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02/09/2010

Chine un colosse aux pieds d’argile, un lissage des salaires vers le haut va s'effectuer...

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine inquiète par son essor les autres grands acteurs globaux, comme les Etats-Unis et l’Europe. Pourtant, sa croissance bénéficie aussi aux entreprises européennes et, comme le Japon dans les années 1970-80, elle ne constitue pas une menace.

 

La chine ne sera pas une muraille en Occident; Mais une opportunité...

http://www.chine-informations.com/images/upload/view_grande-muraille.jpg


Depuis peu, la Chine est officiellement la deuxième puissance économique de la planète. Pendant le second
trimestre, le pays a produit juste un peu plus de biens et de services que le Japon. Seuls les Etats-Unis font
encore beaucoup mieux, mais Washington ne doit pas se faire trop d’illusions. Avec une croissance moyenne
de 4,25 % par an, selon Goldman Sachs, l’économie américaine va elle aussi, en 2027, devoir s’incliner
devant l’économie chinoise dont la croissance, ces dix dernières années, s’est rarement située au-dessous de 10
%. Le pays produit à présent près de cent fois plus de biens et de services qu’en 1978. Ce qui représente une
croissance moyenne d’un peu plus de 14 % par an. Des chiffres qui frappent l’imagination.


Le plus grand exportateur du monde
Et qui font même peur à beaucoup. La boutade "God made heaven and earth, and everything else is made in
China’" ["Dieu a fait le ciel et la terre, et le reste est made in China"] n’est pas complètement dépourvue de
crainte. La Chine est à présent le plus grand marché automobile du monde. Depuis l’année dernière, on y vend
chaque mois plus de voitures qu’aux Etats-Unis. Actuellement, le pays est aussi le plus grand exportateur du
monde, dépassant même l’Allemagne.


Aucun pays n’achète plus d’acier ou de cuivre sur le marché international des matières premières, et
récemment on a établi que la Chine consommait aussi plus de pétrole que n’importe quel autre pays. Dans de
nombreux domaines, elle progresse irrésistiblement vers la position de tête. Et si le pays ne dispose pas de la
technologie requise, il l’achète tout simplement, comme on l’a encore vu récemment avec la reprise de Volvo
par le chinois Geely.


Mais devons-nous pour autant avoir peur ? N’avions-nous d’ailleurs pas déjà peur dans les années 1980,
lorsque l’économie japonaise gagnait implacablement du terrain alors que le secteur automobile, aussi bien en
Europe qu’en Amérique, semblaient être rayé de la carte ? Mais les marques françaises et allemandes se sont
reprises en main, en confortant leurs points forts – design, technologie, image de marque – et en travaillant
pour améliorer leurs points faibles – la qualité et la productivité. Le défi était énorme, mais les marques
européennes, notamment, sont sorties nettement plus fortes de la lutte.

 

http://images.china.cn/attachement/jpg/site1002/20091001/00114320db410c2e987c05.jpg

 

Un pays toujours en voie de développement
La même chose se passe à présent avec la Chine. Le pays inonde le monde de textiles, meubles, produits
électroniques, vêtements de sport bon marché. Ce qui n’est pas sans avantages. Sans la Chine, nos T-shirts,
nos chaussures de sport et les gadgets d’Apple nous coûteraient nettement plus cher. A court et à moyen terme,
nous devons justement nous réjouir de cette formidable croissance chinoise. Sans elle, l’économie mondiale
serait encore dans une impasse. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
estime que la Chine représentera cette année un tiers de la croissance mondiale.
cliquez le lien en pdf


Pour l’instant, la production chinoise est encore très complémentaire de la production occidentale. Les
produits qui requièrent beaucoup de travail manuel relativement simple sont fabriqués en Chine. Mais lorsque
les choses sont un peu plus complexes, la production reste en occident. Mais pour combien de temps encore ?
Dans un pays comme la Chine, il y a chaque année plus de nouveaux ingénieurs diplômés que dans les Etats-
Unis et l’Europe réunis.

