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31/05/2011

Langues régionales et constitution !

Le Conseil constitutionnel, saisi le 21 mars 2011 par le Conseil d'État d'une question prioritaire de constitutionnalité portant sur la conformité des dispositions de l'article L. 312-10 du Code de l'éducation, a déclaré cet article conforme à la Constitution et a aussi précisé la portée de l’article 75-1 de la Constitution (1). L’article du Code de l’éducation en cause prévoit qu’«un enseignement de langues et cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité selon des modalités définies par voie de convention entre l'État et les collectivités territoriales où ces langues sont en usage» et que «le Conseil supérieur de l'éducation est consulté, conformément aux attributions qui lui sont conférées par l'article L. 231-1, sur les moyens de favoriser l'étude des langues et cultures régionales dans les régions où ces langues sont en usage». Les requérantes considéraient que ces dispositions ne garantissent pas une protection efficace et effective de l'enseignement des langues régionales et qu’elles méconnaîtraient l'article 75-1 de la Constitution qui énonce «les langues régionales appartiennent au patrimoine de laFrance».

 

http://patois.vivant.free.fr/images/Languesregionales.jpg

 

Selon le commentaire du Conseil constitutionnel, en adoptant ce principe en 2008 (article 40 de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 portant modernisation des institutions de la Ve République), le constituant a manifesté qu’il n’entendait pas créer un droit ou une liberté opposable dans le chef des particuliers ou des collectivités territoriales.

 

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/images/france-langues.gif

 

Le commentaire souligne que «le rapporteur, à l’Assemblée nationale, avait ainsi indiqué que la mention des langues régionales dans la Constitution avait pour objet de "marquer l’attachement de la France à ce patrimoine sans pour autant créer un droit pour les particuliers d’exiger de la part des administrations l’usage d’une autre langue que le français ou des droits spécifiques pour des groupes". Cette position était partagée par le Gouvernement puisque le garde des sceaux a repris une formulation identique devant les sénateurs». Comme il ressort des termes de l’article 61-1 de la Constitution que seule la méconnaissance de «droits» ou de «libertés» que la Constitution garantit peut être invoquée à l’appui d’une question prioritaire de constitutionnalité, le juge constitutionnel en a déduit que «le moyen invoqué ne pouvait donc utilement être invoqué à l’appui d’une QPC».

 

Langues régionales : les dispositions inscrites dans le Code de l’éducation sont conformes à la Constitution
Source, journal ou site Internet : Mairie Info
Date : 23 mai 2011

16:14 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : langage, langues, régions, enseignement, basque, breton, occitan, francique, flamand, alsacien | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Histoire d'un trophé: La palme d'or de Cannes

Le prestigieux trophée de 118 grammes d'or a été modernisé par la coprésidente de Chopard, dans le cadre d’un partenariat qui fournit chaque année gracieusement la palme d'une valeur de 25 000 francs. Pesant 118 grammes d’or jaune, la très convoitée Palme d’or du Festival de Cannes, décernée dimanche, a été instaurée en 1955.

 

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Sous sa forme actuelle, elle a été dessinée par Caroline Gruosi-Scheufele, coprésidente de la maison suisse de joaillerie Chopard. Selon la petite histoire, le choix de la palme s’est imposé en référence aux palmiers de la Croisette, que l’on retrouve aussi sur les armes de la ville de Cannes depuis des temps ancestraux.

 

Le premier dessin pour le festival a été réalisé par la créatrice de bijoux Lucienne Lazon. Mais le trophée n’a pas toujours fait l’unanimité: il est abandonné après le festival de 1963. Le conseil d’administration revient au diplôme, agrémenté d’une oeuvre d’art, avant d’y renoncer à nouveau en 1975 pour réhabiliter, cette fois pour de bon, la Palme d’or. Seuls cinq réalisateurs font partie du cercle envié des «double- palmés»: Francis Coppola (Palme d’or en 1979 et grand prix en 1974, précédente dénomination), Shoei Imamura (1983 et 1997), Bille August (1988 et 1992), Emir Kusturica (1985 et 1995) et les frères Jean- Pierre et Luc Dardenne (1999 et 2005). La Palme d’or n’a été décernée qu’une fois à une femme, Jane Campion, pour «La leçon de piano», en 1993.


