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14/12/2010

WikiLeaks une aubaine pour l’État hébreu??

Moyen-Orient. Beaucoup des documents révélés par WikiLeaks sont une aubaine pour l’État hébreu.

 

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Du propre aveu de Benyamin Nétanyahou, les révélations de WikiLeaks et les vives craintes exprimées par le monde arabe sur le programme nucléaire iranien sont « bonnes pour Israël ». Le chef du gouvernement israélien est l’un des rares dirigeants à se réjouir ouvertement des retombées de cette affaire : «Depuis des années, nous savons que ces télégrammes ont des chances d’être divulgués, a-t-il expliqué. Nous nous sommes par conséquent adaptés à cette réalité. Aucun document confidentiel israélien n’a été révélé. » Il pourrait y avoir des surprises, car la plupart des 250 000 documents secrets promis par WikiLeaks attendent encore d’être rendus publics, mais Israël a déjà une excellente raison de se réjouir : ces fuites confirment le consensus sur la menace iranienne, surtout dans le monde arabe (voir notre numéro du 2 décembre). On y voit l’Arabie Saoudite appeler à « couper la tête du serpent » et l’Égypte prévenir qu’elle développera à son tour un programme nucléaire si une “bombe chiite” voit le jour. « Pour la première fois dans l’histoire moderne, Israël, l’Europe et les pays du Moyen-Orient conviennent que la principale menace vient de l’Iran, de ses projets expansionnistes et de son armement », dit Nétanyahou. L’État hébreu veut profiter de ces révélations pour justifier ce que WikiLeaks présente comme les « cinq piliers de la stratégie israélienne » face à l’Iran, en s’appuyant sur un mémo de 2007 rédigé à l’issue d’une rencontre entre Nicholas Burns, sous-secrétaire d’État américain, et Meir Dagan, chef du Mossad (de 2002 au 29 novembre 2010). Israël juge l’approche politique insuffisante : elle passe par le transfert du dossier iranien au Conseil de sécurité et par des sanctions. Le Mossad se prononce plutôt en faveur du renversement du régime des mollahs, avec le soutien du mouvement étudiant d’opposition et des minorités azérie, kurde et baloutche. Il se dit favorable à des “actions clandestines”, comme l’assassinat de scientifiques et diverses actions de sabotage. L’actualité vient peut-être de confirmer le passage à l’acte de “spécialistes” dans ce domaine : le 29 novembre, à Téhéran, deux attaques simultanées à la bombe ont visé deux scientifiques iraniens responsables du programme nucléaire (l’un a été tué, l’autre blessé).

 

http://www.adjete.com/photo/art/default/2364748-3310111.jpg?v=1289456897


L’hypothèse d’une attaque contre l’Iran fin 2010…
WikiLeaks rapporte aussi de sérieuses divergences entre Israéliens et Américains quant à l’état de la menace iranienne. Selon plusieurs sources à Washington, Israël surestime l’avancée du programme nucléaire de Téhéran et chercherait à créer un “sentiment d’urgence”, comme en témoignent les déclarations du général Amos Yadlin, le chef des renseignements militaires israéliens. En 2009, il avertit le Pentagone qu’il n’est « pas question de subir une surprise égale à celle du 11-Septembre ». L’état-major de Tsahal est alors très près de déclencher des frappes préventives contre l’Iran. Plus précisément, il pense utiliser 48 bombes antibunker, dont la moitié sont équipées de pénétrateurs BLU-109 à guidage laser pouvant causer des dégâts irrémédiables aux centrales de Natanz, Arak et Ispahan. Le secrétaire d’État à la Défense Robert Gates s’oppose à toute action israélienne, estimant qu’elle ne retarderait que de quelques mois le programme iranien. Les documents montrent que le temps presse pour l’État hébreu. Une dépêche révèle une confidence du ministre de la Défense, Ehud Barak, à une délégation parlementaire américaine de passage à Jérusalem : la fenêtre d’opportunité pour une éventuelle attaque contre l’Iran se refermerait fin 2010. Fin 2010… Nous y sommes, alors qu’éclate la bombe WikiLeaks ! À défaut de pouvoir imposer encore plus de fermeté internationale sur ce dossier, Israël pourrait être maintenant tenté d’agir seul, sans le feu vert des États-Unis.


En septembre 2007, son aviation avait bombardé et détruit le réacteur syrien d’Al-Kibar. Deux mois plus tôt, le chef du Mossad s’était formellement engagé auprès des Américains à ne pas intervenir.

De Jérusalem, Maxime Pérez

Israël servi par WikiLeaks
Source, journal ou site Internet : Enjeux avec Valeurs actuelles
Date : 9 décembre 2010
Auteur :Maxime Perez

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