 

http://www.leprogres.fr/fr/images/get.aspx?iMedia=2782142http://www.linternaute.com/television/magazine/photo/pekin-express-l-aventure-recommence/image/hong-kong-241353.jpg

 

C’est aussi là que réside la grande différence avec le Japon des années 1970 et 1980. Il y a tout simplement dix
fois plus de Chinois que de Japonais et ceci donne au pays un bien plus grand potentiel que dans n’importe
quel autre pays. Il ne faut toutefois pas se faire trop de soucis, estime Carsten Brzeski de la banque ING,
"autrement, la Belgique n’aurait jamais pu survivre entre des voisins puissants et beaucoup plus grands
comme l’Allemagne et la France ".


Pour l’instant, la Chine est encore un colosse aux pieds d’argile. Le pays a peut-être depuis hier la deuxième
économie du monde, mais c’est aussi un pays gigantesque. Si on regarde le PIB par habitant, on constate que
la Chine figure au 127e rang du classement de la Banque Mondiale, après l’Angola et l’Azerbaïdjan.


La Chine est donc toujours un pays en voie de développement. C’est pourquoi, selon les économistes,
l’éventualité que la Chine puisse encore maintenir longtemps le rythme de croissance des trente dernières
années semble mince. L’année passée, des grèves ici et là ont abouti à d’importantes hausses de salaires.
Celles-ci se font au détriment de la compétitivité et donc ralentissent la croissance.

 

Source IHEDN

ENJEUX DE LA DEFENSE - DOCTRINE -
CONCEPTS - MISSIONS
N’ayez pas peur de la Chine
Source journal ou site Internet : De Standaard
Date : 31 août 2010
Auteur : Luc Coppens

 

Une autre vision d'un économiste N. Baverez

 

Cette année restera marquée par l'accession de la Chine au rang de deuxième puissance économique
mondiale, loin derrière les Etats-Unis mais devant le Japon. Au deuxième trimestre, le PIB chinois s'est en
effet élevé à 1 336 milliards de dollars (1 053 milliards d'euros) contre 1 288 milliards de dollars pour le
Japon. L'écart ne manquera pas de s'amplifier avec la divergence des rythmes de croissance entre les deux
géants asiatiques (10,3 % contre 0,1 %).


La grande crise de la mondialisation confirme son rôle d'accélérateur de l'histoire, confortant le basculement
du capitalisme universel vers l'Extrême-Orient. D'un côté, le couronnement des "trente prodigieuses" qui ont
vu la Chine multiplier par 90 sa production, avec pour symbole Shanghaï, brillant de tous les feux de son
Exposition universelle, et qui se prépare à succéder à Londres au XIXe siècle et New York au XXe siècle
comme capitale de la mondialisation. De l'autre, le déclin du Japon et de l'Europe, enfermés dans la
déflation, le chômage de masse, le surendettement (200 % du PIB pour le Japon et 100 % pour l'Europe) et le
vieillissement de leur population.


Le miracle des "quatre modernisations" lancées par Deng Xiaoping en 1979 fut fondé sur le rétablissement
de la propriété privée et la conversion au marché, la production manufacturière pour le consommateur
américain et européen, et l'ouverture contrôlée des frontières. Dopées par la non-convertibilité et la sousévaluation
du yuan, les exportations chinoises (36 % du PIB) ont assis leur domination sur le commerce
international, supplantant l'Allemagne et favorisant l'accumulation de 2 400 milliards de dollars de réserves
de change.


