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31/08/2010

Sortie de crise en Corée du Sud, des idées à retenir...

Le retour du dragon

 

Avec une croissance économique au beau fixe et une industrie raflant les plus gros contrats du marché
mondial, la Corée du Sud a réussi sa sortie de crise.

 

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/voyages/guides-de-voyage/asie/coree-du-sud/106962-28-fre-FR/coree-du-sud_620x465.jpghttp://lesvillesdumonde.l.e.pic.centerblog.net/zvswgxtl.jpg


C'est une première : une société publique sud-coréenne vient de lancer une OPA hostile en Europe. Le 20 août,
le pétrolier Knoc a fondu sur Dana, compagnie basée à Aberdeen et présente en mer du Nord. L'affaire est mesurée
(2,2 milliards d'euros), mais met en lumière l'assurance de la nation qui préside le G20. Car si le pays du Matin calme
fait souvent la « une » au sujet des tensions avec son voisin du Nord, il se distingue en ce moment par sa vigueur
économique. La croissance est au beau fixe et ses industriels raflent les contrats. En janvier l'électricien public Kepco
emportait à la barbe d'Areva le contrat nucléaire d'Abu Dhabi. Hyundai est, lui, un sérieux candidat pour le futur train à
grande vitesse entre Rio et Sao Paulo avec son KTX-2 (dérivé... du TGV Alstom). Voilà quelques jours, l'armée russe,
qui veut se doter de navires de commandement, s'est dite intéressée par le Dokdo de Daewoo, refroidissant les espoirs
de DCNS et son Mistral. On pourrait également citer le succès persistant de Hyundai-Kia (automobile), LG (télécom,
électroménager) ou Doosan (infrastructures).


Et au plan macroéconomique ? Après 0,2 % de croissance en 2009, le FMI prédit 4,5 % cette année et 5 % en 2011. En
plein chaos mondial, les 48 millions de Sud-Coréens n'auront vécu qu'un trimestre de récession (fin 2008). Le chômage
(3,2 %) est revenu à son niveau d'avant crise et la dette (33 % du PIB) est une des plus faibles du monde. Bref, si sa
cote n'était si basse (il a perdu des élections locales en juin et vient de changer de Premier ministre), le chef de l'État
Lee Myung-bak, 68 ans (photo), ne pourrait que se réjouir. Celui qui se surnomme le « président de l'économie »
(certains préfèrent « 2 MB » pour « 2 mégabits », jeu de mot sur son nom coréen et ses supposées faibles capacités) a
une histoire qui se confond avec celle du pays. Ex-patron de la branche BTP de Huyndai (d'où un autre surnom le «
bulldozer »), il a vécu de l'intérieur le « Miracle du fleuve Han ». Après trente ans de colonisation japonaise, puis la
guerre civile, ce pays montagneux était exsangue. Le niveau de vie comparable à celui du Pakistan.

 

Sous une semidictature (la démocratie réelle ne date que de 1992), l'aspirant dragon soutenu par les États-Unis lance sa révolution industrielle en commençant par la sous-traitance à bas prix pour l'export avant de monter en gamme dans des domaines choisis : électronique, naval, équipements, automobile...

 

http://www.voyagesphotosmanu.com/Complet/images/climat_coree_du_sud.gif

 

Mariant dirigisme, nationalisme et libéralisme, cette période fut l'âge d'or des chaebols (Daewoo, Hyundai, Samsung...). Avant que la crise asiatique de 1997 ne révèle leurs tares : diversification insensée, opacité, endettement hors normes, prévarication... Le choc fut rude : faillites frauduleuses, éclatement, licenciements...

Les Occidentaux en profitent pour faire leurs emplettes (comme Renault Samsung ou GM Daewoo).

Pourtant, le pays a su repartir. Son modèle à l'allemande ou à la japonaise, fondé sur l'export, les investissements étrangers et un gros effort de R et D (3,2 % du PIB), vient de résister à la grande récession. Un fait d'autant plus remarquable que ses coûts salariaux ont rattrapé ceux des « vieux » pays riches. Qu'importe ! Alors qu'elle parachève un accord de libre-échange avec l'Europe, la Corée a assez d'aplomb pour l'envisager avec le Japon, et la Chine surtout. Lors du G20 à Séoul, les 11 et 12 novembre, il y aura des idées à prendre sur les bords du fleuve Han.


Pierre-Olivier Rouaud

 

Source IHEDN

Source journal ou site Internet : Enjeux
Date :30 août 2010
Auteur : Pierre Olivier Rouaud (usine nouvelle)

 

http://www.boursier.com/images/photos/l_coree-sud-bourse-seoul.jpghttp://static.seek-blog.com/i/large/usa-n-influencent-l-economie-coreenne-130126-1.jpg

 

Des chiffres et des Liens (Corée du Sud):

 

Nom : République de Corée
Capitale : Séoul
Habitants : Séoulien(ne)
Langue : Coréen
Monnaie : Won coréen


Population : 48 363 068 (est. mai 2010)
Structure : 16.2% (0-14 ans) | 72.7% (15-64 ans) | 11.1% (+ de 65 ans)
Sexe : Hommes (24 337 494) | Femmes (24 025 574)
Taux de natalité : 1.22 enfant par femme (le plus bas de l'OCDE en 2010)


PIB : 809.7 milliards de dollars (2009)
Croissance : 0.2% (2009) | +8.1% (T1 2010 vs. T1 2009)
PIB par habitant : 17 074 dollars (2009)
Taux de chômage : 3.2% (mai 2010)
Puissance économique : 15e (2009)

 

Histoire
Wikipédia
Histoire des relations entre France et Corée
Relations économiques franco-coréennes
Institutions Françaises
# Ambassade de France
# Chambre de commerce et d'industrie franco-coréenne (FKCCI)
# Conseillers du Commerce Extérieur
# Cercle des entrepreneurs francophones en Corée
# Sopexa
# Centre Culturel Français
# Lycée français
# Alliances françaises
# Associations des francophones en Corée
# Cercle franco-coréen

Institutions Coréennes
# Invest Korea
# Korea International Labour Foundation
# Korea International Trade Association
# Korea Trade Investment Promotion Agency
# Chambre de commerce et d'industrie coréenne

14:05 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corée dusud, croissance, économie, libéralisme, libre-marché | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/08/2010

NEWS: Affaire Zoé Shepard - Aquitaine - Alain Rousset - Signez la pétition

DERNIÈRES NOUVELLES

 

Quatre mois d’exclusion pour Aurélie Boullet ! (CLIQUEZ la photo)

Elle fera appel....

Aurélie Boullet a déjà vendu 40 000 exemplaires de son livre

 

 

plus d'infos:

  1. Il faut défendre Aurélie Boullet, alias Zoé Shepard !
  2. Est-il interdit de critiquer l’administration… quand on y travaille ?
  3. Jugée pour critique de l’administration française
  4. Les quatre mythes les plus répandus sur EDF
  5. Travailler 6 mois pour l’Etat n’est pas insensé

source: le cri du contribuable

 

 

 

Le quotidien de la dépense publique

cliquez l'image et signez la pétition


 

Il faut défendre Aurélie Boullet, alias Zoé Shepard !


