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06/09/2010

La Serbie reconnaitrait le Kosovo, pour une entrée dans l'UE

Belgrade serait prête à reconnaître le Kosovo

 

Après des années de blocage, le gouvernement serbe, soucieux de voir s'ouvrir les portes de l'UE,
semble disposée à accepter l'indépendance de son ancienne province, révèle le quotidien croate Novi
List. D'autant que les conditions posées pour ce faire ne sont pas impossibles à satisfaire.La province du
Kosovo s'est déclarée indépendante le 17 février 2008.

 

http://pedagogie.collegemv.qc.ca/artsetlettres/actualitesinter/UserFiles/Image/yougoslavie-3Map.GIF


Le Président de la Serbie, Boris Tadic, serait prêt à reconnaître le Kosovo à condition d'obtenir la
souveraineté sur les monastères orthodoxes serbes [situés au Kosovo], un statut particulier pour les Serbes
vivant au Sud du fleuve Ibar* ainsi que la reconnaissance de facto du statut quo au Nord du Kosovo,
apprend-on en exclusivité auprès de sources diplomatiques serbes.


C'est le premier indice montrant que les autorités de Belgrade seraient disposées à résoudre, une fois pour
toutes et de manière durable, un problème qui a hypothéqué jusqu'à présent la pleine intégration de la Serbie
dans la communauté internationale en général et dans l'Union européenne en particulier. Une position
devenue intenable depuis que la Cour Internationale de la justice de La Haye rendu un avis selon lequel la
proclamation de l'indépendance du Kosovo n'avait pas violé la loi internationale. Bien qu'on ait déjà pu
entendre ici ou là que Belgrade serait prêt à un compromis, aucun responsable politique serbe n'a laissé
transparaître, même pour la forme, jusqu'à présent que la reconnaissance du Kosovo soit d'actualité.
Cependant, à la veille du débat sur Kosovo devant l'Assemblé générale de l'ONU qui aura lieu à la miseptembre,
il est évident que la Serbie est en train d'envoyer de nouveaux signaux, au contenu complètement
inédit.


D'autant plus que les trois conditions exigées ne sont pas impossibles à satisfaire. La demande sur les
monastères orthodoxes pourrait être satisfaite sans grand problème, ces lieux saints étant sous la protection
des forces internationales depuis 1999 et pratiquement inaccessibles aux autorités et à la population
albanaises. Le modèle de l'exterritorialité existe bel et bien en Grèce. Le mont Athos, un des centres de la
spiritualité orthodoxe, où se trouve le plus sacré des monastères serbes, Hilendar, bénéficie de ce statut.
Un statut spécial pour les Serbes vivant au Sud de l'Ibar a été déjà prévu par le plan d'Ahtisaari [du nom de
Martti Ahtisaari, envoyé spécial de l'ONU et ancien président de la Finlande] qui a servi de fondement à la
proclamation de l'indépendance du Kosovo, boycottée par les Serbes. Cependant, certains représentants
politiques des Serbes vivant dans les enclaves situées dans la partie sud du Kosovo ont pris la conscience de
la nécessité d'une coexistence avec la majorité albanaise, car c'est la seule façon de continuer à y vivre. C'est
la raison pour laquelle ils ont laissé entendre qu'ils seraient prêts à accepter, avec l'appui de Belgrade, les
garanties données par le plan Ahtisaari. Même en Serbie, on est de plus en plus conscient que les enclaves
serbes au centre et au sud du Kosovo n'ont pas d'avenir si un mode de coexistence n'est pas trouvé avec la
population majoritaire. Pristina a de son côté compris que le Kosovo gagnerait en crédibilité sur le plan
international en insistant sur le respect des droits accordés à la minorité serbe, voire en les élargissant.
La troisième condition posée par Tadic pourrait s'avérer la plus difficile à remplir. Car "la reconnaissance de
facto du statu quo" risque d'être interprétée comme une acceptation du partage du Kosovo, sa partie Nord
étant déjà séparée du reste du pays, politiquement et territorialement, et il est souvent impossible de passer
d'une partie à l'autre. dans cette partie, à la différence du sud de l'Ibar, les Serbes sont homogènes et
disposent d'une écrasante majorité.


Toutefois, même ce problème pourrait être résolu si Belgrade et Pristina font preuve de suffisamment
d'intelligence. C'est dans l'intérêt de la Serbie d'en finir une fois pour toutes avec ce problème afin de mettre
toute l'énergie de ses dirigeants au service de l'adhésion à l'UE. Quant au Kosovo, il souhaite certes sortir du
statut mortifère d'Etat inachevé et devenir un membre à part entière de la communauté intérnationale.
Pristina devra aussi comprendre que le Nord du Kosovo ne pourra jamais ressembler au reste du pays,
puisque la majorité serbe ne pourra tout simplement pas disparaître. En ce qui concerne Belgrade, après l'avis
rendu par la CIJ, les autorités serbes ont réalisé qu'elles sont arrivées au bout de leur politique de blocage et
qu'une adhésion à l'UE ne peut se faire sans une solution durable pour le Kosovo.


L'intérêt est donc réciproque et il ne manque plus qu'à trouver les termes adéquats pour habiller
l'arrangement qui se profile. "Il s'agit moins désormais d'une question de fond que de forme", a confirmé
notre source à Belgrade.


Note :*La partie située à l'extrême nor du Kosovo englobe trois municiopalités et héberge 50 000 habitants,
Serbes pour la plupart. La ville de Mitrovica,traversée par la rivière Ibar, est divisée en deux : une partie
serbe, l'autre albanaise. Le reste du Kosovo est majoritairement peuplé d'Albanais, avec ici et là des poches
de population serbes.

 

Source IHEDN

RELATIONS INTERNATIONALES - EUROPE DE LA DEFENSE - OTAN :

Source journal ou site Internet : Novi List
Date : 3 septembre 2010
Auteur :?

11:12 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : serbie, kosovo, europe, ue, boris tadic | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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