bénéficier d'un plan d'aide, estime Der Standard. En règle générale, les syndicats communistes, les défilés où l’on brandit des portraits de Che Guevara et les slogans socialistes ne sont pas associés à la droite.

 

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Au Portugal, c’est pourtant le cas, ces jours-ci. Quand on les interroge sur les causes des déboires financiers du Portugal, les camarades lisboètes de la confédération syndicale ouvrière CGTP et les députés conservateurs livrent la même réponse : c’est l’euro qui est la cause de tous nos maux. Avant l’introduction de la monnaie unique, en 2002, le pays pouvait surmonter ses mauvaises passes financières en dévaluant son escudo. La dévaluation permettait d’abaisser le prix d’une partie du service de la dette et d’améliorer la compétitivité du pays à l’international en proposant sur le marché des produits à prix réduits.


Des fados dédiés à l'escudo
Cette époque est révolue, et la situation du Portugal soulève enfin la question cruciale : une monnaie unique peut-elle fonctionner dans une communauté aussi hétérogène sur le plan économique ?

En Grèce, on a affirmé que les manipulations budgétaires avaient été responsables de la débâcle. En Irlande, les banques sont pointées du doigt. Au Portugal, aucun de ces faux-fuyants n’a été mis en avant. Les citoyens, l’Etat et les banques se sont trop endettés par rapport à leurs performances économiques. Depuis dix ans, le pays n’a guère enregistré de croissance. L’euro a apporté des taux d’intérêt bas, ce qui a conduit à l’expansion du crédit, et à un plan de sauvetage aujourd’hui. Vu sous cet angle, les Portugais vont encore dédier de nombreux fados à leur cher escudo. Les élites politiques, toutefois, se cramponnent encore à l’euro. Le problème de fond réside dans les déséquilibres économiques et sociaux. Les pays riches industrialisés comme l’Allemagne ou l’Autriche se retrouvent en situation de concurrence avec des pays qui exportent peu comme le Portugal et la Grèce, dans les mêmes conditions de marché. Jusqu’à présent, cela ne s’est pas bien passé. Si on veut que cela change, il faut changer d'approche.

 

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Un pacte trop évasif et unilatéral
Tout d’abord, les programmes d’austérité imposés par l’Union européenne et le Fonds monétaire international doivent être remaniés. Les mesures mises en oeuvre en Grèce et en Irlande n’ont fait qu’élargir les fossés, faisant plonger les deux pays dans la récession là où ils auraient eu besoin de croissance. Au Portugal, un premier redressement a eu lieu, grâce à des conditions plus clémentes. Toutefois, le pays ne pourra pas faire l’économie de coupes budgétaires et d'une pression fiscale accrue. Une récession se profile à l’horizon. Mais les mesures à court terme ne suffiront pas. Pour l’instant, la politique de la Banque centrale européenne (BCE) s’est résumée – conformément à sa mission – au contrôle de l’inflation. Les effets en ont été limités. Seul un défaut de surveillance a permis l’explosion du crédit qui a été fatale à l’Espagne et au Portugal. Des propositions comme celles de l’économiste américain Roman Frydman, qui réclame une ingérence plus ferme de la BCE pour freiner les octrois de crédits en période d’expansion, ont été jusqu’à présent écartées. Certes, ces questions seront traitées dans le cadre du nouveau pacte de compétitivité de l’UE. Mais ledit pacte est trop évasif et unilatéral. Il pénalise les Etats très déficitaires tout en poussant les pays affichant des excédents à l’exportation, comme l’Allemagne, à faire mieux – en stimulant leur demande intérieure, par exemple. La bonne nouvelle est que les idées de bon sens ne manquent pas. La mauvaise est que l’Europe semble suivre actuellement une toute autre orientation, comme le montre le succès électoral des “Vrais Finlandais”.

 

Crise de la dette : dernier sauvetage avant travaux
Source, journal ou site Internet : Der Standard
Date : 5 mai 2011
Auteur : Andras Szigetvar

19:31 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, eurocrates, portugal, grèce, keynésianisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/04/2011

La sécurité des professions de santé. Imaginez a quel point nous en sommes rendu!

Mercredi 20 avril 2011, les ministres de l'intérieur, de la justice et de la santé se sont réunis place Beauvau afin de signer avec les représentants des professions de santé un protocole destiné à garantir leur sécurité dans l'exercice de leur profession.