Cette pétition sera adressée à Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine.

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE - 02 JUILLET 2010

Logo AL.png



« Affaire Zoé Shepard » :

Alternative Libérale apporte son soutien à Aurélie Boulet

 

http://www.albinmichel.fr/images/couv/2/2/0/9782226206022g.jpg

cliquez, lire Sud-Ouest

 

 

 

Face à une nouvelle atteinte à la liberté d’expression, Alternative Libérale rappelle que celle-ci est un pilier majeur de toute démocratie libérale garantie par la Constitution.

Alternative Libérale apporte son soutien à Aurélie Boulet, auteur du roman « Absolument dé-bor-dée ! : le paradoxe du fonctionnaire », aujourd’hui menacée de deux ans d’exclusion de la fonction publique par son employeur le Conseil Régional d’Aquitaine.

En effet, Alternative Libérale trouve totalement inopportun de la part d’Alain Rousset, grand notable du PS, d’exclure de l’administration, au travers d’une mesure sans précédent, un fonctionnaire dont la seule « faute » est de vouloir améliorer le fonctionnement de l’administration locale en décrivant ses travers.

Alternative Libérale rend par ailleurs hommage aux médias qui apportent leur soutien à Aurélie Boulet au nom de la défense de liberté d’expression et à tous les fonctionnaires qui se mobilisent contre une atteinte grave à leurs droits.

 

 

 Aurélie Boulet (Zoé Shepard) hier aux côtés de son avocate (Photo AFP)

Aurélie Boulet (Zoé Shepard) hier aux côtés de son avocate (Photo AFP)



Alternative Libérale :
Alternative Libérale a été créée en mars 2006. Près de 1.500 personnes ont adhéré au parti libéral depuis sa création. Après avoir présenté une quarantaine de candidats aux élections législatives de juin 2007, Alternative Libérale a été présente aux élections européennes de 2009 dans 5 des 8 circonscriptions françaises lui permetta nt ainsi d’accéder à la campagne audiovisuelle et radiophonique officielle.


Relations presse :

Didier Salavert
Vice-président porte-parole d’Alternative Libérale
06 80 17 76 28
d.salavert@alternative-liberale.fr



Sur le web :
http://www.alternative-liberale.fr

 

Edouard de Fluctuat.net nous précise le début de l'affaire et....:


Le conseil de discipline de la région Aquitaine a rendu son verdict : la fonctionnaire auteure du livre "Absolument dé-bor-dée !" est interdite de travailler dans la fonction publique pour une durée de deux ans. Sanction qui doit être confirmée par le Président de région, le socialiste Alain Rousset.


Au terme d'un conseil de discipline interminable (à peu près 5 h 30 selon les témoignages), le jury a donc décidé de punir lourdement la jeune femme qui se moquait de la culture de la flemme et du copinage instaurée dans les collectivités territoriales françaises. Aurélie Boullet - on connait désormais sa vraie identité - avait signé ce témoignage romancée sous le pseudo de Zoé Shepard. Mais, elle a fini par être démasquée et convoquée par sa hiérarchie qui n'a pas vraiment apprécié (c'est un euphémisme) ce grand déballage, drôle sur la forme mais dur sur le fond pour la fonction publique française.


"C'est hallucinant, cinq des sept jurés n'avaient pas lu mon livre. Comment peut-on juger ce que l'on ne connaît pas ?", a réagit Zoé Shepard à l'issue du conseil. "Quelle que soit sa décision, je porterai l'affaire devant le tribunal administratif."


Plus tôt dans la semaine, elle confiait ses craintes à Fluctuat :


"L'avis du conseil de discipline n'est que consultatif et cette ‘affaire' semblant virer à l'acharnement et à la vendetta personnelle de quelques administratifs contre moi, je crains que l'avis du conseil ne soit pas suivi par l'autorité territoriale (alias le Président Rousset) et qu'il décide de me faire perdre non seulement mon emploi à la Région (que j'avais presque réussi à quitter après plus de 2 ans de demandes de détachement divers), mais mon statut de fonctionnaire".


"J'espère continuer à écrire, en parallèle de mon travail plus conventionnel que j'espère vraiment pouvoir mener car ce nouveau poste m'intéresse au plus haut point. Cela fait 2 ans que je le demande et je venais de l'obtenir (minus l'autorisation de la région Aquitaine) lorsque j'ai reçu ma convocation au conseil de discipline".


Lire notre entretien avec Zoé Shepard, auteur d'"Absolument dé-bor-dée!"

What's Really Wrong with the Middle East, de Brian Whitaker (en français)

Moyen-Orient.

Un journaliste britannique juge sans concession les pays de la région.

 

Expert du Moyen-Orient au quotidien britannique The Guardian, Brian
Whitaker publie Ce qui va vraiment mal au Moyen-Orient (non encore
traduit en français). Cet essai sans concession passe en revue les
faiblesses et les contradictions du monde arabe contemporain. « Le
problème avec le Moyen-Orient, c’est que c’est toujours la faute de
quelqu’un d’autre », prévient l’auteur dès la première page, avant de
décrire « une atmosphère abrutissante, où le changement, l’innovation,
la créativité, la pensée critique, le questionnement, la résolution des
problèmes… sont tous découragés ». Nous l’avons rencontré à Londres.

 

http://images.huffingtonpost.com/2010-03-03-BrianWhitaker.jpg

cliquez lire bio


Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

J’avais l’impression d’un sérieux
manque de compréhension des problèmes majeurs de la région,
particulièrement de la part des responsables politiques des pays
occidentaux.


Par exemple ?

Lorsque l’administration de George W. Bush a décidé de promouvoir des élections
libres dans certains pays arabes, c’était une erreur. La démocratie n’est pas adaptée au Moyen-Orient,
à moins de changements sociétaux radicaux. La société elle-même est autoritaire. Instaurer plus de
liberté dans un pays ne doit pas se limiter à la politique. Il faut aussi tenir compte du droit des
individus, de la discrimination…


En quoi ces sociétés sont-elles si autoritaires ?

Elles le sont, tout autant que leurs gouvernements, à
cause de toutes les discriminations fondées sur l’ethnie, la religion, le genre, l’orientation sexuelle ou
les antécédents familiaux. Elles le sont par l’inégalité des chances, l’opacité de la bureaucratie,
l’application arbitraire de la loi et le manque de transparence au sein des exécutifs. À cela s’ajoutent
la corruption et le système d’influence et de relations.


