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04/03/2010

LA DÉSINDUSTRIALISATION EN FRANCE (dossier complet)

LA DÉSINDUSTRIALISATION
EN FRANCE

Une analyse des déterminants intérieurs (évolution de la structure de la demande
et externalisation auprès du secteur des services) et extérieur (concurrence internationale)
du recul de l’emploi dans l’industrie entre 1980 et 2007
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http://ponsweb.org/portfolio/images/stories/experiences/DGTPE_rvb_texte_30mm.jpg
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Source DGTPE: février 2010

La désindustrialisation en France (pdf)


Ce document de travail n’engage que son auteur. L’objet de
sa diffusion est de stimuler le débat et d’appeler
commentaires et critiques.
*Lilas DEMMOU est Chargée de Mission à la Direction
Générale du Trésor et de la Politique Économique du
Ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi
(France)
lilas.demmou@dgtpe.fr : +33-44-87-17-73


Le phénomène de désindustrialisation, qui touche la France comme l’ensemble des
économies développées, peut être caractérisé par trois transformations
concomitantes : un recul de l’emploi industriel, un recul de la contribution de ce
secteur au PIB et une forte croissance du secteur des services marchands. Ce
document vise à évaluer l’importance de trois déterminants structurels de ce
phénomène en France sur la période 1980-2007 (et la sous-période 2000-2007) :
l’externalisation de certaines tâches de l’industrie vers le secteur des services ; la
déformation de la structure de la demande au cours du temps (notamment liée aux
gains de productivité dans les différents secteurs de l’économie) et l’effet de la
concurrence étrangère sur les performances du secteur industriel.


The phenomenon of de-industrialization refers to three concomitant evolutions
witnessed by industrial countries in the past decades: the secular decline in
manufacturing employment, the lower contribution of manufacturing sector to GDP,
and the increasing contribution of service sector to GDP and to employment. In this
paper, we analyze the main determinants which account for the decrease in industrial
employment in France over the period 1980-2007 (and 2000-2007). Three main
factors have been taken into account: the process of outsourcing of some industrial
activities into the service sector; the structural change in the distribution of demand
between sectors (in relation with productivity gains in economy) and lastly, the
international competitiveness.

CONCLUSION
Les fortes pertes d’emplois industriels observées depuis 1980 s’expliquent bien par les trois
facteurs étudiés dans cette note : l’externalisation de certaines activités industrielles vers le
secteur des services, l’évolution de la productivité (et celle, consécutive, de la demande intérieure
en biens industriels), et la concurrence étrangère. Le rôle de ces trois facteurs évolue cependant
de manière contrastée sur la période récente.
L’externalisation de certaines activités des entreprises industrielles vers le secteur des services,
qui aurait été responsable de 20 à 25 % de la baisse de l’emploi industriel mesurée dans
l’industrie entre 1980 et 2007, n’en expliquerait plus que de 1 à 5 % depuis 2000.
A l’inverse, les forts gains de productivité réalisés dans le secteur industriel joueraient un rôle
croissant. Ils seraient à l’origine de près de 30 % des pertes d’emplois sur la période 1980-2007
et de 65 % depuis 2000.
L’impact de la concurrence étrangère sur l’emploi industriel apparait plus difficile à
évaluer compte tenu de la relation complexe qui existe entre importations et production
domestique39. D’après une approche comptable, fondée sur l’estimation du contenu en emplois
des échanges, le commerce extérieur expliquerait 13 % des destructions d’emplois dans
l’industrie. Sur la période récente, ils expliqueraient 28 % des destructions d’emplois dans
l’industrie. Cette approche comptable des échanges est sujette à un certains nombres de limites
conduisant à considérer que cette estimation est probablement un minorant. Nous avons donc
recouru à une approche alternative fondée sur les résultats des travaux économétriques qui
estiment la relation entre emplois industriels et échanges. D’après ces travaux, l’effet des
échanges est beaucoup plus marqué puisqu’il est estimé à 45 % des destructions d’emplois dans
l’industrie sur la période 1980-2007 (dont 17 % pour la concurrence des seuls pays émergents).
Cette seconde approche confirme que depuis 2000, l’impact de la concurrence étrangère a été
renforcé : il peut être estimé à 63 % des destructions d’emplois (23 % pour les pays émergents).
Le modèle utilisé pour effectuer ces estimations implique cependant que l’impact sur l’emploi de
la dégradation des performances extérieures depuis 2000 n’est pas complètement réalisé et
pourrait être beaucoup plus important à long terme.
On peut en outre souligner qu’une limite de ce travail est d’ignorer l’hétérogénéité de l’emploi,
plusieurs études suggérant qu’à la fois le progrès technique et la concurrence internationale
pourraient affecter différemment les travailleurs suivant leur niveau de qualification.

voir le dossier complet ici: DESINDUSTRIALISATION...pdf

Une première analyse de l'etude


La vision de Christophe Bys de l'Usine Nouvelle:

Les causes du recul de l’emploi industriel décortiquées

 

Pratiquement 2 millions d’emplois industriels ont été détruits depuis 1980. Une étude de Bercy analyse les causes de ce phénomène. Il y apparaît que les échanges internationaux expliqueraient une large part de ce phénomène. Ce ne sont pas tant les pays à bas salaire qui concurrencent l’emploi domestique, que les échanges avec les pays développés.

C’est dans l’austère collection des documents de travail de la direction générale du trésor et de la politique économique, une des directions du ministère de l’économie, que vient d’être publiée une étude réalisée par Lilas Demmou, chargée d’études.

