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31/03/2010

- Recommander La littérature une "arme" de destruction possible !

Les écrivains engagés luttent pour la justice en disant la vérité aux puissants

L'œuvre littéraire peut être une arme contre la tyrannie et la corruption.



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Comme bien des dictateurs peuvent l'attester, les écrivains sont parmi les adversaires les plus virulents des violations des droits de l'homme partout dans le monde.



Pendant les années 60, les ouvrages du romancier contestataire russe Alexandre Soljenitsyne (1918-2008) ont révélé au monde le système des camps de travail soviétiques. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1970 mais sa réputation ne l'a pas abrité de la persécution et il a dû s'exiler en 1974. Il a fini par venir s'installer aux États-Unis où il a vécu pratiquement en reclus avant de rentrer en Russie en 1994.



Le combat de Soljenitsyne contre l'autoritarisme ressemble à celui de nombreux autres auteurs, dont l'homme de lettres et de théâtre tchèque Václav Havel.



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Dissident éminent en lutte contre la suprématie qu'exerçaient les Soviétiques sur sa patrie, Václav Havel s'est servi du théâtre pour attaquer les régimes totalitaires. Si son activisme politique lui a valu plusieurs séjours en prison et un harcèlement quasi ininterrompu, il a triomphé lors de la « Révolution de velours » qui l'a porté à la présidence de la Tchécoslovaquie (la future République tchèque).



Une fois président, Václav Havel a mené la transition vers une démocratie multipartite et il reste une figure profondément admirée à l'international. Ses vues ont été comparées à celle du Britannique George Orwell (1903-1950) dont les romans bien connus, La ferme des animaux et 1984, peignent une image effrayante de la répression gouvernementale, thème repris par les dissidents partout dans le monde.



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La poète et activiste russe Natalya Gorbanevskaya était une des huit manifestants à protester le 25 août 1968, sur la place Rouge de Moscou, contre l'invasion de la Tchécoslovaquie. Comme elle venait d'accoucher, elle n'a pas été jugée avec les autres mais elle a donné un récit du procès (Midi) qui a été publié à l'étranger sous le titre Red Square at Noon [Midi sur la place Rouge].



Natalya Gorbanevskaya a été arrêtée en décembre 1969 et emprisonnée dans une clinique psychiatrique soviétique jusqu'en février 1972. Elle a émigré en février 1975 et vit maintenant à Paris.



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La romancière, essayiste et poète Julia Alvarez est née en République dominicaine mais sa famille a fui le pays lorsqu'elle avait 10 ans. Elle a connu la célébrité avec son roman de 1995, Au temps des papillons, inspiré par l'histoire de trois sœurs assassinées par les agents du dictateur Rafael Trujillo qui a dirigé le pays pendant un certain temps.



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Le romancier, poète et dramaturge nigérian Wole Soyinka a été un critique acerbe de nombreuses administrations nigérianes et des tyrannies politiques partout dans le monde. La majorité de ses écrits porte sur ce qu'il appelle « la botte oppressive et le manque de pertinence de la couleur de la peau de celui qui la porte ».



L'activisme de Soyinka lui a coûté cher. Il a été arrêté en 1967, pendant la guerre civile qui a déchiré le pays, et placé en détention solitaire pour ses efforts de négocier la paix entre les factions en présence. Relâché 22 mois plus tard, après que son emprisonnement a attiré l'attention de la communauté internationale, il a quitté le Nigéria en exil volontaire.

Considéré par beaucoup comme le dramaturge le plus talentueux d'Afrique, Soyinka a reçu le prix Nobel de littérature en 1986, le premier auteur d'Afrique subsaharienne à être ainsi honoré.



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Czeslaw Milosz (1911-2004) considéré comme un des plus grands poètes et prosateurs polonais, s'est battu contre la censure du gouvernement communiste de son pays pendant la guerre froide des années 50 et 60. Son recueil de 1953, La pensée captive, qui explique comment le régime staliniste obligeait les écrivains et universitaires de l'Europe orientale de l'après-guerre à se conformer a la doctrine officielle, a été décrit comme une des meilleures études du comportement des intellectuels dans un régime répressif.



Milosz, qui a émigré aux États-Unis en 1960 et est devenu citoyen américain en 1970, a reçu le prix Nobel de littérature en 1980.



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La carrière du poète russe Joseph Brodsky (1940-1996) a suivi une trajectoire semblable. Essayiste et poète, il a été expulsé de l'Union soviétique en 1972 pour avoir refusé d'aligner ses écrits sur l'idéologie du parti communiste. Il s'est installé aux États-Unis et est devenu citoyen en 1977. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1987 et est devenu poète lauréat des États-Unis en 1991.



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Une des voix les plus passionnées sur la scène littéraire est celle de la Philippine Ninotchka Rosca. Installée maintenant à New York, elle a été prisonnière politique sous le régime dictatorial du feu Ferdinand Marcos.

