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08/03/2011

Arabie saoudite pour quelle révolution?

Analyse

La pression s'accentue sur les structures vieillissantes du pouvoir pour accorder plus de droits aux jeunes générations. Après avoir débloqué 37 milliards de dollars pour financer des mesures en matière de logements, d'emplois et d'éducation, les autorités ont annoncé samedi qu'elles ne toléreraient aucune manifestation et prévenu que les forces de sécurité étoufferaient toutes formes de troubles à l'ordre public.

 

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Cette mise en garde fait suite aux rassemblements limités qui se sont produits ces derniers jours dans le royaume. Des membres de la minorité chiite ont défilé dans l'est de la péninsule et, selon des opposants, une petite manifestation - fait rare - s'est déroulée vendredi dans une mosquée de Riyad. Premier exportateur mondial de brut, le royaume wahhabite n'affronte pas un mécontentent comparable à celui qui a balayé depuis le début de l'année Zine el-Abidine Ben Ali puis Hosni Moubarak. Mais le principal allié des États- Unis au Moyen-Orient n'est pas épargné par l'agitation qui secoue le monde arabe. Et la pression s'accentue sur les structures vieillissantes du pouvoir pour accorder plus de droits et d'influence aux jeunes générations qui vivent à l'heure d'Internet. Comme dans d'autres pays arabes touchés par le mouvement de contestation, des revendications se font jour par le biais de messages relayés sur les sites sociaux. Ils émanent d'une coalition hétéroclite de progressistes, de militants des droits de l'homme, d'islamistes et d'intellectuels. « Lessubventions annoncées par le roi ont été bien reçues mais elles sont insuffisantes », commentait, avant la mise en garde des autorités, Khalid al-Dakhil, politologue saoudien signataire d'une pétition réclamant des élections et une transparence accrue dans les décisions du gouvernement. « Je pense que le pouvoir va entreprendre des changements et ouvrir un dialogue informel. Il pourrait y avoir un remaniement ministériel et des élections sont dans les tuyaux », ajoutait-il L'Arabie saoudite et ses 18 millions de sujets sont gouvernés depuis 1932 par la maison des Saoud en alliance avec les religieux sunnites. Il n'y a pas de Parlement élu et les partis politiques sont inexistants. Les analystes ne voient pas à ce stade de signes précurseurs d'une protestation d'une ampleur similaire à ce qui s'est produit en Tunisie et en Égypte avant de se propager au Yémen, à Bahreïn ou à Oman. « Un message ou deux postés sur Twitter par une jeune Saoudienne éduquée à l'étranger et pleine de ressentiment devant son absence de droits ne font pas un printemps de Riyad », estime l'essayiste américain Simon Henderson. Certains observateurs notent cependant que le débat fait rage sur les médias sociaux où de plus en plus de Saoudiens n'hésitent plus à décliner leur identité complète. La guerre du Golfe de 1991 avait provoqué une vague de contestation contre la présence de forces américaines sur le sol saoudien.

 

Mais, note Madawi al-Rasheed, analyste saoudienne basée à Londres, « la situation est très différente aujourd'hui ». « En 1991, explique-t-elle, il y avait deux camps, les islamistes et les progressistes, avec des traditions totalement différentes. Aujourd'hui, ils viennent de différentes couches de la société mais partagent un thème commun : ils font campagne pour une monarchie constitutionnelle, même si je ne pense pas que cela se produira. »

 

Depuis son accession au trône, en 2005, le roi Abdallah a introduit quelques réformes mais n'a pratiquement pas touché aux bases de la monarchie absolue ni réformé le code social qui impose une stricte séparation des sexes issu du wahhabisme, la version rigoriste de l'islam sunnite en vigueur dans le pays. « Nous sommes toujours dans le train qui se dirige vers la "ville de Révolution". L'opinion n'est pas satisfaite des concessions obtenues jusque-là et l'avenir est toujours très trouble », écrit de son côté la bloggeuse saoudienne Eman al-Nafjan. L'état de santé du roi et de son frère, le prince héritier Sultan, qui multiplient les séjours médicaux à l'étranger, ne facilite pas les choses. En l'état, seuls les fils du fondateur du royaume, Abdelaziz ben Séoud, peuvent prétendre monter sur le trône.

 

Des 37 descendants du roi, 20 sont encore en vie.

 

l’Arabie saoudite alterne le chaud et le froid
Source, journal ou site Internet : L’Orient le jour
Date : 7 mars 2011

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