Vous évoquez aussi le rôle particulier de l’éducation…

Elle est au coeur des problèmes, car, dans
cet univers, les jeunes apprennent les choses par coeur, à partir de ce qu’on leur dit, plutôt que de
rechercher par eux-mêmes ou de poser des questions. Cette absence de dialogue libre ne favorise pas
l’éveil de la conscience ou la démarche exploratoire. Elle ferme la porte à la liberté de penser et de
critiquer. Les programmes scolaires semblent plutôt encourager la soumission, l’obéissance, la
subordination et la complaisance.


Ce système est-il figé ?

Au Moyen-Orient, la société fonctionne sur un mode paternaliste, à l’école,
dans la famille, au travail, en politique. Les individus doivent toujours obéir à un chef – la maîtresse
d’école, le père, le patron, le monarque –, sans jamais pouvoir le questionner. Ces sociétés n’ont pas
réussi à résoudre le conflit entre la liberté de pensée et une société harmonieuse.


Quel rôle joue l’islam ?

Il freine le développement de la société arabe. La séparation claire entre la
religion et l’État n’existe pas et le pouvoir séculier est peu soutenu, pas seulement chez les
extrémistes, mais par la population en général. Les interdits de l’islam réduisent la souveraineté du
peuple et son évolution. Selon la règle édictée par le Coran, le chef de l’État doit être musulman et
même, dans certains cas, un “bon musulman”. Le président arabe sera donc toujours musulman. Je
pense que ce manque de débat public sur le religieux a aidé la montée de l’extrémisme.


Pourquoi ?

Les questions touchant la religion sont tellement taboues, surtout dans les médias, que
l’on n’ose même pas aborder ce sujet de l’islamisme. Les islamistes ont pu accéder aux mosquées et
développer leur influence. Leurs idées extrémistes circulent et il n’existe aucun moyen de les
contredire en public.


Les choses peuvent-elles changer ? Oui, grâce à la mondialisation, à Internet, à la télévision par
satellite. Les gens sont beaucoup plus informés de ce qui se passe dans le reste du monde. Les
attitudes se modifient, petit à petit. Certains pays évoluent vite : au Koweit, la monarchie cohabite
avec un Parlement; en Égypte, la diversité politique existe depuis longtemps ; au Maroc, on a pu
observer de nombreux changements depuis l’arrivée de Mohamed VI au pouvoir, en 1999.

 

Propos recueillis par Valentine Piédelièvre
What's Really Wrong with the Middle East, de Brian Whitaker, Saqi Books, Londres, 384 pages.

 

Source IHEDN

Ce que pense le monde arabe
Source journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 26 août 2010
Auteur : Valentine Piède

 

Hamas supporters at a rally in Gaza City Hamas supporters at a rally in Gaza City. Photograph: Mahmud Hams/AFP/Getty Images

The problems of the Middle East are always somebody else's fault. Arabs blame their problems on centuries of foreign interference; their critics retort that the Arabs must shoulder responsibility for their own failures. The argument is about the allocation of blame: no one denies that the problems of the Arab world are deeply rooted and pervasive. As for the causes, both sides have a case: the problems of the region are the product of a unique combination of internal and external factors.

  1. What's Really Wrong with the Middle East
  2. by Brian Whitaker
  3. Buy it from the Guardian bookshop

Brian Whitaker's book is very wide in scope: it ranges over the entire area from the Persian Gulf to North Africa but without sacrificing the distinctiveness and idiosyncrasy of individual countries. The purpose of the book is not to suggest what the west should do but to set out the "Middle East problem" in terms that go beyond common perceptions of the region. He focuses his attention on actual concerns expressed by the Arabs (such as despotism, patriarchy, tribalism, corruption, and inequality), rather than the concerns of western governments.

One of the many merits of this book is that it tries, as far as possible, to let the Arabs provide the narrative. The narrative comes partly from Whitaker's encounters as a traveller interested in the Middle East and later as a journalist reporting for the Guardian newspaper; partly from written sources; and also from a series of lengthy interviews conducted especially for this book. Listening to the Arabs makes a refreshing change from the all too common habit of western pundits of pontificating about the Middle East and lecturing to the Arabs.

There are, of course, deep historical reasons for what is sometimes called "the Arab malaise". Wherever they are and however wealthy they might be, the Arab people are haunted by a sense of powerlessness. Recent Arab history, from the victors' peace that followed the first world war, through the nakba,or catastrophe, of 1948 and the numerous wars involving foreign powers, has left a deep mark.

Whitaker is not oblivious to the part played by foreign powers in supporting tyrants and in deterring democracy in the region. His argument is that if positive change is to come, the overhanging cloud of fatalism and resignation needs to be blown away. He knows that to be aware of the past has value when considering the present. His argument is that "to analyse the past endlessly and blame the Other (often with good reason), as the Arabs tend to do, merely reinforces the sense of powerlessness and adds to the malaise rather than addressing it".

Whitaker considers that in order to take charge of their predicament, the Arabs must stop asking "How did we get here?" and instead say: "This is where we are. How can we move forward?" The advice is well-intentioned but utterly unrealistic. Had the Arabs been capable of stepping outside their history or of coping collectively with their predicament, they would surely have done so long ago. The persistence of the predicament suggests that preoccupation with the past is by no means the only obstacle to change.

Whitaker writes with empathy and insight about the many ills that afflict Arab society, especially in the realm of education. Education may not be the most obvious of the region's problems, yet in many ways it is central. The curricula taught in Arab countries tend to encourage submission, obedience and compliance, rather than critical thinking. Law students at Cairo University, for example, can buy a cheap 20-page summary instead of reading the lecturer's textbook. Over the years this has become known as ra'i al-ductoor – the doctor's opinion. This is what students have to memorise because that has to be their opinion too if they want to get high marks.

Education in the Arab countries, Whitaker concludes, is where the paternalism of the traditional family structure, the authoritarianism of the state and the dogmatism of religion all meet. The result is to discourage critical thought and analysis, to stifle creativity and to instil submissiveness. Education thus serves to buttress the status quo instead of shaking it. It makes young Arabs well-equipped to survive in an authoritarian system but it does not prepare them to be active citizens and to contribute to their countries' development.

Of all the problems that afflict their society, corruption is probably the one that Arabs complain about most. There is no doubt in the minds of most Arabs that corruption is rife. More than 90% of the participants in a survey for the Arab Human Development Report believed it to be pervasive. The report noted that in the five countries surveyed, "politicians, businessmen and high-ranking officials head the list in the spread of corruption".

In practical terms, as Whitaker observes, corruption has many harmful effects. It is intrinsically unfair, undermines democratic processes, denies equality of opportunity, and in general creates obstacles to progress. Resentment of official corruption has become a galvanising factor for opposition movements, especially Islamist ones, providing them with opportunities to claim the moral high ground. Rampant corruption in the Palestinian Authority, for example, was a significant factor behind the unexpected victory of Hamas in the January 2006 elections.

