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12/06/2010

Les syndicats auraient-ils les aptitudes à répondre aux défis de la modernité ?


Un art très français du blocage

 

http://medias.lepost.fr/ill/2009/07/23/h-20-1631327-1248351254.png

cliquez lire "le syndicalisme" CNRS



Encore une exception française peu flatteuse :

 

Notre pays détient, en
Europe, le taux de syndicalisation des salariés le plus faible et le taux de blocage
économique par les syndicats le plus important, surtout dans le secteur public.



Si les premiers syndicalistes ont été courageux et désintéressés au
XIXème siècle pour défendre des ouvriers souvent analphabètes, aujourd'hui ils
freinent ces accords pour conserver leurs prérogatives, si bien détaillées et chiffrées
dans le livre "La dictature des syndicats" (2). Or, les salariés français de 2003
ont une compréhension étonnante des problèmes économiques et savent négocier
intelligemment avec leurs patrons. Les sondages sont tous concordants : pour
défendre leurs intérêts, les salariés font plus confiance à leur patron qu'aux
syndicats.

 

La question est clairement posée : est-ce la fin du syndicalisme d'antan ?

 

 


Et par quoi le remplacer ?


On le sait, ceux qui ont le courage d'aborder ce tabou sont taxés
d'anti-syndicalisme primaire, puisque dans cette horreur il n'y aurait pas de
secondaire et encore moins de supérieur. La France comporterait donc un million
de patrons obtus qui sont cependant les seuls créateurs de richesses et d'emplois
vrais.

On ose enfin attaquer de front la plus grande puissance cachée de la
France, le syndicalisme, toujours tabou, encore sanctifié, éternellement intouchable,
jouissant de façon incroyable d'une sorte d'immunité psychologique, morale, fiscale
et même judiciaire. Ce n'est pas un état dans l'Etat. C'est une divinité dans l'Etat.
Si on peut moquer, décrier, ridiculiser les parlementaires, les
ministres, le Chef de l'Etat, les policiers, les militaires, les enseignants, les patrons,
les religieux et le Pape lui-même, on ne peut toucher à un cheveu d'un syndicaliste,
ce qui, d'ailleurs, ne ferait rire personne. La sanctuarisation est profonde.


Le fonctionnement des syndicats français peut se résumer en leur
principe de base, leur outil unique et leur méthode d'influence.
Le principe de base des syndicats est cette indestructible IAA,
l'Irréversibilité des Avantages Acquis, érigée en dogme définitivement calcifié.
Quelles que soient les circonstances politiques, économiques, financières ou
humaines, on ne change rien, jamais rien, en contradiction avec tous les pays
modernes dont l'adaptabilité est le maître-mot dans un monde en mutation de plus
en plus rapide.


L'outil des syndicats est unique, et ce n'est pas à proprement parlé un
outil pour construire, mais une arme pour détruire : la grève. On chiffre toujours par
défaut les conséquences économiques des grèves. Elles sont terrifiantes. Combien
d'entreprises en sont mortes ? Avec tous leurs emplois bien sûr. Finalement, tels
syndicats ont préféré la disparition totale de Lip, de Manufrance et de beaucoup
d'autres, à des réductions partielles d'effectifs.


La méthode d'influence des syndicats est elle aussi d'une extrême
simplicité et d'une redoutable efficacité : le TDN, le Taux De Nocivité. Quelle
influence pourrait avoir sur les pouvoirs publics un syndicat inoffensif ? Basé sur
l'IAA et utilisant la grève dévastatrice, le TDN éclate au grand jour et fait trembler
les décideurs. Le noyautage des services publics démontre l'effroyable efficacité de
ce TDN.


Le Français peu concerné va sans doute poser cette question ingénue :


pourquoi ces syndicats sont-ils soutenus par autant de nos compatriotes et
si souvent par les media eux-mêmes?


Il faut reconnaître que les syndicalistes sont intelligents et beaux
parleurs, car cette voie est, pour les meilleurs, une forme plus rapide d'ascension
sociale que le simple mérite professionnel en entreprise. Mais il est curieux de
constater que les performances des entreprises sont inversement proportionnelles à
leur taux de syndicalisation.


Sait-on que chez les professeurs et les policiers, l'avancement des
fonctionnaires ne peut se faire qu'avec l'accord des syndicats et les manoeuvres que
crée ce parrainage ?


Certains s'étonneront que les patrons "humains" que nous tentons
d'être, soient si hostiles aux syndicats. Mais c'est précisément parce que le
syndicalisme est l'opposé de l'humain. L'humain privilégie la personne et les
contacts chaleureux entre individus. Le social, mot commode et globalisateur, n'est
que l'humain massifié. Et le syndical n'est que le social institutionnalisé, protégé,
financé et souvent perverti.


Il y a longtemps que je milite contre cette massification décérébrante
et pour des accords d'entreprises entre hommes qui tentent de se comprendre.

Que parmi des syndicalistes planqués il y ait quelques salariés
dévoués et désintéressés, c'est une évidence réconfortante, mais ces derniers
méritent mieux que d'être embrigadés et de recevoir parfois des consignes
politiques d'actions violentes, bien éloignées du soutien fraternel qu'ils souhaitent
apporter à leurs camarades de travail.


Mes amis de bonne foi, trop indulgents pour les syndicalistes,
souhaitent parfois des syndicats plus forts en France. Ils confondent force et
responsabilités. Ce qui nous manque, ce sont des syndicats responsables
moralement, civilement et pénalement. Forts et responsables, comme en
Allemagne, les syndicats sont des interlocuteurs valables. Forts et irresponsables
comme en Angleterre de 1945 à 1980, les syndicats ruinent un pays qui n'a été
sauvé de la déroute économique que par la difficile victoire de Margareth Thatcher
sur les Trade-Unions. Faibles et irresponsables, c'est le paysage désolant des
syndicats français.


Notre position contre le syndicalisme français actuel va peut-être
surprendre. Mais les patrons de progrès et de dialogue sont persuadés que le
terrorisme syndical actuel freine le vrai dialogue social et empêche purement et
simplement le dialogue humain, celui que nous appelons de nos voeux.

L'étude comparative avec les systèmes étrangers de représentation
des salariés et des accords d'entreprises est éloquente. Des mesures de bon sens
s'imposent : suppression de l'incroyable monopole syndical vieux de cinquante ans ;
limitation du droit de grève dans les "services" (ou prétendus tels) publics ; accords
négociés avec les salariés eux-mêmes, le plus près possible de l'unité à taille
humaine, l'entreprise.


L'essai de Bernard ZIMMERN est plus qu'un livre choc, plus qu'un
livre événement. C'est un livre révolution.


La polémique qu'il va déclencher sera sans doute violente car on ne
décroche pas si facilement les tableaux des saints des murs des cathédrales, mais
elle sera peut-être la source d'une révolution si longtemps espérée.

UN DÉBAT EST EN COURS ICI: L&L (cliquez)

Source: LE FIGARO MERCREDI 3 DÉCEMBRE 2003

 

par Yvon GATTAZ (1)
(1) Président d'ASMEP – Association des Moyennes Entreprises Patrimoniales
(2) Par Bernard ZIMMERN – Editions Albin Michel

 

autres visions:

 

Le syndicalisme à la merci des employeurs.

10:56 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : syndicalisme, bernard zimmern, révolution industrielle | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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