Intitulée La désindustrialisation en France, elle décortique en une trentaine de pages les causes de la baisse de l’emploi industriel depuis 1980. Le constat est sans appel : entre 1980 et 2007 ; ce sont près de 2 millions d’emplois qui ont été détruits dans l’industrie, 1 913 500 exactement. Cela représente 71 000 emplois détruits en moyenne chaque année entre 1980 et 2007. Sur la période allant de 2000 à 2007, ce sont 65 000 emplois qui sont concernés. Depuis 1980, cette baisse représente 36 % des effectifs ; elle est concentrée dans l’industrie manufacturière. Ainsi, à elle seule, la branche des biens de consommation a perdu en 25 ans 52 % de ses effectifs.

Un trompe-l’œil statistique


Toutefois, modère la chargée de mission de Bercy, une partie de cette baisse est en trompe-l’œil et résulte de changements dans la politique menée par les dirigeants de l’industrie. Le vaste mouvement de recentrage sur le cœur de métier et d’externalisation des fonctions qui n’en font pas partie a pour effet une baisse mécanique des effectifs industriels. Chaque fois qu’une entreprise fait appel à une société du tertiaire pour réaliser une prestation jusque-là internalisée, elle alimente les statistiques de désindustrialisation.

De même, les choix faits en matière de gestion des ressources humaines ont un impact sur les statistiques. On sait que pour mieux maîtriser leurs coûts, les rendre plus flexibles, et être plus à même de réagir aux variations conjoncturelles, les entreprises ont privilégié l’intérim. Or, un intérimaire est par définition comptabilisé dans le secteur des services. A lui seul, ce mouvement expliquerait 25 % de la baisse. Ces dernières années toutefois, son influence recule : de 2000 à 2007, il n’explique plus que 5 %.

Le mouvement naturel des économies


Seconde causé étudiée par Lilas Demmou : l’évolution des économies modernes. L’industrie est le domaine des gains de productivité. Historiquement, c’est même ce qui a fondé sa supériorité sur l’artisanat : plus on produit, moins cela coûte par unité produite. Autrement dit, la désindustrialisation est la traduction de ce phénomène, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Le recul de l’emploi industriel est la conséquence de la plus grande efficacité de la production industrielle.

En outre, les ressources ainsi libérées peuvent être consacrées à l’acquisition de services, comme le montre l’évolution des économies les plus avancées depuis l’après guerre. Les ménages consacrent une part décroissante de leur budget à l’achat de biens, tandis que la part relative des services croît régulièrement.

Ce mouvement dit « de déformation de la structure de la demande » expliquerait 30 % des emplois détruits depuis 1980. A l’inverse du mouvement précédent, son impact s’accélère depuis de le début de la décennie 2000, où les gains de productivité expliqueraient à eux-seuls 65 % des destructions.

Et la concurrence étrangère ?


Dernière cause étudiée : les échanges internationaux. La question du lien entre l’ouverture des frontières et l’emploi est aussi vieille que l’économie. Le débat est éternel et il est difficile de trancher tant les résultats dépendent de multiples variables. En l’espèce, pour étayer son propos, l’économiste de Bercy procède à deux calculs reposant sur deux méthodes. La première dite comptable s’appuie sur le contenu en emplois des échanges. Elle indique que 13 % des emplois détruits peuvent être imputés aux importations depuis 1980. Elle montre que cet impact est nettement plus fort depuis 2000 : ce serait la destruction d’un emploi sur 5 que l’on pourrait expliquer ainsi.

La seconde méthode utilisée est dite économétrique, et utilise des travaux de l’OCDE sur le lien entre volume des échanges internationaux et emploi industriel. Il en résulte un lien fort entre recul de l’emploi industriel et échanges internationaux, puisque c’est 45 % des emplois détruits qui seraient expliqués de cette façon. En outre, l’étude indique que les destructions d’emplois ne sont pas liées aux seuls échanges avec les pays émergents, mais surtout à ceux avec les pays industriels. Il semblerait que c’est la perte de compétitivité des produits made in France qui expliquent le recul de l’emploi industriel.

De 2000 à 2007, l’influence des échanges sur les destructions d’emploi a nettement crû. Avec la première approche, Lilas Demmou estime à 20 % cette influence, et à 63 % en employant la deuxième méthode.

Et le pire n’est pas encore survenu : « l’impact sur l’emploi de la dégradation des performances extérieures depuis 2000 n’est pas complètement réalisé et pourrait être beaucoup plus important à long terme », estime l’auteure de la note dans sa conclusion.

Reste qu’il faudrait étudier plus en détail les effets selon les niveaux de qualification du travail. Quels types d’emplois sont concernés par les trois causes étudiées ? Il n’est pas sûr que cela ait un pouvoir de consolation sur ceux dont l’emploi a été détruit, mais cela influencera l’efficacité des politiques économiques menées pour lutter contre les effets de la désindustrialisation.

Christophe Bys

Sur Fortune:

 

63% des destructions d’emploi dans l’industrie française dues à la mondialisation !

 

Sur Marianne :
cliquez l'image


63% des destructions d’emploi dans l’industrie française dûes à la mondialisation!

Il fallait bien se douter que la faute est à la mondialisation, nous ne sommes pas près d'évoluer!
Bonne lecture
Alain G

Commentaires

Very resourceful! Thank you for sharing the post!

Écrit par : adjustable bed | 27/08/2010

en effet beucoup de zones d'ombres

Écrit par : uefa | 06/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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