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10/05/2011

Corée du Nord - Goulag (Yodok) - (Amnesty International): Quelle honte!!!

Pendant que la Corée du Sud vient de signer un contrat de libre-échange avec l'UE; la Corée du Nord impose ses goulags en son sein. L'ultra-socialisme, du socialisme tout court en fin de compte, non?

 

Alors que se prépare la succession du Grand leader, Kim Jong-Il, dans son dernier rapport Amnesty International révèle que le goulag nord-coréen n'a cessé de s'agrandir ces dernières années. L'organisation a notamment diffusé des images par satellite du camp N°15 de Yodok, considéré comme le plus terrible des camps de travail, qui abrite, par milliers, la catégorie des « criminels politiques ».

 

http://www.terrorpolitics.com/images/globe/200402280010_01_yodok_concentration_camp.jpg


Yodok. En Corée du Nord, ce nom symbolise l’enfer. Yodok est la ville qui abrite le camp n°15, le plus grand camp de travail nord-coréen. Il « abrite » entre 30 000 à 50 000 détenus dont les crimes sont de nature « politique », voire même d’avoir des parents « criminels politiques ». En réalité le « criminel » lui-même ne sait pas trop de quoi on l’accuse. « Il s'agit d'endroits dissimulés aux yeux de tous, où sont bafouées la quasi-totalité des dispositions protégeant les droits humains», a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Les images satellite diffusées par l'ONG montrent que quatre des six camps - situés dans des zones sauvages des provinces du Pyongan du Sud, du Hamkyung du Sud et du Hamgyong du Nord - occupent une superficie très vaste et se sont considérablement étendus depuis 2001.


L'organisation a recueilli le témoignage d'anciens détenus qui ont fui la Corée du Nord. Jeong Kyoungil, 20m² sert de dortoir à 30 ou 40 prisonniers politiques». Selon son témoignage, la journée des prisonniers commence à 4 heures du matin et compte pas moins de quatorze heures de travail forcé, auxquelles il faut ajouter deux heures «d'éducation idéologique». Seuls ceux qui achèvent leurs tâches quotidiennes ont droit à un bol de 200 grammes de gruau de maïs. Certains prisonniers en sont donc réduits à manger des rats ou des graines retrouvées dans les excréments d'animaux pour survivre. Selon un autre ancien prisonnier de Yodok, 40% des détenus sont morts de faim entre 1999 et 2001.

 

D’après d’anciens détenus du camp de Yodok, les prisonniers sont contraints de travailler dans des conditions proches de l’esclavage et sont fréquemment soumis à la torture et à d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Le camp de concentration de Yodok, qui mesure 50 kilomètres de long, contient entre autres installations : un bâtiment de rééducation idéologique (lavage de cerveau), des carrières, une mine d'or dans laquelle le taux de mortalité est très important : deuxième cause de décès (esclavagisme), après la sous-alimentation chronique, liée également à la maladie et à l'état d'épuisement. On évoque aussi des expérimentations médicales sur des humains.


« Yodok, avec sa mine d'or, sa carrière, ses champs, ses “villages”, son école, ressemble plus à une réserve qu'à un camp soviétique ou nazi. Comme les camps nazis et les camps soviétiques, les camps nord-coréens ont pour but de détruire l'identité politique et légale des individus: internés sur simple décision administrative, la plupart perdent leurs droits civiques et sont soumis à des punitions arbitraires. Toutes les machines à broyer l'identité - l'isolement, les conditions de vie inhumaines, la compromission forcée avec les geôliers (en tant que mouchard, kapo ou chef de brigade) - sont actionnées » écrivait l'historien Pierre Rigoulot dans la revue Politique Internationale.

 

 

http://www.festivalmagasinet.com/wp-content/uploads/2008/11/yodokstoriesposter_250.jpgphoto


L'obligation d'assister aux exécutions
Des enfants y ont été détenus. C’est ce que révélait l’historien Pierre Rigoulot dans son livre Les aquariums de Pyongyang, le premier témoignage sur l’univers concentrationnaire nord-coréen. Un livre basé sur le témoignage du réfugié Kang-Chol-Hwan, aujourd’hui journaliste pour le Chosun, le plus grand journal sudcoréen.