L’an dernier, le trophée cannois a récompensé le cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul pour «Oncle Boonmee».


Chaque palme est unique
En 1998, le prestigieux trophée a été modernisé par Caroline Gruosi-Scheufele, coprésidente de Chopard, le joaillier suisse qui, dans le cadre d’un partenariat, fournit chaque année gracieusement la palme d’une valeur de plus de 25 000 francs. Délicatement courbée, la tige ornée de 19 feuilles sculptées à la main, forme à sa base un coeur, symbole de la maison qui fête cette année son 151e anniversaire. Une deuxième palme d’or non datée est toujours en réserve en cas d’accident matériel, ou de palme ex-aequo. Jusqu’au palmarès, la palme est à l’abri dans les coffres du joaillier qui la livre au dernier moment à la direction du Festival.


D’un poids de 118 grammes d’or jaune, mesurant 13,5 cm de long sur 9 cm de large, le trophée est coulé dans un moule en cire, puis fixé sur un socle en cristal de roche de plus d’un kilo, taillé en forme de diamant. «La nature ne donnant jamais naissance à deux cristaux de roches identiques, chaque palme est absolument unique», souligne Mme Gruosi- Scheufele.


Depuis 2000, deux mini-palmes, modèles réduits de leur aînée, récompensent les prix
d’interprétation féminin et masculin.

16:09 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cannes, festival, histoire, palme d'or, chopard, cinéma | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/05/2011

Obama et l'Etat palestinien version 67!

Le président américain s'est prononcé pour la première fois en faveur d'un Etat palestinien se référant aux frontières de 1967. Mais Israël exclut cette proposition. "Une paix durable passe par deux Etats pour deux peuples: Israël en tant qu'Etat juif et patrie du peuple juif et un Etat palestinien en tant que patrie du peuple palestinien", a déclaré Barack Obama, dans un discours très attendu ce jeudi sur le Moyen-Orient.

 

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Le président américain s'est prononcé pour la première fois en faveur d'un Etat palestinien sur la base des lignes de juin de 1967, c'est-à-dire la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est: "Les frontières d'Israël et de la Palestine devraient être fondées sur les lignes de 1967 [...] afin d'établir des frontières sûres et reconnues pour les deux Etats. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu aussitôt tout "retrait aux lignes de 1967", tout en s'abstenant de s'opposer frontalement au président Obama avant de le rencontrer vendredi à Washington. Il espère que, conformément aux engagements américains de 2004 qui "avaient reçu l'appui massif des deux chambres du Congrès", qu'Israël "n'aurait pas à se retirer aux lignes indéfendables de juin 1967". Il a catégoriquement exclu que des "centres majeurs de population israélienne en Judée-Samarie" se retrouvent du côté palestinien de la frontière, en allusion aux principaux blocs de colonies juives en Cisjordanie.


Le Hamas veut "des actes concrets"
Le leader palestinien Mahmoud Abbas a appelé pour sa part Israël à "donner au processus de paix la chance qu'il mérite", convoquant la direction palestinienne pour "une réunion d'urgence". Son porte-parole a qualifié "l'opposition de Netanyahu [...] de refus de la paix au
Proche Orient" et a par ailleurs condamné le feu vert donné jeudi à la construction de 1520 nouveaux logements dans deux quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est occupée et annexée. Le Hamas a exhorté le président américain à "accomplir des actes concrets pour protéger les droits des Palestiniens et de la nation arabe" et rejeté les appels du président américain à reprendre les négociations de paix et à reconnaître Israël. De son côté, le chef de la diplomatie britannique William Hague a apporté son soutien à la position de Barack Obama.

 

Israël rejette l’appel d’Obama sur le retrait aux lignes de 1967
Source, journal ou site Internet : lexpress.fr
Date : 20 mai 2011
Auteur : AFP

12:20 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine, obama, juifs, paix, hamas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Dette: 120 000 € par salarié irlandais! Vite un trèfle à 4 feuilles!