Claude GUÉANT a souligné qu'il y avait quelque choses de profondément inadmissible à s'attaquer à celles et ceux qui ont vocation à secourir, aider et soigner. Comme ses collègues du Gouvernement, il a rappelé que,la protection des personnels de santé était un enjeu essentiel pour garantir un service de santé universel sur l'ensemble du territoire.

 

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2008/12/10/h_4_ill_935047_medecin2.jpghttp://photo.parismatch.com/media/photos2/actu/societe/pompiers-firminy/804359-1-fre-FR/actu-societe-Pompiers-Firminy-Firminy-Pompiers_articlephoto.jpg


Une boîte à outils adaptée aux réalités du terrain
Le protocole national pour la sécurité des professions de santé permet de développer, au cas par cas, des solutions sur-mesure pour chaque type de situation. Comme l'a rappelé Claude GUÉANT, il fera l'objet d'une déclinaison territoriale en liaison étroite avec les délégations territoriales des agences régionales de santé, les relais professionnels, les préfets, les forces de sécurité et les procureurs. En outre, des interlocuteurs dédiés aux professions de santé seront désignés au sein des différents commissariats de police et brigades de gendarmerie. Parallèlement, le ministre a annoncé qu'un guide pratique serait diffusé dès le mois de mai prochain afin de donner aux professionnels de santé les bons réflexes pour améliorer la sécurité de leur cabinet, de leurs déplacements ou de leurs visites à domicile.


Les professionnels de santé au coeur du dispositif
Les mesures recensées dans le protocole national visent à améliorer très concrètement et très rapidement la sécurité des professionnels de santé :


possibilité de faire réaliser des diagnostics de sécurité par les spécialistes de la police ou de la gendarmerie afin de sécuriser leur environnement de travail ;


mise en place de procédures d'alerte spécifiques simples comme la mise en place de numéro dédié, ou plus complexes comme le développement, en cours d'expérimentation, de boîtiers électroniques d'alerte permettant la géo-localisation ;


incitation des élus locaux à développer leur système de vidéo-protection de manière à couvrir, autant que possible, les abords des cabinets médicaux et paramédicaux ou des pharmacies.


Enfin, Claude GUÉANT a insisté sur la nécessité de porter plainte systématiquement en cas de malveillance ou de violence en soulignant que c'est la plainte qui déclenche l'enquête et rend possible les poursuites judiciaires. Considérant l'utilité publique des professions de santé, le ministre a rappelé qu'il était possible, dans leur cas, de procéder à des prises de plainte sur rendez-vous ou à domicile.

 

Signature du protocole national pour la sécurité des professions de santé
Source, journal ou site Internet : Intérieur.gouv.fr
Date : 22 avril 2011

19/04/2011

Grande répression en Chine!

Est-ce le souffle de la révolte arabe ?

Un vent de panique conjoncturel ?

Une attitude de crispation préventive pour se garder de toute mauvaise surprise ?

 

La Chine traverse depuis quelques semaines une phase de répression de la dissidence politique et culturelle, sous toutes ses formes, comme elle en a rarement connu depuis dix ans.

 

http://www.lalibre.be/getafpmedia.phtml?id=37525337

 

C'est d'autant plus étonnant que les dirigeants de Pékin, célébrant avec une légitime fierté les performances d'une économie nationale qui tire la croissance mondiale, ont, au fil des ans, plutôt conduit le pays dans l'autre sens : un peu plus de liberté pour les universités, experts, journalistes et artistes.


Certains de ces mêmes dirigeants sont mêmes persuadés que la Chine ne réussira à s'imposer comme une grande puissance dans les années à venir que si elle développe son soft power - l'obligation pour elle de n'être pas seulement un poids lourd économique et militaire, mais aussi un pays qui séduit par son rayonnement culturel au sens large. Si telle est bien leur intention, le moins qu'on puisse dire est qu'ils s'y prennent mal. L'arrestation début avril d'Ai Weiwei, le très célèbre artiste chinois, a eu un retentissement mondial.

 

Volontiers critique du PCC, M. Ai a été interpellé à l'aéroport de Pékin alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour Hongkong. Depuis, sa famille est sans nouvelles de lui ; selon la presse, on l'accuserait d'évasion fiscale. Depuis février, début des petites manifestations organisées dans quelques grandes villes chinoises en écho aux événements du monde arabe, une trentaine de personnalités ont été arrêtées. Il s'agit de militants qui s'expriment sur le Net et de ces courageux avocats qui prennent le parti des citoyens les plus démunis face aux abus de pouvoir et à la corruption des dignitaires, petits et grands, du régime. A en croire l'un des responsables de Human Rights Watch à Hongkong, dont l'article a été publié dans l'International Herald Tribune du 8 mars, huit parmi les plus grands juristes chinois engagés dans la défense des droits de l'homme sont détenus depuis février ; une vingtaine d'autres vont être jugés pour "incitation à la subversion".

