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18/11/2010

Crise de l'euro

L’Union européenne va-t-elle lancer un plan d’aide financière à l’Irlande ?

Est-ce le début d’une crise plus large et plus grave ? Dans les décisions à venir, “l’île ne compte pas pour beaucoup”, estime Der Standard.

 

http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2010/04/UE_Crise.jpg


Le quotidien viennois comprend "le scepticisme de Dublin" face à une possible perte de son indépendance
financière. “Le problème fondamental est le suivant : Pour les sauveurs du continent, le problème principal
n’est pas l’Irlande. Comme c’est le cas de la Grèce, l’économie irlandaise est beaucoup trop petite pour tirer
la zone euro vers les profondeurs. Mais comme les Grecs, l’Irlande et ses banques doivent beaucoup d’argent
aux banques de la zone euro et du Royaume-Uni - 138 milliards pour les seules banques allemandes",
constate le quotidien viennois, qui pointe le danger d’un effet domino qui pourrait faire tomber la quatrième
économie européenne : l’Espagne. "L’Espagne est-elle la suivante ?", s’interroge El Mundo. Le quotidien
madrilène rapporte qu’ "au bord du précipice, l’Espagne est mise en garde par l’UE". Car la Commission
européenne a estimé que "la situation irlandaise peut affecter l´Espagne si celle-ci ne démontre pas sa
crédibilité dans les marchés". "Le gouvernement a peu avancé dans les réformes structurelles engagées” en
mai dernier, et n’a plus de temps, note le journal. Madrid doit, entre autres, réformer le système des retraites
et accélerer processus de fusion de caisses d'épargne, un problème majeur pour le financement de l'économie
espagnole, ce qu' "exige de manière impérative" le gouverneur de la Banque d´Espagne. Chez le voisin
portugais, Diário de Notícias annonce que "le gouvernement refuse de demander de l’aide même si les
Irlandais le font". Mais à Bruxelles, pointe son confrère Público, "certains admettent qu’une aide commune
aux deux pays est inévitable". Comment en est-on arrivé là ? Pour Les Echos, l’Europe paie les décisions
prises au printemps dernier. Lors de la crise grecque, elle a “par fierté exclu toute restructuration de la dette
d’un de ses Etats membres” et créé “un plan censé gagner du temps et calmer les marchés”. Mais "les
marchés financiers ne se sont calmés que quelques mois et le temps va bientôt manquer aux pays dits
‘périphériques’ de la zone euro que sont la Grèce, l’Irlande ou le Portugal pour se refinancer dans des
conditions acceptables”, constate le quotidien économique français. Et aujourd’hui, comment l’Irlande
pourrait-elle ramener son déficit budgétaire de 32% du PIB à 3% en 2014 ? s’interroge le journal. “L’excès
de dette ne peut que déboucher un jour ou l’autre sur le défaut de paiement ou sur une restructuration
profonde. L’Europe a refusé de l’admettre jusqu’ici.” Il serait donc urgent “de sortir du déni” et “de mettre
en place un mécanisme de restructuration ‘ordonnée’ de la dette des pays les plus vulnérables - en clair un
étalement des échéances s’accompagnant d’un effort des créanciers”. Pour la Frankfurter Allgemeine
Zeitung, c’est un "poker sur l’Irlande" qui se joue. Et Berlin, par exemple, se trouve coincé entre les marchés
et les contribuables à cause du projet présenté par Angela Merkel pour pérenniser le mécanisme de sauvetage
à partir de 2013. La chancelière voudrait faire participer les créanciers privés, notamment les banques et les
fonds, au sauvetage d’un pays. “On ne pourrait pas exiger encore plus longtemps des citoyens que les
banques soient sauvées avec l’argent des contribuables sans les obliger à assumer les conséquences de leurs
investissements erronés”, explique la FAZ pour laquelle la chancelière a bel est bien contribué à
l’emballement des marchés quand elle a réaffirmé cette position allemande lors de sommet de Seoul. Selon
un banquier interrogé par le quotidien, certains investisseurs ont cru que l’Irlande ou le Portugal seraient
concernés par ce mécanisme de sauvetage.

 

L’Irlande n’est peut être qu’un début
Source journal ou site Internet : Presseurop
Date : 16 novembre 2010

http://a33.idata.over-blog.com/0/40/52/94/11.2009/mars-2010/juillet-2010/10-2010/Euro-espagne-portugal.png

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L’Irlande risque l’effondrement financier pendant que la Grèce continue de creuser ses déficits. Mais est-ce
aux contribuables de payer ?

 

Pour Der Standard, les investisseurs, tout comme les Etats, doivent assumer les
risques qu’ils ont pris. Josef Pröll est bon comédien. Le 16 novembre, le ministre des Finances autrichien a
récité son monologue de l’inflexible créancier faisant la leçon à son débiteur. La Grèce ne respecte pas le
programme de réduction des dépenses établit par l’UE et le Fonds monétaire international (FMI). Athènes
fait plus de dettes qu’elle ne devrait. Josef Pröll a menacé de ne pas verser la prochaine tranche d’aide
destinée à la Grèce [elle sera finalement versée en janvier]. C’est que font généralement tous les créanciers,
qu’il s’agisse d’Etats ou de banques. Ils menacent et montrent les dents mais au bout du compte finissent
presque toujours par accorder un délai supplémentaire à leur débiteur : mieux vaut un débiteur mal en point
qu’un débiteur mort.

