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04/09/2010

"L’Union européenne se meurt" par Charles Kupchan !

L’arrêt de mort de l’UE, prononcé par le politologue américain Charles Kupchan, suscite des réactions en Europe. La gestion de la crise de l’euro, démontre que, malgré les difficultés, l’intégration se poursuit bel et bien, note Il Sole 24 Ore.

 

http://www.defrancisation.com/photos/immigration/demographie-europe.png

 

N’enterrez pas si vite l’UE

Cliquez les très nombreux lien de couleur gris pâle (infos détailées)

 

Le 13 mai dernier, à Aix-la-Chapelle, la chancelière allemande Angela Merkel a exposé sous un jour
nouveau sa vision de l'Europe lors de la remise du Prix Charlemagne au Premier ministre polonais Donald
Tusk, en plein tsunami économique et financier grec.

 

"La crise de l'euro" – a-t-elle souligné – "n'est pas une
crise comme les autres. Il s'agit de la plus grande épreuve pour l'Europe depuis la signature du Traité de
Rome en 1957. C’est une épreuve existentielle. Si nous échouons, les conséquences seront incalculables. Si
nous parvenons à vaincre la crise, l'Europe en sortira plus forte que jamais."


Ces propos étaient si inattendus que la presse internationale a été littéralement prise de court. "Si nous
voulons surmonter la crise", a ajouté la chancelière allemande, "nous devons faire face aux défis réels avec
plus d’efficacité, en tirer les conséquences juridiques nécessaires et unifier plus que jamais notre politique
économique et financière. Nous devons également prendre des initiatives au-delà de la sphère économique,
en créant par exemple une armée européenne. Enfin, nous devons défendre nos principes et nos valeurs, à
savoir la démocratie, la protection des droits de l’homme et la croissance durable".

 

Y a t-il un médecin pour réanimer l'Union ?

Le repli sur soi affiché par les pays membres depuis le dernier élargissement menace l’existence même de l’Union. Faute de leaders d’envergure et d'ambition, elle pourrait tout simplement disparaître, affirme un ancien conseiller de Bill Clinton. Extraits. cliquez l'image ou le lien ci-dessous du prof

 

Malgré les tensions, une gouvernance économique se met en place
À la lumière des propos d’Angela Merkel, l'analyse du professeur américain Charles Kupchan, qui annonce
la fin de l’intégration européenne,
démontre à quel point il est difficile, et pas uniquement outre-Atlantique,
de comprendre l’Europe en profondeur. Bien que cet arrêt de mort, prononcé depuis un pays, les Etats-Unis,
en proie à une crise si violente qu’il a perdu toute notion d’identité et de futur, semble provocatrice, l'Europe,
dont les contours sont encore très vagues, demeure depuis sa création, un navire sans destination précise.
Le centre du pouvoir s’est déplacé de Bruxelles à Berlin à cause de la crise. Pour mesurer pleinement
l'influence que l’Allemagne a exercée dans cette affaire, il est nécessaire de partir du communiqué du
Conseil européen du 11 février 2010
(en pdf). À cette date, la crise grecque bat son plein et les appels se multiplient
pour que les pays économiquement plus forts manifestent leur solidarité envers Athènes. Le mot "solidarité"
n’apparaît cependant pas dans le communiqué. Herman Van Rompuy, tout juste investi président du Conseil
européen, soutient la position de Berlin, qui souligne les responsabilités de la Grèce et reconnaît la
participation de tous les pays en raison de leur intérêt à la solidité de l'euro. Ce jour-là, la rhétorique
européenne change : la solidarité commune cède le pas à l’intérêt national.


Entre le Conseil de février et celui qui s’est réuni fin mars, Angela Merkel assume l'initiative européenne,
mettant totalement en marge le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et même
Herman Van Rompuy. Les décisions du Conseil européen sont prises entre Paris et Berlin de concert avec le
président de la Banque centrale européenne
, Jean-Claude Trichet, qui joue un rôle intermédiaire crucial.
Malgré le face-à-face tendu qui les oppose, les deux capitales semblent toutefois être sur la voie d'une
coopération et d’une gouvernance économique de l'euro.