Rosca, qui avec ses nouvelles, romans et œuvres de non-fiction a gagné le titre de « première dame de la littérature philippine », traite surtout les thèmes de l'oppression et de l'exploitation des femmes. Elle parle souvent des questions du tourisme sexuel, de la traite, de l'industrie de l'achat des femmes par correspondance et de la violence à l'encontre des femmes.



Ces écrivains et d'autres, trop nombreux pour être comptés, ont montré que la littérature peut être une arme efficace contre la tyrannie, la corruption et l'injustice. En mettant en lumière les maux du monde - et les régimes qui les perpétuent - ces écrivains de conscience jouent leur rôle pour s'attaquer aux problèmes urgents et demander des comptes aux autorités.

Par Lauren Monsen dpt US,

30/03/2010

Le droit de propriété, moyen pour sortir de la pauvreté et de la guerre

 

Hernando de Sotocliquez l'image, lire bio de wikibérale
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Hernando de Soto, économiste péruvien, est le président de l'Institut pour la liberté et la démocratie (ILD).

Hernando de Soto

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Les pauvres du monde entier ne sont pas sans avoirs et une meilleure gouvernance leur permet d'apporter une preuve de leurs actifs et de s'appuyer sur eux pour accroître leur prospérité.

Hernando de Soto, économiste péruvien, auteur du Mystère du capital (Flammarion 2005,) est le cofondateur et le président de l'Institut pour la liberté et la démocratie (ILD). Cet organisme à but non lucratif, qui a son siège à Lima, aide les chefs d'État de pays en développement ou de l'ancienne Union soviétique à créer des économies de marché intégratives en modifiant leur droit de propriété et leur droit commercial.


La mondialisation a accru la prospérité de par le monde. Pourtant, dans les pays en développement, des milliards d'être humains restent enlisés dans la pauvreté, proies faciles pour les agitateurs sociaux et les recruteurs de terroristes. Selon la Commission pour la démarginalisation des pauvres par le droit, que j'ai coprésidée avec Madeleine Albright, ancienne Secrétaire d'État des États-Unis, les deux tiers de la population mondiale, soit 4 milliards de personnes, ne peuvent apporter la preuve qu'ils possèdent quelque chose, qu'ils ont un emploi ou qu'ils gèrent une entreprise. N'ayant pas de titre juridique prouvant qu'ils possèdent leur maison, leur lopin de terre ou leur entreprise, ils ne peuvent faire fond sur ces actifs et sont forcés de se mouvoir en dehors du cadre prévu par la loi, dans l'économie de l'ombre. Là, ils peuvent créer leurs normes et leurs pratiques, mais celles-ci comportent tant de déficiences qu'il leur est impossible d'améliorer leur existence. L'Institut pour la liberté et la démocratie (l'ILD) qualifie cette situation de « hors-droit ».

 

Notre mission est d'aider les pays en développement à créer des économies de marché intégratives en permettant à leurs habitants d'utiliser des instruments juridiques leur permettant de se sortir de la pauvreté, eux-mêmes et, avec eux, leur pays : droit juridique de propriété, statuts juridiques d'entreprise pour la division du travail et la prospérité, et mécanismes d'identification leur permettant d'étendre leur marché au-delà du cercle étroit de leur famille et de leurs amis.

 

Les gouvernements de nombreux pays en développement semblent négliger le fait que près de 80 % de leurs biens immobiliers et de leurs entreprises ne sont pas légalement inscrits dans leurs registres de propriété et se situent donc hors du cadre de la loi. Aux États-Unis, toute parcelle de terre, toute maison, tout véhicule, tout avion, tout brevet, tout manuscrit destiné à un livre ou à un film est enregistré et décrit dans des documents et des bases de données. Cet enregistrement permet d'utiliser ces actifs en garantie, alors qu'une habitation dans un bidonville ou une activité informelle ne peuvent faire l'objet d'une hypothèque pour l'obtention d'un prêt.

 

En fait, les pauvres détiennent la majorité des biens et des entreprises du monde, soit, selon les estimations de l'ILD, une valeur de quelque dix mille milliards de dollars des États-Unis, qui sont stérilisés tant qu'ils n'ont pas l'existence juridique qui leur permettrait d'être régis et identifiés selon des règles standard. De nombreux pays en développement en sont encore à se demander comment ils pourraient libérer la richesse potentielle enfermée dans leurs économies hors-droit pour qu'elle profite d'abord aux pauvres eux-mêmes et ensuite à la société dans son ensemble.

 

Puissance du droit de propriété


Les actions des pays du monde en développement pour mettre en place un droit de propriété plus sûr et donner à leurs pauvres un accès plus aisé au moyen juridique d'enregistrer ce qu'ils possèdent permettront de réduire la pauvreté. Celui qui est juridiquement propriétaire dispose d'une garantie à offrir à sa banque et remplit les conditions requises pour l'obtention d'un prêt qui lui permettra de faire construire ou de développer son activité. Propriété, crédit, capital, identité, rien de tout ce sur quoi repose une économie moderne n'est possible sans titres de propriété.