Le gouvernement irlandais est bien parti pour devoir assumer une dette de près de 250 milliards d’euros en 2014. Le spectre d’une faillite nationale durable et chaotique se précise,
prédit l'économiste Morgan Kelly. L’Irlande est menacée de ruine économique. Six mois après le renflouement de 85 milliards d’euros orchestré par l’UE et le FMI, alors que la dette publique irlandaise se retrouve classée à peine un cran au-dessus du néant et que la ruée sur les banques irlandaises commence à menacer les comptes privés, on pourrait croire que l’opération de sauvetage déclenchée en novembre dernier a déjà lamentablement échoué. Au contraire, du moins du point de vue de ses architectes de la BCE, elle a connu un succès retentissant. Il y a une chose que vous devez comprendre à propos du renflouement irlandais.

 

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Il n’avait pas pour but de redresser suffisamment les finances du pays pour que le gouvernement puisse recommencer à emprunter sur les marchés obligataires à des taux raisonnables. Pour la plupart des gens, c’est ça, théoriquement, un renflouement. Au lieu de
cela, le renflouement irlandais n’avait qu’un seul objectif, c’était de faire peur aux Espagnols pour qu’ils rentrent dans le rang, en démontrant de façon frappante que les sauvetages de l’UE ne sont pas pour les timorés. Et jusqu’à preuve du contraire, le plan de la BCE a fonctionné.


Ayant le choix entre finir pieds et poings liés comme l’Irlande — objet de la dérision internationale, contrainte de payer des taux exorbitants sur les fonds du renflouement tandis
que ses ministres rendent des compte à un maître de conférence hongrois — et s’amender, ils ont évidemment choisi cette dernière solution.


Une dette de 120 000 euros par salarié
Mais pourquoi était-il nécessaire, ou du moins opportun, pour l’UE d’imposer un effondrement économique à l’Irlande afin d’effrayer l’Espagne ? La réponse tient à un défaut
fondamental, et potentiellement mortel, dans la conception de la zone euro : elle ne dispose
d’aucun moyen de faire face à de grandes banques insolvables. Du temps où l’euro était en
projet, vers le milieu des années 90, il ne serait venu à l’esprit de personne que des banques prudentes et robustes comme AIB ou la Banque d’Irlande, dirigées par d’anciens rugbymen un peu lents, pourraient un jour emprunter des dizaines de milliards à l’étranger, puis tout perdre sur des prêts immobiliers louches. Si le naufrage n’avait concerné que les banques irlandaises, il aurait été possible de concocter un vague plan de sauvetage. Or, d’aucuns soupçonnent encore les banques espagnoles — qui ont accouché d’une bulle immobilière presque aussi boursouflée que celle de l’Irlande, mais au sein de la neuvième économie de la planète — de dissimuler des pertes aussi énormes que celles qui ont fait sombrer leurs homologues celtes. Fait unique au monde, la Banque Centrale Européenne ne s’appuie sur aucun gouvernement capable de lever des impôts. Pour sauver un système bancaire aussi étendu que celui de l’Espagne, il faudrait que des pays d’Europe engagent des ressources massives dans un Fonds Monétaire Européen : une idée si complexe sur le plan politique, et si coûteuse sur le plan financier qu’elle ne sera envisagée qu’en dernier recours, pour éviter l’effondrement de la zone euro. Pour la BCE, il est plus simple aujourd’hui de croiser les doigts en espérant que l’Espagne s’en tirera toute seule, aiguillonnée par l’Irlande, dont on a fait un exemple. L’insolvabilité irlandaise est désormais moins une question d’économie que d’arithmétique. Si tout se passe comme prévu, ce qui est d’ailleurs toujours le cas, la dette publique irlandaise atteindra les 250 milliards d’euros, mais ces différences sont sans importance. D’une façon ou d’une autre, on parle d’une dette publique supérieure à 120 000 euros par salarié, soit 60 % plus élevée que le PIB.

 

D’après les règles empiriques des économistes, quand la dette publique dépasse le revenu national, une petite économie est menacée de défaut de paiement (les grandes économies, comme le Japon, peuvent aller beaucoup plus loin). L’Irlande est tellement dans le rouge que des modifications de détail dans les termes du renflouement ne feront aucune différence : nous allons boire la tasse.


Satisfaite, la BCE a prêté à l’Irlande l’argent nécessaire au remboursement des banques qui
avaient prêté à l’Anglo et à la Nationwide. Elle se retrouve maintenant dans une situation où, par conséquent, les banques qui ont prêté au gouvernement irlandais risquent de perdre
l’essentiel de leur argent. Autrement dit, la crise bancaire irlandaise s’inscrit dorénavant dans une crise de la dette souveraine européenne plus générale.


