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04/09/2010

Paixpotage au Proche-Orient!

Quel dialogue au Proche-Orient?

 

Les pourparlers de paix israélo-palestiniens reprennent officiellement jeudi. Après vingt mois de suspension,
le moment est symbolique. Pour marquer le coup, Barack Obama, qui - certes il y a longtemps - avait fait du
dossier sa priorité en matière de politique étrangère, a convié le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou,
et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à un dîner à la Maison blanche mercredi
soir. Sur la liste des invités, figurent aussi le président égyptien, Hosni Moubarak, et le roi Abdallah II de
Jordanie, qui oeuvrent depuis de longs mois pour la reprise des discussions. Attendue de longue date, cette reprise
des discussions suscite l'optimisme: les Etats-Unis, puis le Quartette pour le Proche-Orient (UE, Etats-
Unis, Russie, ONU) espèrent un accord de paix d'ici à un an.

 

http://www.cequilfautdetruire.org/IMG/jpg/caritte-israel-palestine.jpghttp://www.rtbf.be/info/sites/rtbf-info/files/imagecache/DetailImage/node_images/photo_1282280581156-1-0.jpg


Discuter, c'est bien. Reste à savoir de quoi, tant chacun est resté, ces derniers mois, campé sur ses positions.
Le contexte est pour le moins compliqué. A quelques heures de la reprise officielle des discussions, quatre
Israéliens ont été tués dans une fusillade près d'Hébron, en Cisjordanie. L'attaque a été revendiquée par les
Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas. Cet attentat, le plus meurtrier en Cisjordanie depuis quatre
ans, pourrait peser sur les négociations. Consciente de la fragilité du processus, la Maison blanche a
d'ailleurs jugé mardi qu'il était "crucial que les parties persévèrent et continuent à aller de l'avant". Mais dès
son arrivée sur le sol américain, Benjamin Netanyahou a estimé, par la voix de son porte-parole, que cette attaque
montrait bien qu'Israël ne devait faire "aucun compromis" en matière de sécurité. Le Premier ministre
palestinien, Salam Fayyad, s'est lui empressé de condamné cet attentat "contraire aux intérêts palestiniens",
histoire de calmer le jeu.


Le Hamas, grand absent
Problème, le Hamas, lui, s'est dit satisfait, estimant que cet attentat était "une réponse naturelle aux crimes
de l'occupation" israélienne de la Cisjordanie. Et c'est bien là l'une des premières difficultés. Au pouvoir
dans la bande de Gaza depuis juin 2007 - soumise depuis au blocus israélien -, le mouvement radical ne participe
pas au processus de paix. Quels que soient les résultats des pourparlers - si tant est qu'il y en ait - ils ne
concerneront qu'une partie du territoire palestinien, la Cisjordanie. Tout résultat sera d'autant plus fragile que
Mahmoud Abbas n'a plus de légitimité électorale dans les Territoires depuis début 2009. Quant à Benjamin
Netanyahou, sa coalition hétéroclite, au sein de laquelle on entend bien souvent les extrêmes, le contraint à
un exercice d'équilibriste risqué.


Au-delà de ces considérations, figurent bien sûr les problèmes de fond: les frontières, les réfugiés, le statut de
Jérusalem. Mahmoud Abbas conditionne notamment tout progrès à l'arrêt de la colonisation israélienne en
Cisjordanie. Pour l'heure, les Etats-Unis et le Quartette ont mis ce problème entre parenthèse, en faisant débuter
les pourparlers avant le 26 septembre, date à laquelle prend fin le moratoire de dix mois fixé par Israël
sur son programme de colonisation en Cisjordanie. Mais que se passera-t-il après? Les alliés de Netanyahou
lui ont d'ores et déjà fait savoir que sur ce point, ils ne cèderaient rien.

 

http://www.info-palestine.net/IMG/jpg/MD_proche_orient_1914.jpg

 

Netanyahou veut la reconnaissance de "l'Etat juif"
Autre problème: les conditions à la création d'un Etat palestinien posées par Israël, à savoir notamment sa démilitarisation.
Mais comment désarmer le Hamas? En mai dernier, Benjamin Netanyahou a fixé une autre
condition: tout partenaire palestinien devra accepter "la reconnaissance de l'Etat juif" . Une petite phrase
plutôt passée inaperçue mais qui est lourde de sens puisqu'il s'agirait, pour les Palestiniens, de reconnaître
non seulement Israël mais aussi sa religiosité. Et puis, le dirigeant israélien le dit lui-même, cela impliquerait
par ailleurs "que la question des réfugiés palestiniens soit résolue en dehors des frontières d'Israël". Enfin,
une telle reconnaissance poserait la question du sort réservé aux Arabes israéliens, qui représentent tout de
même près de 20% de la population.


Dans un tel contexte, certains n'ont pas caché leur pessimisme, à l'image de Yossi Beilin, artisan des accords
d'Oslo de 1993. . "Il n'y a aucune chance pour que d'ici à un an - ou deux, ou trois -, on puisse signer pour
la paix", a-t-il récemment déclaré. Reste peut-être une piste évoquée par Ehoud Barak mercredi dans les colonnes
du quotidien israélien Haaretz . Le ministre de la Défense suggère un plan de paix dans lequel figurerait
la partition de Jérusalem. "Jérusalem-Ouest et 12 quartiers juifs qui abritent 200.000 habitants seraient
à nous. Les quartiers arabes dans lesquels vivent près d'un quart de million de Palestiniens seraient à eux",
précise-t-il, évoquant "un régime spécial basé sur des arrangements convenus [entre les parties] dans la
Vieille ville, le mont des Oliviers et la Ville de David".

 

 

 


Mais dans ce scénario, plusieurs inconnues demeurent. Que recouvrent, par exemple, les 12 quartiers évoqués
par Ehoud Barak? Par ailleurs, Benjamin Netanyahou ne s'est jamais montré très enthousiaste à l'idée
d'une partition de la Ville sainte. Ses alliés, encore moins. Les propositions du travailliste rappellent celles
formulées par l'ancien Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, il y a près de deux ans, lors de discussions
avec Mahmoud Abbas qui s'étaient soldées… par un échec. Barack Obama, qui s'est engagé personnellement
dans ce dossier, entend tout faire pour éviter un nouvel échec, qui entamerait sa crédibilité sur la scène internationale.
Déjà fragilisé sur le sol américain à deux mois d'élections cruciales, le président américain ne souhaite
pas prendre le risque d'un rendez-vous sans lendemain. Reste à voir si cela sera suffisant.

 

Source journal ou site Internet : JDD
Date : 1er septembre 2010

08:51 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : proche-orient, israël, palestine, netanyahou, onu, usa, europe, abbas, russie, obama | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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