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02/09/2010

USA: Obama l'espace vide.....

L’administration Obama éprouve les pires difficultés à trouver le ton juste en matière de programmes spatiaux. L’euphorie des premiers hommes sur la Lune s’est évaporée, Apollo n’a pas eu de suite, la station spatiale internationale n’a pas trouvé de véritable raison d’être. Dans le même temps, de nouveaux prétendants sont apparus, notamment la Chine, et le leadership américain a commencé à être sérieusement contesté.

Cette situation est étonnante en même temps qu’inattendue.

 

http://www.lepoint.fr/content/system/media/2/20100415/2010-04-15T205842Z_01_APAE63E1M9W00_RTROPTP_2_OFRWR-ESPACE-USA-OBAMA-20100415.JPG


On comprend d’autant mieux que les Américains commencent à exprimer regrets et déception, et cela à en
dehors de tout clivage politique. D’autant que quelques-uns des esprits les plus critiques se trouvent dans le
camp des démocrates et ne peuvent être soupçonnés de vouloir s’en prendre indirectement au locataire actuel
de la Maison blanche. C’est, dans une large mesure, une question de fierté nationale et, en même temps, de
rang à tenir. S’y ajoutent des considérations économiques, le risque de perdre du terrain au plan des
technologies de pointe et, in fine, la perspective de dégâts irréparables au coeur de l’industrie spatiale.
Des voix influentes, très respectées, se font entendre depuis le renoncement au programme Constellation,
sorte d’Apollo revu et corrigé, qui s’annonçait tout à la fois peu ambitieux (toutes proportions gardées) et
excessivement coûteux. D’autant qu’il est politiquement délicat de promouvoir la conquête spatiale en ces
temps de récession, de rigueur et de contraintes budgétaires tous azimuts.


L’Aerospace Industries Association of America, AIA, s’en émeut. Et elle applique une méthode guère en
vogue en Europe, une grande pétition adressée aux élus, véhiculée par Internet, intitulée «Support America’s
Space Programs». Le texte, relativement court (1) rappelle bien involontairement l’époque où il était difficile
de «vendre» les budgets spatiaux à une opinion incrédule et à des politiciens peu intéressés par des
investissements à très long terme. Aucun d’eux ne pouvant espérer être réélu en proposant de soutenir une
exploration spatiale devant déboucher 20 ou 30 ans plus tard.


L’enjeu, du point de vue américain, est d’importance en même temps qu’il se prête à de solides envolées
lyriques. Les Etats-Unis sont encore les leaders incontestés du secteur spatial et se doivent logiquement de
maintenir cette suprématie. Ce n’est pas vraiment une question de moyens (ils sont disponibles) mais de
stratégie. Cela tout en prenant en compte des retombées économiques importantes, les bienfaits d’avancées
technologiques de premier plan et leurs innombrables retombées, y compris au plan politique. Et c’est bien là
que le bât blesse : pas de grand dessein, pas de défis majeurs à l’image de ce que fut l’homme sur la Lune,
rien d’exaltant qui pointe à l’horizon. Cela sans que l’on sache si c’est la seule NASA qui est en panne
d’imagination. La réalité est certainement complexe en même temps qu’elle est imparfaitement analysée.
On retrouve ainsi une faiblesse dont souffre précisément l’Europe. Les citoyens attendent des programmes
spatiaux une part de rêve, de beaux défis, de grands exploits et, de temps à autre, juste ce qu’il faut de grands
frissons. En d’autres termes, un autre Apollo, tout en superlatifs

 

http://accel7.mettre-put-idata.over-blog.com/2/11/57/93/Theme-3/00_Lune_USA.jpghttp://www.ovnis-usa.com/images/Projet_X-37_dans_l_espace.jpg


Ce sont précisément quelques grands anciens d’Apollo qui donnent de la voix en espérant susciter un
sursaut. Il s’agit principalement de Neil Armstrong, qui fut le premier astronaute à fouler le sol lunaire et
d’Eugene Cernan, le dernier homme à avoir marché sur la Lune (Apollo 17). Est également intervenu James
Lovell, rescapé d’Apollo 13, dont chaque apparition rappelle une histoire difficile vécue par des hommes
courageux, une aventure qui a ému l’opinion et, paradoxalement, a contribué à valoriser davantage la saga
Apollo.


Aujourd’hui, nombre de citoyens américains sont agacés par la tournure des événements. Le formidable
lanceur Saturn V n’a pas de successeur, la navette spatiale va bientôt prendre le chemin du musée, seuls les
Russes seront alors en mesure d’assurer la liaison avec la station. Ensuite, ce sera au secteur privé de prendre
du service, sur des bases commerciales. Et de quels objectifs parle-t-on pendant ce temps-là ? De NEO, Near
Earth Objects, astéroïdes parfois minuscules, qui devraient un jour recevoir la visite d’astronautes, certains
pas avant 2046. C’est-à-dire tout le contraire des aspirations des citoyens.


Nous serions américains, sans doute signerions-nous immédiatement la pétition de l’AIA. Entre-temps,
observateurs en même temps que partenaires de l’Amérique spatiale, nous nous devons d’exprimer
étonnement, incompréhension et déception.
(1) Action.aia-aerospace.org

 

Source IHEDN

ENJEUX DE LA DEFENSE - DOCTRINE -
CONCEPTS - MISSIONS
Les Etats-Unis à la recherche d’un souffle nouveau.
Source journal ou site Internet : Enjeux
Date : 1er septembre 2010

11:45 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espace, obama, usa, apollo, chine, prospective, aia, nasa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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