Tous les pays européens se rapprochent du modèle allemand
En avril, la lenteur des décisions européennes, dénoncée à maintes reprises par Trichet, laisse le champ libre
aux marchés financiers, persuadés que l'engagement politique de Berlin à l’égard de l'Europe est de plus en
plus faible et que la solidarité est irrémédiablement sur le point de se rompre. Il s'agira là d'une erreur
d'évaluation. Les décisions prises au début du mois de mai permettent de créer une structure d'aide commune
[le mécanisme de stabilisation] qui freinera la crise grecque. L’euro constitue "la pierre angulaire de la
construction européenne", a déclaré Angela Merkel. "Son échec entraînerait des conséquences désastreuses
pour l’Europe."


L’euro apporte d’ailleurs des avantages non négligeables à l'Allemagne. Tous les pays européens se
rapprochent du modèle économique allemand : plus grande discipline fiscale, réformes structurelles
permettant d’ajuster les différences de compétitivité, création d'un mécanisme de résolution des crises et
renforcement de la coordination économique. Ces éléments sont du reste à l’ordre de la "Task force" sur la
gouvernance économique dirigée par Herman Van Rompuy
qui présentera ses résultats dans les prochains
mois.


Au mois de juillet, le Conseil européen a trouvé un accord sur le service diplomatique commun et a opté
pour que certaines formes de gestion des crises économiques deviennent permanentes. En outre, une
nouvelle stratégie pour le marché intérieur a été développée par Mario Monti
et de nouveaux projets
devraient concerner le budget commun.


La crise et ses conséquences ont donc montré aux pays européens un nouveau visage de la mondialisation.
Les Etats, qui ont compris les vertus et les devoirs de l'euro, redéfinissent à présent les intérêts communs.
Nous aurons vraisemblablement besoin de nouveaux traités européens, comme l’a suggéré Angela Merkel, et
de nouvelles perspectives pour la politique. Si la crise n'a pas marqué, comme l’affirme Charles Kupchan, la
fin du temps de l'Europe, elle a cependant probablement renversé le sablier.


Réactions
Quatre recettes pour des temps difficiles
L’article de Charles Kupchan a paradoxalement eu l’effet de provoquer une vague de fierté et d’optimisme
auprès des analystes européens. Quatre d’entre eux, interrogés par Il Sole 24 Ore , admettent que l’Europe
traverse des difficultés, mais qu'elle n’est pas finie pour autant. Selon Marta Dassù, de l’Aspen Institute, les
problèmes de gouvernance de l’UE sont dûs au fait que l’UE "n’est plus un rève, mais une réalité", et la clé
de cette crise réside dans la gestion des déséquilibres provoqués par le poids croissant de l’Allemagne.
L’économiste Franco Bruni estime quant à lui que "la voie de la reprise commence par les réformes
financières. Les politiques budgétaires auxquelles travaille l’UE devraient provoquer plus de cohésion".
Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies, suggère que "la reprise doit venir des Etats
membres" et qu’elle "arrivera quand les électeurs réaliseront que le temps du changement est venu". Quant à
Stefano Micossi, professeur au Collège d’Europe de Bruges, il affirme que "la faiblesse actuelle de l’Europe
est représentée par le couple Barroso-Van Rompuy" et qu’elle "manque de leaders internationaux et de
boussole". Malgré cela, "la réaction contre le risque de défaut de paiement de ses membres ont prouvé que,
malgré l’absence d’un chauffeur, un virage a été amorcé".

 

Bon alors qu'en pensent les libéraux, les fédéralistes...??

 

Source IHEDN
Source journal ou site Internet : Il Sole 24 Ore
Date : 3 septembre 2010
Auteur : Carlo Bastasin (traduction Presseurop)

17:02 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, euro, crise(s), kupchan, allemagne, diplomatie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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