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27/05/2010

L'Economie: Qu'en est-il de l'enseignement au niveau lycée?

Pas triste!


Théorique, lourd, inefficace, imprécis et compassionnel : le constat dressé par le rapport sur l'enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée réalisé par la commission présidée par l'économiste Roger Guesnerie est sans appel.

Le rapport sur l'enseignement de l'économie au lycée

 

L’Académie des sciences morales et politiques a entrepris, depuis décembre 2007, d’examiner et d’analyser les programmes et les manuels de SES des classes de Première et de Terminale.

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2010/03/16/a938be22-3077-11df-b8ca-5f33acd742e3.jpg

cliquez, lire: Luc Chatel cherche a apaiser....(figaro mars/2010)

 

Pour mieux assurer la validité de ses observations, elle a sollicité des regards étrangers, ceux de cinq économistes de renom, un Allemand, un Américain, un Brésilien, un Anglais, un Espagnol et un Français qui vit aux États-Unis. Celui-ci, le Professeur Chiappori de Columbia University, a ensuite établi une synthèse.

Ces différentes études ont conduit l’Académie des sciences morales et politiques à présenter un rapport qu’elle a remis le lundi 7 juillet au Ministre de l’Éducation nationale.

Il ressort de ce rapport :

  • que les programmes de SES sont trop ambitieux ;
  • qu’ils mettent trop peu l’accent sur la microéconomie ;
  • qu’ils procèdent du général au particulier et ne permettent donc pas aux élèves d’acquérir des bases solides ;
  • qu’ils prévoient une même approche de l’économie et des autres sciences sociales, alors que leurs démarches sont profondément différentes ;
  • que les manuels sont parfois entachés d’affirmations erronées ;
  • qu’ils présentent souvent une image biaisée et fortement négative des réalités économiques par des textes et des illustrations inappropriés.

Les programmes d’enseignement des sciences économiques et sociales doivent donc être remaniés en profondeur. Une formation fondée sur un enseignement adapté de la science économique pourrait en effet être un élément essentiel d’une voie d’excellence vers le baccalauréat.

LIRE LE RAPPORT

 

En voici une synthèse:


Synthèse des cinq rapports d’économistes étrangers
par Pierre-André Chiappori


En mars 2008, l‘Académie des Sciences Morales et Politiques a chargé cinq universitaires de la rédaction d‘un rapport sur la place des sciences économiques et sociales dans l‘enseignement secondaire français. Les auteurs contactés étaient tous économistes et professeurs dans des universités ou des instituts de recherche étrangers, européens (Bonn, Barcelone, Oxford) ou américains (Princeton, Columbia). L‘étude avait deux objectifs. Il s‘agissait, d‘une part, d‘évaluer le contenu des programmes, du double point de vue de leur cohérence globale et de leur pertinence vis à vis de la mission qu‘ils s‘assignent, à savoir la formation générale de futurs citoyens et la préparation à des études universitaires ultérieures dans les disciplines concernées ; d‘où un problème d‘équilibre entre les diverses disciplines, et la possibilité d‘envisager d‘éventuelles modifications des programmes. D‘autre part, il était demandé de porter un jugement sur les manuels scolaires, en termes de cohérence, de contenu, et de qualité pédagogique.


Les auteurs ont consulté d‘une part les programmes d‘enseignement de sciences économiques et sociales (SES) en classes de première et terminale de la série économique et sociale, tels que parus respectivement aux bulletins officiels du Ministère de l‘éducation nationale en dates du 12 juillet 2001 et du 3 octobre 2002. D‘autre part, différents manuels avaient été fournis aux rapporteurs, édités respectivement par les éditions Bordas, Bréal, Hatier, Magnard et Nathan. En complément, ont enfin été consultés, à titre de comparaison, le programme des "A level Economics courses" au Royaume Uni, les différents textes officiels disponibles sur l‘enseignement de l‘économie aux États-Unis (notamment les National Standards publiés par le National Council on Economic Education), et quelques manuels d‘économie utilisés en High School (en particulier l‘ouvrage Economics in Our Times, de Roger A. Arnold, publié par St. Paul: West Publishing Co., 1995 et généralement considéré comme l‘un des meilleurs manuels disponibles).