Whitaker has given us a lively, highly readable and illuminating survey of the countless things that are wrong with the Middle East today. What emerges clearly from his survey is that the root problem, at least in the Arab world, is the lack of freedom. He concludes that in order to achieve peace, prosperity and full participation in the global economy, the Arabs should embrace far-reaching social, economic and political reform. Few would disagree with this conclusion but one has to be an incorrigible optimist to expect real change to take place in the foreseeable future.

Even if the unelected and unloved rulers of the Arab world fall, they are most likely to be replaced by Islamists who are no friends of freedom. So the Arab world is caught in a vicious circle. It is difficult to see how it might turn the corner because there are no corners in a vicious circle.

Avi Shlaim's Israel and Palestine: Reappraisals, Revisions, Refutations is published by Verso.

Le libéralisme avec Pascal Salin

Il existe, bien sûr, beaucoup d'ambiguïtés au sujet du mot « libéral ». On a peut-être trop tendance à l'oublier, mais ce mot est beau, puisqu'il correspond au mot « liberté », et il est donc attristant que tant de gens hésitent à se dire libéraux. Mais dans la mesure où il y a plusieurs conceptions de la liberté (les marxistes ne veulent-ils pas « libérer » les hommes), il n'est pas étonnant que le terme « libéral » puisse être revendiqué par des personnes dont les propos sont très différents. C'est ainsi qu'aux États-Unis, être « liberal », c'est être à gauche. En effet, les « liberals » ont défendu une plus grande liberté de comportement et se sont ainsi opposés aux conservateurs. Mais c'est dire aussi que c'est dans le monde politique que règne la plus grande confusion terminologique.

En effet, si l'on se réfère à la distinction classique entre la droite et la gauche, il faut bien reconnaître que, dans la plupart des pays, la droite regroupe, certes, quelques libéraux, mais aussi – et même surtout dans un pays comme la France – des interventionnistes, des conservateurs, des nationalistes, qui sont en réalité des adversaires du libéralisme. Et c'est pourquoi Friedrich Hayek a eu raison de souligner (dans son texte « Why I am not a Conservative ») qu'il ne fallait pas opposer la droite et la gauche, mais les constructivistes et les libéraux. Les premiers veulent construire une société conforme à leurs préjugés et il y a donc des constructivistes de droite comme de gauche. Les seconds veulent simplement défendre la liberté individuelle et les droits individuels sans prétendre déterminer la société qui résultera de l'exercice de la liberté.


Mais il faut aussi dénoncer l'excessive politisation de notre époque. Elle conduit à prendre pour critères de référence les distinctions qui ont cours dans le monde politique. Pour en donner un exemple, il arrive souvent qu'on me demande si je suis proche de tel homme politique réputé libéral et je réponds invariablement: « Demandez-lui plutôt s'il est proche de moi ». Il n'y a aucune prétention dans cette réponse, mais seulement le rappel que la référence doit être intellectuelle et non politique, que les hommes politiques doivent se déterminer en fonction des grands courants de la pensée. Or, les distinctions sont beaucoup plus claires dans le monde intellectuel, même s'il existe, par exemple, un grand nombre de courants parmi les « libéraux ». Mais il n'en reste pas moins que tous pensent qu'on ne peut comprendre le monde qu'en partant de l'analyse du comportement individuel. La plus importante différence est d'ordre méthodologique. Elle oppose ceux pour qui le fondement du libéralisme est d'ordre éthique et ceux pour lesquels il est utilitariste.

Si l'on entend par « dogmatisme » le fait d'ignorer le principe de réalité, un libéral qui serait dogmatique ne pourrait être qu'un pseudo-libéral puisque le libéralisme est une théorie de l'homme tel qu'il est véritablement (contrairement au marxiste qui a une vision fictive de l'homme et de la société, ce qui le conduit à être dogmatique). Mais il ne faut pas confondre le dogmatisme avec la conviction. Comme le disait un politologue français, il faut être tolérant avec les hommes, mais intolérant avec les idées (en ce sens que, si l'on croit à une idée, on ne peut pas en même temps croire à l'idée contraire). Il est par ailleurs totalement erroné de penser que les libéraux sont animés par le seul profit (et plus précisément par le profit matériel). On pourrait, sur le mode badin, d'abord souligner qu'un vrai libéral est tellement marginalisé dans nos sociétés qu'il n'a certainement pas choisi le meilleur moyen de réaliser des profits en étant libéral. Mais plus sérieusement, il faut rappeler que ce procès fait aux libéraux – à savoir d'être les défenseurs du profit matériel – est un faux procès. Bien au contraire, les libéraux sont les seuls à considérer que les seules réalités sont les fins subjectives des individus (leurs désirs d'ordre spirituel, affectif, esthétique ou matériel).

Ce que l'on appelle la vie économique n'est qu'une partie, peut-être la plus visible, mais pas forcément la plus importante, de la vie humaine. Comme l'a si bien montré le grand économiste libéral Ludwig von Mises, on ne peut comprendre les mécanismes économiques (ce qu'il appelait la catallaxie) qu'en les resituant dans l'ensemble plus vaste de l'activité humaine (ce qu'il appelait la praxéologie ou science de l'action). Il ne faut donc pas « saucissonner » les individus en plusieurs morceaux, dont l'un serait économique et mériterait seul notre attention. Pour un libéral l'individu qui pense et agit est la seule réalité et il est donc profondément anti-libéral de faire entrer les individus dans des catégories différentes et éventuellement antagonistes (patrons contre salariés, producteurs contre consommateurs, riches contre pauvres, nationaux contre étrangers, etc.). Mais nos contemporains sont tellement imprégnés de pensée marxiste qu'ils ne conçoivent pas qu'on puisse raisonner en termes autres que collectifs et catégoriels. Il faut donc bien placer les libéraux quelque part sur l'échiquier collectiviste: la solution consistera à les présenter comme des défenseurs des patrons, des riches, des spéculateurs, etc.

Un mot tout de même sur le profit. On pourrait dire, en un sens, que tout le monde cherche son profit puisque toute action vise à améliorer sa situation (mais pas nécessairement sur le plan matériel). Mais on peut aussi donner au profit un sens plus précis, à savoir ce qui reste de la valeur produite dans une entreprise après qu'on ait honoré tous les contrats certains (contrats de salaires, d'intérêts, de fournitures de biens et services). Autrement dit le profit est une rémunération résiduelle et donc risquée. Or, étant donné que l'incertitude existe toujours dans une société humaine, le profit – rémunération résiduelle – existe toujours. Le problème essentiel consiste alors à savoir à qui il est attribué. Cette répartition est légitime dans l'entreprise capitaliste – et seulement elle – parce que le profit, rémunération du risque, revient à celui qui a pris le risque en charge. Et tout le monde profite de ce que certains – les propriétaires d'entreprise – aient accepté ce rôle.

