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08/12/2010

Start-Up et Patrimoine en cure d'austérité!

Les start-up victimes du déficit public
Source, journal ou site Internet : silicon.fr
Date : 3 décembre 2010
Auteur : Christophe Lagane

 

 

Après les députés, les sénateurs ont adopté le plafonnement de l'exonération des charges pour les entreprises innovantes. Au nom de la lutte contre le déficit public.

 

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Le couperet est tombé la nuit du 02 au 03 lors de la discussion au Sénat sur le projet de loi des Finances 2011. Comme les députés l’avaient fait trois semaines auparavant, les sénateurs ont adopté la réforme qui revoit le soutien fiscal dont bénéficiaient jusqu’alors les start-up françaises. En 2011, les jeunes entreprises innovantes (JEI) verront leurs exonérations de charges sociales désormais plafonnées. Créé en 2004, le statut de JEI permettait aux PME innovantes de moins de huit ans et qui consacrent 15 % de leur activité à la recherche et au développement (R&D) de bénéficier d’exonérations pendant 8 ans sur les charges salariales des employés concernés (chercheurs, techniciens, chefs de projets R&D…). Mais ces largesses disparaîtront prochainement. Eric Besson, ministre délégué à l’Industrie en charge de l’Economie numérique, a notamment rappelé que l’effort de réduction des dépenses publiques doit être « partagé par tous ». Rappelons que la lutte contre le déficit public vise à le ramener de 152 milliards d’euros aujourd’hui à 92 milliards en 2011. Pour sa part, le plafonnement des exonérations des entreprises innovantes participera à hauteur de 57 millions d’euros à la réduction du déficit… La mesure n’a d’ailleurs été approuvée que par 179 voix sur 318.


Une décision qui passe mal du côté des organisations professionnelles représentant les JEI. « Considérer que ces entreprises sont moins fragiles à partir de la 4ème année, c’est ignorer le cycle de vie des entreprises innovantes, notamment dans le secteur des logiciels, des biotechnologies et du jeu vidéo », énonçaient-elles au Moci, le 26 novembre dernier. « Le gouvernement fait deux poids, deux mesures entre PME et grands groupes, et renie sa propre stratégie industrielle en faveur de l’innovation. Nous sommes consternés », déclare à La Tribune (03/12) Loïc Rivière, délégué général de L’Afdel (Association française des éditeurs de logiciels). Les professionnels craignent notamment que l’alourdissement des charges n’entraînent des plans de restructuration et ralentissent les projets de R&D. Au risque que celles-ci quittent la France pour les côtes américaines, notamment Montréal. Deux milles start-up française environ sont concernées.

 


L’austérité ruine le patrimoine
Source, journal ou site Internet : The Guardian
Date : 6 décembre 2010
Auteur : John Hooper

 

Sale temps pour Pompéi, où deux bâtiments se sont écroulés en l'espace de quelques semaines. AFP
Le patrimoine culturel est l'une des premières victimes des mesures d'austérité adoptées par les Etats
européens. Et si nous voulons sauver Pompéi et d'autres sites et monuments du sud de l'Europe, il est grand
temps de changer la gestion de la politique culturelle.
John Hooper

 

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La porte cintrée du XIIe siècle est le seul vestige encore intact de l’église Saint-Pierre de Becerril del
Campo, dans la province de Palencia, dans le centre de l’Espagne. Le toit a pratiquement disparu. L’eau
s’infiltre partout et l’intérieur déborde de déchets. “La nef se détériore de jour en jour, nous avons déjà perdu
presque tous les stucs et les voûtes baroques”, signale Hispania Nostra, association de défense du patrimoine.
Plus tôt cette année, à l’autre bout de la Méditerranée, sur l’île grecque de Kea, une tour du IVe siècle av.
J.C. s’est en partie effondrée sous les yeux des habitants, en dépit des avertissements répétés du département
local d’archéologie.


La nouvelle que trois autres murs [après l'effondrement début novembre de la Maison du gladiateur] s’étaient
désintégrés à Pompéi début décembre a fait le tour du monde. Mais l’église de Castille et la tour en mer Egée
viennent nous rappeler que la ville sur les pentes du Vésuve n’est pas le seul site d’Europe du Sud où sont
menacés des trésors archéologiques, culturels et historiques.


On a toujours attribué les manquements dans le secteur de la conservation au déséquilibre existant entre le
fabuleux patrimoine culturel du Sud de l’Europe et les ressources comparativement limitées dont disposent
les gouvernements de la région. L’Italie compte plus de sites inclus dans le patrimoine mondial de l’Unesco
que tout autre pays, et l’Espagne est la suivante sur la liste.


Le financement espagnol de la culture a déjà chuté d'un tiers
Mais aujourd’hui, après des décennies de prospérité relative et de financements plus généreux, la région est
confrontée à une nouvelle menace : de l’Atlantique à la mer Egée, les Etats, s’efforçant de rééquilibrer leurs
finances publiques et de juguler leur dette, procèdent à des coupes sombres dans les budgets de leurs
ministères de la culture et du patrimoine.


C’est une région où les statistiques ont la triste réputation d’être douteuses : le financement du patrimoine se
retrouve souvent dans le même sac que les arts et, en Espagne particulièrement, le financement destiné aux
oeuvres de conservation est réparti à plusieurs niveaux de l’Etat.


Mais l’exemple du Portugal, plus centralisé, permet de se faire une idée de l’étendue de ces réductions. La
semaine dernière, Lisbonne a voté un budget d’austérité pour 2011 qui réduit de 9 % les fonds publics
alloués à la culture.


