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22/03/2010

La grande désillusion des planificateurs internationaux et le désastre de l’aide internationale au développement

  Une petite autobiographie, de mon nouvel ami en Australie Gordah MAHER

Il est économiste, analyste, chercheur et buisness consultant à la Independant

Lights and M.G ( c'est la structure que je dirige). Docteur en sciences

économiques, (Université de Nice-Sophia Antipolis, GREDEG/CNRS/UMR 6227),

spécialiste en économie du développement, économie internationale et la théorie des

incitations. Gordah est partisan du libre échange, de l'économie de marché, et fervent

défenseur des libertés civiles, économiques ainsi que de la coopération volontaire.


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cliquez l'image, lire bio sur linked in


L’aide internationale a été sujette à de multiples controverses depuis des décennies. En effet, Friedman (1958), Bauer (1972 et 1975), Ades et Di Tella (1994 et 1997), Lancaster (1997 et 2007), Easterly (2001), Dorn (2002), McArthur et Teal (2002), Shleifer (2009) et bien d’autres économistes ont critiqué l’aide de manière cinglante, affirmant qu’elle n’a contribué in fine qu’à l’expansion de la bureaucratie étatique, la consolidation au pouvoir de gouvernements corrompus et non réformateurs via uniquement l’enrichissement de l’élite des pays pauvres, et la stagnation économique voire un déclin pour certains pays, notamment ceux d’Afrique subsaharienne. Ils ont fait remarquer que, malgré un afflux massif d’aide durant presque quatre décennies, la pauvreté demeurait généralisée en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et que des pays qui avaient bénéficié d’une aide assez conséquente, tels que la République Démocratique du Congo (RDC), la Papouasie Nouvelle-Guinée et la Somalie affichaient un bilan en matière de croissance économique assez désastreux (OCDE, 2005).

Même si certaines études économétriques comme celles de Boone (1995 et 1996), et de Burnside et Dollar (2000 et 2004), concluant que l’aide n’a aucun effet sur la croissance économique, soient considérées de qualité douteuse par ses contradicteurs (Clemens, Radelet et Bhavnani, 2004), nous ne pouvons pas ignorer les effets néfastes liés à une allocation bureaucratique de l’aide tels que son détournement pour des dépenses ostentatoires et la généralisation de la corruption (Shleifer et Vishny, 1993 ; Rose-Ackerman,1997) à travers l’enrichissement des seules élites des pays bénéficiaires (Easterly, 2001). Elle peut aussi générer l’appréciation de la monnaie et diminuer la rentabilité de la production des biens échangeables (syndrome hollandais), être à l’origine d’une baisse des prix des produits agricoles et du revenu des producteurs. De plus, les flux d’aide massifs sont susceptibles d’exercer un impact négatif sur l’épargne des particuliers par son influence sur le taux d’intérêt ainsi que l’épargne publique en se répercutant sur les recettes de l’Etat. Mais surtout, l’aide extérieure est de nature à ralentir la croissance en freinant les incitations à l’activité du secteur privé. En effet, un afflux massif de capitaux est souvent à l’origine d’une inflation et provoque ainsi une appréciation réelle du taux de change qui réduit la rentabilité de la production de tous les biens commercialisables. Les flux d’aide ont généralement tendance à gonfler le poids des effectifs des pouvoirs centraux et des services connexes de soutien aux opérations d’assistance, en retirant des actifs et des investissements d’autres activités productives telles que l’exportation de biens agro-alimentaires et du textile qui demeurent d’importants moteurs de la croissance dans de nombreux pays émergents.

Dans ces conditions, les injections d’aide au développement par les planificateurs internationaux sans aucune mesure incitative ne servent ni à encourager l’investissement, ni à rétablir l’équilibre budgétaire. Elles ne font plutôt qu’entretenir des gouvernements en place ancrés dans leurs anciennes et destructrices habitudes en matière de gestion publique.