L'Irlande ou la version européenne de Porto Rico
Face à la paralysie politique dans l’UE, et avec une Banque Centrale Européenne qui estime avoir avant tout pour mission d’apaiser les rédactions de la presse allemande à scandales, il est plus que probable que du fait de la crise de la dette européenne, d’ici un ou deux ans, le temps que les banques françaises et allemandes reconstituent leurs réserves amoindries, les économies insolvables soient contraintes à la faillite sous une forme ou sous une autre. Ne nous y trompons pas : si, dans des pays comme la Grèce ou l’Argentine, il est presque normal que le gouvernement soit en défaut de paiement, pour un pays comme l’Irlande, qui tirait parti de sa réputation de havre de sécurité financier, une faillite serait une catastrophe. Les faillites souveraines durent des années, les créanciers s’abstenant jusqu’à ce qu’ils soient sûrs d’obtenir de meilleures conditions, ou revendant leurs créances à ce que l’on appelle des fonds vautours, qui s’engagent dans des procédures interminables à l’étranger pour faire saisir des actifs nationaux comme les avions. Ces fonds d’investissement spécialisés n’ont qu’un but, extorquer de l’argent contre la promesse de ne plus nuire aux Etats concernés. Pire encore, une faillite ne permettra en rien de redresser les finances de l’Irlande. Compte tenu des autres engagements de l’Etat irlandais (vis-à-vis des banques, de la National Asset Management Agency [NAMA structure publique de défaisance de l'Etat irlandais, chargée de racheter les actifs toxiques des banques], de l’UE, de la BCE et du FMI), pour qu’une faillite ramène la dette publique à un niveau gérable, il faudra plus ou moins éliminer les titulaires d’obligations régulières. Malheureusement, les obligations en question sont pour la plupart entre les mains de banques et d’assureurs irlandais. En d’autres termes, nous nous sommes embarqués dans un jeu futile de passe à dix : l’insolvabilité a d’abord été transmise des banques à l’Etat irlandais, puis de nouveau de l’Etat aux banques et aux compagnies d’assurance. Il est probable que l’Irlande finira comme une sorte de protectorat de l’UE, version européenne de Porto Rico. Et si nous ne voulions pas nous laisser entrainer sur la pente actuelle et dégringoler vers une faillite commanditée par la BCE et une ruine nationale inexorable, pouvons-nous y faire quelque chose ? Il nous reste un moyen d’en sortir. Un moyen qui n’est pas sans douleur, mais qui nous ferait quand même moins mal que ce que l’Europe est en train de nous préparer. Que l'Irlande refuse le plan de sauvetage, c'est une question de vie ou de mort nationale. Et cela exige deux choses du gouvernement : qu'il se désengage des établissements bancaires, et qu'il remette son budget à l'équilibre immédiatement. Les banques, d'abord. Si la BCE ne veut pas sauver les banques irlandaises, elle ne peut pas non plus les laisser aller à la faillite et provoquer une vague de panique qui s'emparerait de toute l'Europe.


S'arracher aux griffes d'institutions malfaisantes
L'Irlande a intérêt à se retirer du système bancaire en rendant aux établissements bancaires les actifs rachetés par la NAMA et en reprenant ses billets à ordre aux banques. La BCE découvrira alors cette vérité économique fondamentale qui veut que, si vous prêtez 160 milliards d'euros à des banques insolvables soutenues par un Etat insolvable, vous n'êtes plus un créancier : vous devenez le propriétaire. La Banque centrale européenne pourra à terme prendre une gomme et, là où figurait le terme "Prêt d'urgence" dans les comptes des banques irlandaises, effacer et écrire “Capitaux” à la place. Et quand elle le fera, ce sera son problème à elle, pas le nôtre. D'un seul coup, l'Etat irlandais diminuerait ainsi sa dette de moitié pour revenir à la somme plus vivable de 110 milliards d'euros. La BCE n'aura aucun moyen de sanction contre les banques irlandaises, à moins de vouloir déclencher une panique catastrophique en Espagne et dans le reste de l'Europe. Pour l'Europe, la seule réaction possible serait de couper ses financements à l'Irlande. D'où le deuxième volet d'action pour la survie national : ramener le budget national à l'équilibre, et sans délai.