En Espagne, les associations de défense du patrimoine affirment que dans certaines régions, le financement
de la culture a déjà chuté d’un tiers. Dans le même temps, l’éclatement de la bulle immobilière du pays a
privé la conservation des édifices anciens d’une source importante de liquidités — les sommes déboursées
par les promoteurs qui souhaitaient construire du neuf. “Si cet argent se tarit, alors les autorités locales vont
dire qu’elles doivent dépenser pour les gens plutôt que pour les bâtiments,” déclare Javier Ruiz, architecte et
activiste.


Le mois dernier, en Italie, des musées, des galeries d’art et des sites du patrimoine ont fermé dans le cadre
d’une journée de grève pour protester contre les projets du gouvernement, qui prévoit d’écrémer le budget
national de la culture de 280 millions d’euros au cours des trois prochaines années. Alessandra Mottola
Molfino, présidente de l’association italienne Italia Nostra, y voit “un coup mortel pour notre patrimoine”.
Or, ces réductions sont-elles vraiment indispensables ?


A Pompéi, on suit des directives des années 1970
En Grèce, qui se trouve au coeur de la tourmente de la dette en Europe, le ministère de la Culture a annoncé
la semaine dernière qu’il faisait appel à Bruxelles pour combler les brèches, réclamant 540 millions d’euros
pour restaurer sites archéologiques et monuments et pour rénover les musées, dont beaucoup ont dû fermer
leurs portes à cause de la crise.


Ailleurs, d’aucuns prétendent que la crise pourrait servir de stimulant en faveur d’une plus grande efficacité
de la part des autorités et d’une implication plus constructive du secteur privé. “Ce n’est pas un problème
d’argent, explique Roger Abravanel, auteur basé à Milan et avocat de l’économie de marché. Les
conservateurs professionnels — des gens qui à la fois comprennent la culture et savent qu’il faut la rendre
accessible au public —, ici, ça n’existe pas. En Italie, nous suivons un modèle complètement différent où les
autorités sous-traitent aux sociétés qui ont organisé des expositions.”


Un défenseur du patrimoine qui a préféré garder l’anonymat assure que Pompéi est loin de manquer de
fonds. “Depuis 1997, l’agence nationale qui gère le site a récolté beaucoup d’argent car c'est elle qui reçoit
directement les fonds. Mais elle ne dispose pas de mécanismes de gestion assez réactifs. Le personnel est
placé sous le contrôle direct du ministère à Rome, et c’est un système rigide. En vingt ans, il n’y a eu aucun
renouvellement, avec pour conséquence que l’on a ici des responsables qui travaillent en fonction de
directives qui datent des années 70.”


Les relations troubles entre secteur public et privé
La crise a aussi braqué les projecteurs sur la relation souvent trouble en Europe du Sud entre secteur public
et privé. Pourtant, il a longtemps été difficile d’impliquer les entreprises. Pendant des années, on a cru que
c’était parce que l’Italie ne proposait pas les généreux aménagements fiscaux dont bénéficient les sponsors
éventuels dans les pays anglophones.


Mottola Molfino estime que les nouvelles règles mises en place ces dix dernières années ne pâtiraient pas
d’être simplifiées. Mais, comme tant d’autres en Europe du Sud, elle se méfie encore de la volonté de l’Etat
de confier au secteur privé la responsabilité de préserver le patrimoine national du pays. “Ça devrait être un
devoir et un honneur,” lance-t-elle.


L’idée que la conservation du patrimoine soit essentiellement l’affaire des autorités est semble-t-il aussi très
répandue parmi les chefs d’entreprise qui, de toute façon, ont vu leurs bénéfices rognés par la crise
économique mondiale.


Il n’y a probablement pas de monument plus célèbre en Europe du Sud que le Colisée. Mais comme
beaucoup d’autres édifices romains antiques, il a un besoin urgent d’être restauré. L’été dernier, le ministère
italien de la Culture, anticipant les réductions dont il allait être l’objet, a fait savoir qu’il recherchait des
sponsors pour couvrir en partie un programme de travaux de 25 millions d’euros.


Diego Della Valle, fondateur de la chaîne de maroquinerie et de chaussures Tod’s, a été le premier magnat à
répondre à l’appel. Et jeudi dernier, il s’est avéré qu’il était le seul. Della Valle a courageusement annoncé
que sa société prendrait l’intégralité de la facture à sa charge. Sinon, a-t-il conclu, l’Italie courait le risque
“d’un autre Pompéi”.


Austérité
Tout n’est pas noir du côté de la culture
Contrairement aux Pays-Bas et à l’Italie, où des manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour
protester contre les coupes au budget de la culture, il n’y a pas eu de protestations au Royaume-Uni, où tous
les secteurs sont touchés par les mesures d’austérité, note De Standaard. Malgré la récession de ces dernières
années, en effet, le secteur culturel a connu une croissance plus importante que l’économie (5% contre 3%
par an) et la fréquentation des sites a augmenté ( de 41% en 8 ans). En Allemagne, ajoute son confrère
néerlandais Trouw, les dépenses de l’Etat fédéral ont même augmenté l’année passée, même si celles des
communes et des Länder (régions) ont chuté. Même chose en France, où le budget 2011 de la culture est en
hausse de 2,1% par rapport à celui de 2010. Une hausse qui concerne surtout l’audiovisuel, la part attribuée
aux musées ayant subi une réduction de 5%.

11:15 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : start-up, patrimoine, économie, récession, dette, charges sociales, austérité, culture, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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