 

Dans tous les pays où nous avons travaillé, nous avons constaté que si la plupart des gens et des entreprises restent dans l'économie informelle, hors-droit, ce n'est pas parce que ce sont des délinquants, ou que, culturellement, ils ne seraient pas à même de profiter d'une économie de marché, comme certains sociologues l'ont prétendu. La raison du développement des économies souterraines, c'est la difficulté à entrer dans le système juridique existant du fait de coûts bureaucratiques, de réglementations discriminatoires et de lois tout simplement mal faites. La bonne gouvernance ne consiste pas seulement à fournir des services sociaux et à assurer la sécurité ; les gouvernements doivent aussi offrir à leur population un cadre juridique approprié leur permettant d'entrer sur le marché et de faire fructifier leurs avoirs.

 

Dans de nombreux pays, les pauvres ne peuvent accumuler de capital. Sans droit de propriété clair et sûr, ils ne peuvent investir. Sans document juridique faisant foi, ils ne peuvent utiliser leur maison pour garantir leurs emprunts. Condamnés à vivre dans des bidonvilles et n'ayant rien à perdre, les pauvres sont des proies faciles pour les recruteurs de terroristes qui promettent de protéger leurs biens par la force. Au Pérou, l'ILD a permis la disparition du Sentier lumineux en offrant aux pauvres l'alternative plus sûre de la propriété légale. Le chef du Sentier lumineux de l'époque, Abimael Guzman, a déclaré que cette stratégie avait été conçue pour « détourner les masses de leur objectif historique ». Plus tard, au début des années 90, le chef des opérations de contre-insurrection, Jaime Salinas, devait affirmer que les idées et les activités de l'ILD étaient cruciales pour vaincre le terrorisme.

 

C'est en pensant à cette réussite que les autorités afghanes et les Équipes provinciales de reconstruction en Afghanistan ainsi que les Équipes de terrain humain en Irak ont demandé à l'ILD de leur fournir des plans pour adapter cette stratégie à leur lutte contre l'insurrection et le trafic de stupéfiants.

 

Des petits Brésiliens jouent dans une rue de Rio de Janeiro
La plupart des habitants des bidonvilles, tels que ces enfants à Rio de Janeiro, ne possèdent aucun titre ou droit de propriété.

Le défi de la mondialisation


La mondialisation est là pour durer, mais elle restera une cible facile pour ses opposants tant que seules les élites seront mondialisées. C'est particulièrement vrai dans le monde en développement et dans les pays qui étaient sous domination soviétique. Toute la question est d'intéresser la majorité des peuples et des entreprises du monde aux échanges internationaux. Pour cela, il faut que les pays en développement permettent à chacun de leurs habitants d'avoir accès aux outils juridiques que les chefs d'entreprise des pays riches tiennent pour acquis : droit de propriété, responsabilité limitée, protection des actifs, hiérarchies dans la gestion des organisations et possibilité d'émettre des actions.

 

Les dirigeants politiques des pays en développement et des anciennes républiques soviétiques sont très motivés par l'idée de créer des économies de marché intégratives. Trente-cinq chefs d'État ont déjà demandé à l'ILD de les aider et j'en ai rencontré personnellement 32. Depuis la fondation de l'ILD en 1984 et la réussite des réformes du droit de propriété et du droit commercial au Pérou, l'Institut a travaillé dans 20 pays d'Amérique latine, d'Afrique, du Moyen-Orient, d'Asie centrale et de l'ancienne Union soviétique.

 

La mise en place du cadre institutionnel d'une économie de marché intégrative moderne est un travail difficile, complexe, laborieux, ingrat et pas très prestigieux. Il faut créer un système facile à comprendre et respectant les traditions des populations concernées et leurs modèles territoriaux et commerciaux. Cela dit, dans les réformes juridiques comme dans les autres, tout est affaire d'exécution.

 

L'effet mondial du programme de réforme institutionnelle de l'ILD


C'est généralement un chef d'État qui nous demande de mettre en œuvre le programme de réforme par étapes de l'ILD. Nous envoyons alors une petite équipe et recrutons sur place des équipes beaucoup plus étoffées que nous formons à notre méthodologie. L'étape décisive consiste en un diagnostic du secteur légal et du secteur hors-droit du pays, ce qui nécessite une étude complète des zones rurales et urbaines afin d'évaluer l'importance de l'économie parallèle du pays. Le rapport résultant de cette étude, lorsque nous le transmettons au chef de l'État demandeur, comporte un descriptif des caractéristiques de l'économie hors-droit, une analyse des raisons pour lesquelles les gens la choisissent et sa valeur en termes de capital immobilisé, non liquide. C'est seulement lorsque l'on dispose de toutes ces informations que l'on peut passer aux phases conception et mise en œuvre de la réforme. Mais à mesure que nous avançons, les gouvernements ont tendance à vouloir reprendre l'affaire en main et à nous écarter, ce qui est sain. Les équipes locales reprennent alors notre travail.