 

Ramener les emprunts de l'Etat à zéro immédiatement n'est certes pas sans douleur, mais c'est le seul moyen de nous défaire de ces requins du crédit qui entendent nous punir pour l'exemple. En équilibrant sans délai notre budget, nous montrons que les problèmes de l'Irlande sont dus presque exclusivement aux activités de six banques privées et, du même coup, nous nous arrachons aux griffes de ces institutions malfaisantes. Qui plus est, cette mesure envoie au reste du monde le message que l'Irlande (qui a montré il y a vingt ans comment un petit pays pouvait se sortir de la pauvreté grâce à l'énergie et travail de ses habitants, mais est tombée depuis aux mains de voleurs et de quelques politicards qui sont leurs sbires) est de retour et n'a aucune envie de plaisanter. Evidemment, nous savons tous que rien de tout cela ne se produira. Le monde politique irlandais a trop pris l'habitude de recevoir des récompenses de Bruxelles pour se mettre à attaquer l'UE, même lorsqu'il s'agit d'une question de vie ou de mort du pays. Il est plus facile de se laisser conduire les yeux bandés, en attendant qu'on nous passe la corde au cou et qu'on ouvre sous nos pieds la trappe de la faillite.

 

L’Irlande vers le naufrage
Source, journal ou site Internet : The Irish Times
Date : 17 mai 2011
Auteur : Morgan Kelly

07:41 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irlande, dette, morgan kelly, économiste, économie, fmi, ue, banques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/05/2011

Contributeur L&L: Maher GORDAH #3: Les nouveaux défis économiques de la Tunisie après l’ère Ben Ali

Quel modèle économique la Tunisie doit adopter pour une insertion réussie dans la mondialisation actuelle ?

 

 

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Le 14 janvier 2011, le peuple tunisien a mis fin à plus de vingt trois années d’un régime mafieux, dictatorial, répressif et clanique, dirigé par un président sénile et une belle famille composée de prédateurs assoiffés de pouvoir et avide du toujours plus. Cette même famille qui a pillé l’économie tunisienne au vu et au su de tous à travers des méthodes bien rodées durant une quinzaine d’années. Ceci étant, le choix du libéralisme économique et des partenariats avec les pays européens depuis l’accession de Ben Ali au pouvoir a permis à la Tunisie de réussir sa transition économique et de faire partie du club très restreint des pays émergents, malgré la généralisation de la corruption et le mépris affiché pour la méritocratie.

 

Depuis la chute de l’ancien dictateur et de son clan, les voix et les plumes d’innombrables intellectuels ont foisonné dans le débat public pour essayer d’établir la conception d’un schéma ou d’un modèle propice à la Tunisie tant sur le plan social qu’économique. Les modèles imaginés vont d’une forme de conception marxiste et socialiste jusqu’au modèle de type libéral en passant par ce qu’on peut qualifier de capitalisme islamique. Dans un souci de clarté, je relaterai de manière très succincte les différentes expériences économiques menées par la Tunisie avant de mettre en exergue le choix qui me semble le plus pragmatique du modèle à suivre par la Tunisie afin de consolider ses acquis et sa position d’un pays émergent dynamique en voie de converger vers le niveau des pays développés.

 

L’expérience collectiviste durant les années soixante, conduite sous l’égide d’Ahmed Ben Salah a conduit le pays à une crise économique aigue, avec des taux de croissance quasi insignifiants, due notamment au déficit abyssal des entreprises publiques, l’accélération du processus de collectivisation, en particulier du secteur agricole qui a atteint un taux de 90 % en 1969 et l’expropriation des terres en possession étrangère, ce qui a conduit au gel de l’aide financière française. Ce n’est qu’à travers l’abandon du socialisme et la réorientation de la politique publique vers l’économie de marché, la propriété privée et l’ouverture à l’investissement privé, que la Tunisie a connu une expansion du secteur privé et une croissance rapide de l’emploi manufacturier. Conséquence directe : le pays a enregistré durant la décennie soixante-dix une croissance moyenne de plus de 8 % par an. Malgré la crise économique qui a sévit durant les années quatre-vingt, liée notamment à la conjoncture internationale et la flambée du prix du baril de pétrole, la Tunisie a fait le choix courageux de la libéralisation de l’économie sans succomber à la tentation de la planification de l’économie et en maintenant loin le spectre de l’expérience catastrophique du socialisme économique dont la seule conséquence était le déclin du pays.