La liberté est souvent défendue à l’aide d’arguments utilitaristes, dans le sens où si l’on baisse les impôts, par exemple, la croissance repart. Cela suffit-il?
Certainement pas. Tout d'abord les arguments utilitaristes rencontrent rapidement des limites. En effet, l'utilitarisme consiste à juger d'une situation à partir de ses résultats. Mais quels critères va-t-on utiliser pour évaluer ces résultats lorsqu'ils concernent non pas un individu, mais un ensemble d'individus? Tous les membres d'une société auront nécessairement des opinions différentes et incompatibles, ce qui signifie tout simplement qu'il est impossible de définir un optimum social. Le seul principe universel qui nous permet d'évaluer une situation de manière non-contradictoire consiste à se demander si les hommes ont agi librement ou sous la contrainte (quels que soient les résultats obtenus du fait de leurs actions). Et bien entendu, ce principe correspond à une exigence éthique. Ainsi, en face d'un problème social quelconque ne nous demandons jamais si le résultat nous paraît bon ou mauvais, mais seulement s'il a été obtenu par le libre exercice de la liberté (sur la base de droits de propriété légitimes et de liberté contractuelle) ou s'il a été obtenu par la contrainte (qu'elle soit légale ou non).



La base d’une société libérale c'est d'abord, évidemment, la liberté individuelle. Mais comment se concrétise-t-elle? Par la propriété et la responsabilité. En effet, être libre c'est être propriétaire de soi-même (sinon on est esclave). Mais on n'est pas totalement propriétaire de soi-même si l'on n'est pas totalement propriétaire du produit de ses actions: ce qui fonde le caractère légitime de la propriété, ce sont les actes de création originaires. Il est alors paradoxal que, bien souvent, ceux qui fustigent – avec raison – l'esclavage, acceptent et même recommandent des actes de spoliation de la propriété – par exemple par l'impôt: il revient en effet au même d'être un esclave obligé de travailler pour son maître ou d'être censé travailler librement, mais d'être obligé de remettre à son maître une grande partie du fruit de son travail.

À partir du moment où les droits de propriété ont été définis, on peut définir la responsabilité, c'est-à-dire le fait de supporter soi-même les conséquences bonnes ou mauvaises de ses actes. Ainsi on est responsable d'un dommage – et on doit le réparer – dans la mesure où l'on a porté atteinte aux droits – préalablement définis – d'autrui.

Une troisième voie? Pourquoi pas? Du point de vue des principes il ne peut pas exister de troisième voie, car on ne peut pas être « un peu libre »: on est libre ou on est esclave. Mais bien sûr, dans toutes les sociétés que nous connaissons, « on » explore une troisième voie mythique. Pour ce faire on évoque toutes sortes de prétendus principes, érigés en tabous sociaux, tels que la nécessité de la cohésion nationale; les fonctions régaliennes de l'État, la nécessité de la solidarité ou – en utilisant une théorie d'allure plus scientifique – les « biens publics ». Il serait trop long de discuter toutes ces idées, mais c'est à chacun d'avoir le courage de penser autrement et de s'interroger sur le véritable sens des tabous de notre époque.

Les scandales financiers ont fourni un prétexte pour renforcer les compétences de l’État, apparemment jugé infaillible. Ce qui est ahurissant dans le cas de l'affaire Enron (et de quelques autres), c'est que des affaires de ce type soient aussi rares. Leur rareté est bien la preuve que le système capitaliste est certes non pas un système parfait – car la perfection n'existe pas –, mais le meilleur des systèmes. Il repose en effet sur des principes simples et éthiquement fondés: le respect des droits légitimes, l'obligation d'honorer ses contrats. Les propriétaires d'une entreprise n'ont rationnellement pas pour objectif de faire faillite et c'est pourquoi ils sont incités à respecter leurs contrats et à ne pas tromper salariés, clients ou prêteurs. Par opposition, les hommes de l'État sont irresponsables puisqu'ils ne supportent pas les conséquences de leurs actes. Et l'on voudrait que les irresponsables contrôlent les responsables! D'un point de vue pratique, pour se référer à nouveau à l'affaire Enron, il est frappant de constater que le marché avait sanctionné par une baisse des cours les mauvaises pratiques des dirigeants d'Enron, bien avant que les organismes officiels (par exemple la Securities and Exchange Commission) ne le fassent.

De ce point de vue, il faut faire attention au langage: on a traduit en français le mot anglais « deregulation » (qui signifie déréglementation) par le mot dérégulation. On crée ainsi le sentiment que la régulation provient de la réglementation. Or il n'en est rien: un système est bien régulé lorsque toutes ses parties fonctionnent harmonieusement entre elles, ce qui n'implique absolument pas une direction centralisée. Dans un système social libre, les êtres humains interagissent et ils s'ajustent continuellement aux autres grâce aux systèmes des prix, aux processus de production et de transmission des informations, mais aussi grâce aux règles communes de conduite.

Prenons le problème de l'information. Si l'État réglemente le niveau d'information qui doit être fourni par les firmes au marché, il risque d'exiger trop d'informations – ce qui constitue un gaspillage de ressources – ou une insuffisance – ce qui donne une fausse sécurité au marché. Par contre, c'est par l'intermédiaire de processus continuels d'essais et d'erreurs que le marché – c'est-à-dire les hommes – s'adapte de manière à fournir le montant et la qualité d'information qui correspond le mieux aux besoins des uns et des autres. L'affaire Enron a certainement été utile en montrant quelles améliorations pouvaient être apportées à ce sujet. Le marché utilise ces leçons et il faut surtout éviter de nouvelles réglementations.

 

De nombreux commentateurs ont également réclamé la ressuscitation de Keynes pour sortir de la « crise ». La théorie keynésienne représente une aberration dans l'histoire des idées économiques. Elle repose en effet sur une approche directement en termes collectifs (par définition de variables macroéconomiques) en ignorant le caractère rationnel et volontaire de l'action humaine. Elle est fausse sur le plan théorique et donc sur le plan pratique. Son succès est venu du caractère confus de la pensée de Keynes, ce qui a permis à chacun de lui faire dire ce qu'il voulait, mais aussi du fait qu'il prétendait légitimer la politique économique en dotant ses décideurs des instruments nécessaires pour les transformer en ingénieurs sociaux capables de diriger la machine humaine. Il faudrait, bien sûr, de nombreuses pages pour démontrer de manière précise les erreurs et les confusions de la pensée keynésienne. Mais prenons seulement un exemple. Les cerveaux contemporains sont imprégnés de l'idée d'inspiration keynésienne selon laquelle la consommation est le moteur de la croissance (et cette idée inspire par exemple tous les constructeurs de modèles de prévision macroéconomiques et tous les commentateurs de la conjoncture). Or c'est l'épargne qui est le moteur de la croissance: pour qu'il y ait croissance il faut en effet accepter de renoncer à des consommations présentes pour libérer des ressources afin d'investir, d'accumuler du capital et de rendre ainsi l'innovation possible. La seule relance possible est la relance par l'épargne. Il faut pour cela non pas « encourager » l'épargne, mais supprimer tous les obstacles fiscaux et réglementaires qui freinent sa formation.