Les pays clients sont souvent très surpris de découvrir l'énormité de la masse de leur économie informelle. Nous leur montrons qu'ils disposent d'un immense potentiel économique et politique dans lequel ils pourront puiser, pour peu qu'ils engagent la réforme institutionnelle. Le soutien du gouvernement est essentiel, notamment pour déjouer l'opposition des élites bureaucratiques et commerciales qui bénéficient du statut quo.

 

Le meilleur argument en faveur de la réforme du droit de propriété et du droit commercial est sa réussite. Vingt ans après leur lancement dans mon pays, le Pérou, les réformes de l'ILD ont permis de donner une existence légale à 1,7 million de propriétés immobilières urbaines, elles ont facilité la création d'entreprises et amélioré le niveau de vie des pauvres et elles ont nettement accru la classe moyenne. Le PIB a progressé au rythme de 8 % l'an, ces dernières années. Une forte part de cette croissance vient des secteurs de la construction, des mines et des produits agro-industriels destinés à l'exportation. Ces secteurs n'auraient pu se développer s'ils n'avaient pas pu s'appuyer sur un solide droit de propriété du sol et du sous-sol.

Impressionné par nos résultats au Pérou, le gouvernement du Salvador a demandé à l'ILD d'adapter ces réformes à son contexte d'après-guerre civile. Fin 2003, le système de légalisation des biens fonciers conçu par l'ILD a permis à un million de Salvadoriens d'être protégés par un régime de droit et a facilité l'installation pacifique des anciens combattants et des réfugiés sur des terres productives. Aujourd'hui, le système salvadorien enregistre chaque année des prêts hypothécaires représentant une valeur de plus 800 millions de dollars des États-Unis.

 

En 2004, l'ILD a soumis au gouvernement égyptien le rapport d'une étude financée par l'Agence américaine pour le développement international. Le gouvernement a adopté 14 de nos 20 propositions de réforme pour intégrer l'économie hors-droit dans l'ensemble de l'économie égyptienne. En 2009, Le Rapport sur la pratique des affaires (Doing Business) de la Banque mondiale a classé l'Égypte comme l'un des pays les plus performants sur ce plan.

 

Aux Philippines, la présidente Gloria Macapagal Arroyo a créé le programme Réforme des actifs urbains, basé sur l'étude menée par l'ILD entre 1999 et 2003. À la fin de son mandat, elle a publié quatre décrets présidentiels et lancé sept programmes sur les titres et les régimes fonciers, sur les hypothèques et sur d'autres points relatifs aux biens fonciers.

En s'appuyant sur les études réalisées par l'ILD en Tanzanie de 2005 à 2007, le gouvernement de ce pays a mis la réforme institutionnelle au centre de son programme MKURABITA. L'influence de l'ILD s'étend à des pays où nous n'avons encore jamais travaillé comme le Ghana, l'Afrique du Sud, la Thaïlande, l'Inde et la Russie. Dans son discours sur l'état de l'Union de 2005, par exemple, Vladimir Poutine, alors président, a annoncé qu'il avait accordé des titres de propriété à quelque 350.000 datchas, sur la base - a expliqué le secrétaire général de la présidence - du Programme de réforme de l'ILD.

 

Le travail de l'ILD a également influencé les protocoles d'importantes organisations multilatérales. La Pratique des affaires (Doing Business), publication à succès de la Banque mondiale, a été inspirée par l'étude de l'ILD au Pérou. L'an dernier, l'Assemblée générale des Nations unies a voté pour ajouter à son ordre du jour les recommandations de sa Commission pour la démarginalisation des pauvres par le droit.

 

Les pays développés ne doivent pas oublier, eux non plus, l'importance d'un droit de propriété exhaustif. La crise financière mondiale a été déclenchée en 2008 par un effondrement, aux États-Unis, d'instruments financiers dérivés de prêts hypothécaires de second ordre. Associés avec d'autres prêts hypothécaires, puis découpés, mis en tranches, rhabillés et vendus à des investisseurs du monde entier, ces produits « dérivés » ont été détachés des actifs sous-jacents ; pire, ils n'ont jamais été documentés, normalisés, ni enregistrés de façon qu'on puisse facilement en retracer l'origine - comme en ont l'obligation légale tous les autres titres de propriété qui représentent tout ce que nous possédons, depuis les voitures jusqu'aux maisons en passant par les entreprises et les brevets. Bref, la communauté financière a créé sa propre économie « hors-droit », d'une valeur estimée à 600 mille milliards de dollars, avec des instruments financiers qui n'ont pas encore tous été situés, encore moins éliminés. Ils sont devenus les tristement célèbres « actifs toxiques » qui ont gelé le système mondial du crédit, parce que les banques et les institutions financières ne savaient plus s'ils pouvaient avoir confiance dans leurs contreparties.