Pour pallier à l’affectation bureaucratique de l’aide extérieure, nous pouvons affirmer que l’échange d’informations entre pays donateurs via les structures privées ou publiques empêche un pays bénéficiaire de l’APD (l’aide publique au développement) de se surendetter en s’adressant à plusieurs bailleurs de fonds. En effet, il s’agit toujours d’un phénomène d’aléa moral concernant un pays emprunteur faisant face à plusieurs donateurs et par conséquent à une multiplicité de tâches à exécuter et d’objectifs à atteindre. En se basant sur les résultats du modèle multi-principaux, les relations multiples qu’entretient un pays bénéficiaire découragent chaque donateur d’exercer du monitoring ou activité de surveillance et conduisent généralement à des comportements de « passager clandestin ». Ce type de situation s’explique par l’avantage retiré par certains bailleurs qui bénéficient d’informations partagées par le donateur qui exerce une surveillance sur un pays bénéficiaire sans pour autant subir les coûts du monitoring.

Les distorsions produites par la multiplicité des relations augmentent si chaque donateur ne cherche pas à disposer ou est incapable d’obtenir de l’information sur les aides précédemment allouées au bénéficiaire.

Pour le donateur, le risque de défaut de remboursement d’un pays bénéficiant de l’APD dépend de son niveau global d’endettement lorsque le prêt vient à échéance. Par conséquent, si le donateur ne dispose pas de cette information, il est donc incapable d’intégrer des éléments pertinents d’évaluation du risque dans le contrat d’allocation de l’aide internationale, particulièrement le niveau des taux d’intérêts, et le pays bénéficiaire peut être incité à se surendetter dans la mesure où ses charges totales d’intérêt sont une fonction décroissante de sa dette globale. Ceci corrobore les positions d’Easterly (2001) selon lesquelles plus l’irresponsabilité d’un gouvernement est avérée - entre autres par sa mauvaise gestion publique et le gonflement de sa dette publique - plus il lui devient facile d’accéder à des emprunts à taux bonifiés pour rembourser ses prêts contractés antérieurement.

En guise de conclusion, nous devons admettre que le seul moyen d’améliorer le sort des pays les plus pauvres consiste à les préparer à la fin de l'aide. Les pays riches en se coordonnant et en imposant un contrôle stricte quant à l’affectation réel des flux de capitaux dans les programmes de développement, pourraient leur proposer un doublement de l'aide comme le préconise l’économiste Dambisa Moyo pendant encore une dizaine d’années avant d'y mettre un terme. Cela serait plus efficace que la perspective d'une aide permanente.

 

Théorie des incitations et aide internationale au développement (Résumé de thèse)

 

L’attribution quasi systématique de l’aide à des gouvernements dont la gestion publique demeure inappropriée est souvent présentée comme la cause principale de l’échec des politiques de développement. Dans ces conditions, il apparaît qu’un meilleur contrôle et une coordination plus accentuée de la part des donateurs quant à l’utilisation des fonds est à l’origine d’une meilleure gestion des capitaux pour le financement des projets de développement et réduit en parallèle les risques de détournement de l’aide. Ce travail de thèse met l’accent sur le rôle de « la théorie des incitations » comme un outil d’analyse pertinent en matière d’attribution de l’aide internationale aux pays en voie de développement. Nous analysons en particulier les politiques d’attribution de l’aide internationale par le biais des modèles de type principal-agent et multi-principaux dans un cadre de recherche dans lequel l’information est asymétrique. Les résultats de ces deux modèles soulignent l’inefficacité de la planification de l’aide extérieure en tant que facteur de développement économique.

Mots clés : Développement ; Aide ; Théorie des incitations ; Principal-agent ; Multi-principaux ; Information asymétrique

 

Maher GORDAH

UNS/GREDEG/CNRS

gordah@gredeg.cnrs.fr

Son écrit sur Québecois Libre, cliquez l'image:


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Commentaires

La fondation s.o.s santé de la république démocratique du congo vous demande de le soutenir pour aider la population le plus demunies et la promotion de la santé en R.D.Congo par la mise en place d'un fonds de promotion de la santé en république démocratique du congo.


MIKA MPERE STANLEY GERARD

le coordonnateur

Écrit par : Mika Mpere Gérard | 31/07/2010

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