Chacun d'entre nous peut facilement comprendre dans la vie quotidienne ce qu'est un acte libre et ce qu'est un acte contraint. Mais il est souvent difficile de comprendre comment fonctionne une société où les hommes sont véritablement libres. De là vient le préjugé selon lequel il faut imposer une direction centralisée et pratiquer des politiques économiques sans laquelle, dit-on, l'anarchie règnerait. Par ailleurs, à partir du moment où il est possible d'obtenir quelque chose non pas par ses efforts productifs, mais en ayant recours à la contrainte publique, on arrive à une situation comme celle qu'a si magnifiquement décrite Frédéric Bastiat en définissant l'État comme « cette grande fiction par laquelle chacun s'efforce de vivre aux dépens des autres ». Telle est bien la situation de la France et des pays européens.

Mais toute intervention étatique dans les interactions individuelles se traduit par ce qu'on appelle parfois des « effets pervers » qui sont en réalité la conséquence logique de la méconnaissance du fonctionnement des sociétés. On essaie alors de corriger ces effets pervers par d'autres interventions qui créent d'autres effets pervers. Et c 'est ainsi que peu à peu on détruit la créativité des hommes et leur liberté.

À titre d'exemple, on prélève des impôts pour pratiquer des politiques d'emploi (distribution de subventions, développement du Droit du travail, embauche d'inspecteurs du travail, etc.), mais on détruit ainsi les incitations des salariés à travailler et les incitations des entrepreneurs à embaucher (puisque leurs activités sont rendues moins rentables par l'impôt). Le chômage augmente donc, et l'État réagit en inventant de nouvelles politiques d'emploi dans un cercle vicieux sans fin. Mais, comme l'avait si bien dit Lady Thatcher, la meilleure politique d'emploi c'est de ne pas en avoir.

Le rôle des médias, y compris ceux financés par l’État. Si je regarde le cas de la France j'y vois surtout un ensemble rigide dont toutes les parties – médias, écoles et universités, pouvoir politique – sont imbriquées d'une manière qui fait penser à l'Union soviétique. La pensée dominante – pensée interventionniste, floue et bardée de bons sentiments – est le ciment qui relie tous ces morceaux. Sous le prétexte fallacieux de l'égalité, l'État impose son: monopole dans la formation des cerveaux (et la France est l'un des rares pays où la concurrence n'existe pas dans le domaine des universités, car elle est interdite). Personne n'a ensuite le courage intellectuel de briser le consensus et personne d'ailleurs n'y a intérêt puisque l'État est omniprésent. Les chercheurs produisent une prétendue recherche qui légitime de nouvelles interventions, dont les médias font la publicité et que les hommes politiques appliquent.

À titre d'anecdote, je me souviens des années noires de la sinistre ère mitterrandienne où l'on m'avait fait venir (par erreur...) pour une émission de télévision et où le rédacteur en chef m'avait renvoyé de peur de recevoir le lendemain un appel téléphonique de l'Élysée. On n'en est plus tout à fait là, mais par contre la virulence des médias s'est accrue à l'encontre de la pensée libérale.
C'est parce que les problèmes sont complexes qu'il faudrait recourir aux instruments de compréhension fournis par la pensée libérale. Ce sont en effet les penseurs libéraux qui ont été ou qui sont les penseurs de la complexité. Ainsi, Friedrich Hayek a été le théoricien de l'ordre spontané, c'est-à-dire de la manière dont la cohérence peut s'installer dans des systèmes dépendant non pas d'un cerveau central, mais d'une production démultipliée de connaissances. Alors que nous évoluons vers une économie de réseaux, la pensée libérale – et je devrais plutôt dire celle qui relève de l'école dite autrichienne (c'est-à-dire les héritiers intellectuels de Carl Menger, Eugen Böhm-Bawerk, Ludwig von Mises ou Friedrich Hayek) devrait attirer toute l'attention. Je suis persuadé qu'une bonne connaissance des grands auteurs de l'École autrichienne aide à comprendre le monde, mais aussi à trouver des solutions efficaces dans la vie de tous les jours, quel que soit le niveau auquel on se place (celui d'un pays, d'une entreprise ou même d'une famille).

La solidarité, encore un concept ambigu dont il faut se méfier! En termes très généraux, on peut dire que tous les êtres humains sont solidaires en ce sens qu'ils sont des êtres sociaux, c'est-à-dire qu'ils dépendent les uns des autres. Il en résulte que toute action menée par un individu a des conséquences – jugées bonnes ou mauvaises – sur les autres individus. En particulier, tout échange rend les partenaires solidaires et leur coopération pacifique leur est profitable. Ainsi, dans une entreprise – que l'on peut définir comme un ensemble de contrats – tous les partenaires sont solidaires, par exemple les propriétaires et les salariés.

Mais il est vrai que le terme solidaire est plus souvent utilisé pour désigner une action unilatérale, plus précisément un don: on manifeste sa solidarité avec autrui en lui transférant des ressources dont on estime qu'elles lui seront utiles. Bien entendu, dans la mesure où les ressources – en particulier les ressources en temps – de chacun sont limitées, il est impossible, de ce point de vue, d'être solidaire de tous les habitants du monde et il faut choisir les actes de solidarité que l'on considère comme prioritaires. C'est un fait d'observation que la plupart des êtres humains ressentent et expriment un sentiment de solidarité à l'égard d'autres êtres humains et l'Histoire nous offre de ce point de vue un vaste panorama des moyens utilisés pour exercer cette solidarité de manière individuelle ou collective. Ainsi, les oeuvres charitables et autres associations caritatives sont le fruit d'initiatives volontaires qui ont conduit certains à penser qu'il était préférable de mettre en place des organisations collectives volontaires plutôt que d'agir isolément. Mais la différence essentielle est évidemment celle qui existe entre les transferts volontaires et les transferts obligatoires.


Ce que l'État appelle la solidarité relève évidemment de la deuxième catégorie et dans ce cas c'est une tromperie de parler de solidarité. En effet, on ignore nécessairement dans quelle mesure ceux qui subissent les prélèvements les souhaitent volontairement. Quels que soient les mérites des bénéficiaires de la redistribution, il n'en reste pas moins qu'elle prend sa source dans un acte de spoliation. Et une spoliation reste toujours une spoliation. Comme le dit le dicton, « la fin ne justifie pas les moyens ». C'est au nom de ce principe que l'on condamnera un voleur, même s'il destine son butin à des pauvres. Pourquoi ne condamne-t-on pas ceux qui procèdent exactement ainsi, mais de manière légale? Ces derniers sont encore plus condamnables puisqu'ils profitent eux-mêmes de ces transferts: c'est bien entendu pour attirer le maximum de voix aux élections qu'ils distribuent les richesses créées par les efforts d'autrui. On ne peut évidemment attribuer aucune valeur morale à un acte de charité fait avec l'argent des autres en utilisant la contrainte.