 

Pour les habitants du tiers-monde que nous sommes, la plupart de nos titres de propriété sont « toxiques » : non enregistrés, difficiles à identifier et d'une valeur si opaque que les gens ordinaires ne peuvent s'y fier. Alors que l'économie américaine a déjà recommencé à croître, la plupart de nos entreprises sont confrontées à une restriction chronique du crédit. C'est pourquoi la soumission des marchés émergents à la règle de droit est peut être la mesure la plus importante à prendre pour aider ces pays à sortir de la pauvreté. Il n'est pas possible au XXIe siècle de vaincre la pauvreté et l'exclusion sans un régime de droit de propriété et un cadre juridique pour les entreprises, véritables gages de prospérité.

 

source: département d'État US - Gouvernance et croissance

29/03/2010

Les 20-25 ans ne croient plus au modéle social Français

Une confiance élevée dans leur avenir professionnel qui cohabite avec un fort sentiment que le chômage sera une réalité individuelle inévitable


Les trois quarts des jeunes sont confiants dans leur avenir professionnel

Le niveau de confiance des jeunes dans leur avenir professionnel est élevé : plus des trois quarts d'entre eux (78%) se déclarent confiants, dont près du quart (22%) tout à fait confiants. Notons tout de même qu'ils sont mesurés puisque la majorité se dit " plutôt confiante " (56%) et 22% ne se disent pas confiants. On peut y voir le signe d'une angoisse présente au sein d'une fraction non négligeable de la jeune génération, notamment chez les filles (25% ne sont pas confiantes contre 18% des garçons) et les jeunes plus " âgés " (24% des 23-25 ans n'ont pas confiance contre 18% des 20-22 ans), peut-être plus inquiets au fur et à mesure que l'entrée dans le monde du travail se fait plus concrète.


Six jeunes sur dix pensent qu'ils connaîtront un jour une période chômage

Tout en étant très confiants vis-à-vis de leur avenir professionnel dans l'absolu, les jeunes anticipent dans une proportion importante une période de chômage au cours de leur carrière. Ainsi, 60% pensent qu'ils seront sans emploi à un moment donné de leur carrière. Parmi eux, 24% en sont même certains. Seuls 38% des jeunes estiment qu'ils ne connaîtront pas le chômage. Même les jeunes qui se montrent confiants dans leur avenir professionnel sont majoritairement persuadés (54%) qu'ils connaîtront une période de chômage au cours de leur carrière même si c'est dans une proportion nettement moins importante que les jeunes les plus pessimistes à l'égard de leur avenir professionnel (85% pensent connaître un jour le chômage). Seuls les jeunes dont le chef de famille est cadre estiment majoritairement (53%) qu'ils ne connaîtront pas le chômage au cours de leur carrière.

Les jeunes de 20 à 25 ans constituent donc une génération profondément marquée par le chômage, qui n'est pas seulement une donnée abrupte de l'économie mais leur apparaît comme une perspective personnelle totalement intégrée au sein de leur cursus professionnel.


Une image du monde de l'entreprise en demi-teinte...

68% des jeunes ont une bonne image du monde de l'entreprise, contre 31% qui en ont une mauvaise. Logiquement, les jeunes n'ont pas une image très marquée du monde de l'entreprise dans un sens ou dans l'autre dans la mesure où seuls 4% d'entre eux déclarent en avoir une " très bonne image " et 4% une " très mauvaise image ". Le fait est qu'ils sont encore à l'aube de leur carrière professionnelle et connaissent donc peu ou pas encore le monde de l'entreprise.

Néanmoins, cette bonne image générale doit être nuancée par un jugement nettement plus méfiant vis-à-vis des entreprises sur un certain nombre de points. Ainsi, ils sont une petite majorité à accorder leur confiance aux entreprises pour " permettre le plus possible aux salariés de concilier vie professionnelle et vie personnelle " (54%) et pour " assurer le mieux possible à leurs salariés une vie professionnelle épanouissante " (53%), jugeant sans doute que ces éléments sont essentiellement du ressort des salariés eux-mêmes. En revanche, une large majorité de jeunes ne fait pas confiance aux entreprises pour " sauvegarder le plus possible les emplois de leurs salariés " (62%) et " proposer autant que possible à leurs salariés des niveaux de rémunération correspondant à leur mérite " (62%). La défiance est donc particulièrement importance sur la question des salaires et de l'emploi.

Au final, près d'un jeune sur quatre (22%) ne fait confiance aux entreprises ni pour garantir son épanouissement personnel, ni pour préserver les emplois, ni pour garantir des salaires décents. A l'opposé, ils ne sont que 13% à faire confiance aux entreprises sur l'ensemble de ces sujets.

Les garçons sont un peu plus circonspects puisque 24% d'entre eux ne font pas confiance aux entreprises sur les quatre items contre 19% des filles. Notons également un clivage social sur la problématique de l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, seuls les jeunes dont le chef de famille est cadre étant majoritairement méfiants à l'égard des entreprises sur ce thème.