Parallèlement, la Chine s'est imposée comme la deuxième destination pour les investissements directs (95
milliards de dollars) après les Etats-Unis, tant pour la compétitivité de ses sites de production que pour
l'accès à son marché, désormais en tête pour les ventes d'automobiles. Quatre entreprises chinoises
(PetroChina, Industrial and Commercial Bank of China, China Mobile et China Construction Bank) figurent
désormais dans les dix premiers groupes mondiaux. Le développement intensif a généré de forts
déséquilibres : entre le capital et le travail, comme entre régions et classes sociales (la caste des nouveaux
millionnaires et la constitution d'une classe moyenne de 300 millions de personnes dans les régions côtières
contrastant avec la misère des campagnes), sans oublier la formation de bulles spéculatives et la dévastation
de l'environnement.


La poursuite du développement reste ainsi soumise à des défis majeurs : le rééquilibrage du modèle
économique vers la consommation intérieure ; l'urbanisation et le vieillissement de la population ; le
rattrapage de la frontière technologique ; la lutte contre la corruption et la garantie d'une sécurité juridique
minimale ; la maîtrise des tensions entre la dynamique de la mondialisation et le nationalisme économique au
service d'une ambition impériale.


UN PAYS ÉMERGÉ
Force est de constater que le développement de la Chine témoigne d'une grande stabilité. La qualité du
pilotage macroéconomique ne peut manquer d'impressionner. Pour enrayer la menace d'une déflation
mondiale, Pékin a initié avec succès le plus vaste plan de relance de la planète, portant sur 40 % du PIB. Le
yuan s'est engagé dans une prudente réévaluation, et s'ouvre à des opérations internationales qui constituent
une première étape vers sa convertibilité. Surtout, alors que la reprise patine aux Etats-Unis, au Japon et en
Europe, la Chine a pris une avance décisive dans la conversion de son modèle. A la suite des mouvements de
grève, le salaire minimum a augmenté de près de 20 % en un an, tandis que se systématisent la couverture
maladie et la retraite. Les bilans des banques sont en cours de restructuration. La protection de
l'environnement est devenue prioritaire, associant la fermeture des installations obsolètes et la conquête d'une
position de leader dans les énergies renouvelables.


En bref, la Chine est un pays émergé et non plus un pays émergent. Le choc que représente sa fulgurante
ascension demeure à la fois sans précédent et sous-estimé. D'un point de vue économique, son avantage ne se
limite pas à la productivité du travail, mais porte aussi sur l'efficacité du capital et la qualité de la recherche.
D'un point de vue social, la réduction de la pauvreté au plan mondial s'accompagne de la déstabilisation des
classes moyennes et de la montée de l'exclusion dans les pays développés.


Du point de vue du développement, une pression croissante est mise sur l'accès aux sources d'énergie et aux
matières premières, expliquant les fusions géantes dans le secteur minier. D'un point de vue politique, la
Chine reste un pays totalitaire et un empire ayant une conception illimitée de sa souveraineté, adossé à un
investissement de défense de plus de 150 milliards de dollars par an. D'un point de vue stratégique, sa
prudence va de pair avec sa volonté d'un leadership global. D'un point de vue moral, Pékin entend
promouvoir un modèle de capitalisme d'Etat et de société contrôlée.


Pour toutes ces raisons, le défi chinois est très différent du miracle japonais, qui s'est déployé dans l'orbite
américaine et n'a jamais cherché à contester la suprématie de Washington. Face aux Etats-Unis, dont les
ambitions sont désormais démesurées par rapport à des moyens minés par leur addiction au crédit et leur
surexpansion militaire, face à une Europe impuissante et sans projet, à un Japon stagnant et de plus en plus
dépendant de son immense voisin, la Chine ne voit dans son statut de deuxième grand qu'une étape vers la
conquête du leadership mondial. Un leadership qu'elle a détenu jusqu'au XVIIIe siècle, mais qui prend une
tout autre signification à l'ère de l'histoire universelle et alors qu'elle persiste dans son refus d'acclimater la
liberté politique.

 

Source journal ou site Internet : Le Monde
Date : 31 août 2010
Auteur : Nicolas Baverez, économiste et historien

11:47 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, europe, usa, économie, japon, crise(s), peur, développement, ocde, croissance | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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