L’insertion de la Tunisie à l’économie mondiale à travers son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce (l’OMC) et son accord signé avec l’Union européenne en 1995 a conduit à l’accroissement de la compétitivité des entreprises tunisiennes et leur accès plus libre aux marchés internationaux grâce au démantèlement progressif des barrières douanières. Ceci étant, malgré l’aggravation du chômage, en particulier celui des jeunes, lié notamment à l’incapacité de la structure existante du marché de travail à absorber le flux continuel des diplômés de l’enseignement supérieur, et la généralisation de la corruption et le népotisme du clan Ben Ali, à travers les interventions discrétionnaires du gouvernement et le pouvoir des initiés qui ont affaibli le climat des affaires et les éventuelles prises de risques des investisseurs étrangers, n’est en rien une représentation fidèle de ce que devrait être une économie libérale et un système démocratique et progressiste. Ainsi, malgré la prolifération de la prédation et de l’économie mafieuse, l’initiative privée dans son ensemble et la croyance en l’efficacité du marché, a permis à la Tunisie de multiplier ses performances économiques, se hissant ainsi à un degré d’insertion dans les échanges mondiaux parmi les plus élevés du monde, ce qui en a fait ipso facto, selon le Forum économique mondial sur l’Afrique, tenu en juin 2007, la première économie compétitive d’Afrique, devançant ainsi l’économie sud-africaine. En se basant sur ce postulat, on constate que seules les réformes économiques de type libérales sont de nature à consolider la situation économique car qu’on le veuille ou non, seul le marché malgré ses limites est pourvoyeur de richesses et par conséquent un vecteur de croissance et de développement. Il suffit d’observer que seuls les pays qui ont choisi la voie du repli et de l’autarcie se sont retrouvés sur le banc des pays les plus en retard sur le plan économique, technologique et même démocratique. On peut citer l’exemple de Cuba ou celui de la Corée du Nord dont la politique économique d’inspiration marxiste voire stalinienne et antidémocratique n’a eu comme conséquence in fine que l’appauvrissement et l’asservissement de la population. Il en est de même pour un pays comme la République Islamique d’Iran.

 

Il faut bien comprendre que l’élévation du niveau de vie et du bien-être social ne peut pas émaner uniquement d’un gouvernement paternaliste, omniscient et omnipotent, mais doit être insufflé par la volonté individuelle de chaque citoyen de réussir et de relever les défis qui nous attendent. Pour appuyer mon propos, je citerai la célèbre phrase de l’ancien président américain J.F Kennedy prononcée lors du discours de son investiture en 1961 : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays ».

Parfois, les revendications sociales qui semblent être légitimes à court terme dans la plupart des cas sont assez contradictoires avec l’intérêt général à moyen et long terme, car cela conduit entre autres à des tensions inflationnistes et au creusement du déficit public en période d’instabilité politique et de récession économique. Cette idée est admise et fait l’unanimité chez une très grande majorité d’économistes universitaires, qu’ils soient de tendance libérale néo-classique ou néo-keynésienne interventionniste.

 

Maintenant, si l’on met l’accent sur ce que devra accomplir la politique économique tunisienne afin de s’affranchir de certains obstacles qui freinent toujours son développement, on doit nous épargner de recourir aux vieilles panacées qui ont montré leurs limites et s’orienter plutôt sur celles qui ont fonctionné dans d’autres économies émergentes et sont susceptibles de nous faire converger vers le niveau économique des pays développés.