Pragmatiques face à la mondialisation et à un système social défaillant, les jeunes cherchent des solutions individuelles


La mondialisation, entre crainte et pragmatisme

Dans un contexte de forte médiatisation sur le thème de la mondialisation, l'attitude de la jeune génération est loin de corroborer les propos souvent pessimistes ou négatifs qu'on peut entendre sur ce sujet. Certes, la mondialisation est davantage une source d'angoisse que d'espoir pour les jeunes mais ces derniers ne semblent pas aussi réticents que l'ensemble de la population à son égard. En effet, le mot " mondialisation " inspire de la crainte à près d'un jeune sur deux (48%) mais également de l'espoir à plus d'un jeune sur quatre (27%) et de l'indifférence à un autre quart d'entre eux (25%). Autrement dit, la majorité des jeunes (52%) associe au mot " mondialisation " un sentiment qui n'est pas négatif, contrairement à l'ensemble de la population puisque des enquêtes ont montré que depuis 2002, les Français dans leur ensemble associent majoritairement la mondialisation à quelque chose de négatif.

Le milieu social d'origine est un élément déterminant dans l'appréciation de la mondialisation, les enfants d'ouvriers étant logiquement plus inquiets que les enfants de cadres : 58% des jeunes dont le chef de famille est ouvrier ressentent de la crainte et 13% de l'espoir tandis que 45% des jeunes dont le chef de famille est cadre ressentent de la crainte et 33% de l'espoir.

Même si la mondialisation est quelque chose qui fait peur à une majorité relative de jeunes, ces derniers se montrent très partagés lorsqu'il s'agit d'évaluer les conséquences de la mondialisation sur la France : 49% des jeunes jugent que la mondialisation est plutôt un handicap pour la France et 45% estiment au contraire que c'est plutôt un atout. Le clivage est à nouveau social : ainsi une majorité de jeunes issus d'un milieu ouvrier jugent que c'est un handicap pour la France (61%) tandis qu'à l'inverse une majorité de jeunes issus d'un milieu cadre pensent que c'est plutôt un atout (54%).


Un comportement individualiste pour faire face au système social défaillant

Réalistes et pragmatiques sur leur avenir professionnel et la mondialisation, les jeunes réagissent de manière similaire face à la crise du modèle social français. Même si cette enquête n'a pas mesuré leur degré d'angoisse vis-à-vis de l'effritement de ce modèle, les jeunes donnent l'impression d'avoir déjà intégré cette crise et de chercher des solutions individuelles pour y faire face.

Ainsi, les jeunes sont partagés sur l'évolution du système d'indemnisation des chômeurs : 47% estiment que le système va devenir beaucoup moins protecteur en raison des problèmes de déficit public ; 46% pensent qu'il restera très proche de ce qu'il est aujourd'hui. Seuls 6% pensent qu'avec le progrès social le système sera plus protecteur. Les plus âgés sont un peu plus pessimistes puisque la majorité des jeunes âgés de 23 à 25 ans (51%) jugent que les chômeurs seront moins bien indemnisés que maintenant contre 44% des jeunes de 20 à 22 ans. Notons également que les jeunes qui anticipent une période de chômage et pourraient donc être directement concernés par le problème de l'indemnisation des chômeurs sont également légèrement plus pessimistes (50% pensent que le système sera moins protecteur). Dans tous les cas, force est de constater une forme de fatalisme au sein de cette génération qui ne croit plus du tout à l'idée de progrès du modèle social français et anticipe au pire son délitement, au mieux le maintien du statut quo.

En ce qui concerne leur retraite, les jeunes se montrent largement préoccupés : 63% d'entre eux déclarent que leur retraite est aujourd'hui pour eux une préoccupation importante dont près d'un sur cinq (18%) " très importante ". Cette inquiétude est telle que 71% de ceux pour qui c'est une préoccupation importante jugent nécessaire d'épargner dès maintenant pour s'assurer un niveau de retraite suffisant. C'est dire leur pessimisme sur le maintien du système actuel, qui ne leur apparaît plus comme suffisamment viable pour leur permettre de ne pas épargner : seuls 2% jugent que ce n'est pas nécessaire. Cette préoccupation est d'autant plus présente que le milieu social d'origine est populaire. Ainsi, 56% des jeunes dont le chef de famille est cadre se disent préoccupés par leur retraite aujourd'hui contre 71% des jeunes dont le chef de famille est ouvrier, et la constitution d'une épargne dès maintenant est jugée d'autant plus nécessaire que l'on est issu d'un milieu ouvrier que cadre.

Dans ces conditions il n'est pas étonnant que la majorité des interviewés pense que pour assurer un niveau équivalent face à la crise actuelle du modèle français de protection sociale il vaut mieux privilégier le financement par chacun de sa propre protection sociale (56%). Ils sont 37% à estimer qu'il vaut mieux augmenter les prélèvements collectifs. Les jeunes semblent avoir le sentiment que le système actuel ne pourra pas perdurer - du moins en l'état - même en augmentant les prélèvements collectifs, compte tenu du poids des déficits publics et de l'évolution démographique. Le financement collectif de la protection sociale n'est donc une alternative suffisante pour aucune catégorie de jeunes.


Un réel potentiel de création d'entreprise, voire d'exil

Dans ce contexte de crise, les jeunes expriment des aspirations qui peuvent probablement être mises en relation avec leur recherche de solutions sur le plan individuel.