Une fois de plus, le langage est trompeur. Ainsi, en France, on appellera « impôt de solidarité sur la fortune » un impôt discriminatoire; on parlera de solidarité entre les générations pour justifier un régime de retraite par répartition, c'est-à-dire le fait de payer des retraites aujourd'hui avec l'argent de ceux qui sont actifs, en promettant à ces derniers de faire de même avec l'argent des générations futures (c'est-à-dire des hommes et des femmes qui ne sont peut-être même pas encore nés, qui ne sont donc pas en état de s'exprimer et qui ne seront peut-être pas d'accord avec cette prétendue solidarité).

La culture financée par l’État, sur ce point, je pourrais me contenter de citer Frédéric Bastiat: « Je suis de ceux, je l'avoue, qui pensent que le choix, l'impulsion doit venir d'en bas, non d'en haut, des citoyens, non du législateur; et la doctrine contraire me semble conduire à l'anéantissement de la liberté et de la dignité humaines » (pamphlet, « Théâtres, Beaux-Arts »). Mais j'ajouterai pourtant cette remarque: c'est une fiction de penser que l'État finance la culture parce que l'État n'est pas un être doté de raison et d'imagination. En réalité, derrière cette fiction de langage – l'État – il y a des êtres concrets – et c'est pourquoi, pour ma part, je m'efforce de ne pas parler de l'État, mais des hommes de l'État. Or ces êtres ont leurs propres goûts et préjugés. Ce sont ces goûts et préjugés qu'ils peuvent satisfaire... avec l'argent des autres, au nom de la « culture ». Ce dernier terme est encore une fiction de langage: la culture n'existe pas; ce qui existe c'est une multiplicité de goûts, d'oeuvres d'art, de rencontres entre des artistes, des écrivains et ceux qui aiment leurs oeuvres.

La France a produit de très grands économistes libéraux au fil des siècles. Comment se fait-il que le libéralisme soit souvent considéré comme une spécialité anglo-saxonne incompatible avec l’esprit européen continental?
C'est un très étrange et très important phénomène. Car il est vrai que des auteurs comme Turgot, Frédéric Bastiat, Jean-Baptiste Say (et bien d'autres!) ont été d'extraordinaires précurseurs de la pensée économique (en particulier de l'École « autrichienne »). Leur tradition subjectiviste est supérieure à la tradition anglo-saxonne, mais l'on considère effectivement bien souvent que la pensée libérale est d'origine anglo-saxonne. Il faudrait beaucoup de temps pour essayer de comprendre les raisons de cette étrange situation. Mais l'une des meilleures explications a été donnée par Friedrich Hayek. Il explique en effet qu'au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, les performances des scientifiques français ont conduit à penser qu'il était possible de les imiter dans le domaine des sciences sociales en formant des « ingénieurs sociaux ». De là est venu le positivisme qui est devenu finalement dominant, en particulier dans un pays, la France, très centralisé et étatisé. Mais il serait urgent de retrouver cette superbe tradition intellectuelle française.
Compte tenu de ce que j'ai dit ci-dessus, les plus grands économistes se rattachent pour moi à la tradition « autrichienne », qu'il s'agisse des précurseurs français juste cités, ou d'économistes comme Ludwig von Mises ou Friedrich Hayek. Il faudrait ajouter à cette (trop courte) liste Murray Rothbard, trop ignoré en France (et même d'ailleurs aux États-Unis) et qui a fait un travail original prodigieux. Mais en-dehors de ce courant, il faudrait évidemment ajouter tous ceux qui ont pris une option méthodologique différente et qui ont apporté des contributions majeures à la pensée libérale (par exemple Milton Friedman, Gary Becker ou James Buchanan). À vrai dire, cette question m'embarrasse parce que je suis forcément incomplet et injuste en me limitant à quelques noms, alors que je suis frappé par la véritable explosion de la pensée libérale à notre époque, en particulier aux États-Unis. Ainsi – et pour se limiter au courant « autrichien » – le Mises Institute d'Auburn (États-Unis) réunit chaque année une conférence internationale des intellectuels autrichiens où sont présentés des dizaines et des dizaines de rapports d'un très grand intérêt.

La Société du Mont-Pèlerin a été créée en 1947 par Friedrich Hayek pour constituer une sorte d'Académie internationale d'intellectuels libéraux. Elle réunit maintenant environ 500 membres d'une quarantaine de pays. Ses activités explicites sont limitées (un ou deux congrès par an), mais son influence réelle est considérable. Elle est en effet le centre d'un exceptionnel réseau d'intellectuels libéraux à travers le monde. Ainsi, il existe actuellement plus d'une centaine d'instituts libéraux qui ont généralement été créés par des membres ou des sympathisants de la Société du Mont-Pèlerin. Ce qui est remarquable c'est que, fidèle à ses principes, la Société est arrivée à se préserver de la tentation de la politisation, de la bureaucratisation et de la médiatisation. Elle constitue en quelque sorte une grande famille intellectuelle.

J'ai eu pour ma part l'honneur de présider la Société du Mont-Pèlerin de 1994 à 1996. Je suis évidemment redevenu un membre normal, comme cela doit être.

Il y a en Europe deux tendances divergentes, l'une qui conduit à plus de concurrence (par la déréglementation, la suppression des obstacles aux échanges), l'autre qui pousse à plus de centralisation (par les politiques communes, l'euro, la coordination des politiques économiques, l'harmonisation fiscale ou réglementaire, etc.). Je crains que la tendance centralisatrice l'emporte et la création de l'euro en est un signe évident. Pour que les économies européennes soient intégrées, il suffirait de laisser faire la concurrence dans tous les domaines (échanges commerciaux, mouvements de facteurs, bien sûr, mais aussi concurrence fiscale, concurrence réglementaire, concurrence juridique, concurrence monétaire, etc.). Mais nous n'avons surtout pas besoin d'une Commission européenne et d'un Parlement qui légifèrent et qui réglementent pour toute l'Europe. Le progrès consisterait à faire exactement l'inverse, par exemple en donnant aux collectivités locales la liberté de décider de leur système fiscal et de reverser une partie de leurs ressources aux échelons supérieurs (fédéralisme fiscal). Heureusement, le Royaume-Uni – même avec un gouvernement travailliste – exerce une influence compensatrice pour freiner la dérive centralisatrice. Et je forme le voeu que la Suisse ne soit jamais tentée de rejoindre l'Union européenne, mais qu'elle prouve par l'exemple que la liberté individuelle est toujours le meilleur moyen de résoudre les problèmes économiques et sociaux.