La conclusion commune des différents rapports est que l‘enseignement des SES dans le secondaire français est gravement défectueux. En l‘état, le contenu des enseignements n‘a qu‘un rapport lointain avec la science économique, telle qu‘elle est pratiquée non seulement dans les universités et les centres de recherche, mais aussi dans les organisations gouvernementales et internationales, et (a fortiori) dans les entreprises. La perspective adoptée par les programmes, qui reprend (au mieux) l‘ancienne tradition française de l‘économie institutionnelle enseignée dans les facultés de droit, est largement orthogonale à la science économique moderne (par quoi l‘on entend du dernier demi- siècle). Les praticiens de la discipline ont la conviction qu‘il existe un véritable savoir économique, un corpus théorique et conceptuel sur lequel un accord général existe entre les spécialistes. Quelles que soient les opinions politiques ou idéologiques des uns et des autres, tout économiste sait que l‘effet d‘un choc restreignant l‘offre sur un marché dépend de l‘élasticité de la demande – par exemple, qu‘une réduction de l‘offre sur un marché à demande inélastique conduit à une forte hausse des prix, avec en corollaire une hausse des profits des producteurs. Un petit nombre d‘outils conceptuels de base font l‘objet d‘un consensus quasi universel (dans une profession pourtant marquée par les désaccords et les controverses) ; ils permettent d‘analyser un nombre considérable de situations concrètes, depuis les conséquences d‘un plafonnement du prix d‘un produit jusqu‘à l‘impact d‘une taxe indirecte.


Il est difficile de ne pas conclure qu‘en l‘état actuel, ce savoir n‘est pour l‘essentiel pas communiqué aux élèves. Bien pire, l‘enseignement, sous sa forme présente, tend probablement à répandre le sentiment qu‘un tel savoir est soit inexistant, soit inutile, et qu‘il est possible de discuter de problèmes complexes sans avoir recours à autre chose qu‘une analyse superficielle ; en bref, que l‘analyse économique se résume à la régurgitation de discours convenus. S‘agissant de l‘objectif d‘éducation générale de futurs citoyens, il est à craindre que ce message soit franchement nocif.


Dans un premier temps, nous analyserons brièvement les programmes ; nous étudierons ensuite les manuels qui nous ont été soumis. Pour des raisons de compétence, la discussion sera essentiellement limitée aux sciences économiques, qui constituent sans doute le noyau dur de l‘enseignement considéré.

 

Enfin veuillez lire les rapports svp: LIRE LE RAPPORT en PDF

 

http://www.globalresearch.ca/coverStoryPictures/14079.jpg

 

Du côté de l'ALEPS, la vision de J. Garello team


L’ECONOMIE AU LYCEE : C’EST LE PROGRAMME D’ATTAC

 

L’IFRAP publie régulièrement d’excellentes études. Celle qu’il vient de faire paraître sur son site, sous la signature d’Alain MATHIEU (Société civile N°33) est particulièrement bienvenue, car elle est consacrée à la désinformation dans l’enseignement de l’économie dans les lycées. Au moment où certains attaquent le jury d’agrégation d’économie pour « ultralibéralisme », il faut voir au contraire comment l’enseignement de l’économie est la chasse gardée du marxisme.

C’est vrai tout d’abord dans la définition même des programmes (qui sont définis pour la France entière et approuvés par le comité national des programmes, longtemps présidé par Luc FERRY, avant qu’il ne fût ministre, et qui paraissent au Bulletin Officiel). C’est ainsi qu’on lit dans le programme officiel de terminale : « On soulignera que les mécanismes du marché peuvent se révéler défaillants, auquel cas la demande ne suit pas l’offre et le chômage se développe… On pourra montrer que la flexibilité (du travail) devient défavorable (à l’emploi) quand elle conduit à une amplification des inégalités… On discutera de la qualification des mouvements sociaux (qui sont en) opposition à une situation dominante… En prenant un exemple dans le contexte européen -celui de la politique de protection sociale - on soulignera la nécessité de l’action publique pour maintenir et accroître la cohésion sociale… La permanence de la précarité de l’emploi, le maintien voire l’augmentation des inégalités de revenus ont conduit au retour de l’analyse en termes de classes sociales ».