Venu en France au début des années 2000 témoigner de son séjour à Yodok, Kang Chol Hwan racontait : « je suis devenu un prisonnier en août 1977. Soudain mon grand-père a disparu. Plus tard, il a été jugé comme traître au peuple pour avoir vécu un certain temps au Japon avec ma grand-mère. Ils avaient une bonne situation. A l'époque j'avais 10 ans, et mon jeune frère 7 ans. Nous avons été emprisonnés parce que mes grands-parents étaient résidents au Japon. Ils sont rentrés en Corée après la guerre ». Tout juste le temps de léguer sa fortune faite au Japon au gouvernement nord coréen, le grand père est enlevé sur une accusation d’espionnage. Jugé pour « pensées dévoyées », condamné, purgé, le grand-père disparaîtra. Au nom d'une responsabilité collective, « tous les membres de la famille ont été forcés à se rendre au camp de Yodok », racontera encore le réfugié. Kang Chol Hwan y passera 10 ans, condamné dès ses 9 ans aux travaux forcés- encore les enfants de moins de 15 ans bénéficient d'un régime de faveur...-. Il raconte ces dix années passées là-bas, les conditions de vie, le travail harassant, la nourriture inexistante le forçant à manger des rats ou des serpents, au mieux du maïs, l’hygiène, les relations sexuelles prohibées, les femmes enceintes forcées d'avorter, les exécutions, le froid, la peur. « Au Yodok, vous ne pouviez pas vous soucier de quelqu'un d'autre », dit-il. « La peur de votre propre mort était trop forte ». Kang et d'autres détenus étaient souvent forcés à regarder les exécutions publiques. Avant d'être pendu, les condamnés étaient affamés, leurs os brisés, et leurs dents retirés, remplacées par des pierres. « Il y avait deux lieux d'exécutions publiques, avec l'obligation pour tous les prisonniers d'assister aux fusillades (pelotons d'exécutions), aux pendaisons, et sous la menace des armes, l'obligation de lapider les personnes innocentes ainsi pendues ». Lui même assistera à une quinzaine d'exécutions. Condamné pour un crime « léger » (petit-fils d’un prétendu traître à la nation), Kang Chol Hwan avait une chance de sortir de Yodok. Sinon, l’issue est, la plupart du temps, fatale.

 

Libéré au bout de dix ans sans raisons précises, il s’enfuit par la Chine pour se réfugier au sud après un voyage épique.

 

http://shr.aaas.org/geotech/nkorea/images_orig/Image_2.jpg


Les camps: un baromètre politique ?
Amnesty International a recueilli d’autres témoignages d’anciens détenus du camp de prisonniers politiques de Kwanliso 15, à Yodok. Kim, l’un d’eux, a déclaré à l’organisation : «Tout le monde à Kwanliso a été témoin d’exécutions. Lorsque j’étais détenu à Kwanliso 15, à Yodok, tous ceux qui ont essayé de s’échapper ont été attrapés. Ils étaient interrogés pendant deux ou trois mois, puis exécutés». Il est par ailleurs établi que les autorités nord-coréennes utilisent une «cellule de torture», un cube dans lequel il est impossible de se tenir debout ou de s’allonger. Les «détenus perturbateurs» y sont jetés pendant au moins une semaine, mais Amnesty International a connaissance d’un cas où un mineur a été maintenu dans cette cellule pendant huit mois. Les dernières informations, livrées mercredi par Amnesty International, indiquent aussi - photos satellites à l’appui - que les camps de travail et d’enfermement ne cessent d’augmenter en nombre et en taille pour former, comme dans l’URSS dénoncée par Soljenitsyne, un véritable « archipel ». Les analystes l’expliquent par l’instabilité que redoute le régime dans une phase de transition qui devrait voir l’actuel numéro un nord-coréen Kim Jong-Il transmettre le pouvoir à l’un de ses fils, Kim Jong-Un.

 

La question des camps a longtemps été considéré comme un critère important pour juger de la volonté de la direction nord-coréenne de s'ouvrir au reste du monde. En voici un indice...

 

Corée du Nord : le Goulag s’étend
Source, journal ou site Internet : Marianne
Date : 6 mai 2011
Auteur : Régis Soubrouillard

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