Le libéralisme, face à l’étatisme! Malheureusement, je n'ai pas l'impression que le libéralisme gagne du terrain dans le débat d'idées. C'est pour moi une déception car je pensais, lors de la chute du mur de Berlin, que la vérité éclaterait désormais. Mais je me suis vite rendu compte que les adversaires du libéralisme – ceux qui se sont si lourdement et tragiquement trompés pendant des décennies – ne pouvaient cacher leurs erreurs qu'en pratiquant la fuite en avant: au lieu de célébrer la chute du mur de Berlin comme le symbole d'un retour à la liberté individuelle, ils ont proclamé la victoire de la démocratie (c'est-à-dire d'un mode d'organisation de la société politique) et ils sont partis en guerre contre les fictions que sont l'ultra-libéralisme et le néo-libéralisme, deux concepts construits de toutes pièces par les collectivistes et dans lesquels les libéraux ne se reconnaissent pas.

Je n'attends rien de Valéry Giscard d'Estaing. S'il était vraiment libéral, on s'en serait aperçu lorsqu'il était Président de la République française. Mais sa présidence a été une ère d'interventionnisme étatique croissant (avec l'exception du retour à la liberté des prix).

De toutes façons, si le libéralisme doit un jour gagner la bataille des idées, il ne viendra pas d'en haut, mais d'en bas. Et de ce point de vue, j'ai un seul espoir: l'ouverture d'esprit des nouvelles générations. Le combat est en tout cas un combat intellectuel et non un combat politique. La politique suivra lorsque les esprits auront changé

 

source: Pierre Bessard   L'agefi (Lausanne) les 3, 4 et 5 février 2003.

on retrouve l'article complet sur QL

26/08/2010

Quand l’Europe s’aplatit devant Al Qaîda

CES PAYS PAIENT DES RANÇONS SANS RECHIGNER


L’argent versé aux terroristes ne servira pas à faire du mécénat. Il ira vers l’achat d’armes, de bombes et financera les activités subversives.

 

http://lh3.ggpht.com/_onVdt24pCwM/S6FaVo9Hl2I/AAAAAAAAsuE/ROZiKBhD_8Q/s160-c/terrorisme%20au%20sahel.JPG


Madrid a payé la rançon aux terroristes. Pourtant, l’Espagne a été l’un des rares pays à avoir adhéré à la convention
internationale criminalisant le dialogue et le paiement de rançon aux terroristes. La libération de ses deux
ressortissants n’a été en fait que l’aboutissement d’un processus où se sont mêlés argent, concertations, et
intermédiaires clandestins. Selon des fuites organisées par des sources très proches de ce dossier, l’Etat
espagnol aurait répondu à toutes les exigences des terroristes, du paiement de la rançon à la libération de
l’auteur de l’enlèvement. C’est dire qu’entre les intentions affichées et la réalité, il y a loin...Désormais, on ne
peut plus reprocher quelque chose à l’Elysée puisque tous les gouvernements affichent une plate disponibilité
et une incroyable obéissance à Al Qaîda C’est clair, même les pays du Sahel qui se disent alliés de l’Algérie,
qui demeurera malgré tout sur sa position selon nos sources, font tout pour ne pas contrarier Al Qaîda.
L’épisode des otages espagnols vient de confirmer de façon flagrante que la série de réunions initiées par
l’Algérie en vue d’unifier les points de vue n’a pas abouti à cause des interférences et des égoïsmes qui se sont
manifestés récemment chez certains partenaires de l’Algérie.


Evidemment, l’argent versé aux terroristes ne servira pas à construire des écoles ou à faire du mécénat. Il ira
nécessairement vers l’achat d’armes, de bombes et financera toutes les activités subversives à même de
menacer la sécurité non seulement dans la région du Sahel mais également en Europe. La France et l’Espagne
justement, sont les pays les plus menacés par la nébuleuse d’Al Qaîda.


Comme prévu, les deux Espagnols retenus depuis près de neuf mois au Mali par un groupe affilié à la branche
maghrébine d’Al Qaîda, sont arrivés dans la nuit de lundi à mardi à Barcelone. L’information vient d’être
répercutée par de nombreuses agences de presse. Roque Pascual et Albert Vilalta, deux volontaires de l’ONG
catalane Accio Solidaria, enlevés le 29 novembre 2009 en Mauritanie alors qu’ils participaient à un convoi
humanitaire, sont arrivés à l’aéroport de Barcelone en provenance de Ouagadougou tard dans la nuit de lundi à
mardi. Les épouses des deux hommes, ainsi qu’un médecin, un psychologue et plusieurs fonctionnaires se
trouvaient à bord de l’avion spécial qui avait quitté Ouagadougou peu après 19h30 pour l’Espagne.


Auparavant, les médias apprenaient, depuis la capitale, malienne, la libération de l’auteur de l’enlèvement des
deux Espagnols, le Malien Omar Sid’Ahmed Ould Hamma, dit «Omar le Sahraoui» qui, selon le parquet de
Nouakchott, avait agi pour le compte d’Al Qaïda. Son retour au Mali était une des conditions des terroristes
pour la libération des deux otages espagnols. «Aujourd’hui est un jour de fête», s’est félicité le chef du
gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, dans une brève déclaration pour annoncer leur
libération sans pour cela faire bien sûr mention de la rançon dont plusieurs journaux ont affirmé le versement.
Al Qaïda a déclaré lundi avoir libéré les deux otages espagnols parce que certaines de ses revendications
avaient été satisfaites, sans préciser lesquelles, selon le quotidien
El Pais qui cite un message enregistré du groupe. C’est «une très bonne nouvelle» qui met fin à une action
terroriste qui n’aurait jamais dû se produire, avait souligné M.Zapatero avant de «remercier les différents
gouvernements, surtout ceux de la zone où s’est produite cette prise d’otage». Toujours concernant cette
affaire, les quotidiens espagnols El Mundo et ABC ont affirmé que le processus de libération des deux
Catalans ne s’est enclenché qu’après l’extradition d’Omar le Sahraoui et bien sûr le versement d’une rançon.
Dans ce contexte, il y a lieu de souligner que l’Exécutif avait nié farouchement en mars le versement d’une
rançon lors de la libération d’Alicia Gamez, autre volontaire d’Accio Solidaria, capturée en même temps que
ses deux collègues et qui fut libérée le mois de mars de l’année en cours.

 

http://www.lejourdalgerie.com/Editions/240210/une/Lejour2.jpg

 

Dans un enregistrement Al Qaîda s’est bien montrée comme une organisation victorieuse en estimant que la
libération des deux otages espagnols constitue une «leçon adressée aux services secrets français», relativement
à l’échec du raid franco-mauritanien où l’otage français fut tué dans des circonstances encore obscures A
propos, cette initiative avait vivement inquiété le gouvernement espagnol sur le sort de ses deux ressortissants
restés séquestrés au nord du Mali par les sbires de Mokhtar Ben Mokhtar.

 

Source IHEDN

Menaces :
Source journal ou site Internet : L’Expression
Date : 25 août 2010
Auteur : Ikram Ghioua

08:55 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maghreb, terrorisme, europe, rançon, espionnage, espagne, al qaeda, algérie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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