 

http://cartoons.courrierinternational.com/files/imagecache/dessin_a_la_une/illustrations/dessin/2010/05/0510BERTRAMS.jpg

 

Un endettement à 150% du PIB
Sauf qu’à présent, la crise de la dette dans la zone euro n’est plus un cas normal et Josef Pröll le sait
parfaitement. D’après les dernières estimations corrigées de son déficit, la Grèce affiche une dette
représentant près de 130 % de son PIB. D’ici à 2015, Athènes doit rembourser sa dette à 140 milliards
d’euros, s'y ajoutent 90 milliards d’intérêts. Tout cela sur fond d’économie en déroute. Nul besoin d’être
grand clerc pour affirmer que cela risque de mal finir. Ce n’est pas le seul cas de faillite dans la zone euro.
L’Irlande aussi se trouve au bord du gouffre. A cause du renflouement des banques, le taux d’endettement du
pays devrait friser les 150 % du PIB jusqu’en 2016. Les marchés évaluent les emprunts irlandais au même
niveau que ceux du Pakistan et du Venezuela. Les économistes irlandais se préparent à une faillite, avec ou
sans sauvetage.


Les créanciers doivent payer leur part
Dans de telles conditions, les politiques ne peuvent guère faire plus que gagner du temps. Vue sous cet angle,
la pantomime de Pröll ne paraît pas absurde. Mais simultanément, la zone euro devrait s’armer contre la
prochaine vague de faillites. Il faudrait obliger les créanciers à prendre part aux coûts des faillites en
question. Cela a l’air facile, mais ce n’en serait pas moins une rupture avec les pratiques en vigueur jusqu’à
présent. Ce sont d’abord les banques qui ont été menacées d’effondrement. Les contribuables les ont
renflouées. Ensuite, ce sont les Etats qui ont basculé. Encore une fois, les contribuables — d’autres pays —
ont dû se ruer à la rescousse. Il faut que cela cesse. Dans le cadre du G20, on s’efforce déjà de développer le
modèle d’une restructuration des banques au niveau international. La même chose est nécessaire pour les
Etats. Dans l’économie de marché, il existe un système de banqueroute qui permet d’effacer une partie de la
dette. Qui investit son argent à tort finit par le perdre.


Nous ne reverrons pas notre argent
Il est remarquable de constater que c’est d'Irlande que provient la critique la plus virulente quand les
Allemands ont voulu installer une procédure ordonner pour une faillite étatique. L’Irlande serait
vraisemblablement celle qui profiterait le plus d’un tel modèle. Pourtant, la seule évocation de cette idée a
entraîné une hausse des taux d’intérêts irlandais et fait un peu plus trébucher le pays. Mais quels que soient
nos sentiments d’empathie, quand ouvrir le débat, sinon maintenant ? La crise de la dette va perdurer. Qui dit
que, d’ici deux ans, le marché ne réagira pas avec la même panique ? Il est regrettable que Berlin ait fait
marche arrière et reporte désormais à un avenir lointain la possibilité d’une participation des créanciers
[privés] aux frais induits par l’insolvabilité d’un Etat. C’est trop peu. La pantomime ne peut pas durer
éternellement. De plus, à un moment donné, les politiques vont devoir commencer à expliquer que nous
aussi, en tant que créanciers de la Grèce, nous ne reverrons pas toute la couleur de notre argent. Il n’y a
certes pas de quoi se réjouir, mais ce n’est rien comparé à ce qui attend encore les Irlandais et les Grecs.


Vu d’Athènes Le “4e Reich” ruine l’Europe !
Le 16 novembre, l’Allemagne a prévenu la Grèce que si elle ne faisait pas plus d’efforts de rigueur, elle
risquait de ne pas recevoir la troisième tranche de l’aide financière européenne et du FMI décidée au
printemps. Le 17, il a d’ailleurs été annoncé que ce versement de 6,5 milliards d’euros n’aurait lieu qu’en
janvier, au lieu de décembre. "La confrontation est imminente, réagit To Ethnos. "Les dirigeants allemands
veulent isoler tous les pays de la zone euro et d'Europe et les transformer en colonies du 4e Reich". La vive
guerre médiatique qui avait opposé les deux pays au printemps, lorsque les Allemands rechignaient à aider la
Grèce, semble ravivée. "La politique économique sera donc dictée par Berlin, avec en ‘marionnettes’ les
institutions européennes, et l’Allemagne va réussir a détruire le seul espoir des pays les plus fragiles :
emprûnter à bas taux." "Cette politique va renforcer la place de l'Allemagne en Europe, ajoute le quotidien.
Elle est d'ailleurs déjà prépondérante, comme on le voit avec ce qui se passe en Irlande. Ce pays refuse
d'appliquer le plan de rigueur et l'Allemagne fait monter la pression pour le lui imposer ! Cette tension ne
détruira pas l'Europe ; à condition de mener une vraie résistance au 4ème Reich.

 

La solution, c’est la faillite
Source journal ou site Internet : Der Standard
Date : 17 novembre 2010
Auteur : Andras Szigeyvari

 

http://3.bp.blogspot.com/_9-EvCTwMLLE/THbIjZyZd-I/AAAAAAAA7Vg/hbiXtg40Duc/s1600/Capture+d%E2%80%99%C3%A9cran+2010-08-26+%C3%A0+21.58.44.png

08:38 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : euro, europe, irlande, portugal, espagne, dette, grèce, allemagne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

On ne répétera jamais assez que le problème structurel de la zone Euro est l’absence d’une union politique forte qui serait responsable du suivi d’une politique monétaire européenne. Une telle union assurerait la coordination souhaitable des politiques économiques et fiscales évitant ainsi les divergences que nous avons constatées. Cela impliquerait enfin la création d’un mécanisme de transferts financiers susceptibles de résoudre les prochaines crises financières.

Écrit par : déguisement | 22/11/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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