 

http://www.nowhereelse.fr/wp-content/docs/porn-china-thumb.jpg


Encore ceux-ci font-ils l'objet d'une procédure judiciaire. Mais de plus en plus fréquemment, les autorités usent de moyens "extra-judiciaires" pour faire taire les critiques : intimidation physique et tabassage par des hommes en civil ; "disparition" momentanée pour quelques semaines ou quelques mois d'un militant qu'on fait hospitaliser ou qu'on place en détention dans un lieu inconnu... Nombre de dirigeants chinois et de leurs proches ont souffert des terribles turbulences de l'époque maoïste. Ils redoutent l'instabilité plus que tout.


Cette obsession de la stabilité peut s'expliquer, mais elle ne les servira pas, ni eux ni leur pays, si elle se traduit par une crispation interdisant toute évolution, même contrôlée. A opposer, comme ils le font, "l'harmonie" sociale à la liberté d'expression, ils finiront par n'avoir ni l'une ni l'autre, et ne récolteront que la régression.

 

Pendant ce temps, la Chine réprime (pour INFO IH Chine)
Source, journal ou site Internet : Edito du monde
Date : 14 avril 2011

08:38 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, répréssion, dissidences, liberté | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/04/2011

Richard Goldstone honte à lui...היט ישראל ס אומרעכט

Son auteur a déclaré avoir affirmé à tort que l'État hébreu avait visé intentionnellement des civils lors de l'opération Plomb durci.

 

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Israël a réclamé dimanche l'annulation du rapport Goldstone l'accusant de "crimes de guerre" durant son offensive contre Gaza à l'hiver 2008/2009, après que son auteur a reconnu avoir affirmé à tort que l'État hébreu avait visé intentionnellement des civils. "J'appelle l'ONU à annuler immédiatement le rapport Goldstone. Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l'Histoire", a affirmé le Premier ministre Benyamin Netanyahou, dans le cadre d'une offensive médiatique et diplomatique destinée à rehausser l'image internationale d'Israël. En face, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, s'est déclaré "choqué par la position du juge", alors que le groupe radical Jihad islamique dénonçait "la reculade du juge Richard Goldstone", lui reprochant d'"avoir cédé aux pressions du lobby sioniste". Dans une tribune publiée samedi par le Washington Post, Richard Goldstone a écrit que de nouveaux éléments apparus après la publication de son rapport fin 2009 montraient qu'Israël n'avait pas visé "de manière intentionnelle" des civils.

 

Selon lui, son rapport évoquant de possibles crimes de guerre voire de crimes contre l'humanité de la part d'Israël comme des groupes armés palestiniens à Gaza, pendant l'opération Plomb durci, aurait été "un document différent" aujourd'hui.

 

http://maierovitch.blog.terra.com.br/files/2009/09/a-gazatragedia.jpg


Enquêtes
"Il faut à présent multiplier les efforts pour que ce rapport soit annulé, et je vais m'y employer", a souligné le ministre de la Défense Ehud Barak, après avoir demandé au juge Goldstone de "publier ses conclusions actuelles" sans se contenter d'un simple article de presse. Le président israélien Shimon Peres a appelé pour sa part le juge "à s'excuser, pour avoir accusé Israël de crimes de guerre et ignoré que l'offensive d'autodéfense Plomb durci avait été lancée en riposte à des milliers de roquettes tirées (depuis Gaza) contre des civils innocents". L'ancien ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Gillerman, s'est félicité à la radio militaire de la nouvelle prise de position du juge Goldstone, soulignant qu'elle venait après une série d'interventions israéliennes pour le faire changer d'avis. Tous les journaux israéliens ont consacré dimanche leur première page aux "regrets" du magistrat sud-africain. La dévastatrice offensive israélienne avait coûté la vie à 1 400 Palestiniens, en majorité des civils, et à 13 Israéliens, pour la plupart des militaires. À la publication du rapport, les autorités israéliennes, qui avaient refusé de collaborer avec l'enquête de l'ONU, s'étaient déchaînées contre son auteur, accusé de faire le jeu du Hamas. Un rapport présenté en mars au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, reconnaissait qu'Israël avait dédié d'"importantes ressources pour enquêter sur plus de 400 allégations de mauvaises conduites opérationnelles à Gaza" tout en regrettant qu'aucune enquête n'eût visé les responsables de l'opération. Suite à ces enquêtes, trois actes d'accusation ont été lancés contre des militaires israéliens, selon des sources judiciaires. Le rapport s'alarmait du fait que le Hamas n'avait pas pour sa part mené d'enquêtes sur le lancement d'attaques à la roquette et au mortier contre Israël. En mars 2010, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU avait créé un comité pour assurer le suivi du rapport du juge Goldstone. Le magistrat sud-africain avait recommandé la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye si les autorités israéliennes et palestiniennes refusaient d'ouvrir des enquêtes crédibles sur les "crimes de guerre" afin de punir les coupables.