 

L’une des premières mesures consistera à s’ouvrir davantage au marché international, pas uniquement le marché européen mais aussi le marché maghrébin et subsaharien. Cela devra se traduire par une volonté politique de signer de véritables accords et partenariats commerciaux avec les pays voisins du Maghreb, étant donné la taille de leur marché pour les entreprises tunisiennes. De manière plus générale, la théorie économique en faveur du libre échange nous enseigne que la libéralisation nous permettra de disposer de biens moins chers et d’offrir plus de choix aux consommateurs ; de réaliser des gains de productivité à travers le fait que les investissements se concentreront sur les secteurs les plus porteurs, plutôt que sur les entreprises publiques peu rentables et hyper protégées, produisant des biens plus chers que s’ils étaient importés ; d’améliorer l’emploi ; d’accroître la concurrence qui profitera aux consommateurs et aux petits producteurs en réduisant le prix des biens ; de développer la technologie à travers les biens et les investissements étrangers qui nous permettront de pouvoir bénéficier davantage des recherches effectuées à l’étranger sans avoir à réaliser les mêmes investissements. D’un point de vue général, une insertion plus accentuée dans la mondialisation économique engendrera des externalités positives, notamment la stabilisation et l’amélioration de nos relations internationales.

 

La deuxième mesure concerne une plus libre circulation des capitaux. Sachant que la Tunisie à l’instar des autres pays en voie de développement économise peu, mais nécessite cependant d’importants investissements. La circulation des capitaux étrangers vers un pays comme le notre peut l’aider à accroître sa productivité, et à améliorer sa qualité de vie. Par conséquent, la Tunisie doit ouvrir davantage son marché de capitaux, pas seulement aux investisseurs étrangers mais aussi aux investisseurs tunisiens désireux d’investir à l’étranger. Notons que la libéralisation encourage les bonnes politiques : les Etats qui ont des gouvernements stables, des règles de droit justes et solides, bref, un climat des affaires attrayant, attireront mécaniquement plus de capitaux. De plus, les contrôles de capitaux sont totalement inefficaces sur le plan micro-économique, car ils sont de nature à empêcher l’allocation optimale des ressources. Pour être plus clair, l’argent n’est pas autorisé à circuler vers les entreprises ou les investissements qui sont les plus efficaces. Souvenez-vous des conglomérats bâtis par l’ancien dictateur et ses sbires. Les contrôles ont aussi des coûts administratifs très élevés, développant ainsi la fraude et la corruption. La Tunisie en était un exemple frappant sous l’ère Ben Ali.

 

La troisième mesure concerne le désendettement du pays. En effet, l’endettement est un obstacle majeur au développement durable de notre pays. La Tunisie comme beaucoup d’autres pays en voie de développement consacre une bonne partie de son budget au remboursement de sa dette, ce qui laisse peu d’argent pour soutenir son économie ou pour couvrir ses dépenses sociales, comme l’éducation et la santé. Ainsi, le service de la dette peut aussi absorber la plupart des devises étrangères que notre pays détient en échange de ses exportations, lui laissant peu de devises pour financer ses importations de première nécessité.

 

La quatrième mesure sera pour la Tunisie son action concrète de lutte contre la corruption et la fraude fiscale. Cela devra se faire par l’établissement d’un véritable cadre légal et professionnel répondant aux normes internationales et suffisant pour réguler ces phénomènes, notamment les recommandations du GAFI (le Groupe d’action financière). Ainsi, la Tunisie devra se doter d’instruments juridiques lui permettant d’éliminer le secret bancaire, à introduire davantage de transparence sur la propriété de capitaux d’entreprises et à confisquer les sommes qui émanent d’activités criminelles.

 

Ces différentes mesures ne sont qu’un échantillon d’un sous-ensemble de réformes que le ou les futurs gouvernements devront s’appliquer à mettre en œuvre afin de consolider les acquis institutionnels hérités depuis l’indépendance. Le choix de telles mesures me semble être prioritaire, étant donné la situation actuelle post révolution, même s’il n’a ni la vocation, ni la prétention à être un ensemble exhaustif de mesures dont notre pays a cruellement besoin.

 


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Dr. Maher GORDAH est économiste senior dans un bureau d'études et de conseil international et consultant auprès de grands bailleurs de fonds, titulaire d'un doctorat (Ph.D) en sciences économiques de l’UNS et chercheur affilié au laboratoire GREDEG (CNRS/Sophia Antipolis). Maher GORDAH est auteur de plusieurs publications scientifiques qui portent essentiellement sur la thématique du développement économique, la croissance économique, l’économie internationale et la théorie du marché.

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