Ainsi, deux tiers (67%) des jeunes de 20 à 25 ans aimeraient créer leur entreprise s'ils en avaient la possibilité. Parmi ces jeunes souhaitant créer leur entreprise, 67% envisagent de le faire dont 28% de manière certaine. Malgré un tiers (32%) des jeunes qui n'envisagent pas de le faire, peut-être découragés par la complexité administrative ou les difficultés inhérentes à cette ambition, il existe un réel potentiel entrepreneurial chez les jeunes. Ce potentiel est encore très masculin puisque si 76% des hommes veulent créer leur entreprise, 58% des femmes expriment le même désir.

Par ailleurs, près de deux jeunes sur trois (64%) sont intéressés par la possibilité d'aller travailler sur une longue période dans un autre pays. Toutefois, cet intérêt est encore modéré, seuls 18% y " songeant très sérieusement ". Encore une fois, ce sont surtout les garçons qui se montrent tentés par l'exil - ou du moins le déclarent - 70% d'entre eux se disant intéressés contre 58% des filles. Ce sont également davantage les jeunes dont le chef de famille est cadre qui émettent ce souhait (70% dont 25% y songent très sérieusement) contre 52% des jeunes dont le chef de famille est ouvrier (dont 13% qui y songent sérieusement).

Christelle Craplet
Chargée d'études - Ipsos Public Affairs
christelle.craplet@ipsos.com

23:39 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeunesse, chômage, mondialisation, social | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/03/2010

A-M. Le Pourhiet sur la violation des libertés tant d’opinion que d’expression!

Une “Libérale” souverainiste:

Anne-Marie Le Pourhiet

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Un côté De Villiers, mais cette femme n’a pas sa langue dans sa poche!

 

style:

 

Le culturalisme est à l’esprit ce que le culturisme est au corps, une gonflette narcissique fortement antipathique.”

« La lecture des débats parlementaires fait souvent frémir tant la novlangue et le totalitarisme orwellien s’y répandent. En particulier, la lecture des débats sur la loi de 2004 créant la Halde et réprimant les propos prétendument sexistes, homophobes ou handiphobes, est de ce point de vue assez terrifiante. C’est un lavage de cerveau, une obsession purgative et répressive. »

 

Voir la vidéo dans son ensemble, très interessant, suffit de voir les têtes de Taubira et Gayssot


 

 

Mission d’information parlementaire sur les questions mémorielles à l’Assemblée Nationale

 

Table ronde n° 6 : « Le rôle du Parlement dans les questions mémorielles »

Thème général : rôle spécifique des élus de la Nation dans la promotion du travail de mémoire

 

Mme Anne-Marie Le Pourhiet, est professeur de droit public à l’Université de Rennes 1, vice-présidente de l’Association française de droit constitutionnel et de la Société des professeurs de facultés de droit.

Etait présent M. Jean-Claude Gayssot, à l’origine de la loi visant à réprimer la négation dun fait historique (shoah, holocauste, génocide)

 

Sur ce sujet, Mme Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française, historienne spécialiste de l’histoire russe a déclaré en novembre 2005 : “La télévision française est tellement politiquement correcte que cela en est un cauchemar. Nous avons des lois (sur la liberté d’expression) qui auraient pu être imaginées par Staline. Les gens ne peuvent pas exprimer leur opinion sur les groupes ethniques, sur la Seconde Guerre mondiale et sur beaucoup d’autres choses. On vous juge tout de suite pour infraction.”

 

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Anne-Marie Le Pourhiet parle de la loi Taubira sur l’esclavage et les esclaves et de la loi Gayssot à l’assemblée nationale. Elle cite aussi le sexisme ( sexistes ), l’homophobie ( homophobes ), les lobbies (lobby), et la Halde avec le racisme et les racistes. en France et dans l’union européenne ( UE ) sans liberté pour l’histoire et pour l’opinion, c’est la police de la pensée, le politiquement correct, voire la tyrannie des tyrans, la dictature du totalitarisme avec le devoir de mémoire et l’obsession des commémorations. c’est contre la liberté d’ expression en politique et histoire. le lavage de cerveau. les négationnistes sont le négationnisme et les révisionnistes, le révisionnisme de l’histoire. Source:

ledoury

 

Un bonus afin de mieux connaître le personnage:

Entretiens

Anne-Marie Le Pourhiet : la discrimination positive marque le « retour au droit des orangs-outans »

Sur l’Europe:

cliquez lire traité

 

Par Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, auteur de droit constitutionnel (Economica 2007)

 

Le projet de « traité modificatif » (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre. On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de « mini-traité » ou de « traité simplifié » puisqu’il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu’en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire.

 

Dans la mesure où ce texte se borne en réalité à recopier sous une autre forme les trois quarts des dispositions du traité établissant une constitution pour l’Europe, il eût certainement été plus simple de reprendre le texte initial en en rayant seulement les dispositions symboliques abandonnées. On comprend cependant que cette formule ait été écartée car elle aurait manifesté de façon trop criante que l’on se moquait ouvertement de la volonté des peuples français et néerlandais.