 

Israël réclame l’annulation du rapport Goldstone
Source, journal ou site Internet : Le point
Date : 3 avril 2011

11:20 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, goldstone, guerre, onu, netanyahou, hamas, islamisme, palestine, droit de l(homme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/03/2011

Le Léviathan ou les "Eurocrates"!

Les institutions européenne sont une hydre de papier qui dévore les citoyens, affirme dans son dernier ouvrage l’essayiste allemand Hans-Magnus Enzensberger, qui exhorte les Européens à lui tenir tête.

 

Tandis que les peuples du monde arabe se soulèvent pour réclamer l'autodétermination et la démocratie, l'Europe sombre dans la dictature. Sa tradition démocratique est usée, anéantie, et ses citoyens sont brimés, mis sous tutelle. Le pouvoir délégué par le peuple à ses représentants a été transférée en catimini et s'est retranché dans un lieu inaccessible sur lequel nul n'a jamais posé les yeux.

 

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Qui tient réellement la barre ?

 

Qui tire les ficelles ? où ? et dans quel but ?

 

Nul ne sait. On promulgue lois et règlements, mais les habitants du Vieux Monde n'en comprennent plus les termes. C'est un peu comme si un peuple extraterrestre s'était posé à notre insu sur la Terre et, à peine arrivé, s'était mis à la solde de l’Union européenne, peut-être parce que ses occupants sont particulièrement prospères. Ce peuple, c'est celui des technocrates.

 


500 millions de veaux dans l'Union européenne
Cette description de l'asservissement de l'Europe par une puissance anonyme n'est pas tirée d'un roman d’anti-utopie, mais d'un essai. Ce n’est donc pas un texte de fiction, mais un texte qui prend son sujet dans la réalité, pour le décrire et l'analyser. Son auteur n'est pas un Hercule qui se serait donné pour mission de nettoyer les écuries d'Augias de l'Union européenne. Son seul objectif est de réveiller les veaux qui y séjournent. Lesquels sont nombreux, puisqu'on en recense à peu près 500 millions. C'est le nombre d'habitants que compte aujourd'hui l'Union européenne. Chacun d'entre eux devrait prendre le temps de lire les quelque 70 pages que vient de publier Hans Magnus Enzensberger sous le titre Sanftes Monster Brüssel oder Die Entmündigung Europas ["Le doux monstre Bruxelles ou la mise sous tutelle de l'Europe", non traduit en français]. L'ouvrage est le pendant allemand du pamphlet du Français Stéphane Hessel, Indignez vous!, qui a été tiré à un million d'exemplaires dans le pays natal du nonagénaire ancien résistant. Hans Magnus Enzensberger lui aussi cherche à réveiller l'indignation des citoyens. Il veut secouer le cocotier. Pour ce faire, il ne mise pas sur de grandes gesticulations, mais sur la force de l'argumentation. Enzensberger a mené des recherches approfondies. Il énumère patiemment les faits, répertorie les indices, comme dans une affaire criminelle. Son but n'est pas simplement de lancer une polémique sur l'Union européenne : il veut démasquer l'hydre qui s'étend inexorablement, mue par sa soif de pouvoir. Ce monstre a une histoire, mais peu de gens la connaissent. L'auteur commence par nous rappeler les bienfaits indubitables du processus d'intégration européenne. Il applaudit six décennies sans guerres – presque une vie – les vacances à l'étranger facilitées, la liberté de circulation, les actions entreprises contre "les cartels, les monopoles et les stratagèmes protectionnistes". Avant de se pencher sur le "vocabulaire officiel" d'une Union européenne "oublieuse de l'histoire", qui baptise ses hauts fonctionnaires du nom de "commissaires", comme si l'histoire européenne n'avait connu ni les commissaires du peuple, ni les commissaires du Reich. Puis il décrit la structure et le modus operandi des commissions, qui fixent par exemple des valeurs limites pour les "vibrations transmises au système bras-mains et à l'ensemble du corps" lors de travaux réalisés au marteau pneumatique, déterminent la longueur minimale des préservatifs européens, et nous imposeront bientôt d'utiliser une combinaison de 33 à 42 chiffres pour un simple virement bancaire.