Voilà en effet un beau programme, bien objectif, marxiste à 100%, que ne renierait pas ATTAC, voilà ce que doivent contenir les manuels et enseigner les professeurs ! D’ailleurs tout ici mériterait d’être cité en détail. Par exemple, pour la mondialisation, « on s’interrogera sur les effets contrastés que l’internationalisation des échanges peut avoir sur les inégalités et avantages sociaux ».

Les programmes de première ne valent pas mieux : « Adapter une conception réaliste des classes sociales, dans laquelle les conflits jouent un rôle central… On montrera que le marché peut être défaillant parce qu’il ne permet pas la production de certains biens et services… On mettra en évidence l’existence des biens collectifs que le marché ne prend pas spontanément en compte… L’enseignement s’appuiera sur la comptabilité nationale comme outil d’analyse et de représentation du fonctionnement de l’économie ».

Quant au programme de seconde, il précise : « dans un souci de ne pas alourdir le programme, l’épargne et le profit ne feront pas l’objet de développement particuliers… On soulignera les inégalités de revenus primaires pour introduire la notion de système redistributif ». Voilà de quoi favoriser l’enseignement de l’altermondialisme et de la vulgate marxiste.

Les manuels vont-ils corriger cette désinformation ? C’est l’inverse et ils en rajoutent encore une couche. L’article de l’IFRAP fait référence à deux d’entre eux, utilisés en terminale, dont celui publié chez Nathan. Tout est vu dans des lunettes déformantes. C’est ainsi qu’il y a 19 pages de critiques sur l’action des multinationales, alors que le rôle de l’entreprise est par ailleurs ignoré. Pas question de parler des actions ou de l’offre et de la demande. Par contre, les élèves ont droit à de longs développements sur la définition de l’habitus chez BOURDIEU ; ils apprennent que la taxe TOBIN est une « bonne politique » et les citations les plus fréquentes viennent de revues altermondialistes telles qu’Alternatives Economiques.

Aucune citation de MARX ou de KEYNES n’est épargnée aux élèves, alors que les libéraux comme BASTIAT ne sont jamais cités. HAYEK est ignoré. Rien sur l’expérience communiste et son échec total. En revanche, l’antiaméricanisme est bien présent : on y souligne « une tendance inquiétante au délitement des liens sociaux » avec accroissement des distances entre groupes sociaux. L’enfer américain est bien là. Par ailleurs, le protectionnisme est bien entendu justifié.

Voilà de quoi former de bons militants d’ATTAC. Et le plus scandaleux n’est pas à nos yeux les manuels, mais les programmes approuvés par le gouvernement, puisque publiés au BO. Il est vrai que les finalités de cet enseignement sont bien définies par ce Bulletin Officiel de l’éducation nationale « concourir à la formation du citoyen » (pas préparer les élèves à la vie en entreprise, bien sûr, ce serait faire le jeu des patrons). Mais quel citoyen veut-on former ? Celui qui votera à gauche, fera des analyses marxistes, adhérera à la CGT et militera à ATTAC ? Tout un programme. Merci à l’IFRAP de nous avoir rappelé ces vérités indiscutables. Bien entendu, le scandale, c’est la main mise des libéraux sur l’agrégation d’économie, n’est-ce pas ? Rien à voir avec la formation du citoyen si bien faite dans les lycées. Car, elle va dans le sens de l’histoire.

 

Nonobstant les posts suivants:

 

Education Nationale: La Cour des Comptes ose!

Et si nous parlions éducation (Instruction Nationale)!

IUFM/Adm./Rect.? - Le "bordel" de l'école jacobine

Une éducation libérale, par le RAP! A quand au sein des écoles??lol

Un nouveau virus: l'évaluation, un principe de précaution à la méritologie!

Q de CRISE (la page de L&L)

12:11 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enseignement, lycées, économiste, économie, roger guesnerie, chiappori, jacques garello, aleps, attac | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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