 

Les rédacteurs ont donc préféré concocter une formule compliquée qui modifie d’une part le traité sur l’Union européenne (traité UE) et d’autre part le traité instituant la communauté européenne (traité CE), lequel s’intitulera désormais « traité sur le fonctionnement de l’Union ». La supercherie apparaît clairement avec la Charte des droits fondamentaux qui n’est plus incluse dans les traités mais apparaît dans l’article 6 du texte de la façon suivante : « L’Union reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la Charte des droits fondamentaux du 7 décembre 2000, laquelle a la même valeur juridique que les traités » … Un traité affirme donc qu’une charte qui lui reste extérieure a cependant la même valeur juridique que les traités qu’il modifie !

 

On n’a jamais vu de procédé juridique plus tordu, même dans les récentes révisions de la Constitution française qui ont pourtant révélé au plus haut niveau normatif l’invasion de notre pays par le « maldroit ». Le protocole n°7 prévoyant cependant que la Charte ne permet ni à la Cour de justice européenne ni aux juridictions britanniques et polonaises d’écarter l’application d’actes nationaux de ces deux pays jugés incompatibles avec ladite charte, provoque un pincement de cœur. Tout se passe comme si le « non » des Français avait servi à d’autres mais pas à eux, quelle humiliation !

 

Le « traité modificatif » modifie bien le traité constitutionnel rejeté en 2005 puisqu’il en enlève un certain nombre de dispositions explicites et dispense la Pologne et le Royaume-Uni du respect de certains engagements. C’est donc une modification par simple soustraction en ce sens que l’on s’apprête à faire ratifier par le parlement français un traité partiel aux lieux et place du traité complet initial.

 

Une question fondamentale se pose dès lors : comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté l’intégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions qu’il contenait au motif que celles-ci « n’auraient pas fait l’objet de contestations » ?

 

Chacun a pu constater, durant la campagne référendaire, que toutes les dispositions étaient critiquées : les uns se focalisaient davantage sur la charte des droits fondamentaux et les politiques communautaires, les autres sur les transferts de compétence, le passage de l’unanimité à la majorité et le déficit démocratique, d’autres encore s’offusquaient des principes et symboles fédéraux. On pouvait peut-être apercevoir que le « non » de gauche déplorait davantage la menace sur l’Etat-providence et le « non » de droite la perte de l’Etat régalien, mais il est certainement impossible et inconcevable de sonder le cerveau de chaque Français en prétendant y déceler des dispositions qu’il aurait rejetées et d’autres qu’il aurait approuvées.

 

La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature. Lorsque l’on sait que la Constitution californienne prévoit qu’une norme adoptée par référendum ne peut être par la suite abrogée ou modifiée que par une autre décision populaire et que la Cour constitutionnelle italienne adopte le même principe, on ne peut qu’être bouleversé par le coup d’Etat ainsi perpétré en France. Si le président a la conviction que les dispositions restant dans le traité modificatif ont fait l’objet d’une approbation implicite des Français, encore faut-il qu’il s’en assure en organisant un nouveau référendum tendant à obtenir leur accord explicite.

 

Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup d’Etat ? Le texte de la très populaire Constitution de 1793 n’y allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : « Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres ». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française il convient de s’y conformer et de se tourner plutôt vers l’article 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de l’actuelle Constitution, range aussi la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l’homme.

 

 

Notre texte constitutionnel affirme encore que le principe de la République est « gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » et que son président est élu au suffrage universel direct pour veiller au respect de la Constitution, assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat et garantir l’indépendance nationale. Le terme qui vient à l’esprit pour désigner le mépris présidentiel de la volonté populaire est évidemment celui de haute trahison. Malheureusement, une révision des dispositions sur la responsabilité pénale du chef de l’Etat, intervenue en février 2007, a substitué à l’antique et belle formule de haute trahison, l’expression affadie et banale de « manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat ».

 

 

 

 

ela manque singulièrement d’allure et de force mais l’on s’en contentera cependant en proposant aux parlementaires, au lieu de commettre eux-mêmes une forfaiture en autorisant la ratification d’un traité rejeté par leurs mandants, de se constituer en Haute Cour pour sanctionner le coupable.

 

Sans insurrection ni destitution, nous n’aurons alors plus qu’à pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots.

Par Alain Genestine

25/03/2010

L' Après-Socialisme & Les Libéraux par Virginia Postrel (USA)

C'est en 1947 qu'un petit nombre d'intellectuels libéraux, réunis dans une station balnéaire des alpes suisses, ont créé la Société du Mont Pèlerin en se donnant pour objet " de définir les principes nécessaires à la préservation d'une société libre ".

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En 1947, la menace socialiste était claire. En 1999, elle est moins évidente. Si le socialisme, stricto-sensu, n'est plus un véritable danger pour l'économie de marché et les libertés économiques, la menace vient aujourd'hui de nouveaux adversaires dotés d'arguments et de valeurs différentes.



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