 

À compter de 2013, en effet, la mention des codes BIC et IBAN sera obligatoire pour les virements nationaux. Sur la petite île de Malte, par exemple, le numéro IBAN se compose de 31 chiffres, si bien que les quelque 400 000 Maltais auront "3 100 000 000 000 000 000 000 000 000 000 numéros de compte à leur disposition, que viendront compléter 10 000 000 000 codes BIC".

 

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Grisée par son pouvoir, l'UE de plus en plus autoritaire
Il est facile de tourner en dérision ces inepties publiques, manigancées au nom de l'Europe par des bataillons de fonctionnaires en majorité grassement payés. En revanche, il est quasiment impossible de se retrouver dans la jungle des commissions, secrétariats, directions générales et autres institutions et organismes sans nombre qui se sont implantés et ont prospéré à Bruxelles ou au Luxembourg.

 

Qui connaît par exemple l'EUOSHA, chargée des questions liée à la sécurité et à la santé sur le travail ?

L'institution emploie 64 collaborateurs, dont les activités sont contrôlées par 84 conseillers d'administration. D'autres questions ?

 

Il est d'abord divertissant, puis assommant de recenser les absurdités d'une bureaucratie bruxelloise débridée.
Et cela ne nous avance guère. C'est pourquoi l'ouvrage creuse plus profond. Enzensberger se penche sur l'absence de légitimité d'une machine bureaucratique qui, pour et au nom des citoyens européens, promulgue des textes de loi et des règlements – qui doivent représenter quelque chose comme 150 000 pages à l'heure qu'il est – mais qui fait fi des règles de base de sa propre constitution, comme le montre régulièrement le traitement réservé au pacte de stabilité et de croissance.

 

La thèse centrale de Hans Magnus Enzensberger prend pour cible la conception bruxelloise de la démocratie : grisée par son pouvoir réglementaire, l'UE développe des caractéristiques de plus en plus autoritaires. Avec [l’essayiste autrichien] Robert Menasse, il
soulève enfin la question de savoir si la démocratie classique telle que la conçoit Bruxelles est encore un engagement ou bien si elle n'est plus considérée que comme un obstacle contre lequel il faut oeuvrer sans relâche. L'Union européenne est en passe de mettre ses citoyens sous tutelle. Et cela, seuls les Européens peuvent l'empêcher.


L'ouvrage de Hans Magnus Enzensberger sera publié en français par Gallimard dans le courant de l'année 2011.

 

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Vu de Suisse Qui aime bien châtie bien
Dans la Zeit, l’ancien membre du gouvernement suisse Moritz Leuenberger explique pourquoi le pamphlet d’Hans Magnus Enzensberger sera "une mine de citations pour pester contre la bureaucratie" et donnera des arguments aux anticapitalistes suisses, même si l’essayiste allemand y loue également la paix et le progrès que l’Union a apporté à ses citoyens. Leuenberger précise par ailleurs que le manque de démocratie de l’UE dénoncé par l'intellectuel allemand est valable pour tous les pays, tant au sein de l’UE qu’en dehors.

 

Il souligne enfin qu’à aucun moment, Enzensberger ne demande la dissolution de l’Union. Bien au contraire : il admet qu’à Bruxelles, il existe bel et bien un discours critique et éclairé vis-à-vis de l’UE. Et c’est précisément cette autocritique qui nourrit l’espoir d’un meilleur avenir pour l’Union : "Ceux qui aiment l’UE, la critiquent, comme le fait Hans Magnus Enzensberger", conclut-il.

 

Le Léviathan existe : il est à BRUXELLES
Source, journal ou site Internet : Frankfurter Allgemeine Zeitung
Date : 25 mars 2011
Auteur : Hubert Spiegel

18:09 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe centrale, eurocrates, europe, enzensberger, dictature, démocratie, ue | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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